Grotte du Lazaret

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Grotte du Lazaret
Image illustrative de l'article Grotte du Lazaret
Fouille et vue de l'intérieur de la grotte du Lazaret.
Coordonnées 43° 41′ 27″ N 7° 17′ 41″ E / 43.69073, 7.29478843° 41′ 27″ Nord 7° 17′ 41″ Est / 43.69073, 7.294788  
Pays Drapeau de la France France
Région française Provence-Alpes-Côte d'Azur
Localité voisine Nice
Protection Logo monument historique Classé MH (1963)

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Grotte du Lazaret

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Grotte du Lazaret

La grotte du Lazaret est un site préhistorique du Paléolithique moyen se trouvant au pied du mont Boron, dans la partie sud-est de la ville de Nice (Alpes-Maritimes).

Elle est classée au titre des Monuments historiques par arrêté du 21 mars 1963[1].

Présentation et historique des fouilles[modifier | modifier le code]

Longue d’une quarantaine de mètres sur une vingtaine de mètres de large, la grotte s’ouvre à environ 30 m au-dessus du niveau actuel de la mer. Elle est connue depuis 1826 et a fait l’objet de fouilles à partir de 1950 sous la direction de F.C.E. Octobon, puis à partir de 1962 sous celle de H. de Lumley.

Principales découvertes[modifier | modifier le code]

La séquence stratigraphique, puissante de plus de 8 m, comporte un ensemble de niveaux attribués au Pléistocène moyen récent. Les principales occupations préhistoriques ont été datées par U/Th et ESR de 130 à 170 000 ans (OIS 6).

Les industries lithiques mises au jour ont été rapportées à l’Acheuléen moyen et à l’Acheuléen supérieur du fait de la présence de quelques bifaces. Toutefois la production est largement orientée vers l’obtention d’éclats destinés à être retouchés en racloirs, denticulés, encoches ou pointes. Les méthodes mises en œuvre sont le débitage Levallois et le débitage Discoïde. L’industrie évoque donc plutôt un Paléolithique moyen ancien qu’un véritable Acheuléen. Les matériaux employés sont d’origine proche (galets de calcaires marneux ou silicifiés) ou plus lointaine (silex, jaspe, quartzite fin, rhyolite).

Les restes fauniques découverts sont dominés par le cerf et le bouquetin, auxquels s’associent le cheval, l’aurochs, le rhinocéros laineux et l’éléphant. Quelques restes de carnivores sont également présents : loup, renard, lynx, panthère, ours. Des restes d’oiseaux (pyrrhocorax, pigeons, pie, merle), de rongeurs (lapin, mulot) et des coquillages marins et terrestres ont également été recueillis.

La grotte a également livré différents vestiges humains dont quelques dents et un pariétal droit d’enfant. Ce dernier a été mis au jour dans un niveau daté d’environ - 170 000 ans.

La « cabane » du Lazaret[modifier | modifier le code]

Une représentation traditionnelle de la « cabane » du Lazaret.

La reconstitution[modifier | modifier le code]

Le site a également été rendu célèbre par la reconstitution très détaillée d’une cabane, proposée par H. de Lumley à partir de la fouille de l’un des niveaux de la grotte. Cette reconstitution constitue un chapitre important d’une monographie consacrée au site en 1969[2].

Contre la paroi rocheuse se serait tenue une aire d’habitat de 11 m sur 3,50 m, délimitée par une ceinture de pierres sèches (plan et reconstitution de la cabane d'après la monographie de 1969). Ces pierres auraient permis de maintenir une superstructure en bois recouverte de peaux. Les ossements et les outils acheuléens auraient été présents à l’intérieur de cet espace domestique et pas à l’extérieur. Des discontinuités dans la ceinture de pierre correspondraient aux portes. La présence de petits coquillages marins indiquerait l’utilisation de litières d’algues, elles-mêmes couvertes de peaux d’animaux à fourrure (loup, renard, lynx, panthère) dont la présence est trahie par les restes d’extrémités des pattes.

La remise en question[modifier | modifier le code]

Différents auteurs ont émis de sérieux doutes quant à la crédibilité de ce modèle[3],[4],[5]. En se basant sur une série d’arguments taphonomiques et archéologiques, P. Villa[6] démontre qu’aucun crédit ne peut être accordé à l’hypothèse de l’existence d’une « cabane acheuléenne » dans la grotte du Lazaret :

  • il existe de très nombreux raccords entre des fragments d’ossements provenant du niveau correspondant au « sol » présumé de la cabane et d’autres fragments issus des niveaux sus- et sous-jacents ; cela indique que les niveaux reconnus n’ont aucune validité pour l’analyse.
  • la différence entre la densité des vestiges à l’intérieur et l’extérieur de la « cabane » est un artefact de fouille, puisque seule la zone située à l’intérieur était fouillée avant la publication de 1969. Les secteurs extérieurs laissés en blanc sur les plans de répartition correspondent en fait à des zones non fouillées.
  • sur les plans de la « cabane », un artifice a été employé pour appuyer l’hypothèse d’une ceinture de pierre clairement délimitée : les pierres considérées comme in situ sont figurées en noir, tandis que celles considérées comme déplacées sont figurées en blanc. Il n’existe toutefois aucun argument scientifique pour différencier les pierres in situ des pierres déplacées.

En outre, la relative concentration de pierres dans certains secteurs n’est pas nécessairement anthropique et peut s’expliquer par des phénomènes naturels puisqu’elle correspond à une ouverture dans le plafond de la grotte.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Notice no PA00080796 », base Mérimée, ministère français de la Culture Grotte préhistorique du Lazaret, Paléolithique supérieur : classement par arrêté du 21 mars 1963 : Entrée, parties dites courette, ancienne morgue, garage et dépendances
  2. Lumley, H. de (dir.) (1969) - Une cabane acheuléenne dans la Grotte du Lazaret, Mémoires de la Société Préhistorique Française, tome 7.
  3. Mellars, P. (1996) - The Neanderthal Legacy, Princeton, Princeton University Press, 480 p.
  4. Kolen, J. (1999) - « Hominids without homes: on the nature of Middle Palaeolithic settlement in Europe », in: The Middle Palaeolithic occupation of Europe, Roebroeks, W. et Gamble, C., Eds., University of Leiden, pp. 139-176.
  5. Jaubert, J. (1999) - Chasseurs et artisans du Moustérien, La Maison des Roches, 157 p.
  6. Villa, P. (2004) - « Taphonomy and stratigraphy in European prehistory », Before Farming, 2004/1, article 1, pp. 1-19. (résumé).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Darlas, A. (1994) - « L'Acheuléen final des couches supérieures de la Grotte du Lazaret (Nice, Alpes-Maritimes) », L'Anthropologie, t. 98, no 2-3, p. 267-304.
  • Lumley, H. de (dir.) (1969) - Une cabane acheuléenne dans la Grotte du Lazaret, Mémoires de la Société Préhistorique Française, tome 7.
  • Lumley, H. de (1976) - « Les civilisations du Paléolithique inférieur en Provence », in: La Préhistoire française - t. I : Les civilisations paléolithiques et mésolithiques, Lumley, H. de, Ed., CNRS, p. 819-851.
  • Lumley, H. de (dir.) (2004) - Le sol d’occupation acheuléen de l’unité archéostratigraphique UA 25 de la Grotte du Lazaret, Nice, Alpes Maritimes, Aix-en-Provence, Edisud, 480 p.
  • Octobon, F.C.E. (1956) - « Technique de débitage des galets et industrie de l'éclat dans la grotte du Lazaret », Bulletin du Musée d'Anthropologie Préhistorique de Monaco, 3, p. 3-78.
  • Sous la direction du Professeur de Lumley, par Marie Perpère, Geneviève Boulinier-Giraud, Florence Tosca-Bernáldez, Guy de Beauchêne, Jean-Pierre Leroy, Sylvie van den Brink, Jeannine Léon-Leurquin, Les premiers habitants de l’Europe 1 500 000 – 100 000 ans, Paris, Laboratoire de préhistoire du musée de l’homme, Muséum National d’Histoire Naturelle,‎ mars 1982, 200 p.
    (2e édition) Ouvrage présenté à l’occasion de la présentation de l’exposition du Musée de l’Homme sur « Les premiers habitants de l’Europe » organisée par le laboratoire de Préhistoire du 8 décembre 1981 au 30 avril 1983 : L’homme aménage l’espace intérieur : Lazaret pp. 132 à 142

Liens externes[modifier | modifier le code]