Tourisme de mémoire

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Le mémorial et le village martyr d'Oradour-sur-Glane, en Haute-Vienne, sont un exemple de sites du tourisme de mémoire

Le tourisme de mémoire, appelé aussi tourisme mémoriel, est une forme de tourisme qui consiste à mettre en avant le patrimoine historique du lieu, en particulier quand le site en question a été marqué par un évènement ponctuel, marquant en ce qu'il peut être fondateur ou potentiellement douloureux. Ce peut être une bataille, un acte politique, un massacre. Le tourisme de mémoire se développe donc notamment par la visite de sites historiques notables, de cimetières militaires et de monuments anciens, mais aussi d'édifices commémoratifs bâtis après et indépendamment de l’évènement (musées et mémoriaux).

Par l'aspect morbide que les dérives de ce tourisme peuvent prendre, on peut parfois associer le tourisme de mémoire à ce qu'on appelle tourisme noir. Le tourisme de guerre, quant à lui, se réfère à l'attraction des visiteurs pour des zones actuellement touchées par un conflit.

En France[modifier | modifier le code]

En 2010, les sites dont l'histoire est liée aux conflits contemporains ont attiré plus de six millions de personnes et généré près de 45 millions d'euros de recettes[1].

La politique du tourisme de mémoire[modifier | modifier le code]

En France, la promotion politique de cette forme de tourisme par le ministère de la Défense est motivée par « l'enrichissement civique et culturel » qu'il peut véhiculer et le bénéfice qu'une telle activité peut générer sur la vitalité économique et culturelle des territoires[1]. En 2004, le gouvernement a mis en ligne le site « Chemins de mémoire[2] », qui permet l'identification des sites et des enjeux de leur mise en valeur, en mettant l'accent sur les lieux marqués par les conflits territoriaux français depuis les fortifications de l'époque moderne jusqu'aux guerres de l'époque contemporaine.

Dérives[modifier | modifier le code]

Le tourisme de mémoire peut parfois dériver en un tourisme morbide ou noir, si c'est la fascination ou le goût pour la mort, la souffrance, la trivialité qui motive les visites, ou quand le tourisme de masse et sa dimension consumériste gagnent les lieux de mémoire. On observe parfois dans ces cas-là une commercialisation de la mémoire, voire de la souffrance qui est l'objet du recueillement. A Auschiwtz, le potentiel économique que constituent les visiteurs a incité à la réalisation de figurines de Juifs du ghetto de Varsovie[3]. En 2011, le philosophe Alain Finkielkraut a, dans un entretien à Télérama, fait part de son scepticisme dans la nécessité de visiter les camps de la mort[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Le tourisme de mémoire, brochure du ministère de la Défense, novembre 2012
  2. Cheminsdememoire.gouv.fr
  3. Télérama - A Auschwitz, la mémoire étouffée par le tourisme de masse, Hubert Prolongeau, 14 décembre 2011
  4. Télérama - Alain Finkielkraut : “Respecter Auschwitz, c'est ne plus s'y rendre”, Vincent Rémy, 14 décembre 2011

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hervé Groud, « Tourisme mémoriel : réflexions sur quelques modes de gestion », Tourisme & Droit, no 114,‎ novembre 2009, p. 29-31
  • Jean-Yves Boursier, Musées de guerre et mémoriaux : politiques de la mémoire, Éditions MSH, 2005, 260 p. (ISBN 9782735110797)
  • Mylène Leenhardt-Salvan, Tourisme de mémoire, Éd. touristiques européennes, 2003