Al-Hujraat

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49e sourate du Coran
Les Appartements
Le Coran, livre sacré de l'islam.
Le Coran, livre sacré de l'islam.
Informations sur cette sourate
Titre original الحجرات, Al-Hujraat
Titre français Les Appartements
Ordre traditionnel 49e sourate
Ordre chronologique 106e sourate
Période de proclamation Période médinoise
Nombre de versets (ayat) 18
Nombre de subdivisions (rukus) 0
Ordre traditionnel
Ordre chronologique

Al-Hujraat (arabe : الحجرات, français : Les Appartements) est le nom traditionnellement donné à la 49e sourate du Coran, le livre sacré de l'islam. Elle comporte 18 versets. Rédigée en arabe comme l'ensemble de l'œuvre religieuse, elle fut proclamée, selon la tradition musulmane, durant la période médinoise.

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Bien que le titre ne fasse pas directement partie du texte coranique[1], la tradition musulmane a donné comme nom à cette sourate Les Appartements[2], en référence au verset 4: « Ceux qui t’appellent à haute voix de derrière les appartements, la plupart d’entre eux ne raisonnent pas. ».

Historique[modifier | modifier le code]

Il n'existe à ce jour pas de sources ou documents historiques permettant de s'assurer de l'ordre chronologique des sourates du Coran. Néanmoins selon une chronologie musulmane attribuée à Ǧaʿfar al-Ṣādiq (VIIIe siècle) et largement diffusée en 1924 sous l’autorité d’al-Azhar[3],[4], cette sourate occupe la 106e place. Elle aurait été proclamée pendant la période médinoise, c'est-à-dire schématiquement durant la seconde partie de la vie de Mahomet, après avoir quitté La Mecque[5]. Contestée dès le XIXe par des recherches universitaires[6], cette chronologie a été revue par Nöldeke[7],[8], pour qui cette sourate est la 112e.

Cette sourate a été peu étudiée. Les auteurs suivant les récits traditionnels, comme Nöldeke[Note 1], y ont vu un texte composite possédant des strates en lien avec des événements historiques de la vie de Mahomet. A l’inverse, Blachère  considère « qu’il n’y a pas lieu de retenir la donnée traditionnelle qui met la révélation [du second verset] en liaison avec l’attitude arrogante de la délégation des bédouins Tamim ». Nöldeke lui-même reconnait que certains éléments traditionnels sont probablement basés sur des conjectures. Neuenkirchen n’exclue pas l’existence d’ajouts postérieurs[9].

Interprétations[modifier | modifier le code]

Versets 14-18 : la foi des bédouins[modifier | modifier le code]

Un des intérêts de ce passage est qu'il fait une distinction, chez les bédouins entre deux états : celui de croyants (mu’min) et celui de soumis (muslim). Dans ce contexte, le muslim est quelqu’un qui s’est converti superficiellement, sans avoir la foi[9].

Cela est historiquement intéressant puisque les premiers membres de la communauté de Mahomet portaient le nom de mu’minun et non muslimum. Ce n’est que plus tardivement que cette religion prendra le nom d’islam. La fin du verset 14 que l’obéissance à Dieu et à son messager forment la première étape d’un cheminement vers la foi[9].

Le verset 15 semble une interpolation tardive qui permet d’opposer la soumission de bédouins à la foi des croyants qu’il définit par une « formule de type credo »[9]. Le verset 17 voit un changement de personne grammaticale, passant du « vous » au « tu », anonyme mais identifié à Mahomet par la tradition. Au verset 17, l’islam est encore considéré comme inférieure à l’état de foi, iman[9].


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • P. Neuenkirchen, "Sourate 49", Le Coran des Historiens, t.2b, 2019, 1525 et suiv.
  • R. Paret, Der Koran. Kommentar und konkordanz, 1980[Note 2].

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les islamologues ont utilisé plusieurs approches pour tenter de dater les différentes sourates du Coran. Paret et Neuwirth appartiennent à l’« école allemande » qui, à la suite de Nöldeke, s’appuie sur la chronologie traditionnelle et sur un récit « laïcisé » des traditions musulmanes. Autrefois dominant dans les études islamologiques, ce paradigme nöldekien n'est plus qu'« en partie présent ». Les auteurs du Coran des historiens appartiennent davantage à l’autre courant (dit « sceptique ») qui prend davantage en compte une critique des sources traditionnelles. Voir : Historiographie de l'islam et du Coran
  2. En 2019, seuls deux ouvrages peuvent être considérés comme des commentaires scientifiques et continus du texte coranique. Il s'agit du Commentary on the Qur'an de Richard Bell publié en 1991 (aujourd'hui daté) et du Coran des historiens publié en 2019. L'ouvrage de Paret s'inscrit, avec ceux de Blachère, Khoury et Reynolds, dans un ensemble de traduction avec apparat critique. Voir : Sourate

Références[modifier | modifier le code]

  1. Hamidullah, Muhammad, (1908- ...).,, Le Saint Coran et la traduction en langue françqies du sens de ses verset, Dar Albouraq, (ISBN 9782841614042 et 2841614042, OCLC 495242092, lire en ligne)
  2. (en) « Le Coran/Sourate 49 : Les appartements (Al-Hujurat) - Bibliowiki », sur biblio.wiki (consulté le 5 juillet 2018)
  3. G.S. Reynolds, « Le problème de la chronologie du Coran », Arabica 58, 2011, p. 477-502.
  4. R. Blachère, Introduction au Coran, p. 244.
  5. R. Blachère, Le Coran, 1966, p. 103.
  6. M. Azaiez, « Chronologie de la Révélation »
  7. G. Dye « Le Coran et son contexte Remarques sur un ouvrage récent », Oriens Christianus no 95, 2011, p. 247-270.
  8. E. Stefanidis, « The Qur'an Made Linear: A Study of the Geschichte des Qorâns' Chronological Reordering », Journal of Qur'anic Studies, X, II, 2008, p. 13.
  9. a b c d et e P. Neuenkirchen, "Sourate 49", Le Coran des Historiens, t.2b, 2019, 1525 et suiv.