Al-Insan

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

76e sourate du Coran
L’Homme
Le Coran, livre sacré de l'islam.
Le Coran, livre sacré de l'islam.
Informations sur cette sourate
Titre original الإنسان, Al-Insan
Titre français L’Homme
Ordre traditionnel 76e sourate
Ordre chronologique 98e sourate
Période de proclamation Période médinoise
Nombre de versets (ayat) 31
Ordre traditionnel
Ordre chronologique

Al-Insan (arabe : الإنسان, français : L’Homme) est le nom traditionnellement donné à la 76e sourate du Coran, le livre sacré de l'Islam. Elle comporte 31 versets. Rédigée en arabe comme l'ensemble de l'œuvre religieuse, elle fut proclamée durant la période médinoise.

Cette sourate est aussi appelée le Temps, Ad-Dahr en arabe.

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Bien que le titre ne fasse pas directement partie du texte coranique[1], la tradition musulmane a donné comme nom à cette sourate L’Homme[2], en référence au contenu du premier verset : « Était-il un temps où l’humain n’était pas mentionné ? ».

Période de proclamation[modifier | modifier le code]

Selon la tradition musulmane, contestée par certaines recherches universitaires, cette sourate a été proclamée pendant la période médinoise, c'est-à-dire schématiquement durant la seconde partie de la vie de Mahomet, après avoir quitté La Mecque[3]. Les savants musulmans s'accordent pour dire que cette sourate occupe la 98e place dans l'ordre chronologique[4].

Résumé[modifier | modifier le code]

Cette sourate parle de l'homme, comme son nom l'indique, qui se divise pour Dieu (Allah) en deux catégories : les croyants, soumis à Dieu, et les non-croyants, les infidèles, qui s'opposent à Dieu (Allah).

Interprétations[modifier | modifier le code]

Cette sourate fait partie du dernier groupe de sourate du Coran (sourate 67 à 114) caractérisé par un sens poétique beaucoup plus développé et par des sourates assez courtes. Chronologiquement, ce sont les premières sourates révélées, à la Mecque.

Au nom d’Allah le Miséricordieux le Très Miséricordieux.

Ne s’est-il pas écoulé une longue période de temps durant laquelle l’espèce humaine était totalement inconnue?. (1) Nous avons créé l’homme d’une goutte de sperme comprenant tous les éléments de la vie. En l’appelant à la vie, nous avons voulu l’éprouver. Nous lui avons donné entendement et sensibilité. (2) Nous lui avons indiqué la bonne voie, le laissant libre de se montrer reconnaissant ou ingrat. (3).

Dieu parle de l'homme qui n'était, dans l'étérnité des temps, quelque chose dont on fasse mentoin à cause de sa faiblesse et sa vilenie. Pourquoi? parce que Dieu l'a créé d’une goutte de sperme et de mélanges aux composants divers. Ibn Abbas a dit qu’il s’agit du mélange du sperme de l'homme et de l'ovule de la femme quand ils se rencontrent. Puis ce future homme passe par des phases successives de la création. «En l’appelant à la vie, nous avons voulu l’éprouver» comment il va se comporter dans sa vie après que Dieu l'ait doté de l’ouïe et de la vue, en lui montrant le chemin droit ainsi que le cheminde l'erreur. Il sera l’un des deux : ou un reconnaissant ou un ingrat; et par la suite un heureux ou un malheureux, comme il est dit dans un hadith : «Tout homme débute sa journée trafiquant de son âme: il l’affranchit ou la conduit à sa perte». Dans le même sens, Abou Houraira rapporte que le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit : «Tout homme qui sort de chez lui, trouve à sa porte deux étendards: Le premier tenu par un ange et l’autre par un démon. S'il sort pour accomplir ce que Dieu agrée comme œuvres, il sera sous l'étendard de l’ange jusqu'à son retour. Mais si son but était autrement, le démon le suivra avec son étendard et l'homme restera sous lui jusqu'à son retour chez lui» (Rapporté par Ahmed)

Nous disposons de chaînes, de carcans et de l’enfer pour punir les infidèles. (4) Les justes boiront à des coupes remplies d’une mixture ayant la fraîcheur du camphre. (5) Ils boiront à une source que les serviteursd’Allah utiliseront à leur convenance. (6) Eux qui accomplissent leurs vœux et redoutent le jour où les catstrophes s’étendront avec une violence inouïe.(7) Eux qui distribuent des vivres aux pauvres, aux orphelins et aux captifs, malgré leurs propres besoins, (8) en disant : «Nous vous donnons ces vivres par amour d’Allah, nous ne vous demandons ni récompense, ni gratitude. (9) Nous redoutons de la part d’Allah un jour chargé d’angoisse et de malheur». (10) Allah leur (aux justes) épargnera les calamités de ce jour fatal. Il épanouira leurs visages du bonheur et de joie. (11) Pour récompenser leur patience, Allah leur donnera le paradis et des oripeaux de soie. (12).

Dieu a préparé aux impies les carcans, les chaînes et le Brasier comme II a dit ailleurs : «Le carcan au cou, le corps enchaîné, ils seront traînés dans les brasiers de l’enfer» [Coran XL, 71-72]. Par contre, les fidèles et les hommes purs boiront d’une coupe dont le mélange sera du camphre qui donne fraîcheur et bonne senteur. Ils boiront aussi à des sources d’eau là où ils se trouveront et quand ils voudront, ils en disposeront à leur guise et la feront couler selon leur intention. Ces bienheureux sont ceux : «qui accomplissent leurs vœux et redoutent le jour où les catastrophes s’étendront avec une violence inouïe». C’est à dire ils tiennent fidèlement leurs promesses en s’acquittant avec zèle des obligations religieuses et font ce qu'ils ont fait vœu de faire. Il est dit dans un hadith : «Que celui qui a fait vœu d’obéir à Dieu, le fasse. Que celui qui a fait vœu de Lui désobéir, ne le fasse pas». Et en plus ils s'interdisent de tout ce que Dieu a prohibé en redoutant un compte difficile au jour où ils comparaîtront devant leur Seigneur. Ce jour-là, le mal sera universel et atteindra tous les hommes à l'exception de ceux que Dieu voudra leur faire miséricorde. «Eux qui distribuent des vivres aux pauvres, aux orphelins et aux captifs malgré leurs propres besoins» ou malgré leur amour pour ces vivres car Dieu a dit : «On ne peut acquérir la piété qu’en donnant sur ses biens les plus chers» [Coran III, 92]. On a rapporté que Ibn Omar tomba un jour malade et eu envie du raisin au début de sa saison. Sa femme Safia envoya quelqu'un le lui acheter avec un dirham. Un mendiant suivit cet homme qui apportait le raisin jusqu’à ce qu’il fut chez Ibn Omar. Celui-ci remarquant que ce mendiant désirait le raisin, il ordonna aux siens de lui donner ce qu'ils lui ont acheté». Il est dit aussi dans un hadith : «La meilleure aumône est celle que tu donnes étant bien portant mais démuni en espérant la richesse et redoutant la pauvreté». Quant au captif cité dans le verset, il s’agit, comme ont avancé Al-Hassan et Ad-Dahak, des musulmans en dehors des autres. Mais Ibn Abbas a raconté que les captifs, à cette époque, étaient des polythéistes. Il rapporta à l’appui que le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- avait ordonné à ses compagnons de bien traiter les captifs de Badr (des idolâtres), et les fidèles leur donnaient à manger avant de se mettre à table. Pour Ikrima ceci concerne les esclaves. Et Ibn Jarir de dire en conclusion : Ce verset concerne tout captif musulman soit-il ou idolâtre, et le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- avait fait une telle recommandation aux hommes en leur disant : «Observez la prière et traitez bien vos captifs». «Nous vous donnons ces vivres pour l’amour d’Allah, nous ne vous demandons ni récompense, ni gratitude». Nous ne cherchons par notre faire que la satisfaction de Dieu sans vous demander une rétribution en contrepartie ou que vous fassiez notre éloge auprès des autres. Connaissant bien leur intention, et pour les louer, Il montre ce que recèlent leurs cœurs en disant par leurs bouches : «Nous redoutons de la part d’Allah un jour chargé d’angoisse et de malheur» Nous ne faisons cela que dans l’espoir que Dieu nous enveloppe de Sa miséricorde et de nous réserver un bon accueil le jour où nous comparaîtrons devant Lui, un jour où la mine sera renfrognée et tant de catastrophes se produiront. Dieu, de Sa part, épargnera à ces hommes charitables les calamités et les malheurs de ce jour-là et les délivrera de la peur. «Pour récompenser leur patience, Allah leur donnera le paradis et des oripeaux de soie» c’est-à-dire des vêtements de soie et de brocart.

Enfoncés dans de divans, ils ne souffriront ni de la chaleur ni du froid. (13) Des ombres épaisses les couvriront et des fruits s’offriront d’eux-mêmes à leurs mains. (14) On fera passer autour d’eux des vases et des coupes d’argent ayant la transparence du verre, (15) oui, en argent transparent, et d’une harmonie parfaite. (16) Ils boiront à des coupes emplies d’un liquide ayant la saveur du gingembre. (17) Ils boiront à une source appelée salsabil. (18) Des serviteurs d’une jeunesse éternelle passeront autour d’eux. En les voyant, on croirait voir des perles détachées d’un collier. (19) Si tu pouvais voir un tel lieu, tu verrais un lieu de délices et un immense royaume. (20) Ils porteront des habits de soie verte et de satin, galonnés d’argent. Le Seigneur leur fera offrir des breuvages d’une grande pureté. (21) Si vous recevez une pareille récompense, c’est que votre conduite a été méritoire. (22)

Les fidèles vivront dans un Paradis, dans un bien-être et une félicité permanents, accoudés sur des lits d'apparat, ne connaitront aucune calamité, n'auront à subir ni un soleil ardent ni un froid glacial, des ombres épaisses les couvriront. «Des fruits s’offriront d’eux-mêmes à leurs mains» C'est-à-dire que les fruits, comme a dit Moujahed, seront à portée de leurs mains quelle que soit la position de l'un d’entre eux debout, assis ou accoudé, la branche sera tendue et s'inclinera pour lui permettre de cueillir ce qu’il voudra, puis elle s’élèvera d’elle-même. D’autres ont dit que l’homme ne rencontrera sur ces branches aucune épine et ne déploira aucun effort pour cueillir les fruits. «On fera passer autour d’eux des vases et des coupes d’argent ayant la transparence du verre». Les domestiques, des éphèbes, circuleront parmi eux en leur présentant des vases d’argent et des coupes en cristal pareil à de l’argent dont le contenu a été savamment dosé, c’est à dire elles ne contiennent comme boisson que la quantité dont l’un d'entre eux aura besoin pour se désaltérer. Ces bienheureux boiront à des coupes remplies du vin tantôt mélangé au camphre qui donne une fraicheur, tantôt au gingembre qui donne une chaleur pour équilibrer la température. Les plus rapprochés boiront à une source appelée Salsabil à cause de sa douceur. «Des serviteurs d’une jeunesse éternelle passeront autour d’eux» qui garderont toujours et pour l’éternité l’âge de l’adolescence sans jamais vieillir. En les voyant, on les comparera à des perles détachées, tellement beaux à regarder et portant de jolis vêtements. Qatada a ajouté que chacun des bienheureux du Paradis aura mille domestiques à son service dont chacun s’occupera de ce qu’il en sera demandé pour l’exécuter. O Mouhammed, lui dit Dieu : «si tu pouvais voir un tel lieu» c’est-à-dire le Paradis avec son étenue, sa félicité et Ses délices, «tu verrais un Hen de délices et un immense royaume». Il est dit, à ce propos, dans un hadith que Dieu dira à celui qui entrera au Paradis : «Tu auras ce que tout le bas monde contient et dix fois autant». Si ceci était accordé à celui qui occupera la place la plus inférieure au Paradis, que dirait-on alors de la récompense de celui qui sera dans la place la plus élevée?. «Ils porteront des habits de soie verte et de satin galonnés d’argent» Tels seront les vêtements des élus du Paradis, de satin, de brocart et de soie fine. Dieu les parera avec des bracelets d'argent. Quant à ceux qui seront les plus rapprochés du Seigneur «ils y seront parés de bijoux d’or et de perles, ils porteront des vêtements de soie» [Coran XXXV,33]. Dieu les abreuvera d'une boisson très pure, pour les purifier de toute haine, de toute jalousie et de tout mauvais caractère. A cet égard, on a rapporté que ‘Ali Ben Abi Taleb a dit: «Lorsque les élus du Paradis seront à ses portes, ils y trouveront deux sources d’eau: à l’une d’elles ils boiront pour purifier leur intérieur, et de l’autre ils en puiseront pour faire une lotion et ainsi apparaîtra sur leurs visages l’éclat de la félicité». Pour les honorer et leur montrer Sa bienfaisance, Dieu leur dira : Tout cela vous sera accordé à titre de récompense et pour prix de vos efforts, car votre conduite dans le bas monde a été méritoire. Pour peu de vos bonnes actions vous serez amplement récompensés

Oui, il est vrai que nous t’avons révélé le Coran. (23) Soumets-toi à la loi de ton Seigneur et n’écoute ni les méchants, ni les incrédules. (24) Glorifie le nom de ton Maître, matin et soir. (25) En pleine nuit, adore-Le et loue-Le de longues heures. (26) Ces gens-là préfèrent la vie présente et oublient la lourde échéance qui les attend. (27) Nous les avons créés et nous les tenons sous notre dépendance. Et si nous le voulions, nous leur substituerions une autre espèce d’hommes. (28) Ceci est un avertissement. Que celui qui le désire prenne le chemin de son Seigneur. (29) Et vous ne désirerez que si Allah veut. Allah est toute science et toute sagesse. (30) Il accueille qui II veut dans le sein de sa miséricoarde. Il réserve aux injustes un châtiment douloureux. (31).

Dieu rappelle à Son Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- le don merveilleux qu’il lui a accordé, qui est le glorieux Coran, lui disant : Comme Je t'ai honoré par ce don merveilleux, endure Mes décrets et Ma prédestination et sache que Je vais amender ta situation. «Soumets-toi à la loi de ton Seigneur, et n’écoute ni les méchants, ni les incrédules» s’ils cherchent à te détourner de la révélation. Divulgue ce que ton Seigneur t’a révélé, fie-toi à Lui car II te préserve contre les hommes. N'obéis ni au pécheur ni à l’ingrat. Invoque le nom de ton Seigneur à l'aube et à la fin du jour. Puis Dieu dénigre et méprise le comportement des incrédules et ceux qui leur sont semblables qui s'adonnent aux jouissances du bas monde et négligent l’autre. Que ceux-là sachent que : «Nous les avons créés, et nous les tenons sous notre dépendance». Et au jour de la résurrection «Si nous le voulions, nous leur substituerions une autre espèce d’hommes» en les remplaçant par des êtres semblables à eux ou différents d'eux comme Dieu a dit : «S’il le voulait, Il pourrait vous faire disparaître et créer un nouveau monde» [Coran XXXV, 16], «Ceci est un avertissement» C'est-à-dire que cette sourate constitue un Rappel aux hommes, puis libre à eux, ils pourront prendre le chemin qui les mènera à leur Seigneur en suivant les enseignements du Coran, comme ils pourront s'en détourner. Mais sachez que «Vous ne le désirerez que si Allah veut». Nul ne peut se guider de iui-même et avoir la foi que si Dieu le veut. Car II est sage et sait tout, li connaît ceux qui méritent et qui sont dignes d’êtres guidés en leur facilitant tous les moyens pour en arriver, et d'autres qui méritent d’être égarés en les écartant de la voie droite. «Il accueille qui II veut dans le sein de Sa miséricorde. Il réserve aux injustes un châtiment douloureux». Celui qu’il dirige, nul ne pourra l’égarer, et celui qu’il égare ne saurait trouver

un autre guide en dehors de Lui.

Galerie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. André Chouraqui, Le Coran, traduction et commentaires, 1990, p. 15.
  2. André Chouraqui, Le Coran : L'appel, France, Robert Laffont, , 625 p. (ISBN 2221069641)
  3. Blachère R., Le Coran, 1966, p. 103.
  4. André Chouraqui, Le Coran : L'appel, Robert Laffont, , 625 p. (ISBN 2221069641)

4. tafsir de Ibn al Qayim, sourate al Insan