An-Nasr

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110e sourate du Coran
Le Secours Divin
Le Coran, livre sacré de l'islam.
Le Coran, livre sacré de l'islam.
Informations sur cette sourate
Titre original النصر, An-Nasr
Titre français Le Secours Divin
Ordre traditionnel 110e sourate
Ordre chronologique 114e sourate
Période de proclamation Période médinoise
Nombre de versets (ayat) 3
Ordre traditionnel
Ordre chronologique

An-Nasr (arabe : النصر, français : Le Secours Divin) est le nom traditionnellement donné à la 110e sourate du Coran, le livre sacré de l'Islam. Elle comporte 3 versets. Rédigée en arabe comme l'ensemble de l'œuvre religieuse, elle fut proclamée durant la période médinoise.

Elle fut la dernière sourate révélée à Médine, d’après la plupart des spécialistes. En revanche, L’islamologue Nöldeke remarque qu’elle est plus souvent comptée parmi les sourates mecquoises. Elle porte aussi le nom de at-Taudiʿ (‏‫التوديع‬ : l'adieu), car d'après certains exégètes du Coran, elle aurait annoncé la mort prochaine de Mahomed. Elle ne comporte que trois versets. D’après les traditions, sa récitation a la même valeur que celle d'un quart du Coran. Le temps et le lieu de la révélation de cette sourate sont fixés par Abdullah ibn Omar aux jours de l’Aïd al-adha, après le pèlerinage d'adieu de la fin janvier 632. Dieu y annonce Son secours et la victoire des musulmans.

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Bien que le titre ne fasse pas directement partie du texte coranique[1], la tradition musulmane a donné comme nom à cette sourate Le Secours Divin[2], en référence au contenu du premier verset : « Quand le secours d’Allah vient avec la victoire ».

Période de proclamation[modifier | modifier le code]

Selon la tradition musulmane, cette sourate a été proclamée pendant la période médinoise, c'est-à-dire schématiquement durant la seconde partie de la vie de Mahomet, après avoir quitté La Mecque[3]. Les savants musulmans s'accordent pour dire que cette sourate occupe la 114e place dans l'ordre chronologique[4].

D'après l'exégèse scientifique cependant cette distinction en deux ensembles de sourates est peu probante puisque qu'elle fait reposer l'organisation du Coran suivant un ordre chronologique de proclamation, hypothèse hautement spéculative car elle repose sur les « convictions que le Coran n’a qu’un seul auteur, qu’il n’a aucun rédacteur, et qu’il reflète l’expérience d’une communauté ayant existé autour de Muḥammad, à la Mecque et à Médine, entre 610 et 632 »[5].Le « relatif consensus des spécialistes » admettant une élaboration du Coran « jusqu'à plus d'un demi-siècle après la mort du Prophète » principalement sur la mise en forme du texte mais pouvant aussi concerner les contenus, de ce fait la datation du Coran n'est pas formellement admise comme remontant à la fin de vie de Mahomet[6].

Le Coran est constitué de 114 sourates de longueurs inégales, présentées dans un ordre de longueur assez sensiblement décroissant, et non dans l'ordre chronologique des révélations. Dans l'ordre traditionnel, An-Nisa est la 4e sourate[3]. Les manuscrits anciens montrent des variations dans l'ordonnancement des sourates. Pour M.-A. Amir-Moezzi, « En sus de quelques variantes orthographiques et lexicographiques mineures, 22 % des 926 groupes de fragments étudiés présentent un ordre de succession de sourates complètement différent de l'ordre connu »[7]. Certains versets supprimées dans la forme canonisée du Coran ont été rajoutés au corpus des hadiths[8].

Résumé[modifier | modifier le code]

Interprétations[modifier | modifier le code]

Cette sourate fait partie du dernier groupe de sourate du Coran (sourate 67 à 114) caractérisé par un sens poétique beaucoup plus développé et par des sourates assez courtes. Chronologiquement, ce sont les premières sourates révélées, à la Mecque.

Premier verset' : la sourate s’adresse à Mahomet. « Lorsque […] Victoire » est à comprendre ici comme « Le secours […] est arrivé ». Cela donne le sens suivant : « Quand vient l’aide de Dieu à tes côtés contre le peuple des Quraïch, […] ». la victoire est identifiée différemment selon les exégèses du Coran : al-Hasan al-Basri la fixe à la prise de La Mecque en janvier 630 (an 8 de l’Hégire), et c’est l’opinion prédominante parmi les exégètes. Pour Ibn Abbas et Sa'id ibn Dschubair, il s’agit de la prise de la ville ainsi que d'autres cités que les musulmans ont conquises.

Second verset : les « Hommes » évoqués sont les habitants de l’Arabie, qu’ils soient arabes ou non. Après la prise de La Mecque, tant de personnes ont embrassé l’islam que la majorité des habitants de la péninsule Arabique étaient musulmans. « À l'envi » signifie ici en groupe, comme synonyme de zumaran (sourate 39:71). Selon l'opinion de ʿIkrima et de l'exégète Muqatal ibn Sulaiman, ce sont les Yéménites qui sont évoqués-là, parmi lesquels 700 devinrent musulmans. Cela a beaucoup réjoui Mahomet, et aurait poussé aux larmes Al-ʿAbbas et Umar ibn al-Khattab.

Troisième verset : la louange est comprise comme une vénération d’Allah selon la compréhension donnée à Mahomet. La prière de pardon peut prendre trois formes :

  • prière de pardon pour la communauté musulmane,
  • l'expression générale de l'adoration, sans avoir le sens de recherche de pardon du péché,
  • un exemple pour les musulmans, de ne pas rechercher le pardon pour les péchés de Mahomet, puisque comme les autres prophètes, il était sans péchés selon l'islam.

Le résultat de ces actes d’adoration est exprimé à la fin du verset : Allah accepte le remords de celui qui lui accorde sa louange et qui lui demande pardon. L'exégète Ar-Razi interprète cette sourate dans le tafsir Mafātīḥ ʿl-ǧaib comme un cercle sans fin et parmi les révélations précoces, comme la sourate 93:5 : « Le Tout-Puissant t’accordera des biens qui contenteront tes désirs. » Ainsi, Allah promit à Mahomet un soutien au début de sa mission, et la conclut de même à la fin de la révélation.

Hadiths liés à cette sourate[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. André Chouraqui, Le Coran, traduction et commentaires, 1990, p. 15.
  2. André Chouraqui, Le Coran : L'appel, France, Robert Laffont, , 625 p. (ISBN 2221069641)
  3. a et b Blachère R., Le Coran, 1966, p. 103.
  4. André Chouraqui, Le Coran : L'appel, Robert Laffont, , 625 p. (ISBN 2221069641)
  5. Gabriel Said Reynolds, « Le problème de la chronologie du Coran », Arabica, no 58,‎ , p. 477
  6. Michel Cuypers et Geneviève Gobillot, Le Coran: idées reçues sur le Coran, Le Cavalier Bleu Editions, (ISBN 9782846706674, lire en ligne), p. 17
  7. Michel Cuypers et Geneviève Gobillot, Le Coran: idées reçues sur le Coran, Le Cavalier Bleu Editions, (ISBN 9782846706674, lire en ligne), p. 22
  8. Michel Cuypers et Geneviève Gobillot, Le Coran: idées reçues sur le Coran, Le Cavalier Bleu Editions, (ISBN 9782846706674, lire en ligne), p. 23