Luzège

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45° 13′ 37″ N 2° 08′ 27″ E / 45.2269, 2.14083

Luzège
Le Viaduc des Rochers Noirs sur la Luzège
Le Viaduc des Rochers Noirs sur la Luzège
Caractéristiques
Longueur 64,1 km
Bassin 402 km2
Bassin collecteur la Dordogne
Débit moyen 9,9 m3/s (Soursac)
Régime pluvial
Cours
Confluence la Dordogne
Géographie
Pays traversés Drapeau de la France France

La Luzège est une rivière française du Massif central, dont le cours se situe dans le département de la Corrèze. C'est un affluent abondant de la Dordogne en rive droite.

Etymologie : Luzit en celte = rivière qui luit

Géographie[modifier | modifier le code]

La Luzège prend sa source à plus de 900 mètres d’altitude, dans la partie méridionale du plateau de Millevaches, sur les pentes du puy Pendu (l’un des deux points culminants du Limousin, situé à 7 kilomètres au nord de Meymac), sur la commune de Meymac dont elle traverse ensuite le bourg.

Deux kilomètres au nord de Lapleau, à l'aval immédiat du confluent de la Luzège et du Vianon, se trouve le barrage de Saint Pantaléon  construit en 1951. Cet ouvrage (annexe du barrage de l'Aigle sur la Dordogne) ne comporte pas d'usine hydroélectrique. Les eaux de la retenue sont dérivées par un tunnel bétonné de 6 km (section libre 8m²) débouchant au pont de Lamirande. A noter que depuis 1974, le tunnel conduit également les eaux du Pont Aubert dérivées par un captage vertical à l'amont du plan d'eau de Soursac. Depuis 1993, le barrage est équipé d'une vanne secteur à grand débit (60m3/s) par laquelle transitent les débits de crues hivernaux et permettant le dégravoiement de la retenue accumulant beaucoup de sédiments issus notamment des pratiques forestières sur le bassin.

A 6km (dont 4km de retenue) à l'amont du barrage EDF de Saint Pantaléon, au niveau du Pont de la Noaille, se trouve une microcentrale édifiée en 1987. Celle-ci est placée à la sortie d'un canal de dérivation de 1,3km.

Au niveau du Pont du Chambon, entre Lapleau et Soursac se trouvait une digue contemporaine du barrage de Saint Pantaléon destinée à maintenir la prise d'eau du moulin. Suite à l'abandon du dernier droit d'eau (pisciculture fédérale), cet ouvrage a été effacé afin de garantir la libre circulation de la faune piscicole, notamment des truites.

La Luzège rejoint la Dordogne en rive droite, dans la retenue du barrage du Chastang, 4 kilomètres à l'aval du village de Laval-sur-Luzège, au pied de la forêt de Frétigne.

La longueur[1] de son cours est de 64 km.

Principaux affluents[modifier | modifier le code]

  • le ruisseau des Farges ou ruisseau du Cheny[2], 10 km (sur lequel se trouve la retenue du lac de Sèchemaille[3], plan d’eau touristique de 43 hectares établi à 2 km de Meymac), conflue en rive droite au sud de Meymac
  • le Saulière également appelé la Soudeillette ou la Soudeille[4], rive droite
  • le Vianon, rive gauche
  • le Vasséjoux, ruisseau de 10 km, conflue en rive droite, 3 km au sud de Lapleau

Départements et principales localités traversés[modifier | modifier le code]

À voir[modifier | modifier le code]

  • l'abbaye Saint-André de Meymac qui abrite deux musées : celui de la Fondation Marius Vazeilles (histoire du plateau de Millevaches) et le Centre d'art contemporain
  • les constructions médiévales de Meymac : le beffroi, la maison de ville des Ventadour, la halle
  • l'église paroissiale Saint-Christophe à Maussac
  • surplombant la rivière, l’ancienne église (XII et XIIIème siècles) de Saint-Pantaléon-de-Lapleau, située au Roc du Gour noir
  • le viaduc des Rochers Noirs, entre Soursac et Lapleau, monument historique qui enjambe les gorges de la Luzège à 92 mètres de hauteur, et dont la traversée est désormais interdite aux véhicules comme aux piétons. Inauguré en 1913 par le président Raymond Poincaré, l'ouvrage permettait le franchissement des gorges de la Luzège par le Transcorrézien, tortillard à voie étroite reliant Tulle à Ussel.
  • le bourg de Laval-sur-Luzège très pittoresque.

Hydrologie[modifier | modifier le code]

La Luzège est une rivière fort abondante bénéficiant des importantes précipitations de la région du plateau du haut limousin. Son débit a été observé sur une période de 34 ans (1918-1951), à Soursac, localité du département de la Corrèze[5], située peu avant son confluent avec la Dordogne, au niveau de l'actuel barrage de Lapleau. Depuis l'année 1951, les choses ont fort changé dans le bassin, une bonne partie du débit ayant été déviée vers la retenue du barrage de l'Aigle tout proche, sur la Dordogne. La surface prise en compte est de 402 km2, soit plus de 95 % du bassin versant total de la rivière.

Le module de la rivière à Soursac est de 9,9 m3⋅s-1.

La Luzège présente des fluctuations saisonnières de débit bien marquées. Les hautes eaux se déroulent en hiver et au printemps, et portent le débit mensuel moyen à des niveaux situés entre 12,1 et 16,2 m3⋅s-1, de novembre à avril inclus (maximum en janvier et février). Dès le mois de mai, le débit diminue fortement ce qui conduit rapidement à la saison des basses eaux. Celles-ci ont lieu en été, de juillet à septembre, entraînant une baisse du débit moyen mensuel allant jusqu'à 3,21 m3 au mois d'août, ce qui reste d'ailleurs très confortable.

Débit moyen mensuel (en m3/s)
Station hydrologique : Soursac
(Données calculées sur 34 ans)

Cependant, le VCN3 peut chuter jusque 0,410 m3, en cas de période quinquennale sèche, soit 410 litres par seconde, ce qui n'est toujours pas trop sévère.

D'autre part, les crues peuvent être assez importantes. La série des QIX n'a pas été calculée, mais la série des QJX l'a bien été. Les QJX 2 et QJX 5 valent respectivement 66 et 93 m3⋅s-1. Le QJX 10 ou débit journalier calculé de crue décennale est de 110 m3⋅s-1, le QJX 20 de 130 m3, tandis que le QJX 50 se monte à 150 m3⋅s-1.

Le débit journalier maximal enregistré à Soursac durant cette période, a été de 140 m3⋅s-1econde le 8 décembre 1944. En comparant cette valeur à l'échelle des QJX de la rivière, l'on constate que cette crue était intermédiaire entre les niveaux de crue vicennal et cinquantennal définis par les QJX 20 et QJX 50, et donc destinée à se reproduire en moyenne tous les 30 ans environ.

La lame d'eau écoulée dans le bassin de la Luzège est de 780 millimètres annuellement, ce qui est très élevé, largement supérieur à la moyenne d'ensemble de la France (320 millimètres), mais également à celle de l'ensemble du bassin versant de la Dordogne pourtant déjà très élevé(623 millimètres à Bergerac). Le débit spécifique (ou Qsp) atteint 24,6 litres par seconde et par kilomètre carré de bassin.

Biologie Ecologie[modifier | modifier le code]

La Luzège présente une typologie de rivière à salmonidés avec une pente assez importante et une alternance de gours (zones profondes et calmes) et de courants. Du reste, le peuplement piscicole est dominé par la truite et les cyprins d'eau vive (chevesne, vandoise, vairon). On trouve également des espèces d'accompagnement (chabots, loches...) ainsi que de l'écrevisse non autochtone. Dans le cours inférieur, le peuplement est perturbé par des populations de perches et de brochets issues des retenues de Saint Pantaléon (pourtant classée en première catégorie piscicole) et du Chastang (deuxième catégorie) ainsin que par des plans d'eau importants placés sur les affluents (lacs de Séchemailles, du Deiro, étangs de Lamazière Basse).

Si la qualité physico chimique des eaux est globalement bonne, l'habitat est en revanche très perturbé par l'apport massif de sédiments issus de l'érosion de la roche mère altérée, accentuée notamment par les pratiques forestières . Les vastes coupes rases suivies de déssouchage et l'ouverture de nombreuses voies forestières non stabilisées favorisent l'entraînement des matériaux vers la rivière. Depuis les années 90, le cours de la Luzège est globalement très ensablé ce qui réduit sensiblement l'habitat pour les macro-invertébrés comme pour les poissons et affecte les zones de frai de la truite par colmatage. Les gros débits déplacent le problème d'avantage qu'il ne le règlent et le micro habitat de la Luzège semble à jamais condamné, a tel point que les gestionnaire se sont résolu à apporter ponctuellement des granulats de frai dans la rivière.

Divers[modifier | modifier le code]

En 1986, la Luzège à donné son nom à un festival de théâtre qui connut ses heures de gloire dans les années 90. Les premières représentations furent données sur le site du Roc du Gour Noir qui surplombe le gouffre éponyme de la Luzège.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. SANDRE, « Fiche rivière la luzège (P11-0400) » (consulté le 7 septembre 2008)
  2. pour le Sandre, c'est le ruisseau du Cheny ; sur le site de la ville de Meymac, il s'agit du ruisseau des Farges
  3. Le lac de Sèchemaille
  4. pour le Sandre, c'est le ruisseau de Saulière ; sur la carte de promenade IGN no 48, il s'agit de la Soudeillette que l'on retrouve sous le nom de Soudeille sur le site de la Banque Hydro qui recense les stations hydrologiques
  5. Banque Hydro - Station P1184010 - La Luzège à Soursac-Lapleau (option Synthèse) (ne pas cocher la case "Station en service")

Articles connexes[modifier | modifier le code]