Al-A'raf

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

7e sourate du Coran
Le purgatoire
Le Coran, livre sacré de l'islam.
Le Coran, livre sacré de l'islam.
Informations sur cette sourate
Titre original سورة الأعراف, Al-A'raf
Titre français Le purgatoire
Ordre traditionnel 7e sourate
Ordre chronologique 39e sourate
Période de proclamation Période mecquoise
Nombre de versets (ayat) 206
Nombre de prosternations 1 (verset 206) ou 1 Ruku (si le verset est récité lors d'une prière)
Ordre traditionnel
Ordre chronologique

La sourate Al-A'raf (arabe : سورة الأعراف, Sūratu al-A'rāf, "Le purgatoire") est la septième sourate du Coran. Elle est composée de 206 versets et appartient à la catégorie des sourates de la période Mecquoise.

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Bien que le titre ne fasse pas directement partie du texte coranique[1], la tradition musulmane a donné comme nom à cette sourate Les Hauteurs[2].

Période de proclamation[modifier | modifier le code]

Selon la tradition musulmane, cette sourate a été proclamée pendant la période mecquoise, c'est-à-dire schématiquement durant la première partie de l'histoire de Mahomet avant de quitter La Mecque[3]. Les savants musulmans s'accordent pour dire que cette sourate occupe la 92e place dans l'ordre chronologique[4].

D'après l'exégèse scientifique cependant cette distinction en deux ensembles de sourates est peu probante puisque qu'elle fait reposer l'organisation du Coran suivant un ordre chronologique de proclamation, hypothèse hautement spéculative car elle repose sur les « convictions que le Coran n’a qu’un seul auteur, qu’il n’a aucun rédacteur, et qu’il reflète l’expérience d’une communauté ayant existé autour de Muḥammad, à la Mecque et à Médine, entre 610 et 632 »[5].Le « relatif consensus des spécialistes » admettant une élaboration du Coran « jusqu'à plus d'un demi-siècle après la mort du Prophète » principalement sur la mise en forme du texte mais pouvant aussi concerner les contenus, de ce fait la datation du Coran n'est pas formellement admise comme remontant à la fin de vie de Mahomet[6].

Le Coran est constitué de 114 sourates de longueurs inégales, présentées dans un ordre de longueur assez sensiblement décroissant, et non dans l'ordre chronologique des révélations. Dans l'ordre traditionnel, An-Nisa est la 4e sourate[3]. Les manuscrits anciens montrent des variations dans l'ordonnancement des sourates. Pour M.-A. Amir-Moezzi, « En sus de quelques variantes orthographiques et lexicographiques mineures, 22 % des 926 groupes de fragments étudiés présentent un ordre de succession de sourates complètement différent de l'ordre connu »[7]. Certains versets supprimées dans la forme canonisée du Coran ont été rajoutés au corpus des hadiths[8].

Chronologie[modifier | modifier le code]

Le Coran est constitué de 114 sourates de longueurs inégales : la plus courte contient 3 versets (ayat) et la plus longue 286. Elles sont présentées dans un ordre de longueur assez sensiblement décroissant, et non dans l'ordre chronologique des révélations.

Les savants musulmans s'accordent pour dire que cette sourate occupe la 39e place dans l'ordre chronologique[9],[10].

Résumé[modifier | modifier le code]

Al-A'raf est l'une des sourates les plus complètes sur les origines de la création ainsi que sur le jour du jugement. Elle fait notamment le récit de :

  • L'histoire d'Adam et Ève (versets 19 à 25). Créés d'argile, ils se laissent corrompre par Iblis et se font exclure du Paradis.
  • L'histoire de Nūĥ (versets 59 à 64). Avertissant son peuple que rejeter la parole divine aura des conséquences désastreuses pour eux, il survivra avec une partie sa famille dans l'Arche de Noé.
  • L'histoire de Hûd (versets 65 à 72). Les 'Ād croyaient en Allah mais était quand même polythéiste, restant attachés aux fausses croyances de leurs ancêtres. Hûd essaye de les convaincre de la nécessité de respecter les ordres d'Allah. Ils sont exterminés, sauf Hûd et ceux qui avaient crus en lui.
  • L'histoire de Sâlih (versets 73 à 79). Le prophète Sâlih est présenté comme l'un des descendants de Noé. Il est envoyé dans une tribu arabe nommé Thamud. Cette tribu est présentée comme riche et propriétaire de terres fertiles. Sâlih essaye alors de convertir ses membres à l'Islam et notamment à se montrer plus cléments envers les pauvres et les nécessiteux. Il apporte comme signe/preuve de la part d'Allah, une chamelle, et leur demande de la laisser manger sur leur terre (qui est en réalité celle d'Allah) et de ne pas lui faire de mal, auquel cas ils seraient frappés d'un terrible châtiment. Arrogants, les Thamud finissent par désobéir de la pire des façons (en tuant la chamelle) et sont foudroyés.
  • L'histoire de Lot (versets 80 à 84). Le peuple de Lot se livre à une turpitude sans précédents (exemple: les hommes assouvissent leur désir charnel avec d'autres hommes). Lorsqu'il leur fait remarquer cela, son peuple demande à ce qu'il soit chassé de la cité (Sodome) en se moquant au passage "des gens qui veulent se garder purs". Finalement, la cité qui avait rejetée Lot est détruite par une pluie (d'argile), tandis que lui et sa famille demeurent sains et saufs, à l'exception de sa femme.
  • L'histoire de Chou‘ayb (versets 85 à 93). Les Madyan sont un peuple commerçant présenté comme avide et menteur, notamment envers leurs clients. Allah leur envoie le prophète Chou‘ayb pour qu'ils cessent de répandre la corruption sur terre après sa réforme. Celui-ci qui réalisera différents miracles et prêchera afin de les convertir, tentant de les détourner d'une voie non-conforme à l'Islam. Mais ils s'obstineront par orgueil et périront dans un violent séisme.
  • L'histoire de Moïse et Aaron (versets 103 à 161).

Les versets 44 à 50 montrent un dialogue entre les habitants du paradis (Aşĥābu Al-Jannati) et ceux de l'Enfer (Aşĥābu An-Nāri).

Le verset 157 de cette sourate déclare que l'arrivée du prophète Mahomet était décrite dans la bible juive et dans le Nouveau Testament.

Interprétations[modifier | modifier le code]

Hadiths liés à cette sourate[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. André Chouraqui, Le Coran, traduction et commentaires, 1990, p. 15.
  2. André Chouraqui, Le Coran : L'appel, France, Robert Laffont, , 625 p. (ISBN 2221069641)
  3. a et b Blachère R., Le Coran, 1966, p. 103.
  4. André Chouraqui, Le Coran : L'appel, Robert Laffont, , 625 p. (ISBN 2221069641)
  5. Gabriel Said Reynolds, « Le problème de la chronologie du Coran », Arabica, no 58,‎ , p. 477
  6. Michel Cuypers et Geneviève Gobillot, Le Coran: idées reçues sur le Coran, Le Cavalier Bleu Editions, (ISBN 9782846706674, lire en ligne), p. 17
  7. Michel Cuypers et Geneviève Gobillot, Le Coran: idées reçues sur le Coran, Le Cavalier Bleu Editions, (ISBN 9782846706674, lire en ligne), p. 22
  8. Michel Cuypers et Geneviève Gobillot, Le Coran: idées reçues sur le Coran, Le Cavalier Bleu Editions, (ISBN 9782846706674, lire en ligne), p. 23
  9. Organisation chronologique des sourates
  10. André Chouraqui, Le Coran : L'appel, France, Robert Laffont, , 625 p. (ISBN 2221069641)