Camille Martin

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Camille Martin
Camille Martin.jpg
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 37 ans)
NancyVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Formation
Mouvement
Père
Jacques Martin (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mère
Louise Victorine Gautier (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Marie-Rosalie Demangeot (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Camille Martin est un peintre, relieur, illustrateur et affichiste lorrain, né Camille Emmanuel Joseph Étienne Martin à Nancy le [1], et mort le 11 octobre 1898. Il fait partie du mouvement de l'École de Nancy.

Biographie[modifier | modifier le code]

Premier soleil (1882) - Musée des beaux-arts de Nancy

Fils du sculpteur Jacques Martin et de la brodeuse Louise Victorine Gautier, il fréquente l'École des beaux-arts de Nancy où il suit l'enseignement de Théodore Devilly et y remporte le prix Jacquot en 1881, ce qui lui ouvre les portes de École des arts décoratifs de Paris[2]. Il épouse Marie-Rosalie Demangeot et en divorse probablement peu de temps après, sans avoir d'enfant[s 1]. Il expose dès 1882 au salon de Nancy la peinture Premier soleil, que Roger Marx, dans Le Courrier de Meurthe-et-Moselle, raproche de Puvis de Chavannes[3]. Pour Michèle Leinen, documentaliste à la ville et au musée des Beaux-Arts de Nancy, son style se rapproche surtout de celui de Jules Bastien-Lepage[3]. Il présente la même année, en collaboration avec Emile Friant, un bahut à la vitrine Majorelle[3].

Il voyage en 1884 à Venise où il réalise de nombreuses aquarelles ; l'une d'elles, Canal Saint-Marc, est conservée au musée Lorrain[s 1]. Il présente trois œuvres au salon de Nancy de la même année, ville dans laquelle il vient de s'installer: Discours sur la tombe, Cage à lapins et À Saint-Etienne et deux autres à celui de 1886 : Désœuvré et Le sculpteur praticien[3].

reliure pour L'Art Japonais de Louis Gonse, réalisée en collaboration avec René Wiener, 1893. Conservée au musée des Beaux-Arts de Nancy, photographie de la bibliothèque municipale de Nancy.

Sa rencontre avec Hokkai Takashima en 1885 sensibilise Camille Martin à l'art japonais, dont il possède de nombreux ouvrages dans son atelier et qui influent fortement son style[2]. Il peindra essentiellement des paysages vosgiens en utilisant de nombreuses techniques : émail, céramique (en collaboration avec Gustave Schneider), cruit et le bois-brûlé[3]. Cela lui vaut le surnom de « peintre populaire du sapin »[4].

Il participe à son premier salon national en 1887, le salon des Artistes français, lors duquel il expose Les vieilles Carrières de Malzéville[3]. La même année, l'hôtel de ville de Nancy présente des artistes locaux, où Martin présente Quais de Paris et une aquarelle[3].

Il voyage en Egypte en 1888 et en rapporte divers souvenirs et photographies, sans que cela ait eu une influence majeur dans son oeuvre[2].

Après l'enterrement, 1889, musée des beaux-arts de Nancy.

Lors salon de Nancy de 1888, situé aux galeries Poirel depuis leur inauguration la même année, Martin expose de nombreuses œuvres : La Manutention militaire à Nancy, Aix-les-Bains (La Dent du Chat), La Porte Saint-Georges, Le Port du Tréport à marée basse et Les Quais du Tréport[3].

Il retourne au salon des Artistes français en 1889 pour y montrer Boudonville et Après l'enterrement[3].

Il fonde rue de Strasbourg un atelier d'amateurs et d'artistes en 1891 et expose la même année au salon des Artistes français Portrait de Mlle V... et enfin des bois brûlés à la galerie Wiener[3]. L'année suivante, il présente au salon de Nancy Effet d'automne et La rue Lepeletier (hiver)[3].

En 1893, il collabore au Salon du Champ-de-Mars avec Victor Prouvé et René Wiener, et présente des reliures qui lui valent une reconnaissance nationale et internationale et lui permet d'obtenir la réalisation de la reliure de L'Histoire de Paris[3]. La même année, il remporte avec Victor Prouvé le concours pour la réalisation d'un monument place de la Croix de Bourgogne[3].

L'estampe originale, janvier-mars 1894, Metropolitan Museum of Art.

Entre 1893 et 1895, André Marty édite dans L'estampe originale des planches de Camille Martin parmi celles de Bonnard, de Toulouse-Lautrec, de Ranson...

Affiche de l'Exposition d'art décoratif de Nancy (1894)

Il participe en 1894 à l'exposition d'art décoratif lorrain, pour laquelle il réalise l'affiche. Il y expose aussi des reliures et un bois brûlé représentant une futaie en automne[3]. La même année, il collabore avec Prouvé pour la réalisation du coffre La Parrure, présentée au salon national des Beaux-arts[3]. Au salon de Nancy de 1895, il expose deux reliures, Mélancolie et L'Herbier, puis la toile Le Patricien à celui de 1896 et d'autres œuvres à celui de 1897[3].

Il meurt le 11 octobre 1898 ; ses œuvres sont exposées aux galeries Poirel début 1899, et son atelier est vendu[3].

Pour Michèle Leinen, il fait partie des rares peintres nancéiens ayant eu une influence sur la peinture de l'école de Nancy, avec les célèbres Victor Prouvé et Emile Friant, avec lequel il était ami, et les moins connus Henri Royer et Paul-Emile Colin[3] ; ces cinq peintres représentent « l'esthétique de l'école de Nancy, qui évolue entre naturalisme, symbolisme, idéal moral et engagement social »[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • Valérie Thomas, Jérôme Perrin, Blandine Otter: Camille Martin, artiste de l'École de Nancy. Le sentiment de la nature, Somogy (Paris), 2010, 144 p. (ISBN 9782757202838) [publié à l'occasion de l'exposition présentée au musée de l'École de Nancy du 26 mars au 29 août 2010].
  1. a et b Jérôme Perrin, « Camille Martin « curieux de toute beauté » », dans Camille Martin, artiste de l'École de Nancy
  • Autres références
  1. Archives de Meurthe-et-Moselle en ligne, acte n°172 du 15/2/1861, vue 406
  2. a b et c « Camille Martin », musée de l'école de Nancy
  3. a b c d e f g h i j k l m n o p q r et s Peinture et Art nouveau, Musée des Beaux-Arts de Nancy, (ISBN 2-7118-3839-0)
  4. Henry-Marie, La Lorraine-artiste, nouvelle série, n°2, 1899

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Ouvrages modernes[modifier | modifier le code]

  • Blandine Otter: « La réception des reliures de l'École de Nancy au salon de la Société Nationale des Beaux-Arts de Paris en 1893 »,[Colloque international, perception de l'Art nouveau: Art Nouveau et écologie], Bruxelles, 2010, Article intégral en ligne.
  • Valérie Thomas, Jérôme Perrin, Blandine Otter: Camille Martin, artiste de l'École de Nancy. Le sentiment de la nature, Somogy (Paris), 2010, 144 p. (ISBN 9782757202838) [publié à l'occasion de l'exposition présentée au musée de l'École de Nancy du 26 mars au 29 août 2010].
  • Ange-Pascale Aumont, Camille Martin (1861-1898), [mémoire de maîtrise d'histoire de l'art,] Université de Nancy 2 (Nancy), 1991.

Sources d'époque[modifier | modifier le code]

  • Catalogue de l'exposition Camille Martin, Salle Poirel (Nancy), 1899, 16 p.
  • Numéro spécial La Lorraine-artiste, 16 octobre 1898

Liens externes[modifier | modifier le code]