Tourisme noir

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Le tourisme noir, appelé aussi tourisme sombre, est une forme de tourisme qui consiste à visiter des endroits qui sont associés à la mort, à la souffrance, aux catastrophes. Généralement lié à l'histoire locale du pays[1], il peut s'agir d'aller visiter les vestiges d'une catastrophe naturelle[2],[3], un camp de concentration[4] ou un mémorial (voir tourisme de mémoire) et peut également concerner un fait divers[5],[6].

Pour désigner cette pratique et ses dérives voyeuristes, on peut parfois parler de « tourisme mémoriel », de « tourisme macabre » ou de « tourisme-réalité ». Quand à la dimension éthique s'ajoutent des risques juridiques ou sanitaires, on peut le nommer « tourisme extrême », concept qui évoque l'ensemble des pratiques qui apparaissent habituellement antagonistes avec les motivations du tourisme classique.

Exemples[modifier | modifier le code]

Génocide au Rwanda.

Les lieux liés à des massacres, des crimes contre l'humanité, comme les camps de concentration et d'extermination nazis de la seconde Guerre mondiale (par exemple celui d'Auschwitz-Birkenau en Pologne, visité tous les ans par un million de visiteurs[7]), les ruines du village-martyr français d'Oradour-sur-Glane, dont la population a été assassinée par les Allemands le 10 juin 1944[8], et son centre de mémoire, ou encore le Murambi Genocide Memorial Centre, relatif au génocide au Rwanda.

Les lieux associés à des catastrophes industrielles et technologiques, notamment liées à l'industrie nucléaire, comme la ville de Pripiat, en Ukraine, abandonnée après la catastrophe de Tchernobyl[9].

Les lieux marqués par des actes terroristes de grande ampleur, tels Ground zero sur le site du World Trade Center à New York, site des attentats du 11 septembre 2001[10].

Les lieux où se sont déroulés des faits divers médiatisés, atypiques pour des raisons diverses. Il peut s'agir de lieux de naufrages, comme avec l'épave du Costa Concordia[11], ou de lieux de meurtres ou d'agressions.

Les lieux particulièrement touchés par des catastrophes naturelles spectaculaires, ayant engendré de lourdes pertes humaines, comme en Indonésie, les flancs du Merapi après son éruption de 2010[12] et le volcan de boue de Sidoarjo[13].

Les lieux où se sont déroulés des épisodes historiques souvent vecteurs de remords, voire de honte dans l'histoire du pays, comme le lieu historique national du Canada de la Grosse Île, lieu d'internement et de quarantaine de migrants, irlandais notamment, ou des épisodes évocateurs d'échecs et de désillusions, comme les villes fantômes abandonnées après une déconvenue minière.

Critiques[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Inondations : dégâts sur les vignes, les serres et le bétail dans le Var + Vidéo », sur www.agrapresse.fr (consulté le 19 octobre 2010)
  2. « Inondations dans le Var: "Il y a des voyeurs" », sur Le Post (consulté le 19 octobre 2010)
  3. « Les Katrina Tours ou le tourisme morbide », sur www.muvactualites.com (consulté le 19 octobre 2010)
  4. « La prison Sighet, mecque du "tourisme noir" », sur Presseurop (consulté le 19 octobre 2010)
  5. « Infanticides de Villers-au-Tertre : après trois jours d'effervescence, le village a retrouvé son calme », sur La Voix du Nord (consulté le 19 octobre 2010)
  6. « Affaire Grégory », sur www.prod.estrepublicain.fr.gr-grix.sdv.fr (consulté le 19 octobre 2010)
  7. « La prison Sighet, mecque du "tourisme noir" », sur www.politique-digitale.fr (consulté le 19 octobre 2010)
  8. « Souviens-toi d'Oradour-sur-Glane », sur feuillesdautomne.spaces.live.com (consulté le 19 octobre 2010)
  9. « Les touristes jouent à se faire peur sur le site nucléaire de Tchernobyl », sur Le Matin (consulté le 19 octobre 2010)
  10. « Tourisme morbide : À défaut de morceaux, les passants ramassent de la poussière », sur La Dernière Heure/Les Sports (consulté le 19 octobre 2010)
  11. « L'épave du Costa Concordia attire des milliers de curieux », sur Le Télégramme (consulté le 4 septembre 2012)
  12. « Après l'éruption, les touristes affluent sur le volcan Merapi », AFP,‎ 8 février 2011 (lire en ligne)
  13. (en) Alvin Darlanika Soedarjo, « Indonesian disasters draw tourist dollars », AFP,‎ 6 février 2011 (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) J. John Lennon, Malcolm Foley, Dark tourism, Continuum,‎ 2000 (ISBN 0-82645-064-4)
  • (en) Richard Sharpley, Philip R. Stone, The darker side of travel : the theory and practice of dark tourism, Channel View Publications,‎ 2009 (ISBN 9781845411145)