Œnotourisme

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Œnotourisme à Mendoza (Argentine)
Un vin et les produits de son terroir (Jura)

L’œnotourisme, ou tourisme vitivinicole et œnologique, est une forme de tourisme d'agrément qui repose sur la découverte des régions viticoles et leurs productions ; c'est une forme de tourisme rural et d'agritourisme. Pour le programme européen Vintur, « le produit œnotourisme consiste à l’intégration sous un même concept thématique des ressources et services touristiques d’intérêt, existants ou potentiels, dans une zone vitivinicole »[réf. nécessaire].

Des activités diverses[modifier | modifier le code]

Dégustation dans un caveau :
utilisation du crachoir

L’œnotourisme recouvre de nombreuses activités de découverte :

  • les vins : dégustations, apprentissage de l'œnologie, de l’analyse sensorielle, de la sommellerie ;
  • les métiers et techniques de la vigne et du vin : visite de caves, de chais, de vignobles, rencontre avec les propriétaires, maîtres de chais, les vendangeurs ... ;
  • la connaissance des cépages, des terroirs, les classifications et appellations ;
  • le patrimoine historique et culturel : visite de musées (musées du tire-bouchon, des étiquettes, maison de Louis Pasteur à Arbois…), découverte des architectures (châteaux, domaines, chapelles, chais…)… Saint-Émilion est inscrit au Patrimoine mondial de l'humanité (sur l'intégration des paysages viticoles). De nombreuses études ont été réalisées par l'Icomos [1] ;
  • la gastronomie ;
  • le bien être avec la vinothérapie ;
  • les activités sportives et de loisirs : promenades et randonnées dans les vignobles, survols en montgolfière ou en avion.

Intérêt de l'œnotourisme pour le producteur et pour le touriste[modifier | modifier le code]

Producteur et touriste face à face

Pour les viticulteurs, les visites au domaine leur permettent de valoriser et de faire connaître directement le fruit de leur travail. De plus, les dégustations engendrent des revenus sur place (Un visiteur sur dix seulement repart sans avoir acheté) et les visiteurs, de retour chez eux, achètent fréquemment à distance.

Pour les touristes, une part croissante d'entre eux cherchent à donner à leurs vacances une plus-value en termes de culture, de découverte, d’art de vivre, de gastronomie, d'authenticité. Or les vins sont recherchés comme les plus authentiques expressions des terroirs.
Une bonne entrée en matière pour les touristes se fait généralement dans les vignes, puis, passage par le pressoir, la salle de tri, le cuvier et enfin la cave. Les dégustations sérieuses permettent d'explorer quatre ou cinq millésimes sous la houlette de l'œnologue de la maison ou du propriétaire.

En 2009, le Ministre chargé du tourisme initia un "Grand prix de l'Œnotourisme" mais dont la première édition n'eut pas l'écho souhaité.

Développement dans le monde[modifier | modifier le code]

L'œnotourisme contemporain s'est d'abord développé dans les années 1970 et 1980 en Californie (Mondavi), puis dans d'autres régions des États-Unis (Oregon, Washington, New York), en Australie, et dans la plupart des pays producteurs du "Nouveau Monde" comme l'Argentine (Mendoza et Cafayate), l'Afrique du Sud (Stellenbosh) ou le Chili. L'œnotourisme a ensuite atteint le Canada, l'Europe, le Japon, la Corée du Sud ou encore la Chine. C'est donc d'abord sur le plan mondial et historique que s'apprécient les réalisations de l'œnotourisme. Le Réseau des Capitales de Grands Vignobles qui comprend Logroño (La Rioja), Bordeaux, Florence, Le Cap, Mendoza, Napa Valley, Porto, Mayence, San Francisco, et dont l'un des rôles est de mettre en lumière les initiatives en matière de tourisme viti-vinicole de ces villes, récompense chaque année les meilleures de ces actions avec le Concours Best Of Wine Tourism.

Sur le plan européen, le programme Vintur, auquel est associé l'Assemblée des régions européennes viticoles, constitue un forum d'exploration du développement de l'œnotourisme.

Les initiatives se sont multipliées ces dernières années, par exemple dans les pays méditerranéens, en Australie ou en Nouvelle-Zélande avec le Wine Tourism Network.

Italie[modifier | modifier le code]

Pannea sur la Costa degli Etruschi

Les strade del vino sont jalonnées par un système de panneaux d'informations culturelles (œnologiques, historiques...) ainsi que par un réseau de gîte d'étapes (tavernes, caves, agriturismo, écomusées...). Aujourd'hui il existe 142 routes des vins et sont réglementées par la loi du 27 juillet 1999.

La première route du vin est née dans la région du Frioul en 1963. L'ancêtre de toutes les routes du vin fut «inventé» par le marquis Michele Formentini, président de la pro loco de Gorizia. Nommée d'abord Strada del Vino e delle Ciliegie (route du vin et des cerises), elle s'appela ensuite route du Collio.

Allemagne[modifier | modifier le code]

La Deutsche Weinstraße (jaune)

La Deutsche Weinstraße (route du vin allemande), longue d'environ 85 kilomètres, parcourt les principaux villages et villes viticoles de la région palatinat. Du nord au sud, elle traverse les communes de Schweigen, près de Bad Bergzabern à Bockenheim an der Weinstraße. La route est l’une des plus célèbres routes de vacances d’Allemagne. Elle traverse la deuxième plus grande région viticole d'Allemagne. De nombreux villages viticoles longent les anciennes routes fédérales (Bundesstraße), 38 et 271.

Deux villes dominent le vignoble : Landau, très animée avec son université et son zoo, ainsi que de nombreux bâtiments datant de la Belle Époque et Neustadt an der Weinstraße où a lieu, chaque année, l’élection et le couronnement de la Reine allemande des vins (die Weinkönigin), située toute proche du château de Hambach, « le berceau de la démocratie allemande ». Les deux villes sont caractérisées par les pittoresques villages viticoles les entourant. La route des vins est célèbre pour ses fêtes, on en compte plus de deux cent par an, parfois plus populaires, parfois plus élégantes, mais toutes permettent de faire connaissance avec la région et ses habitants.

La création en 1935 de cette route fut une mesure de l'expansion du tourisme, après le libération de la région palatinat.

Espagne[modifier | modifier le code]

Cave moderne dans le vignoble de Rioja

Il est difficile d'estimer le nombre total de touristes qui visitent les régions viticoles chaque année. Il y a eu environ 1,5 million de visiteurs en 2008. La diversité de l'architecture de ses caves vinicoles est également un atout pour le développement du tourisme. L'œnotourisme apporte, certes, de grandes opportunités dans un pays qui est le troisième producteur mondial de vin et qui a la plus grande superficie de vignobles d'Europe.

Certaines routes sont dédiés à l'œnotourisme : Bullas (Murcie), Jumilla (Murcie), La Mancha, Route des vins et spiritueux de Jerez, route des vins de Ronda, Routa du Vino Somontano (Aragon), Route du Vin et Cava de Penedès (Catalogne) etc.

France[modifier | modifier le code]

Touristes vendengeant dans le vignoble de Chusclan
Le curé de Cucugnan au service du vin
Panneau de la route des vins de Côte-d'Or à Vosne-Romanée

Historiquement, en France, la mise en place de routes de vins (en Alsace - voir Route des Vins d'Alsace - puis dans d'autres régions) a été évidemment précurseur des actions locales.

L'étude réalisée par l'AFIT (Association française de l'ingénierie touristique) en 1999 a fait ressortir l'intérêt des touristes français et étrangers pour le tourisme vitivinicole et marqué le point de départ d'études et de démarches nombreuses pour développer ce type de tourisme. Selon l'AFIT, un Français sur cinq choisit sa destination de vacances parce qu’elle est vinicole. 40 % des visiteurs étrangers viennent en France « aussi » pour le vin et la gastronomie. 29 % ne viennent que pour le vin et la gastronomie.

La surface du vignoble français est de 850 000 hectares. 5 000 caves accueillent du public, pour un volume moyen de 1 500 personnes par an et par cave. La « Route des Vins d'Alsace » enregistre environ 1,5 million de visiteurs par an, de même pour les vignobles de Bourgogne. Depuis quelques années, les initiatives se multiplient, que ce soient celles des élus, des interprofessions vitivinicoles, des syndicats d'appellation, des communes, des offices de tourisme, des négociants, des vignerons indépendants, des professionnels du tourisme, etc. De plus en plus de sites internet permettent de trouver des lieux de visites, des idées de séjours ou des offres touristiques « packagées ».

La France, à la fois premier pays producteur viticole et première destination touristique au monde, est riche d’un potentiel œnotouristique aussi réaliste que lucratif. Sur le plan de la concurrence internationale, qu'elle soit touristique ou concerne le secteur du vin, l'œnotourisme est une carte importante à jouer pour la France, d'autant que dans le monde les actions de développement de l'œnotourisme se sont multipliées ces dernières années. Beaucoup reste à faire, le rapport Dubrule (2007), commandé par le Ministère français du tourisme, a mis l'accent sur l'importance de la valorisation du patrimoine vitivinicole (en particulier paysage et architecture), la visibilité et la mise en réseau de l'offre, la formation des acteurs (ouverture d'une licence professionnelle "Œnotourisme" à Bordeaux[2]).

Le marché local, une conviction[modifier | modifier le code]

Aux marchés export et national s’ajoute une troisième voie de croissance complémentaire : le marché local avec la commercialisation du vin au domaine.

Le tourisme viticole et la vente directe à la propriété forment un canal de distribution à part entière qui s’inscrit dans une perspective de développement durable. Son succès repose sur une organisation d’entreprise volontariste et une politique client cohérente afin d’évoluer d’un œnotourisme de cueillette vers un œnotourisme de conquête et de fidélisation.

Le marché local s’appuie sur le talent des femmes et des hommes du vin et du tourisme, leur capacité à s’adapter à la nouvelle donne de leur secteur d’activité, leur aptitude à se fédérer autour d’un projet porteur et leur volonté à faire appel à une stratégie compétitive.

Métiers de la stratégie œnotouristique[modifier | modifier le code]

Les quatre métiers de la stratégie œnotouristique sont l’audit, le conseil, la mise en œuvre opérationnelle et le suivi d’exploitation. L’audit mené est une aide à la compréhension qui a pour finalité de déterminer clairement un potentiel œnotouristique.

Le conseil est une aide à la décision pour concevoir précisément les orientations stratégiques et en décliner les actions les mieux adaptées. La mise en œuvre opérationnelle et la formation constituent une aide à la mise en place des recommandations et aboutissent efficacement au démarrage d'un projet oenotouristique. Le suivi d’exploitation est une aide au contrôle des retombées obtenues par rapport aux résultats attendus.

Sites viticoles inscrits au Patrimoine mondial de l'humanité[modifier | modifier le code]

Outre Saint-Émilion et sa judicature, trois autres sites sont inscrits par l'UNESCO au Patrimoine Mondial. Il s'agit du paysage viticole de l'île du Pico, du vignoble de la vallée du Haut Douro, tous deux au Portugal, et de Lavaux, en Suisse.

Liste des routes de vins[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les Paysages culturels viticoles
  2. Licence Œnotourisme: Lycée hôtellerie et tourisme Talence et Faculté d'œnologie de Bordeaux

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sophie Lignon-Darmaillac, « L'œnotourisme : nouveaux regards sur l'économie viticole. Des expériences différentes dans les vignobles du Nouveau et de l'Ancien Monde », in Historiens et Géographes, n°404, octobre-novembre 2008, p. 173-184.
  • J Carlsen, S Charters, Edith Cowan University (editors), Global Wine Tourism, Cabi Publishing (2006).
  • C Michael Hall, Brock Cambourne, Liz Sharples, Niki Macionis, Wine Tourism Around the World: Development, Management and Markets, Elsevier 2000 ISBN 0-7506-4530-X.
  • Atout France, Tourisme et Vin, éditions Atout France, 2010.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]