Ar-Ra'd

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13e sourate du Coran
Le tonnerre
Le Coran, livre sacré de l'islam.
Le Coran, livre sacré de l'islam.
Informations sur cette sourate
Titre original الرّعد, Ar-Ra'd
Titre français Le tonnerre
Ordre traditionnel 13e sourate
Ordre chronologique 96e sourate
Période de proclamation Période mecquoise
Nombre de versets (ayat) 43
Nombre de prosternations 1 (verset 15) ou 1 Ruku (si le verset est récité lors d'une prière)
Ordre traditionnel
Ordre chronologique

La sourate Ar-Ra'd (arabe : ‫الرّعد‬, le Tonnerre) est la 13e sourate du Coran. Elle comporte 43 versets.

 Origine du nom[modifier | modifier le code]

Bien que le titre ne fasse pas directement partie du texte coranique[1], la tradition musulmane a donné comme nom à cette sourate Le Tonnerre, en rapport avec une phrase du verset 13 : "Le tonnerre louange sa désirance"[2].

Période de proclamation[modifier | modifier le code]

Selon la tradition musulmane, cette sourate a été proclamée pendant la période mecquoise, c'est-à-dire schématiquement durant la première partie de l'histoire de Mahomet avant de quitter La Mecque[3]. Les savants musulmans s'accordent pour dire que cette sourate occupe la 96e place dans l'ordre chronologique[4].

D'après l'exégèse scientifique cependant cette distinction en deux ensembles de sourates est peu probante puisque qu'elle fait reposer l'organisation du Coran suivant un ordre chronologique de proclamation, hypothèse hautement spéculative car elle repose sur les « convictions que le Coran n’a qu’un seul auteur, qu’il n’a aucun rédacteur, et qu’il reflète l’expérience d’une communauté ayant existé autour de Muḥammad, à la Mecque et à Médine, entre 610 et 632 »[5].Le « relatif consensus des spécialistes » admettant une élaboration du Coran « jusqu'à plus d'un demi-siècle après la mort du Prophète » principalement sur la mise en forme du texte mais pouvant aussi concerner les contenus, de ce fait la datation du Coran n'est pas formellement admise comme remontant à la fin de vie de Mahomet[6].

Le Coran est constitué de 114 sourates de longueurs inégales, présentées dans un ordre de longueur assez sensiblement décroissant, et non dans l'ordre chronologique des révélations. Dans l'ordre traditionnel, An-Nisa est la 4e sourate[3]. Les manuscrits anciens montrent des variations dans l'ordonnancement des sourates. Pour M.-A. Amir-Moezzi, « En sus de quelques variantes orthographiques et lexicographiques mineures, 22 % des 926 groupes de fragments étudiés présentent un ordre de succession de sourates complètement différent de l'ordre connu »[7]. Certains versets supprimées dans la forme canonisée du Coran ont été rajoutés au corpus des hadiths[8].

Interprétations[modifier | modifier le code]

Verset 1-17 : La grandeur de la création et la ressurection[modifier | modifier le code]

Le verset 5 est un exemple de "contre-discours coranique", habitude du Coran à citer les discours qui le contredisent. Ce contre-discours se retrouve dans le Talmud. Pour Dye, ce passage « se situe dans le droit fil de l’apologétique chrétienne, notamment l’homilétique syriaque » en donnant les argument aux questions le contredisant[9]. Pour Pregill, il pourrait s'inscrire dans un contexte de réponse au manicheisme et au zoroastrisme arrivant en Arabie[9]. Pour Reynolds, cette sourate peut être une réponse au christianisme. L'insistance de ce texte est moins sur la reconnaissance de Dieu que sur celle d'Allah, qui doit être ici compris comme un nom propre. Le V.15 pourrait étre une réponse à l'Épître aux Philippiens[10],[9].

Pour Pregill, le mode d'énonciation de ce passage se rapproche de celui des psaumes[9]

Cette sourate commence par des lettres dites déconnectées dites muqaṭṭaʾāt. Al-Ṭabarī cite plusieurs hypothèses quant à leur présence. D'autres auteurs, religieux et scientifiques, ont fait d'autres hypothèses. Pour Luxenberg, ces lettres sont des abréviations en usage dans la liturgie syriaque. Pour lui, les lettres alif, lā, mīm et rāʾsont une abréviation de emar lī Māryā rabbā "Le tout puissant Seigneur m'a parlé"[9].

Pour Younes, le verset 2 est, dans sa traduction traditionnelle, mal traduit. De même, cette sourate contient des hapax difficilement traduisibles[9].

Versets 27-43[modifier | modifier le code]

Pour Grodzki, la mention du mouvement des montagnes est une erreur de compréhension. Le sens est plutôt celui de la destruction des montagnes.[11]

Pour Madigan, le terme umm al-kitāb, souvent traduit par "mère du Livre"[12] est plus complexe qu'il semble au premier abord. Pickthall le traduit par "source des ordonnances"/"source des décrets"[11].

Ces versets présentent les punitions divines qui touchent ceux qui ne suivent pas les prophètes. Le verset 36 déclare que les "gens du livre" supporteront le message de Mahomet. Certains y voit une évocation de l'accueil de Mahomet par le communauté juives et chrétienne de la Mecque. Pour Marshall, ce passage évoque le comportement que le Coran espère pour les chrétiens et les juifs[11].

Galerie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. André Chouraqui, Le Coran, traduction et commentaires, 1990, p. 15.
  2. André Chouraqui, Le Coran : L'appel, France, Robert Laffont, , 625 p. (ISBN 2221069641)
  3. a et b Blachère R., Le Coran, 1966, p. 103.
  4. André Chouraqui, Le Coran : L'appel, Robert Laffont, , 625 p. (ISBN 2221069641)
  5. Gabriel Said Reynolds, « Le problème de la chronologie du Coran », Arabica, no 58,‎ , p. 477
  6. Michel Cuypers et Geneviève Gobillot, Le Coran: idées reçues sur le Coran, Le Cavalier Bleu Editions, (ISBN 9782846706674, lire en ligne), p. 17
  7. Michel Cuypers et Geneviève Gobillot, Le Coran: idées reçues sur le Coran, Le Cavalier Bleu Editions, (ISBN 9782846706674, lire en ligne), p. 22
  8. Michel Cuypers et Geneviève Gobillot, Le Coran: idées reçues sur le Coran, Le Cavalier Bleu Editions, (ISBN 9782846706674, lire en ligne), p. 23
  9. a b c d e et f Azaiez, M. (Ed.), Reynolds, G. (Ed.), Tesei, T. (Ed.), et al. (2016). The Qur'an Seminar Commentary / Le Qur'an Seminar. A Collaborative Study of 50 Qur'anic Passages / Commentaire collaboratif de 50 passages coraniques. Berlin, Boston: De Gruyter. partie QS 16 Q 13:1–17
  10. Phil 2, 9-11.
  11. a b et c Azaiez, M. (Ed.), Reynolds, G. (Ed.), Tesei, T. (Ed.), et al. (2016). The Qur'an Seminar Commentary / Le Qur'an Seminar. A Collaborative Study of 50 Qur'anic Passages / Commentaire collaboratif de 50 passages coraniques. Berlin, Boston: De Gruyter. partie QS 17 Q 13:27–43
  12. Geoffroy, E. and Daftary, F., “Umm al-Kitāb”, in: Encyclopédie de l’Islam.