Al-Ahqaf

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46e sourate du Coran
Les Dunes
Le Coran, livre sacré de l'islam.
Le Coran, livre sacré de l'islam.
Informations sur cette sourate
Titre original سورة الأحقاف, Al-Ahqaf
Titre français Les Dunes
Ordre traditionnel 46e sourate
Ordre chronologique 66e sourate
Période de proclamation Période mecquoise
Nombre de versets (ayat) 35
Ordre traditionnel
Ordre chronologique

Al-Ahqaf (arabe : سورة الأحقاف, français : "Les Dunes") est le nom traditionnellement donné à la 46e sourate du Coran, le livre sacré de l'Islam. Elle comporte 35 versets. Rédigée en arabe comme l'ensemble de l'œuvre religieuse, elle fut proclamée durant la période mecquoise.

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Bien que le titre ne fasse pas directement partie du texte coranique[1], la tradition musulmane a donné comme nom à cette sourate Les Dunes[2], en référence au verset 21 : « Et rappelle-toi le frère des Aad (Hud) quand il avertit son peuple à Al-Ahqaf - alors qu’avant et après lui, des avertisseurs sont passés - [en disant] : “N’adorez qu’Allah. Je crains pour vous le châtiment d’un jour terrible”. »

Ahqaf, pluriel de hiqf, désigne une région montagneuse du sud de l’Arabie où aurait possiblement vécu le peuple des Ad ainsi que leur prophète Hûd.

Période de proclamation[modifier | modifier le code]

Selon la tradition musulmane, cette sourate a été proclamée pendant la période mecquoise, c'est-à-dire schématiquement durant la première partie de l'histoire de Muḥammad (saw) avant de quitter La Mecque[3]. Les savants musulmans s'accordent pour dire que cette sourate occupe la 66e place dans l'ordre chronologique[4].

D'après l'exégèse scientifique cependant cette distinction en deux ensembles de sourates est peu probante puisque qu'elle fait reposer l'organisation du Coran suivant un ordre chronologique de proclamation, hypothèse hautement spéculative car elle repose sur les « convictions que le Coran n’a qu’un seul auteur, qu’il n’a aucun rédacteur, et qu’il reflète l’expérience d’une communauté ayant existé autour de Muḥammad, à la Mecque et à Médine, entre 610 et 632 »[5].Le « relatif consensus des spécialistes » admettant une élaboration du Coran « jusqu'à plus d'un demi-siècle après la mort du Prophète » principalement sur la mise en forme du texte mais pouvant aussi concerner les contenus, de ce fait la datation du Coran n'est pas formellement admise comme remontant à la fin de vie de Mahomet[6].

Le Coran est constitué de 114 sourates de longueurs inégales, présentées dans un ordre de longueur assez sensiblement décroissant, et non dans l'ordre chronologique des révélations. Dans l'ordre traditionnel, An-Nisa est la 4e sourate[3]. Les manuscrits anciens montrent des variations dans l'ordonnancement des sourates. Pour M.-A. Amir-Moezzi, « En sus de quelques variantes orthographiques et lexicographiques mineures, 22 % des 926 groupes de fragments étudiés présentent un ordre de succession de sourates complètement différent de l'ordre connu »[7]. Certains versets supprimées dans la forme canonisée du Coran ont été rajoutés au corpus des hadiths[8].

Résumé[modifier | modifier le code]

Sur le même thème que les autres versets de cette série, cette sourate parle du jour du Jugement et de l'omnipotence de Dieu (Allah).

Interprétations[modifier | modifier le code]

Versets 7–12 : le livre de Moïse[modifier | modifier le code]

Pour Azaiez, ce passage illustre la pratique du contre-discours comme forme rhétorique du Coran. Il permet en particulier de mettre en lumière plusieurs types de réponse aux discours contredisant Mahomet qui sont cités dans le Coran. Dye s’interroge sur les protagonistes de ce contre-discours, entre récit lié à la prédication de Mahomet et « mise en scène ». Il ne semble pas possible pour lui de séparer les deux[9].

Dye s’interroge sur le sens du mot kitab. « Que kitāb doive être identifié au muṣḥaf coranique [...] ne va nullement de soi (sauf à considérer que ces versets sont contemporains de la composition-collecte du Coran, auquel cas la thèse de l’autoréférentialité est plus plausible) : kitāb pourrait-il simplement désigner « les révélations » reçues par le Prophète (sans que l’on sache clairement l’étendue des révélations concernées, ni si elles ont déjà été mises par écrit) ? »[9]. Certains rhétoriciens ont « forgé » un concept pour présenter le kitab comme une anticipation du Coran. Pour d’autres, l’usage de ce terme doit être associé à la question des écrits juifs, voir chrétiens[9].

Dans les versets 10-11, une référence est faite à un récit concernant les « enfants d’Israël », sans plus de précision. Pour El-Badawi, le vocabulaire pourrait être à associer aux rapports de l’Église à la loi de Moïse[9]. Pour Hawting, ce passage semble contredire la vision traditionnelle, voyant dans les opposants de Mahomet des polythéistes[9]. Sirry se demande ce terme désigne un juif ayant suivi Mahomet ou l’espérance que Mahomet dans le fait que les juifs le suivent[9].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Le Coran - Bibliowiki », sur biblio.wiki (consulté le 5 juillet 2018)
  2. (en) « Le Coran/Sourate 46 : Al-Ahqaf - Bibliowiki », sur biblio.wiki (consulté le 5 juillet 2018)
  3. a et b Blachère R., Le Coran, 1966, p. 103.
  4. André Chouraqui, Le Coran : L'appel, Robert Laffont, , 625 p. (ISBN 2221069641)
  5. Gabriel Said Reynolds, « Le problème de la chronologie du Coran », Arabica, no 58,‎ , p. 477
  6. Michel Cuypers et Geneviève Gobillot, Le Coran: idées reçues sur le Coran, Le Cavalier Bleu Editions, (ISBN 9782846706674, lire en ligne), p. 17
  7. Michel Cuypers et Geneviève Gobillot, Le Coran: idées reçues sur le Coran, Le Cavalier Bleu Editions, (ISBN 9782846706674, lire en ligne), p. 22
  8. Michel Cuypers et Geneviève Gobillot, Le Coran: idées reçues sur le Coran, Le Cavalier Bleu Editions, (ISBN 9782846706674, lire en ligne), p. 23
  9. a b c d e et f Azaiez, M. (Ed.), Reynolds, G. (Ed.), Tesei, T. (Ed.), et al. (2016). The Qur'an Seminar Commentary / Le Qur'an Seminar. A Collaborative Study of 50 Qur'anic Passages / Commentaire collaboratif de 50 passages coraniques. Berlin, Boston: De Gruyter. passage QS 37 Q 46:7–12