Service d'ordre légionnaire

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Le Service d'ordre légionnaire (SOL) est une organisation militaire de choc du régime de Vichy, pendant la Seconde Guerre mondiale.

Histoire[modifier | modifier le code]

Après le vote des pleins pouvoirs constituants au maréchal Pétain le 10 juillet 1940, Joseph Darnand (ancien combattant de 1914-1918 et de 1939-1940[1], mais aussi membre de La Cagoule), s’était rallié à la Révolution nationale et avait pris la tête de la nouvelle « Légion française des combattants » (LFC), dans les Alpes-Maritimes.

« Les 21 points du SOL », affiche du Service d'ordre légionnaire.

C'est alors qu'il y créa le Service d'ordre légionnaire[1], organisation de choc ouverte aux membres de la Légion française des combattants. Par la suite, cet organisme fut étendu, le 12 décembre 1941, à toute la zone Sud et à l'Afrique du Nord, où il rassembla les partisans les plus déterminés de la Révolution nationale. L'initiative de cette nouvelle organisation revint à Pierre Gallet, Marcel Gombert et Jean Bassompierre, tandis que son programme fut codifié par le même Bassompierre[1], Noël de Tissot[1] et le docteur Durandy[1], en particulier les « vingt et un points du Sol » (repris ensuite par la Milice)[1].

Ce SOL prônait le culte du chef, le rejet de la démocratie, l'antisémitisme, mais aussi la collaboration avec l'occupant[1] bien illustrés par le serment officiel : « [...] je jure de lutter contre la démocratie, la lèpre juive et la dissidence gaulliste[2] »

Plusieurs chefs et militants des SOL se livrèrent alors à des actions brutales contre les adversaires réels ou supposés du régime, qui ne pouvaient se défendre, et déclenchèrent une vague de délation qui n’épargnait pas même les autorités civiles ou religieuses de l’État français.

Le commandement national du SOL ayant été attribué, en janvier 1942, à Darnand, celui-ci s’était installé à Vichy[1]. Mais il y affichait les positions ouvertement collaborationnistes, adoptées sous l’influence de Pétain dont il prenait à la lettre les déclarations et ne cessa jamais de recevoir le soutien, sauf à la toute dernière fin du régime, le 6 août 1944[3]. Ainsi était-il passé avec éclat du patriotisme à la trahison, choquant les autres dirigeants de la Légion et des Chantiers de Jeunesse, qui voulaient bien eux aussi « collaborer », mais avec plus de tact, et entre gens convenables.

Aussi l’autonomie du SOL fut-elle décidée, autant pour écarter de la Légion ses membres les plus compromettants, que pour permettre à Darnand et à ses hommes d’agir, à leur façon.

Lors du débarquement du 8 novembre 1942 en Afrique du Nord, Darnand avait donné l’ordre aux unités SOL de résister aux alliés[1]. Le maréchal avait salué dans un discours du 5 janvier 1943 le « patriotisme » des SOL qui avaient, aux côtés de l’Armée d'Afrique, combattu contre les Américains. Cependant, ils ne furent que quelques dizaines de SOL sur plusieurs milliers à s'être battus à Oran et au Maroc, tandis qu’à Alger les SOL s’étaient tous laissés capturer sans résistance, lors du « putsch du 8 novembre 1942 », par lequel quatre cents résistants mal armés avaient, à eux seuls, neutralisé pendant quinze heures le 19e corps d’armée vichyste, et permis ainsi le succès immédiat du débarquement allié à Alger.

En conséquence, Pétain avait annoncé, le 5 janvier 1943, l’autonomie du SOL et sa transformation en « Milice française »[4]. C'est ainsi que Pierre Laval, en accord avec le maréchal Pétain, décida de créer, par la loi du 30 janvier 1943, la Milice française, qui absorba l'ancien Service d'ordre légionnaire. Il en devint le chef, avec Joseph Darnand pour adjoint[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h et i André Brissaud (préface de Robert Aron), La Dernière année de Vichy (1943-1944), Librairie Académique Perrin, Paris, 1965, 587 pages (ASIN B0014YAW8Q), p. 122-126.
  2. Pascal Ory, Les Collaborateurs, 1940-1945,  éd. du Seuil, coll. « Points Histoire », 1976, p. 249.
  3. Éric Conan, Henry Rousso, Vichy, un passé qui ne passe pas, éd. Fayard, Paris, 1994 ; nouvelle édition Gallimard, coll. « Folio histoire », Paris, 1996, 513 p. (ISBN 2-07-032900-3 et 978-2070329007), p. 215.
  4. André Brissaud La Dernière année de Vichy (1943-1944), op. cit., p. 127.
  5. André Brissaud La Dernière année de Vichy (1943-1944), op. cit., p. 128.

Bibliographie[modifier | modifier le code]