Al-Furqan

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25 du Coran
Le discernement
Le Coran, livre sacré de l'islam.
Le Coran, livre sacré de l'islam.
Informations sur cette sourate
Titre original سورة الفرقان, Al-Furqaan
Titre français Le discernement
Ordre traditionnel 25
Ordre chronologique 42
Période de proclamation Période mecquoise
Nombre de versets (ayat) 77
Nombre de prosternations 1 (verset 60) ou 1 Ruku (si le verset est récité lors d'une prière)
Ordre traditionnel
Ordre chronologique

Al-Furqan (arabe : سورة الفرقان, français : Le discernement) est le nom traditionnellement donné à la 25e sourate du Coran, le livre sacré de l'islam. Elle comporte 77 versets. Rédigée en arabe comme l'ensemble de l'œuvre religieuse, elle fut proclamée, selon la tradition musulmane, durant la période mecquoise.

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Bien que le titre ne fasse pas directement partie du texte coranique[1], la tradition musulmane a donné comme nom à cette sourate Le discernement, titre du premier verset qui reprend un thème récurrent dans ce livre, à savoir que le Rappel, Al-Qur'ân, est le dernier critère de distinction entre le bien et le mal. Sa lecture et sa compréhension est donc primordiale si l'Humanité ne veut pas s'éloigner définitivement d'Allah[2]. Le terme furqan se trouve dans le verset 1[3].

Historique[modifier | modifier le code]

Il n'existe à ce jour pas de sources ou documents historiques permettant de s'assurer de l'ordre chronologique des sourates du Coran. Néanmoins selon une chronologie musulmane attribuée à Ǧaʿfar al-Ṣādiq (VIIIe siècle) et largement diffusée en 1924 sous l’autorité d’al-Azhar[4],[5], cette sourate occupe la 42e place. Elle aurait été proclamée pendant la période mecquoise, c'est-à-dire schématiquement durant la première partie de l'histoire de Mahomet avant de quitter La Mecque[6]. Contestée dès le XIXe par des recherches universitaires[7], cette chronologie a été revue par Nöldeke[8],[9], pour qui cette sourate est la 66e.

Pour Nöldeke, cette sourate est composée de prédications de périodes différentes, les versets 4 à la fin étant plus tardifs. Pour Bell, certains passages ont fait l'objet d'additions (v.18-21, 24-26...) ou de révisions (v.1-3...). Pour Blachère, cette sourate est formée d'addition autour d'un noyau formé de la réunion de de série de révélations[3].

Interprétations[modifier | modifier le code]

Verset 1-10 : Polémiques et contre-discours[modifier | modifier le code]

Pour Azaiez, ce passage est construit en miroir selon les principes de l’analyse rhétorique. Cela permet de mettre en valeur l’énoncé central, qui est la riposte du contre-discours qui l’enserre[10]. Dye reconnait une « ambiance psalmiste » dans le style et la phraséologie[10].

Le terme Furqan pose des problèmes de compréhension et peut signifier soit « salut », soit « guidance », soit « lumière »[10].  Pour Prégill, Furqan signifie « critère », dans le sens de ce qui peut séparer les damnés des sauvés. Pour Dye, « Le verset est suffisamment ambigu pour pouvoir désigner Muḥammad ou un autre messager (par exemple Moïse) ayant antérieurement reçu une révélation. »[10].

Reynolds met en doute l’opposition de ce passage entre monothéisme et polythéisme. La mention de plusieurs dieux serait une exagération du Coran, comme l’accusation de mariolatrie des chrétiens[10].  A l’inverse, pour Tengour, ce passage doit être lu dans le contexte du milieu d’origine et pourrait illustrer « l'émergence du dieu coranique en tant que dieu Créateur et Résurrecteur »[10].


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • M. Azaiez, "Sourate 25", Le Coran des Historiens, t.2a, 2019, p. 892 et suiv.
  • R. Paret, Der Koran. Kommentar und konkordanz, 1980[Note 1].

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. En 2019, seuls deux ouvrages peuvent être considérés comme des commentaires scientifiques et continus du texte coranique. Il s'agit du Commentary on the Qur'an de Richard Bell publié en 1991 (aujourd'hui daté) et du Coran des historiens publié en 2019. L'ouvrage de Paret s'inscrit, avec ceux de Blachère, Khoury et Reynolds, dans un ensemble de traduction avec apparat critique. Voir : Sourate

Références[modifier | modifier le code]

  1. A. Chouraqui, Le Coran, traduction et commentaires, 1990, p. 15.
  2. A. Chouraqui, Le Coran : L'appel, France, Robert Laffont, , 625 p. (ISBN 2221069641)
  3. a et b M. Azaiez, "Sourate 25", Le Coran des Historiens, t.2a, 2019, p. 892 et suiv.
  4. G.S. Reynolds, « Le problème de la chronologie du Coran », Arabica 58, 2011, p.477-502.
  5. R. Blachère, Introduction au Coran, p.244.
  6. R. Blachère, Le Coran, 1966, p. 103.
  7. M. Azaiez, « Chronologie de la Révélation »
  8. G. Dye « Le Coran et son contexte Remarques sur un ouvrage récent », Oriens Christianus n°95, 2011, p. 247-270.
  9. E. Stefanidis, « The Qur'an Made Linear: A Study of the Geschichte des Qorâns' Chronological Reordering », Journal of Qur'anic Studies, X, II, 2008, p.13.
  10. a b c d e et f M. Azaiez (Ed.), G.S. Reynolds (Ed.), T. Tesei (Ed.), et al. (2016). The Qur'an Seminar Commentary / Le Qur'an Seminar. A Collaborative Study of 50 Qur'anic Passages / Commentaire collaboratif de 50 passages coraniques. Berlin, Boston: De Gruyter., passage QS 25 Q 25:1–10