Liturgie des Heures

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La liturgie des Heures est la prière quotidienne des chrétiens, répartie en plusieurs moments, appelés offices. Il y a de 3 à 8 offices par jour selon les systèmes. Cette tradition prolonge la tradition juive des psaumes plusieurs fois par jour. La liturgie des Heures a pris de nombreuses formes au fil des siècles, suivant les diverses confessions chrétiennes, mais le principe est resté le même : prier tout au long de la journée afin de « prier sans cesse », selon ce que Jésus-Christ a demandé à ses disciples.

Définitions et terminologie[modifier | modifier le code]

Il existe plusieurs appellations: Liturgie des Heures, Prière des Heures, Office divin, Bréviaire. Deux autres désignations sont courantes: Opus Dei, Horloge (Églises orientales et orthodoxes) « L’office divin, d’après l’antique tradition chrétienne, est constitué de telle façon que tout le déroulement du jour et de la nuit soit consacré par la louange de Dieu. » (Concile Vatican II[sc 1])

Composition actuelle catholique[modifier | modifier le code]

Office monastique[modifier | modifier le code]

La liturgie monastique actuelle respecte, essentiellement, encore la composition de la règle de saint Benoît, fixée vers 530.

  1. matines : avant l'aube, ou au milieu de la nuit en tant que vigiles
  2. laudes : à l'aube (vers 6 heures)
  3. tierce (troisième heure après le levant) : à 9 heures ou avant la grande messe
  4. sexte (sixième heure après le levant) : à midi ou environ
  5. none (neuvième heure après le levant) : à 15 heures ou environ
  6. vêpres : au début de soirée (vers 17 ou 18 heures)
  7. complies : avant le coucher

Traditionnellement, la liturgie des Heures des monastères est répartie en sept offices fixés selon leurs règles particulières. En effet, saint Benoît précisait dans la règle sa raison (chapitre XVI[1]) : « Sept fois le jour je redis vos louanges, pour les jugements de votre justice (Livre des Psaumes 119,164). » Donc, il s'agissait initialement des vigiles, prime, tierce, sexte, none, vêptres et compliers (chapitre XVI[1]).

En tant qu'axes, les principales Heures restent toujours lors des laudes au matin ainsi que des vêpres au soir[sc 2],[2]. D'une part, il s'agit des temps du levant et du coucher de soleil, ou le début et la fin du jour, qui sont importants pour le travail manuel dont les abbayes ont besoin. D'autre part, dans le contexte historique, après les premiers siècles, une seule célébration des vigiles se transforma en trois offices séparés, c'est-à-dire les office de vêpres ainsi que de matines, de laudes[3]. Pour le premier office du jour, vigiles ou actuellement matines, saint Benoît citait le même psaume (chapitre XVI[1]) : « Au milieu de la nuit, je me lève pour vous louer, à cause des jugements de votre justice (Ps 119,62). » C'est la raison pour laquelle un certain nombre de monastères célèbrent encore les vigiles au milieu de la nuit[2],[sc 3]. Les petites heures, quant à elles, sont d'autres trois (selon la tradition, quatre) offices plus courts de la journée, vraisemblablement imitant les heures traditionnelles de la prière juive[3] : (prime supprimé en 1964), tierce, sexte, none (toujours chapitre XVI). Les complies sont d'ailleurs la prière avant le repos de la nuit (même chapitre)[sc 4].

De nos jours, la pratique de la liturgie des Heures n'est pas identique parmi les abbayes. En conservant la tradition ancienne, de nombreux communautés monastiques sont en effet autorisées à continuer l'office de prime, supprimé à la suite de la réforme liturgique introduite par le Concile Vatican II[sc 5] (Paul VI, motu proprio Sacram liturgiam du 16 février 1964). D'ailleurs, cette réforme rétablit formellement les sept offices par jour, sainte tradition depuis saint Benoît (chapitre XVI) : « Nous remplirons aussi nous-mêmes ce nombre sacré de sept, ... »

Si l'un de ces offices coïncide avec la célébration de la messe, celui-ci peut être intégré dans la messe[2].

Au regard des textes, un office comprenant des lectures plus longues de la bible et de la tradition chrétienne a lieu soit pendant la nuit, soit au petit matin, soit à un autre moment de la journée, à savoir aux vigiles, aux matines ou lors de l'office des lectures qui peut être récité au moment le plus favorable[2]. Les psaumes sont traditionnellement répartis sur une semaine selon la règle de saint Benoît, mais aujourd'hui sur deux ou un laps de temps plus long[sc 6]. Saint Benoît demandait d'exécuter 12 psaumes lors de l'office de matines. Même de nos jours, cet office se constitue principalement d' « un moins grand nombre de psaumes[sc 7]. »

Office séculier[modifier | modifier le code]

Les prêtres et les diacres s'engagent à prier toute la liturgie des Heures. Les fidèles laïcs y sont fortement invités depuis le dernier Concile. Cette liturgie des Heures est simplifiée par rapport à l'Office monastique. Une seule des trois petites Heures (tierce, sexte, none) est désormais obligatoire dans la célébration en dehors du chœur (Office du milieu du jour). Les psaumes sont répartis sur quatre semaines. L'office des vigiles ou matines, initialement destiné à sanctifier la fin de la nuit, a été supprimé lors de la récente réforme liturgique pour être remplacé par un "office des lectures" qui n'a plus - comme tel - vocation à sanctifier un moment précis de la journée et peut être célébré à toute heure.

Structure d'un Office[modifier | modifier le code]

La prière de l'Office se nourrit principalement de l'Écriture sainte. Voici le schéma type d'un office[2] :

  • Introduction : verset en tant qu'invocation tirée du Psaume 70 (69), 2 : « Dieu, viens à mon aide, Seigneur à notre secours ». Au premier office du jour, cette invocation est remplacée par le verset « Seigneur ouvre mes lèvres, et ma bouche publiera ta louange » (Ps 51,17) selon la règle de saint Benoît (chapitre IX), suivi du psaume invitatoire, qui est traditionnellement le Psaume 94 (même chapitre), qui peut être remplacé par d'autres psaumes au choix depuis la réforme du concile Vatican II.
  • Hymne : texte chanté donnant la tonalité de l'Heure, généralement en rapport avec le temps liturgique ou le saint fêté ce jour-là.
  • Psaumes en nombre variable, précédés et suivis chacun d'une courte phrase chantée : l'antienne; l'office de laudes intercale un cantique de l'Ancien Testament entre les deux psaumes, et l'office de vêpres conclut les deux psaumes par un cantique du Nouveau Testament tiré des épitres ou de l'Apocalypse.
  • Capitule : lecture d'un court passage de la Bible.
  • Répons, reprise chantée d'un passage biblique lié au temps liturgique ou au saint fêté ce jour-là.
  • Un cantique du Nouveau Testament : à Laudes, le « Benedictus » ou Cantique de Zacharie (Évangile selon Luc 1,68-79) ; à Vêpres, le « Magnificat » ou Cantique de la Vierge Marie (Évangile selon Luc 1,46-55) ; à Complies, le Nunc dimittis (« Maintenant ô Maître, tu peux laisser ton serviteur s'en aller dans la paix ») ou Cantique de Siméon. Le chant solennel de ces cantiques qui résument tout le sens de l'histoire du salut est le sommet vers lequel converge la célébration de la liturgie des heures.
  • Prière litanique (ou intercession) : Kyrie eleison ou équivalent, accompagné d'invocations pour l'Église et pour tous les hommes.
  • Prière du Notre Père (Évangile selon Matthieu 6,9-13).
  • Oraison du jour (qui, à Laudes et à Vêpres, est souvent la collecte de la messe du jour).
  • Conclusion : Bénissons le Seigneur. / Nous rendons grâce à Dieu.

Les « petites heures » (prime, tierce, sexte, none, complies,) sont plus courtes. L'office des lectures (qui est appelé Vigiles ou Matines chez les moines) comprend de plus longues lectures de la Bible et d'auteurs ecclésiastiques (pères de l'Église, docteurs de l'Église, papes, ou auteurs reconnus pour la valeur de leurs écrits). Le concile Vatican II a supprimé l'heure de Prime (constitution Sacrosanctum Concilium 89, d), qui a été considérée comme faisant double emploi avec les Laudes.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Aquinata Böckmann, Bibliographia : Liturgia Horarum in Generale, Sur internet: [1]
  • Isabelle-Marie Brault, Célébrer la splendeur de Dieu. De Liturgia horarum à Liturgie des heures, Chambray-les-Tours 1997.
  • Arnaud Join-Lambert, La liturgie des Heures par tous les baptisés. L’expérience quotidienne du mystère pascal, Leuven : Peeters, 2009 (collection Liturgia condenda 23) 353 p. ISBN 978-90-429-2121-4.
  • Aimé-Georges Martimort, La prière des Heures, in : La liturgie et le temps, Paris 1983 (L’Église en prière 4) 169-294.
  • Vincenzo Raffa, Liturgie des Heures, in : Dictionnaire encyclopédique de la Liturgie 1, 1992, 641-658.
  • Aimon-Marie Roguet, Commentaire de la Présentation générale de la Liturgie des Heures, in : La prière du temps présent pour le peuple chrétien, Paris 1971, p. 101-192.
  • Robert Taft (jésuite), La liturgie des Heures en Orient et en Occident. Origine et sens de l’Office divin, Turnhout, 1991 (coll. Mysteria 2).
  • CNPL, Prière du temps présent : comment s'y retrouver?, 1999.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Dictionnaires en ligne[modifier | modifier le code]

Références bibliographiques[modifier | modifier le code]

  1. chapitre IV, n° 84
  2. chapitre IV, n° 89 a
  3. chapitre IV, n° 89 c
  4. chapitre IV, n° 89 b
  5. chapitre IV, n° 89 d
  6. chapitre IV, n° 91
  7. chapitre IV, n° 89 c

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Règle de saint Benoît, p. 43, traduction par Prosper Guéranger, Abbaye Saint-Pierre de Solesmes, réimpression 2007
  2. a, b, c, d et e http://www.liturgiecatholique.fr/Heures.html Dom Robert Le Gall, Dictionnaire de liturgie, p. 128 - 130 aussi
  3. a et b http://books.google.fr/books?id=DQ4uY3zvpA0C&pg=PA115 Richard Hoppin, La musique au Moyen Âge, tome I, p. 115 - 117, Édition Mardaga, 1991
  4. Traduction par Prosper Guéranger, p. 44
  5. Paul Delatte, Commentaire sur la règle de Saint Benoît, 2e édition, p. 177, Librairie Plon, Paris 1913
  6. http://www.abbaye-montdescats.fr/?page_id=1887