Al-Mujadila

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58e sourate du Coran
La Discussion
Le Coran, livre sacré de l'islam.
Le Coran, livre sacré de l'islam.
Informations sur cette sourate
Titre original المجادلة, Al-Mujadila
Titre français La Discussion
Ordre traditionnel 58e sourate
Ordre chronologique 105e sourate
Période de proclamation Période médinoise
Année de proclamation 627-629
Nombre de versets (ayat) 22
Ordre traditionnel
Ordre chronologique

Al-Mujadila (arabe : المجادلة, français : La Discussion) est le nom traditionnellement donné à la 58e sourate du Coran, le livre sacré de l'islam. Elle comporte 22 versets. Rédigée en arabe comme l'ensemble de l'œuvre religieuse, elle fut proclamée, selon la tradition musulmane, durant la période médinoise.

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Bien que le titre ne fasse pas directement partie du texte coranique[1], la tradition musulmane a donné comme nom à cette sourate La Discussion[2].

Cette sourate est généralement intitulée « la discussion » mais porte aussi parfois le nom « La pureté » ou du « Dos [de la mère] » (allusion au v.2-3)[3].

Historique[modifier | modifier le code]

Il n'existe à ce jour pas de sources ou documents historiques permettant de s'assurer de l'ordre chronologique des sourates du Coran. Néanmoins selon une chronologie musulmane attribuée à Ǧaʿfar al-Ṣādiq (VIIIe siècle) et largement diffusée en 1924 sous l’autorité d’al-Azhar[4],[5], cette sourate occupe la 105e place. Elle aurait été proclamée pendant la période médinoise, c'est-à-dire schématiquement durant la seconde partie de la vie de Mahomet, après avoir quitté La Mecque[6]. Contestée dès le XIXe par des recherches universitaires[7], cette chronologie a été revue par Nöldeke[8],[9], pour qui cette sourate est la 106e.

Pour Nöldeke[Note 1], Schwally et Bell, cette sourate serait composée d’éléments de dates différentes[3].

Interprétations[modifier | modifier le code]

Versets 1-4 : contre une ancienne formule de répudiation[modifier | modifier le code]

Ces premiers versets sont interprétés par les exégètes musulmans (et certains auteurs comme Nöldeke qui les suivent) comme un texte évoquant un épisode historique. La répudiation d’une femme faite au moyen d’une ancienne formule de répudiation aurait été invalidée par Mahomet. Hirschfeld et Bell considèrent cette historicité comme « incertaine ». En effet, rien ne justifie la contextualisation faite par exégèse musulmane ( « celle » désignant Khawla bint Tha’laba et « toi » désignant Mahomet. Le lien avec le verset 2 est peu clair[3].

Les contenus des versets 2 et 3 peuvent être comparés à des écrits de Qumrân. Le v.4 est considéré par Bell comme un ajout tardif[3].


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • P. Neuenkirchen, "Sourate 58", Le Coran des Historiens, t.2b, 2019, 1679 et suiv.
  • R. Paret, Der Koran. Kommentar und konkordanz, 1980[Note 2].

Liens externes[modifier | modifier le code]


Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les islamologues ont utilisé plusieurs approches pour tenter de dater les différentes sourates du Coran. Paret et Neuwirth appartiennent à l’« école allemande » qui, à la suite de Nöldeke, s’appuie sur la chronologie traditionnelle et sur un récit « laïcisé » des traditions musulmanes. Autrefois dominant dans les études islamologiques, ce paradigme nöldekien n'est plus qu'« en partie présent ». Les auteurs du Coran des historiens appartiennent davantage à l’autre courant (dit « sceptique ») qui prend davantage en compte une critique des sources traditionnelles. Voir : Historiographie de l'islam et du Coran
  2. En 2019, seuls deux ouvrages peuvent être considérés comme des commentaires scientifiques et continus du texte coranique. Il s'agit du Commentary on the Qur'an de Richard Bell publié en 1991 (aujourd'hui daté) et du Coran des historiens publié en 2019. L'ouvrage de Paret s'inscrit, avec ceux de Blachère, Khoury et Reynolds, dans un ensemble de traduction avec apparat critique. Voir : Sourate

Références[modifier | modifier le code]

  1. A. Chouraqui, Le Coran, traduction et commentaires, 1990, p. 15.
  2. A. Chouraqui, Le Coran : L'appel, France, Robert Laffont, , 625 p. (ISBN 2221069641)
  3. a b c et d P. Neuenkirchen, "Sourate 58", Le Coran des Historiens, t.2b, 2019, 1679 et suiv.
  4. G.S. Reynolds, « Le problème de la chronologie du Coran », Arabica 58, 2011, p. 477-502.
  5. R. Blachère, Introduction au Coran, p. 244.
  6. R. Blachère, Le Coran, 1966, p. 103.
  7. M. Azaiez, « Chronologie de la Révélation »
  8. G. Dye « Le Coran et son contexte Remarques sur un ouvrage récent », Oriens Christianus no 95, 2011, p. 247-270.
  9. E. Stefanidis, « The Qur'an Made Linear: A Study of the Geschichte des Qorâns' Chronological Reordering », Journal of Qur'anic Studies, X, II, 2008, p. 13.