An-Nur

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24e sourate du Coran
La lumière
Le Coran, livre sacré de l'islam.
Le Coran, livre sacré de l'islam.
Informations sur cette sourate
Titre original النور, An-Nur
Titre français La lumière
Ordre traditionnel 24e sourate
Ordre chronologique 102e sourate
Période de proclamation Période médinoise
Nombre de versets (ayat) 64
Ordre traditionnel
Ordre chronologique

An-Nur (arabe : النور, français : "La lumière") est le nom traditionnellement donné à la 24e sourate du Coran, le livre sacré de l'Islam. Elle comporte 64 versets. Rédigée en arabe comme l'ensemble de l'œuvre religieuse, elle fut proclamée durant la période médinoise.

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Bien que le titre ne fasse pas directement partie du texte coranique[1], la tradition musulmane a donné comme nom à cette sourate La Lumière en référence au contenu de la sourate présentant, thème régulier des religions abrahamiques, la grâce divine comme une lumière sur le monde des hommes[2].

Période de proclamation[modifier | modifier le code]

Selon la tradition musulmane, cette sourate a été proclamée pendant la période médinoise, c'est-à-dire schématiquement durant la seconde partie de la vie de Mahomet, après avoir quitté La Mecque[3]. Les savants musulmans s'accordent pour dire que cette sourate occupe la 102e place dans l'ordre chronologique[4].

D'après l'exégèse scientifique cependant cette distinction en deux ensembles de sourates est peu probante puisque qu'elle fait reposer l'organisation du Coran suivant un ordre chronologique de proclamation, hypothèse hautement spéculative car elle repose sur les « convictions que le Coran n’a qu’un seul auteur, qu’il n’a aucun rédacteur, et qu’il reflète l’expérience d’une communauté ayant existé autour de Muḥammad, à la Mecque et à Médine, entre 610 et 632 »[5].Le « relatif consensus des spécialistes » admettant une élaboration du Coran « jusqu'à plus d'un demi-siècle après la mort du Prophète » principalement sur la mise en forme du texte mais pouvant aussi concerner les contenus, de ce fait la datation du Coran n'est pas formellement admise comme remontant à la fin de vie de Mahomet[6].

Le Coran est constitué de 114 sourates de longueurs inégales, présentées dans un ordre de longueur assez sensiblement décroissant, et non dans l'ordre chronologique des révélations. Dans l'ordre traditionnel, An-Nisa est la 4e sourate[3]. Les manuscrits anciens montrent des variations dans l'ordonnancement des sourates. Pour M.-A. Amir-Moezzi, « En sus de quelques variantes orthographiques et lexicographiques mineures, 22 % des 926 groupes de fragments étudiés présentent un ordre de succession de sourates complètement différent de l'ordre connu »[7]. Certains versets supprimées dans la forme canonisée du Coran ont été rajoutés au corpus des hadiths[8].

Interprétations[modifier | modifier le code]

Verset 1 à 17 : L’adultère[modifier | modifier le code]

Pour Khalfallah, ce passage a servi de source pour la peine encourue en cas de d’adultère de diffamation ou de serment d’anathème. De portée générale, il a été extrapolé par les juristes musulmans pour préciser l’application des peines. Ainsi, la jurisprudence distinguera l’adultère des personnes mariées puni de lapidation de celle des non-mariés puni de flagellation, la première peine n’étant pas citée dans le Coran[9].

Verset 35 : Verset de la lumière[modifier | modifier le code]

Pour Dye, ce verset et ceux qui l’encadrent peuvent être compris grâce à l’arrière-plan chrétien. Comme cela est déjà connu dans la poésie préislamique, les moines allumaient des lampes pendant les vigiles nocturnes, lampes qui pouvaient guider les voyageurs. La mention de l’olivier rappelle l’association dans le Livre de Zacharie de la lampe à deux oliviers, image reprise dans le Livre de l’Apocalypse[10].

Grodzki associe la première phrase de ce verset à un autre passage du Livre de l’Apocalypse (Ap 21:23-24)[10]. Winitzer associe quant à lui ce verset au début du Livre d’Ezechiel (Ez 1:26-27). Pour l’auteur, l’idée de la lampe associée à la divinité appartient aux conceptions proche-orientales. Cette idée se retrouve dans un texte évoquant Marduk/Bel[10].

Pour Khalfallah, ce verset a posé un certain nombre de problèmes théologiques. Ainsi, par exemple, « Définir Allah comme lumière, avec toutes les connotations que le mot pourrait inviter, serait de L’associer à l’une de Ses propres créatures ». Certains exégètes ont développé l’idée d’une analogie pour expliquer ce verset[10]. Si le christianisme associe déjà abondamment Dieu à la lumière, c'est toutefois à la lumière naturelle, tandis que dans ce verset, Dieu est symbolisé par la lumière d'une lampe, une lumière artificielle[11].

Pour Azaiez, la forme rhétorique de ce verset fixe l’attention sur quelques mots particuliers, tous des hapax[10] Hilali relève une différence entre la version du Coran actuel (Edition du Caire) et le manuscrit de Sanaa 27.1DAM. Dans celui-ci, on lit « avant que le feu ne le touche » tandis que la version du Caire dit « même quand aucun feu ne le touche »[10]..

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. André Chouraqui, Le Coran, traduction et commentaires, 1990, p. 15.
  2. André Chouraqui, Le Coran : L'appel, France, Robert Laffont, , 625 p. (ISBN 2221069641)
  3. a et b Blachère R., Le Coran, 1966, p. 103.
  4. André Chouraqui, Le Coran : L'appel, Robert Laffont, , 625 p. (ISBN 2221069641)
  5. Gabriel Said Reynolds, « Le problème de la chronologie du Coran », Arabica, no 58,‎ , p. 477
  6. Michel Cuypers et Geneviève Gobillot, Le Coran: idées reçues sur le Coran, Le Cavalier Bleu Editions, (ISBN 9782846706674, lire en ligne), p. 17
  7. Michel Cuypers et Geneviève Gobillot, Le Coran: idées reçues sur le Coran, Le Cavalier Bleu Editions, (ISBN 9782846706674, lire en ligne), p. 22
  8. Michel Cuypers et Geneviève Gobillot, Le Coran: idées reçues sur le Coran, Le Cavalier Bleu Editions, (ISBN 9782846706674, lire en ligne), p. 23
  9. Azaiez, M. (Ed.), Reynolds, G. (Ed.), Tesei, T. (Ed.), et al. (2016). The Qur'an Seminar Commentary / Le Qur'an Seminar. A Collaborative Study of 50 Qur'anic Passages / Commentaire collaboratif de 50 passages coraniques. Berlin, Boston: De Gruyter., passage QS23 Q 24 :1-17
  10. a b c d e et f Azaiez, M. (Ed.), Reynolds, G. (Ed.), Tesei, T. (Ed.), et al. (2016). The Qur'an Seminar Commentary / Le Qur'an Seminar. A Collaborative Study of 50 Qur'anic Passages / Commentaire collaboratif de 50 passages coraniques. Berlin, Boston: De Gruyter., passage QS24 Q 24 :35
  11. Julie Bonnéric, « Symboliser et figurer le divin en Islam classique entre lumière naturelle er lumière artificielle », Journal asiatique, vol.  300, no 2, 2012, p.  761-775 (DOI 10.2143/JA.300.2.2961402).