Angel-A

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Angel-A

Réalisation Luc Besson
Scénario Luc Besson
Sociétés de production EuropaCorp
TF1 Films Production
Apipoulaï
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Comédie romantique
Durée 90 minutes
Sortie 2005

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Angel-A est un film français réalisé par Luc Besson, sorti en 2005.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Rien ne réussit à André, jeune Marocain un peu escroc, devant de l'argent à tout le monde. Cette fois, il est au bout du rouleau : ses créanciers, de plus en plus pressants et menaçants, ne lui laissent aucun répit. Ni sa nationalité américaine qu’il a gagnée à la loterie ni le ciel qu’il invective ne lui sont d’aucun secours. Sur le point de se suicider en se jetant du haut du pont Alexandre-III, à Paris, il est interrompu par une jeune femme, Angela, qui plonge dans l’eau sous ses yeux. N’écoutant que son courage, André se précipite et la sauve. Angela lui déclare alors que, puisqu’il l’a sauvée, elle lui appartient désormais.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Information icon with gradient background.svg Sauf mention contraire, les informations mentionnées proviennent de la base de données IMDb.

Distribution[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Genèse et développement[modifier | modifier le code]

Luc Besson n'avait plus réalisé de film depuis Jeanne d'Arc sorti en 1999. Le projet est dès le départ gardé très secret. Durant le festival de Cannes 2005, Jamel Debbouze évoque le film en déclarant au magazine Première qu'il va tourner « une comédie romantique avec un monstre du cinéma mondial. (...) Je ne peux pas vous en parler. Tout ce que je peux vous dire, c'est que c'est une bombe[3] ! ».

Luc Besson a déclaré en interview avoir commencé à écrire l'histoire environ 10 ans avant que le projet se concrétise :

« J’étais déjà concerné par ce sujet il y a dix ans et j’ai commencé à le coucher noir sur blanc. Je pense que ce problème est le mal du monde moderne. La société nous pousse à devenir des individus idéaux. Or, le matin, quand on se regarde dans la glace, on ne voit pas forcément quelqu’un d’idéal. Ça me touchait. J’ai écrit l’histoire, je comprenais le poids des choses à dire : faire la paix avec soi-même, accepter d’être comme on est, petit ou grand. Mais je n’arrivais pas à faire parler les personnages. J’étais trop jeune. Je l’ai donc mis de côté[4]. »

— Luc Besson, Première

Le réalisateur-scénariste a ensuite retrouvé par hasard son ébauche de scénario :

« Je redécouvre ce texte et je tombe des nues : ce que mon héros est censé faire en une heure et demie, c’est-à-dire apprendre à s’aimer, à s’accepter, je viens de mettre dix ans à l’accomplir. J’ai repris ces quelques pages et j’ai écrit le scénario en vingt jours. En dix ans et vingt jours ! (...) J’avais travaillé dessus inconsciemment. Tout ce que j’avais accumulé pendant ces années est sorti naturellement, d’un seul jet[4]. »

— Luc Besson, Première

Casting[modifier | modifier le code]

Pour le rôle principal, Luc Besson explique : « deux solutions se proposaient à moi de façon très claire : soit je le tournais avec une distribution américaine, et il y avait cinq ou six acteurs possibles ; soit je le réalisais en français et il n’y avait que Jamel[4] ».

Comme beaucoup d'éléments du film, le choix de l'actrice principale est resté longtemps secret. Alors que les noms de Sara Forestier, Milla Jovovich, Kate Nauta, Angelina Jolie, Uma Thurman étaient évoqués, c'est finalement la méconnue Rie Rasmussen qui est choisie[3],[4].

Gilbert Melki, qui a été choisie pour incarner Franck, a été surpris que Luc Besson ne lui donne pas le scénario entier. Ce dernier raconte « Que je ne lui donne pas le script entier l’a un peu perturbé. Ensuite, il a bien compris quelle était ma démarche. Son personnage suit l’évolution d’André en le rencontrant à plusieurs reprises. J’ai permis à Gilbert de tourner ses scènes dans la continuité mais, à chaque fois qu’il revoyait André, il devait le trouver changé et ne pas savoir pourquoi. Son rapport avec le personnage principal devait être honnête. Au fil du tournage, Gilbert a gardé sa fraîcheur »[4].

Tournage[modifier | modifier le code]

Le tournage a eu lieu principalement à Paris et a duré neuf semaines[5]. L'équipe tournait en général très tôt le matin pour conserver un maximum de secret et ne pas être gênée[5].

« Il a fallu ruser pendant neuf semaines. Nous avons choisi de tourner en juillet-août, quand la moitié des Parisiens sont en vacances et les trois quarts des journalistes et des paparazzi sur la Côte d’Azur. Nous avons aussi profité du tapage occasionné par le tournage de Da Vinci Code qui traînait derrière lui son Barnum de cinquante kilomètres et qui attirait dans son sillage l’ensemble des médias. On se renseignait sur leur position, on s’en servait comme d’un leurre pour aller tourner ailleurs. Nous travaillions avec une équipe légère, et très tôt le matin.

Certains plans avaient des allures d'opération commando. Il fallait aller très vite, ne faire que deux ou trois prises, poursuit le cinéaste dans une interview accordée au magazine Première. D'autant plus que les conditions météo, soleil-nuage-soleil, ne nous laissaient que des fenêtres de tir très courtes[3][4],. »

— Luc Besson, Première

L'équipe n'a pas eu l'autorisation de tourner dans l'ambassade des États-Unis en France, qui a du être recréée en studio[3]. Certains intérieurs ont été tournés aux Studios Éclair d'Épinay-sur-Seine[6].

Le film est tourné en noir et blanc, comme son premier long-métrage Le Dernier Combat (1983). Luc Besson explique que « Le film ne pouvait pas être en couleur. Le choix du noir et blanc rejoint celui de la musique. Il y a un romantisme et une magie dans Angel-A qui appellent ce traitement. C’est une ambiance qui filtre un peu les choses, qui les décale. Le film est une réalité décalée. Sur l’amour »[4].

Musique[modifier | modifier le code]

La musique du film est composée par la Norvégienne Anja Garbarek. C'est le premier film de Luc Besson pour lequel Éric Serra n'a pas composé la musique.

Liste des titres
  1. Beyond my control
  2. Can I keep him ?
  3. It's just a game
  4. Thank you Franck
  5. Her room
  6. André running
  7. No trace of grey
  8. The cabinet
  9. A. on bridge
  10. Spin the context
  11. It's just a game...
  12. Le corridor
  13. Balloon mood
  14. André face au miroir
  15. Crossroads
  16. Captivante
  17. Under your wings
  18. Angel

Sortie[modifier | modifier le code]

Critique[modifier | modifier le code]

Les critiques ont été assez mitigées envers le film. Sur le site Allociné, Angel-A totalise 2,8 pour 19 titres de presse recensés[9]. Du côté des avis positifs, Jean-Luc Wachtausen écrit dans Le Figaroscope que c'est un film « classique et tout simple dans sa forme mais profond » avec un « superbe Paris estival » ainsi qu'un « beau rôle à contre-emploi » pour Jamel Debbouze[9]. Julien Elalouf du site aVoir-aLire.com apprécie quant à lui le fait que « Besson laisse de côté les insupportables tics qui ont fait la (mauvaise) réputation de la plupart de ses productions (...) au profit d'une réalisation, osons le mot, posée, et superbement mise en valeur par le scope noir et blanc de Thierry Arbogast »[9]. Dans Le Parisien, Thierry Dague écrit que « Luc Besson a choisi la sobriété » et qu'il a « magnifiquement filmé en noir et blanc »[9]. Ghislain Loustalot de Première regrette quelques « maladresses, gaucheries, naïvetés » tout en pensant que « tout ce qu'on peut reprocher au dixième film de Luc Besson participe en fait de ses qualités »[9].

Carlos Gomez du Journal du dimanche est lui plus partagé et écrit « Les bons sentiments peuvent faire les bons films, sans que candeur signifie mièvrerie »[9]. Dans L'Humanité, on peut lire que Angel-A est « un conte de Noël au scénario un peu paresseux qui remplace trop souvent l'action par des mots »[9]. Hervé Aubron des Cahiers du cinéma compare le film au Fabuleux Destin d'Amélie Poulain mais « sans couleurs et sans gags »[9]. Jean-Philippe Tessé du site Chronic'art écrit que le film est « pourvu d'un scénario totalement débile et de dialogues à côté desquels le courrier du cœur de Ok Podium semble avoir été écrit par Kierkegaard »[9]. Dans Le Monde, Jacques Mandelbaum trouve le film « bavard » et pointe du doigt « le scénario bancal, la post-synchronisation faillible, les mouvements d'appareil superfétatoires, les personnages dénués de crédibilité »[9]. Antoine de Baecque de Libération écrit « Angel-A est donc tout simplement un film con. Il a la connerie prétentieuse, comme si faire du cinéma, c'était accumuler de belles images »[9]. Dans Télérama, Frédéric Strauss pense que Luc Besson « signe cette fois parmi les pires dialogues de sa carrière »[9].

Sur l'agrégateur américain Rotten Tomatoes, le film n'obtient que 44% d'opinions favorables, pour 89 avis recensées[10].

Box-office[modifier | modifier le code]

En France, le film n'a pas un grand succès, ne totalisant que 842 775 entrées[1]. Dans le monde, le film rapporte 9 943 051 $, dont 202 200 $ aux États-Unis[1].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Le film a été nommé 6 fois aux Gérard du cinéma 2006. Il a remporté le Gérard du Plus mauvais scénario original ou adaptation et a été nommé pour la plus mauvaise actrice, plus mauvais film, plus mauvais réalisateur, plus mauvaise production ou plus mauvaise réalisation ou plus mauvais scénario de Luc Besson et enfin plus mauvaise tentative d'un comique dans un rôle dramatique (Jamel Debbouze)[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « Box-office Angel-A », sur JP box-office.com (consulté le 12 mars 2015)
  2. (en) Dates de sortie sur l’Internet Movie Database
  3. a, b, c et d « Secrets de tournage », sur Allociné (consulté le 12 mars 2015)
  4. a, b, c, d, e, f et g « Interview de Luc Besson », sur Première (consulté le 12 mars 2015)
  5. a et b Angel-A, Version DVD, The making of Angel-A.
  6. (en) Filming locations sur l’Internet Movie Database
  7. a et b « Bande originale Angel-A », sur Fnac (consulté le 12 mars 2015)
  8. (en) « Anja Garbarek Angel-A », sur Allmusic.com (consulté le 12 mars 2015).
  9. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l « Critiques presse Angel-A », sur Allociné (consulté le 12 mars 2015)
  10. (en) « Angel-A », sur Rotten Tomatoes (consulté le 12 mars 2015)
  11. Récompenses et nominations Angel-A - Allociné

Liens externes[modifier | modifier le code]