Roger Caratini

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Roger Caratini
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Roger Caratini, né à Paris le et mort à Limeil-Brévannes le (à 84 ans)[1], est un philosophe, écrivain et encyclopédiste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Paris de parents d'origine corse (cap-corsine par son père, Jules Caratini, et balanin par sa mère, Céline Anziani[réf. nécessaire]), il devient bachelier à 16 ans, puis réussi hypokhâgne et khâgne au Lycée Louis-le-Grand[2].

En 1943, ayant égaré le gendarme recruteur du STO qui lui demandait sa religion, il passe quelques mois au camp de Drancy mais n'est pas finalement envoyé en Pologne[3].

Il est licencié en mathématiques et en philosophie[4]. Parallèlement, il est durant cinq ans étudiant en médecine[4]. Il a, entre autres[5], « appris le sumérien »[5] et « publié de nombreux travaux sur l'astronomie et les mathématiques babyloniennes »[5],[6].

Sa thèse de philosophie est supervisée par Gaston Bachelard et porte sur l'épistémologie de la théorie des groupes[2]. Après trois ans passés à enseigner la philosophie[3], il devient psychanalyste pour enfants et des adolescents[7],[8] pendant 17 ans avant d'abandonner le métier[5] en 1966 « pour faire un film sur les Kurdes »[3]. La même année, il rencontre Pierre Bordas qui lui propose, « Puisque vous savez tout », d'écrire une encyclopédie[5].

Il est père de sept enfants[2],[9].

Travaux[modifier | modifier le code]

Reconnu pour l’étendue de ses connaissances et souvent[8] comparé au polymathe Jean Pic de la Mirandole, lui-même qualifié de « prince des érudits » de la Renaissance italienne[10], Roger Caratini est aussi l’auteur de nombreux ouvrages de vulgarisation.

Il est notamment réputé[11] pour avoir rédigé seul la quasi-intégralité de l’encyclopédie Bordas en 23 volumes (1968-1975)[12],[8],[13],[5],[11]. Afin de créer la seule encyclopédie thématique, et non pas alphabétique, du marché, il travaille quinze heures par jour pendant sept ans aidé de sa femme et d'un secrétaire[5]. Il n'est aiguillé que sporadiquement par des spécialistes sur certains sujets qu'il maîtrise mal[5]. D'après le journal Le Monde, c'est un « succès » : les éditions Bordas en vendront plus de 3 millions d'exemplaires[5],[8].

En 1988, il gagne un procès contre les éditions Bordas pour avoir, dans les années 1980, changer en totalité le contenu de l'encyclopédie en ne modifiant que légèrement son titre[14].

Sa qualité d'historien a durement été affaiblie par son ouvrage sur Napoléon[15], dans lequel il fait un procès à charge, avec des références totalement anachroniques (jugeant la politique intérieure et extérieure de Napoléon avec les yeux d'un individu de la fin du XXe siècle)[15].

Par ailleurs, il est parfois classé dans la catégorie des « compilateurs », c'est-à-dire qu'il ne travaille pas toujours à partir de sources historiques mais à partir de biographies ou travaux universitaires déjà existants[16].

Publications[modifier | modifier le code]

(Liste non exhaustive.)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir sur evene.fr.
  2. a b et c Nicolas d'Estienne d'Orves, Sébastien Lapaque, Sébastien Le Fol, Anthony Palou, « Les nouveaux penseurs médiatiques », Le Figaro,‎
  3. a b c et d Catherine NAY, Patrice de MERITENS, « Roger Caratini », Le Figaro Magazine,‎  :

    « (...) Religion (...) : « Brahmaniste » (...) aussitôt assimilée à une secte juive. J'ai donc été envoyé (...) camp de Drancy où je suis resté quelques mois. J'ai échappé au pire (...) parce qu'à compter de mars 1944, il n'y a pratiquement plus eu de convois en partance pour la Pologne.(...) ». «(...) j'imagine très bien un système où les candidats au pouvoir dans un pays seraient présentés par les partis, puis tirés au sort. Le hasard est bien préférable à la démocratie : les Grecs l'avaient bien compris (...) L'activité d'un homme politique est, indépendamment de ses fonctions, à 90 % consacrée à maintenir son parti au pouvoir, donc à récupérer des suffrages.(...) »

  4. a et b « La sueur de Sisyphe Le savoir n'a pas de fin. Il est débordant, monstrueux, tyrannique. », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 22 octobre 2020)
  5. a b c d e f g h et i « Une encyclopédie écrite par un seul homme », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 22 octobre 2020) :

    « (...) il a étudié la musique et il s'est intéressé au cinéma d'assez près pour écrire une histoire du cinéma français pendant la guerre. (...) »

  6. Roger CARATINI, « QUADRATURE DU CERCLE ET QUADRATURE DES LUNULES EN MÉSOPOTAMIE », Revue d'Assyriologie et d'archéologie orientale, vol. 51, no 1,‎ , p. 11–20 (ISSN 0373-6032, lire en ligne, consulté le 23 octobre 2020)
  7. a et b Pierre Tranoy, « Le siècle des minorités apaisées », Sud Ouest,‎  :

    « (...) Combien existe-t-il de minorités dans le monde ? -- Il doit bien y en avoir 200 000. Rien qu'aux Philippines, il y a 10 000 ethnies différentes qui sont autant de minorités en puissance. Dans mon livre, j'en cite un millier, j'en analyse une centaine et j'en décris une vingtaine (...) »

  8. a b c et d « Roger Caratini, "divulgateur critique", il coordonna l'Encyclopédie Bordas », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 22 octobre 2020)
  9. Roger (1924-2009) Auteur du texte Caratini, La Force des faibles : encyclopédie mondiale des minorités / Roger Caratini, (lire en ligne)
  10. « Décès de l’écrivain et encyclopédiste Roger Caratini », sur lepoint.fr, (consulté le 3 avril 2013)
  11. a et b Le 30 mai 2009 à 07h00, « Décès de l'encyclopédiste Roger Caratini », sur leparisien.fr, (consulté le 23 octobre 2020)
  12. « http://www.livreshebdo.fr/les-gens/actualites/a-84-ans-roger-caratini-est-mort/3093.aspx »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  13. « Portrait d'un encyclopédiste », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 22 octobre 2020)
  14. « M. Roger Caratini contre les éditions Bordas Un encyclopédiste en colère », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 23 octobre 2020)
  15. a et b Voir sur bir-hacheim.com.
  16. Voir, par exemple, l'avertissement de son ouvrage consacré à Jeanne d'Arc, page 9 : Jeanne d'Arc. De Domrémy à Orléans et du bûcher à la légende, Paris, L'Archipel, décembre 1999 (ISBN 2-84187-173-8).
  17. « Les Minorités - Apostrophes - Bernard Pivot » [vidéo], sur madelen.ina.fr, (consulté le 22 octobre 2020)
  18. Pierre Ter-Sarkissian, « La force des faibles - Encyclopédie mondiale des minorités -par Roger Caratini », Hommes & Migrations, vol. 1101, no 1,‎ , p. 14–15 (lire en ligne, consulté le 23 octobre 2020)
  19. « L'ANNÉE DE LA SCIENCE », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 22 octobre 2020)
  20. Institut National de l’Audiovisuel- Ina.fr, « Roger Caratini (interviewé par Bernard Pivot) » [vidéo], sur Ina.fr, (consulté le 22 octobre 2020)
  21. Roger (1924-2009) Auteur du texte Caratini, Dictionnaire des personnages de la Révolution / Roger Caratini, (lire en ligne)
  22. Charles Josquin, « Robespierre en 1989 », Raison présente, vol. 91, no 1,‎ , p. 31–38 (DOI 10.3406/raipr.1989.2792, lire en ligne, consulté le 23 octobre 2020)
  23. Cavanna, « Cavanna l'incorruptible », Le Nouvel Obs,‎ , p. 6 (lire en ligne [PDF])
  24. « Citoyen francilien" », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 23 octobre 2020)
  25. Claudie Weill, « Roger Caratini, Dictionnaire des nationalités et des minorités en URSS, Paris, Larousse, (Coll. « Essentielles »), 1990 », L'Homme et la société, vol. 103, no 1,‎ , p. 149–150 (lire en ligne, consulté le 23 octobre 2020)
  26. Philippe CUSIN, « Roger Caratini : pédagogue de la philo », Le Figaro,‎
  27. Claude JACQUEMART, « La saga de Jules César », Le Figaro,‎
  28. Jean-Philippe Mestre, « Le « petit caporal » épinglé », Le Progrès - Lyon,‎  :

    « (...) Alors qu'il vient juste de poser ses valises (et les 15.000 ouvrages de sa bibliothèque) en plein coeur de Saint-Etienne, l'historien s'en explique : « Pour juger un dictateur, il faut juger son bilan. Celui de Napoléon est nul.(...) s'il a gagné beaucoup de batailles, il a perdu l'essentiel: la guerre. (...) »

  29. Y.G., « Quelle sorte d'histoire ? », Le Progrès - Lyon,‎
  30. « « L'erreur qui persiste devient un mensonge » », Le Progrès - Lyon,‎  :

    « (...) pour lui, les événements historiques sont, le plus souvent, transformés au profit du politique, voire de l'économique. (...) »

  31. « Spéciale Napoléon - Apostrophes - Bernard Pivot » [vidéo], sur madelen.ina.fr, (consulté le 22 octobre 2020)
  32. « Jeanne d'Arc (R. Caratini) », sur www.histoire-pour-tous.fr (consulté le 23 octobre 2020)
  33. « 570 à 632 - Introduction à l'islam - Herodote.net », sur www.herodote.net (consulté le 22 octobre 2020)
  34. « La Mésopotamie », sur www.lhistoire.fr, (consulté le 22 octobre 2020)
  35. Roger (1924-2009) Auteur du texte Caratini, Les mathématiciens de Babylone / Roger Caratini, (lire en ligne)
  36. Jean-François Mondot, « Quand les Babyloniens inventaient le plaisir des maths », Science et Vie, no 1018,‎ , p. 130-135 :

    « (...) 1500 ans avant que les balourds pharaons bâtissent à coups de trique des monuments stéréotypés, les scribes-mathématiciens du pays mésopotamien ont mis l'humanité sur la route du progrès intellectuel (...) »

  37. Anna Pourrillou-Journiac, « Du bruit pour rien », Sud Ouest,‎
  38. « Livres. Haro sur l'égyptomanie! », Le Temps,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le 22 octobre 2020)
  39. « Livres : L'Égyptomanie est-elle une imposture ? », sur www1.rfi.fr, (consulté le 23 octobre 2020)
  40. « Une histoire originale et excessive », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 22 octobre 2020)
  41. Paulette Milleliri, « Roger Caratini : Histoire du peuple corse. Coll. « Histoire et histoires ». 1995 », Dix-Huitième Siècle, vol. 28, no 1,‎ , p. 611–611 (lire en ligne, consulté le 22 octobre 2020)

Liens externes[modifier | modifier le code]