Tourisme spatial

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Courbure de la terre vue de l'espace

Le tourisme spatial est l'activité touristique qui consiste à envoyer des personnes dans l'espace pour des motifs non professionnels. Cette activité s'est d'abord développée à l'initiative des responsables du programme spatial russe, à la recherche de sources de financement à la suite de la crise économique qui a touché leur pays dans les années 1990. Quelques personnes ont pu effectuer un séjour de quelques jours dans la station spatiale internationale entre 2001 et 2009 en déboursant entre 20 et 35 millions $. Un tourisme spatial, de toute autre nature, s'est développé après la réussite du vol suborbital de SpaceShipOne en 2003. La société Virgin Galactic a investi pour faire du vol suborbital, c'est-à-dire un bref séjour de quelques minutes à plus de 100 km d'altitude, une activité touristique. La société Scaled Composites qui avait développé le SpaceShipOne a été chargée de construire un engin du même type adapté pour le transport de plusieurs passagers payants. Des projets ayant le même programme ont été élaborés par d'autres sociétés mais restent en 2012 à un stade peu avancé. La date du premier vol suborbital d'un touriste à bord de SpaceShipTwo devrait avoir lieu vers 2013.

Concepts[modifier | modifier le code]

Vol orbital et surborbital[modifier | modifier le code]

De manière conventionnelle on considère qu'un séjour dans l'espace nécessite de dépasser l'altitude de 100 km (ligne de Karman). À cette altitude l'atmosphère, très peu dense, n'oppose pratiquement plus de résistance. On peut parvenir à cette altitude dans le cadre d'un vol orbital ou suborbital. En vol orbital, la vitesse horizontale de l'engin spatial (tangente à la surface de la Terre) est de plus de 7 km par seconde et lui permet de se maintenir en orbite. Dans le cadre d'un vol suborbital qui nécessite beaucoup moins d'énergie, l'engin utilisé qui s'apparente plus à un avion/planeur parvient à cette altitude avec une vitesse horizontale inférieure à la vitesse de satellisation minimale et retombe vers la Terre une fois que la gravité a annulé la vitesse ascensionnelle acquise lors de la phase propulsée de son vol. Durant quelques minutes l'avion se trouve en chute libre et ses passagers font l'expérience de l'impesanteur. Au fur et à mesure que l'avion perd de l'altitude, l'atmosphère devient plus épaisse et la trainée s'accroit ; l'avion se met à décélérer et l'impesanteur disparait.

Les défis techniques du vol suborbital[modifier | modifier le code]

Pour parvenir à une altitude supérieure à 100 km, l'avion spatial doit pouvoir se propulser à une altitude où il n'existe pas suffisamment d'oxygène pour alimenter un moteur à réaction. Il est nécessaire d'avoir recours à un moteur-fusée qui brûle des comburants et carburant embarqués. Ce type d'engin est toutefois à la fois complexe et dangereux à utiliser dans le cadre d'une activité commerciale qui se doit de réduire le risque couru par les passagers à un taux acceptable. Scaled Composites a choisi une Propulsion hybride plus simple et présentant théoriquement un risque plus réduit qu'une propulsion à ergols liquides ou à propergol solide. Lorsque l'avion spatial retombe vers le sol, il traverse d'abord des couches atmosphériques peu denses. Pour des raisons de masse à emporter, l'avion de Scaled Composites a une vitesse horizontale quasi nulle lorsqu'il parvient à l'altitude la plus élevée. Les appuis aérodynamiques sont donc très faibles au début sa chute et il doit avoir recours à une configuration particulière de voilure pour gérer cette phase du vol.

Historique[modifier | modifier le code]

Premiers vols de touristes spatiaux à bord de la station spatiale internationale[modifier | modifier le code]

Depuis les premiers vols habités dans l'espace, il existe une fascination répandue pour cette forme d'aventure extrême. Suite aux problèmes budgétaires rencontrés par l'agence spatiale russe, certains, à condition d'être particulièrement fortunés, ont pu, à compter de 2001, réaliser leur rêve. Il existe aujourd'hui deux formes de tourisme spatial : le séjour en orbite dans la station spatiale internationale qui nécessite un très long entraînement et le vol suborbital qui consiste à passer quelques minutes à une altitude supérieure à 100 km mais qui est relativement moins coûteux et contraignant. En 2009, les opportunités du tourisme spatial orbital sont limitées et coûteuses, l'Agence spatiale fédérale russe étant la seule à fournir le transport. Le prix pour un vol organisé par Space Adventures à la Station spatiale internationale à bord du vaisseau spatial Soyouz est de 20 à 28 millions de dollars. Mais selon le directeur de l'Agence spatiale russe Anatoli Perminov, l'équipage des prochaines missions vers l'ISS requiert, selon un accord international, un équipage au complet, sans place de prévue pour des touristes[1].

Le projet de Virgin Galactic[modifier | modifier le code]

La société Virgin Galactic de Richard Branson, créée en 2004 propose, quant à elle, d'emmener des touristes pour un vol suborbital à plus de 100 km d'altitude (altitude retenue de manière arbitraire comme étant la limite inférieure d'un vol spatial) à bord d'un avion spécialement conçu à cette fin. La durée de ce vol durerait de 2 à 3 heures et permettrait aux passagers de passer cinq minutes en apesanteur, avec seulement deux jours d'entraînement, pour une somme variant autour de 200 000 dollars seulement. L'existence d'hôtels dans l'espace relève aujourd'hui toujours du domaine de la science-fiction. Mais Richard Branson a toutefois évoqué qu'un tel projet pourrait finir par arriver avec le temps si les vols suborbitaux sont un succès. Jusqu'à présent (2009) seulement 7 touristes spatiaux ont volé, mais la compagnie Virgin Galactic compte déjà plus de 500 réservations pour ses vols.

Autres sociétés ayant des projets de tourisme spatial[modifier | modifier le code]

Depuis le vol de SpaceShipOne en 2003, plusieurs entreprises ont le projet d'envoyer des touristes dans l'espace[2] : Armadillo Aerospace, Bigelow Aerospace, Blue Origin, da Vinci Project, Excalibur Almaz, Galactic Suite Ltd, PlanetSpace, Reaction Engines Limited, Rocketplane Kistler, Rotary Rocket, XCOR Aerospace. La société EADS Astrium a dévoilé le 13 juin 2007 son projet de tourisme spatial[3]. Le premier vol aurait pu avoir lieu en 2012, si le projet avait débuté comme prévu avant 2008. Un avion-fusée conçu par Astrium permettra à quatre passagers d'atteindre une altitude de plus de 100 km, pour un coût se situant entre 150 000 et 200 000 euros par personne. La durée du vol sera d'environ une heure et demie. De même, l'association Astronaute Club Européen envisage aussi ce type de vol et organise chaque année un concours pour étudiants.

Hôtels spatiaux[modifier | modifier le code]

À la fin des années 1990, plusieurs entreprises ont envisagé de créer des hôtels placés en orbite terrestre utilisant le réservoir principal de la Navette spatiale américaine, ou des structures gonflables. Mais aucune de ces idées n'a dépassé le stade de l'étude de faisabilité. Plus récemment, l'homme d'affaire Robert Bigelow, magnat des hôtels Budget Inn, a acquis les plans d'un habitat spatial gonflable issus d'un programme abandonné de la NASA, Transhab. Son entreprise, Bigelow Aerospace, a lancé un premier prototype à échelle réduite d'hôtel orbital, Genesis I, en juillet 2006. D'autres entreprises sont également intéressées par la construction d'hôtels spatiaux. Le PDG de Virgin, Richard Branson, espère voir la construction d'un tel hôtel durant sa vie[4].

Les touristes spatiaux[modifier | modifier le code]

Sept touristes de l'espace, à ce jour (septembre 2009), ont effectué des vols spatiaux orbitaux  :

  • Drapeau des États-Unis Dennis Tito : du 28 avril au 6 mai 2001. Il a déboursé 20 millions de dollars
  • Drapeau de l'Afrique du Sud Mark Shuttleworth : du 25 avril au 5 mai 2002. Il a déboursé 21 millions de dollars
  • Drapeau des États-Unis Gregory Olsen : du 1er octobre au 11 octobre 2005. Il aurait déboursé 20 millions de dollars (ce chiffre n'a pas été confirmé officiellement).
  • Drapeau de l’Iran Drapeau des États-Unis Anousheh Ansari : du 18 septembre au 29 septembre 2006. Une américano-iranienne, qui est la première femme touriste de l'espace, et première iranienne. Elle décolle le 18 septembre 2006 à bord de la mission Soyouz TMA-9, pour une durée de 10 jours à bord de l'ISS. Sous la pression des autorités russes et américaines, elle ne pourra pas garder le drapeau iranien sur sa combinaison, ni diffuser de message politique[5],[6]. Elle a déboursé 20 millions de dollars.
  • Drapeau de la Hongrie Charles Simonyi participant au vol Soyouz TMA-10 du 7 avril 2007 en direction l'ISS, pour un retour prévu le 20 avril. Selon Eric Anderson, PDG de Space Adventures, ce cinquième voyageur de l'espace a déboursé 25 millions de dollars. Charles Simonyi est un ancien employé de Microsoft qui a été pendant un temps responsable de la division applications de la société américaine et plus particulièrement de la suite bureautique Microsoft Office. Il a depuis créé sa propre entreprise, Intentional Software[7]. Il est retourné dans l'espace le , devenant le premier touriste spatial à être allé dans l'espace à deux reprises. Il a déboursé 25 millions de dollars pour son premier vol et 22 pour son deuxième.
  • Drapeau des États-Unis Richard Garriott, participant au vol Soyouz TMA-13 le . Il a déboursé 30 millions de dollars.
  • Drapeau du Canada/Drapeau du Québec Guy Laliberté, décolle avec la mission Soyouz TMA-16 le . Il a déboursé 35 millions de dollars.

Le 10 octobre 2005, Alexeï Krasnov de la FKA, déclara que Daisuke Enomoto, un entrepreneur japonais âgé à l'époque de 34 ans avait été pressenti pour être le quatrième touriste de l'espace. Son départ était prévu pour le 14 septembre 2006. Mais suite à des examens médicaux non concluants, il fut écarté du programme le 21 août 2006.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Conseil national du tourisme, Le tourisme spatial, Paris, La Documentation française, 2009
  • Embarquer dès demain pour l'Espace, le vol suborbital touristique Frank Lehot & autres auteurs, Vuibert, 2010

Notes et références[modifier | modifier le code]