Grotte de Font-de-Gaume

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Grotte de Font-de-Gaume
Image illustrative de l'article Grotte de Font-de-Gaume
Relevé de peinture polychrome de loup réalisé par Henri Breuil
Coordonnées 44° 56′ 05″ N 1° 01′ 44″ E / 44.934722, 1.028889 ()44° 56′ 05″ Nord 1° 01′ 44″ Est / 44.934722, 1.028889 ()  
Pays Drapeau de la France France
Région française Aquitaine
département de la Dordogne
Vallée La Beune
Localité voisine Eyzies de Tayac
Voie d'accès D47
Signe particulier grotte ornée
Occupation humaine Magdalénien
Protection  Patrimoine mondial (1979, au titre des sites préhistoriques et grottes ornées de la vallée de la Vézère)

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Grotte de Font-de-Gaume

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Grotte de Font-de-Gaume

La grotte ornée de Font-de-Gaume se trouve sur la commune des Eyzies-de-Tayac en Dordogne. Ses parois comptent plus de 200 gravures et peintures magdaléniennes[1].

La Grotte de Font-de-Gaume est la dernière grotte ornée majeure de France qui présente des œuvres polychromes qui soit ouverte au public. Les œuvres sont comparables par leur richesse à celles de la grotte d'Altamira ou de la grotte de Lascaux même si leur état de conservation est nettement moindre.

Découverte[modifier | modifier le code]

Les œuvres pariétales furent découvertes le 12 septembre 1901 par Denis Peyrony, Louis Capitan et son élève Henri Breuil, quatre jours seulement après celles de la grotte de Combarelles. La grotte était toutefois déjà connue par les habitants de la région et servait de terrain de jeux aux enfants, d'où la présence de nombreux graffiti sur quelques peintures, le fouilleur Armand Pomarel accompagnant les préhistoriens lors de la découverte de la grotte de Combarelles leur signala l'intérêt de cette nouvelle grotte.

Des fouilles y furent entreprises par D. Peyrony et H. Breuil, puis par F. Prat de 1958 à 1964 et en 1967. Les vestiges lithiques mis au jour renvoient essentiellement au Châtelperronien et à l'Aurignacien, plus rarement au Moustérien, au Solutréen et au Magdalénien.

Formation géologique[modifier | modifier le code]

Font-de-Gaume est creusée à la périphérie d'un massif calcaire datant du Santonien et du Crétacé. La morphologie en haute diaclase est formée dans des calcaires gréseux du Crétacé supérieur où on trouve des concrétions[2]. C'est l'écoulement des eaux souterraines qui a peu à peu creusé la grotte. De nos jours, la grotte est considérée comme sèche, même si l'on rencontre quelques écoulements sur certaines parois.

La grotte se présente comme un couloir relativement étroit de 125 mètres de long pour 2 à 3 mètres de large et jusqu'à 8 mètres de haut. Elle s'ouvre à mi-hauteur d'une falaise de calcaire coniacien. Les premières figurations apparaissent à une soixantaine de mètres de l'entrée, après une étroiture surnommée le Rubicon. Celle-ci a sans doute contribué à leur conservation en limitant les circulations d'air, bien que la cavité ait toujours été accessible et ouverte. D'autres œuvres étaient peut-être présentes entre l'entrée et l'étroiture, mais elles ont été effacées à l'exception de quelques traces de gravures.

Les œuvres[modifier | modifier le code]

Les œuvres comprennent plus de 200 gravures et peintures, dont certaines polychromes[3]. Il s'agit de signes géométriques (tectiformes, quadrilatères, signes en X), d'animaux (aurochs, bisons, mammouths, chevaux mais aussi lion et loup) et de quelques figures anthropomorphes (vulves, silhouette). Les couleurs noires et rouges sont obtenues à partir de pigments naturels, appliqués par tamponnage et par soufflage.

Le renne est bien représenté, avec notamment deux individus « affrontés » au centre de la paroi gauche. Dans une composition associant gravure et peinture, deux individus se font face : celui de gauche, debout, a de grands bois brun et semble lécher le front de celui de droite, agenouillé et doté de petits bois rouges. Cette scène a fait l'objet de nombreuses interprétations contradictoires mais pourrait représenter une parade sexuelle.

En l'absence de datation absolue, les œuvres de Font-de-Gaume sont généralement rapprochées de l'art magdalénien sur la base de comparaisons stylistiques.

Depuis 1979, le site est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO, en association avec d'autres sites et grottes ornées de la région sous le nom de « Sites préhistoriques et grottes ornées de la vallée de la Vézère ».

Visite du site[modifier | modifier le code]

La grotte de Font-de-Gaume est ouverte au public, mais le nombre de visiteurs est limité à 80 par jour depuis 2013. Les œuvres sont dans un état de conservation stable grâce à cette limitation. La visite se fait par groupe de 12 personnes. Ce site est géré par le Centre des monuments nationaux.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. A. Leroi-Gourhan (1988) - « Font-de-Gaume », in : Dictionnaire de la Préhistoire, Leroi-Gourhan, A., (Éd.), PUF, p. 410-411.
  2. Pierre Vidal, Cavernes en Périgord, éd. Pierre Fanlac, 1987. p. 45
  3. H. Breuil, Quatre cent siècles d’art pariétal, Centre d'Études et de Documentation préhistoriques, 1952.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]