Fédération française de spéléologie

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Fédération française de spéléologie

Logo de l’association
Cadre
Forme juridique Association loi de 1901
But Union de toutes personnes pratiquant ou étudiant la spéléologie et le canyonisme
Zone d’influence France
Fondation
Fondation 1er juin 1963
Fondateurs Albert Cavaillé, B. Chatelain, Noëlle Chochon, Paul Dubois, René Ehinger, G. Garby, Jean-Jacques Garnier, J. Lautier, Guy de Lavaur, Michel Letrône, Géo Marchand, J.-C. Marie, A. Munier, Roger Nuffer, J. Paloumé, C. Peltier, Claude Pommier, Philippe Renault, J.-L. Roudil, Henri Salvayre, Roger Séronie-Vivien et Jean Thomas
Origine Née de la fusion de la Société spéléologique de France (SSF) et du Comité national de spéléologie (CNS)
Identité
Siège 28 rue Delandine, Lyon (Rhône)
Structure Assemblée générale, conseil d'administration, bureau
Présidente Laurence Tanguille
Secrétaire général Dominique Lasserre
Trésorier José Prévot
Président adjoint Jean-Pierre Holvoët
Affiliation européenne Fédération spéléologique européenne (FSE)
Affiliation internationale Union internationale de spéléologie (UIS)
Financement Subventions, dons, cotisations, manifestations
Membres 7 817 en 2013
Employés 6
Publications Spelunca, bulletin trimestriel, Karstologia, bulletin semestriel (conjointement avec l'Association française de karstologie (AFK) et l'Institut des sciences humaines et sociales du CNRS)
Slogan Voyagez sous l'horizon
Site web http://ffspeleo.fr

Notes

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  • Délégataire de l'activité spéléologie
  • Agrément de jeunesse et d'éducation populaire
  • Agrément de protection de l'environnement
  • Agrément de sécurité civile
Fédération française de spéléologie à Lyon.

La Fédération française de spéléologie (FFS) est une association française fondée le 1er juin 1963 œuvrant dans le domaine de la spéléologie et du canyonisme.

La FFS est investie d'une mission de service public par le ministère de la Jeunesse et des Sports.

Reconnue comme association de protection de la nature, elle détient l'agrément du ministère de l'Environnement[1].

Le ministère de l'Intérieur, par convention nationale déclinée au niveau de chaque département, reconnaît le rôle prépondérant et incontournable de la commission Secours (le Spéléo secours français ou SSF) pour ce qui concerne la partie souterraine des opérations de secours. De plus, la Fédération, par le biais de cette commission, a reçu en 2012 le renouvellement de son agrément national de sécurité civile[2].

Présentation[modifier | modifier le code]

La Fédération française de spéléologie se donne pour objectif :

  • l'union de toutes personnes pratiquant ou étudiant la spéléologie et le canyonisme, notamment l'exploration et la connaissance du milieu souterrain naturel, artificiel,
  • la recherche scientifique, la promotion et l'enseignement de la spéléologie, et du canyonisme, la protection et la défense du monde souterrain et de son environnement,
  • l'apport de son concours et de celui de ses adhérents à des missions de sécurité civile, de prévention, de formation et lors d'opération de secours en milieu souterrain, dans des cavités naturelles ou artificielles, noyées ou à l'air libre,
  • l'organisation, seule ou associée, de manifestations ayant un rapport avec la spéléologie ou le canyonisme,
  • elle concourt à l'éducation physique et morale de la jeunesse[3].

La FFS défend le libre accès aux sites de pratique en concertation avec ses interlocuteurs institutionnels.

Structure[modifier | modifier le code]

Elle est dirigée par un président et un conseil d'administration, élus chaque année olympique par l'assemblée générale, ainsi que par un bureau désigné au sein du conseil d'administration, auxquels s'ajoutent :

  • des commissions exécutives : assurance (ComAss), audiovisuelle, canyon (EFC), communication (CoCom), documentation (CoDoc), enseignement (EFS), environnement, financière, jeunes (Co-J), médicale (CoMéd), plongée souterraine (EFPS), publications, relations et expéditions internationales (CREI), scientifique, secours (SSF), Spelunca librairie, statuts et règlements fédéraux ;
  • des délégations permanentes : distinctions honorifiques, écoles départementales de spéléologie et de canyonisme (EDSC), Fédération spéléologique européenne (FSE), fonds d'aide aux actions locales (FAAL), juridique, musée et objets historiques, prix fédéraux, Union internationale de spéléologie (UIS)[4].

Elle est représentée :

  • sur le plan régional, par des comités spéléologiques régionaux (CSR) — ou ligues régionales, actuellement au nombre de 22[5] : Alsace, Aquitaine, Auvergne, Bourgogne, Bretagne-Pays de la Loire, Centre, Champagne-Ardenne, Corse, Côte d'Azur, Franche Comté, Île-de-France et DOM-TOM, Île de La Réunion, Languedoc-Roussillon, Limousin, Lorraine, Midi-Pyrénées, Nord-Pas de Calais, Normandie (Basse et Haute), Picardie, Poitou-Charente, Provence-Alpes-Méditerranée, Rhône-Alpes ;
  • sur le plan départemental, par des comités départementaux de spéléologie (CDS), actuellement au nombre de 76[6] : Ain, Alpes (Hautes), Alpes de Haute-Provence, Alpes maritimes, Ardèche, Ardennes, Ariège, Aube, Aude, Aveyron, Belfort (territoire de), Bouches-du-Rhône, Charente, Charente maritime, Cher, Corrèze, Corse (Haute), Côte d'Or, Dordogne, Doubs, Drôme, Essonne, Eure, Eure-et-Loir, Finistère, Gard, Garonne (Haute), Gers, Gironde, Hauts-de-Seine, Hérault, Ille-et-Vilaine, Indre, Indre-et-Loire, Isère, Jura, Landes, Loire, Loiret, Lot, Lozère, Marne, Marne (Haute), Mayenne, Meurthe-et-Moselle, Meuse, Moselle, Nièvre, Nord, Oise, Paris, Puy-de-Dôme, Pyrénées (Hautes), Pyrénées atlantiques, Pyrénées orientales, Rhin (Haut), Rhône, Saône (Haute), Saône-et-Loire, Savoie, Savoie (Haute), Seine-et-Marne, Seine-Maritime, Seine-Saint-Denis, Sèvres (Deux), Tarn, Tarn-et-Garonne, Val d'Oise, Val-de-Marne, Var, Vaucluse, Vienne, Vienne (Haute), Vosges, Yonne et Yvelines.

Délégation, agréments et conventions[modifier | modifier le code]

Par arrêté du 31 décembre 2012[7] la FFS est délégataire de l'État français pour l'activité spéléologie. Cela lui confère le droit d'organiser et promouvoir la discipline et des compétitions dans cette discipline.

La FFS dispose des agréments :

  • de jeunesse et d'éducation populaire[8] du ministère de la jeunesse et des sports,
  • au titre de la protection de l'environnement[1] du ministère de l'écologie, du développement durable, des transports et du logement avec une Convention d'engagement Grenelle pour la connaissance l'étude, la conservation et la gestion du patrimoine souterrain[9],
  • national de sécurité civile[2] du ministère de l'intérieur avec à une Convention d'assistance technique[10] et une Convention de partenariat technique avec la Gendarmerie nationale[11].

Publications[modifier | modifier le code]

La Fédération française de spéléologie édite de nombreuses publications papier et électronique dont les plus réputées sont :

  • Spelunca (trimestriel - organe officiel) : le bulletin et les mémoires Spelunca 1re série (1895-1914) ont été fondés en 1895 par Édouard-Alfred Martel pour la Société de spéléologie. Avec la guerre l'association disparaît… Il faut attendre 1930 pour que Spelunca renaisse comme 2e série (1930-1943) avec le Spéléo-club de France. À nouveau la guerre met fin à sa parution qui reprend en 1946, la 3e série (1946-1958) de la Société de spéléologie française et du C.A.F. Elle devient 4e série (1961-1980) avec le Comité national de spéléologie puis la F.F.S. La 5e série est apparue en 1981 avec une numérotation linéaire[12].
  • Karstologia (semestriel)[13] : revue de karstologie physique qui a vu le jour en 1983 sous l'impulsion de Richard Maire et Guilhem Fabre. Elle est éditée par la F.F.S. et l'Association française de karstologie (A.F.K.) et, depuis 1990, avec le soutien financier du C.N.R.S..

Pour découvrir ces publications, consultez le portail spécialisé des publications fédérales : http://publications.ffspeleo.fr. De nombreuses autres publications sont disponibles notamment auprès du Centre national de documentation spéléologique (CNDS) qui fonctionne comme une bibliothèque spécialisée.

Distinctions fédérales[modifier | modifier le code]

Président d'honneur[modifier | modifier le code]

Jusqu'en 2012 le règlement intérieur fédéral stipulait (art. 10) : « Le Président d'honneur assiste aux réunions du comité directeur avec voix consultative. » Depuis 2012 et le vote de nouveaux statuts et règlement intérieur, il n'y a plus aucune mention au président d'honneur. Géo Marchand (°1922 - †2010) a été désigné président d'honneur de la FFS en 1972. Il a été le seul et unique président d'honneur de la FFS, de 1972 à sa mort en 2010.

Membre d'honneur[modifier | modifier le code]

« Ce sont des personnes qui ont rendu des services signalés à la spéléologie. Les membres d'honneur doivent accepter explicitement cette dignité qui leur est proposée par le conseil d'administration. Ils ne paient pas de cotisation. »[14] Ils sont agréés par le conseil d'administration. Cette distinction est donnée à vie. 47 personnes ont ainsi été honorés par la F.F.S. ; 13 sont actuellement encore en vie.

  • 1963 (création de la FFS) :
  • 1964 :
    • Gustave Abel (°1901 - †1988) (Autrichien)
    • Franco Anelli (°1899 - †1977) (Italien)
    • Norbert Casteret (°1897 - †1987)
    • Ernest E. Roberts (°? - †1969) (Anglais)
    • William J. Stephenson (Américain)
  • 1970 : Gabriel Vila (°1912 - †1969) [posthume]
  • 1976 : Hubert Habart (°1898 - †1981)
  • 1977 :
    • Michel Letrône (°1933 - †2014)
    • Georges Vaucher (°1900 - †1982) (Suisse)
  • 1978 :
    • Maurice Audétat (°1921 - †2013) (Suisse)
    • Émile Bugat (°1904 - 1991)
  • 1986 :
    • Bernard Bordier (°1932)
    • René Ginet (°1927 - †2014)
    • Philippe Renault (°1925 - †2001)
  • 1988 : Pierre Vidal (°1936)
  • 1990 : René Jean (°1913 - †1999)
  • 1991 : Henri Paloc (°1930)
  • 1992 :
    • Paul Dubois (°1930)
    • Georges Jauzion (°1930)
  • 1996 : Jean-Jacques Garnier (°1932 - †1998)
  • 1997 : Maurice Laurès (°1925)
  • 2001[15] :
    • Michel Decobert (°1939)
    • Roger Laurent (°1941 - †2007)
    • Claude Raynaud (°1931)
  • 2002[16] :
  • 2005[17] :
  • 2009[18],[19] :
    • Claude Chabert (°1939 - †2009) [posthume]
    • Noëlle Chochon (°1934)
    • Richard Maire (°1949)
    • Jacques Sautereau de Chaffe (°1940)
  • 2013 : Annick Menier (°1956 - †2013) [posthume]
  • 2014 : Daniel Prévot (°1940)[20]

Prix fédéraux[modifier | modifier le code]

Prix Martel-de Joly[modifier | modifier le code]

En 1927 Édouard-Alfred Martel créa un prix d'hydrogéologie et en confia la gestion à la Société de géographie de Paris. Ce prix a plusieurs fois été attribué à des spéléologues.

En 1939, le Touring club de France créa un prix de spéléologie en hommage à Édouard-Alfred Martel. Attribué épisodiquement, ce prix était destiné à récompenser des travaux spéléologiques. Décerné conjointement par le TCF et la FFS à partir de 1973, il n'a plus été attribué après 1976. En 1982 la FFS a obtenu que le TCF lui remette le soin de décerner seule ce prix.

Le prix Robert de Joly a été créé par la FFS en 1964. Il récompense l'activité d'exploration spéléologique d'un club ou groupe de clubs français.

En 1982, la FFS a décidé de fusionner le prix Martel de spéléologie et le prix Robert de Joly en un seul prix Martel-de Joly. Il récompense l'activité d'un spéléologue ou d'un club qui a réalisé une exploration exceptionnelle ou œuvré à l'évolution de la spéléologie.

Liste des lauréats :

  • Prix Martel d'hydrogéologie (spéléologues seulement)
  • Prix Martel de spéléologie
    •  ? : Norbert Casteret (°1897 - †1987)
    •  ? : Guy de Lavaur (°1903 - †1986)
    •  ? : Pierre Ageron (°1913 - †1994) [2 fois]
    • 1973 : P. Minvielle
    • 1974 : Yves Créac'h (°1921 - †2010)
    • 1976 : René Nuffer (°1917 - †1992)
  • Prix Robert de Joly :
    • 1963 : Association Spéléo-club alpin languedocien (Montpellier) pour sa publication intitulée Marboré (délivré en 1965)
    • 1964 : Association Club Martel - CAF (Nice) pour sa publication intitulée Marguareis (délivré en 1965)
    • 1970 : Association Cordée languedocienne (Toulouse) pour sa publication intitulée Étang de Lers, gouffre Georges
    • 1972 : Association Association spéléologique nîmoise (Nîmes) pour sa publication intitulée Fontaine de Nîmes
    • 1974 : Association Spéléo-club de Villeurbanne (Villeurbanne) pour sa publication intitulée Massif du Grand Som, vallon des Éparres
    • 1976 : ?
    • 1978 : Association E.R.S.S.A. (Montélimar) pour sa publication intitulée Trous Arnaud, Drôme
    • 1980 : ?
    • 1982 : ?
  • Prix Martel-de Joly :
    • 1985 : ?
    • 1988 : ?
    • 1990 : ?
    • 1992 : Association Association tarnaise d'études karstiques (Cambon) pour sa publication intitulée L'utilisation des réserves en eau d'un karst tarnais
    • 1994 : Association Spéléo-club de Vienne (Vienne) pour sa publication intitulée À travers le synclinal de l'Aulp du Seuil
    • 2001[21] : Association Aventures karstiques lointaines pour ses rapports de présentation de quatre campagnes spéléologiques en Chine
    • 2004[22] : Jean-Paul Sounier (°1951), Philippe Audra (°1965) et Pierre Deconinck (°1964) pour leur ouvrage Nakanaï, vingt ans d'explo
    • 2006[23] : Jean-Pierre Cassou (°1970) pour sa suite topographique GH Topo
    • 2008[24] : Marc Faverjon (°1969) et Philippe Brunet (°1959) pour leur ouvrage intitulé La Grotte de Saint Marcel d'Ardèche
    • 2013[25] : Association Centre Terre pour les quinze ans d'explorations spéléologiques et scientifiques sur l'île aux Glaciers de marbre en Patagonie

Prix Frédérik Hammel[modifier | modifier le code]

Créé en 1990 grâce à une dotation du père de Frédérik Hammel, spéléologue décédé dans un gouffre du massif de la Pierre-St-Martin en 1988, il a pour objet de récompenser des travaux novateurs dans le domaine du secours souterrain et de la prévention des accidents spéléologiques.

Liste des lauréats :

  • 1990 : Jean-Michel Ostermann (°1960) pour sa thèse de médecine Les atmosphères confinées karstiques et autres gaz des cavernes
  • 1994 : Association Spéléologues du Causse de Limogne-en-Quercy (Limogne-en-Quercy) pour leur publication Désobstruction à l'explosif
  • 1996 : 1er prix non attribué ; 2e prix ex-aequo :
    • Collectif d'Île-de-France pour l'étude d'un point chaud de médicalisation souterraine publiée dans le rapport Point chaud
    • Ruben Gomez (°1946) pour le système Si-phone de communication subaquatique
  • 2001[21] : Association Fondation Nicola pour le système de transmission par le sol Nicola
  • 2004[22] : Laurent Morel (°1968) pour l'invention du luirographe appareil de mesure en continu du niveau d'eau souterraine
  • 2011[26] : Association Société spéléo-archéologique de Caussade (Caussade) pour sa publication Ventilation artificielle des cavités

Martel d'or[modifier | modifier le code]

Créés à l'occasion du cinquantenaire de la FFS, les Martel d'or[27] (un descendeur Petzl gravé au nom de chaque récipiendaire) ont été décernés en 2013 à Millau aux 27 spéléologues[28] fédérés dès la naissance de la FFS et encore licenciés en 2013, totalisant ainsi chacun 50 années de cotisations à la Fédération.

Liste des lauréats :

  • Yves Besset (°1944)
  • Jean-Pierre Besson (°1940 - †2014)
  • Antonio Bisio (°1945)
  • Jean Bonnet (°1935)
  • Bernard Bordier (°1932)
  • Caude Bou (°1942)
  • Noëlle Chochon (°1934)
  • Jean-Pierre Couturié (°1938)
  • Daniel Dairou (°1938)
  • Maurice Duchêne (°1947)
  • Henri Garguilo (°1931)
  • René Ginet (°1927 - †2014)
  • Ruben Gomez (°1946)
  • Georges Jauzion (°1930)
  • Michel Letrône (°1933 - †2014)
  • Bernard Loiseleur (°1946)
  • Michel Luquet (°1939)
  • Alain Marbach (°1944)
  • Georges Marbach (°1944)
  • Michel Meilhac (°1938)
  • Marcel Meyssonnier (°1946)
  • Henri Paloc (°1930)
  • Claude Raynaud (°1931)
  • André Rieussec (°1941)
  • Henri Salvayre (°1931)
  • Jacques Sautereau de Chaffe (°1940)
  • Pierre Vidal (°1936)

Histoire[modifier | modifier le code]

La Société de spéléologie (1895 - 1914)[modifier | modifier le code]

Le 1er février 1895, Édouard-Alfred Martel fonde la Société de spéléologie. Parmi les 121 membres fondateurs[29] on trouve : le prince Roland Bonaparte[30] (président en 1896[31]), Gabriel Gaupillat, Félix Mazauric, Raymond Pons, Ernest Rupin et Armand Viré. Il s'agit alors d'une association principalement de personnes et non encore de fédération. En 1895, on n'y compte en effet que 5 clubs ou associations française : deux sections du Club alpin français (Lons-le-Saulnier ; Lozère et Causses) ainsi que le Club Cévenol, la Société des lettres, sciences et arts de Bar-le-Duc et la section meusienne de la Société de géographie domiciliée également à Bar-le-Duc (ces 3 dernières faisant partie des fondateurs). La plupart des membres n'étaient pas des explorateurs, mais des gens de bonne société : géographes ou archéologues, regroupés dans ce qui apparaît être une société savante.

L'objet de cette société était ainsi rédigé : « La Société de spéléologie est instituée pour assurer l'exploration, faciliter l'étude générale et concourir à l'aménagement ou à la mise en valeur des cavités souterraines de toutes sortes, connues ou inconnues, soit naturelles soit artificielles ; pour encourager et subventionner les investigations qui s'y rapportent d'une manière quelconque ; en un mot, pour vulgariser et développer, dans un intérêt à la fois pratique et théorique, utilitaire et scientifique, les recherches de toute nature dans l'intérieur de la terre. »

La Société de spéléologie publia, dès le départ (de 1895 à 1900) un bulletin trimestriel nommé Spelunca, complété par des Mémoires. De 1900 à 1914, bulletins et mémoires furent regroupés dans un fascicule unique, toujours dénommé Spelunca.

La Société de spéléologie disparut au début de la guerre de 1914.

Le Spéléo-club de France (1930 - 1936)[modifier | modifier le code]

Après la guerre de 14-18, la spéléologie française était surtout représentée par Norbert Casteret et Robert de Joly. Ce dernier reprend l'œuvre interrompue de la Société de spéléologie de Martel.

Le 18 mars 1930, une assemblée constitutive aboutit à la création du Spéléo-club de France dont le siège social était fixé à Montpellier, dans la Maison de l'Agriculture. En faisaient partie : Martel (président d'honneur), Robert de Joly (président), Degrully (vice-président), Norbert Casteret, Bernard Gèze, l'Abbé Giry, Guy de Lavaur, Fournier, Milhau, Contejean… Son but était d'assurer la liaison entre spéléologues et d'aider au développement de l'activité des prospecteurs du sous-sol. L'association se proposait d'apporter une aide (y compris financière) aux spéléologues et de préparer une législation spéciale de la prospection, la découverte et l'exploitation des richesses souterraines. Le Spéléo-club de France publia un bulletin trimestriel ainsi qu'un Spelunca (2e série) pour l'impression des articles scientifiques et des comptes-rendus détaillés d'explorations. Assez vite, l'activité spéléologique sort du cadre restreint du Languedoc.

En 1934, Félix Trombe explore le Comminges souterrain. En 1935, André Bourgin, très préoccupé d'applications pratiques, s'active dans le Dévoluy et le Vercors. À la même époque, Émile Dujardin-Weber s'occupe de Marseille et l'abbé André Glory anime l'Alsace. En janvier 1936, Henri-Pierre Guérin fonde le Spéléo-club de Paris avec Raymond Gaché, Jean Deudon, Jean Susse (éditeur), Marcel Ichac (pionnier du cinéma de montagne), Maud Guérin (sœur de Jacques Ertaud), Bernard Gèze, Gustave Boissière, Guy de Lavaur, Félix Trombe, Pierre Chevalieretc., équipe en bonne partie issue du Groupe de Bleau.

La Société spéléologique de France (SSF) (1936 - 1963)[modifier | modifier le code]

Le 1er mars 1936, sur proposition de Bernard Gèze, le Spéléo-club de France devient la Société spéléologique de France, domiciliée à Nîmes au Muséum d'histoire naturelle. L'intention était de donner une vocation nationale à un regroupement jusqu'alors uniquement régional. La SSF admettait des filiales et des sociétés affiliées. Elle continuait par ailleurs la publication de Spelunca. La spéléologie fut alors représentée hors des Causses : en 1937, Pierre Chevalier et le Spéléo-club de Lyon se distinguaient dans le Massif de la Chartreuse. Le premier Congrès national de spéléologie eut lieu à Mazamet en 1939.

Contrairement à celle de 1914, la guerre de 1939-1945 ne vit pas cesser les explorations souterraines. Cependant, en 1944, les grottes servaient plus de refuges aux maquis que de lieux de visite. Le tome X du Spelunca 2e série fut édité durant l'Occupation allemande. Au lendemain de la guerre, la spéléologie française présentait un visage totalement modifié. La SSF n'était plus l'unique association nationale : le Club alpin français (CAF) regroupait au sein de sa commission spéléologique ses sections locales, qui avaient à leur actif de fort belles réalisations.

En 1945, divers organismes officiels reconnaissaient la valeur des études souterraines :

C'est avec l'aide de ces organismes et l'appui de ces grands noms que Bernard Gèze fonda en 1946 les Annales de spéléologie, qui constituaient la 3e série de Spelunca, sous la double étiquette de la SSF et du CAF.

En 1948, le siège social de la SSF fut transféré au siège du BRGG. Le CNRS apporta son concours financier aux publications de 1947 à 1956, date à laquelle le CNRS reprit à son compte et à son profit l'édition des Annales de spéléologie, qui devint l'organe du Laboratoire souterrain de Moulis[32] jusqu'en 1976. Le titre Spelunca restait la propriété de la SSF et du Comité national de spéléologie.

Le Comité national de spéléologie (CNS) (1948 - 1963)[modifier | modifier le code]

René Gabriel Jeannel, connu pour ses recherches biospéologiques avec Emil Racovitza, avait créé au sein du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) une commission de spéléologie.

Le 28 mai 1948, Jeannel réunissait à Paris en assemblée constitutive, sous l'égide du CNRS, les présidents des clubs spéléos connus ainsi que diverses personnalités spéléologiques éminentes. Ce fut la naissance du Comité national de spéléologie (CNS), dont le siège social fut fixé au Muséum d'histoire naturelle de Paris. Le CNS regroupait les présidents des groupes spéléologiques et exceptionnellement certaines personnalités ayant « particulièrement concouru, par leurs travaux, à l'essor de la spéléologie française ». Le Comité de patronage regroupait vingt-et-un organismes ou personnalités dont la plupart étaient des scientifiques. On peut aussi noter la présence du directeur de la Jeunesse et des Sports.

Faisaient partie du premier conseil d'administration et du premier bureau :

Du 22 au 25 août 1949, le CNS anima une réunion internationale à Valence-sur-Rhône. Elle regroupait les représentants de sept nations (France, Angleterre, Cuba, Espagne, Grèce, Italie et Suisse). La décision y fut prise d'organiser des congrès internationaux de spéléologie.

Dès 1950, le CNS représenté par Guy de Lavaur obtint une subvention de la Direction des Sports pour l'organisation des secours.

Dès sa création, le CNS savait qu'il avait besoin d'un organe d'expression. C'est ainsi qu'apparaît le bulletin Grottes et gouffres dont 3 numéros paraissent en 1948. Devant les difficultés il décide d'arrêter ce bulletin au profit du Bulletin de la Société spéléologique de France (SSF) créé pour l'occasion entre 1949 et 1950. Finalement, il noua des contact avec le Club alpin français et la SSF, qui éditaient les Annales, puis géra à partir de 1951 et pendant 10 ans une revue trimestrielle de liaison : le Bulletin du CNS. Simultanément, la SSF cessa la publication de son bulletin périodique officiel pour donner ses informations au nouveau bulletin du CNS[33].

Dès 1952, des stages de formation à la spéléologie furent organisés en partenariat avec la Direction générale de la Jeunesse et des Sports.

À partir de 1953, Guy de Lavaur organisa les activités de plongée souterraine. En liaison avec la Fédération nationale de sauvetage, un certificat d'aptitude de premier degré fut créé en 1954.

Le premier congrès international de spéléologie se tint à Paris du 7 au 12 septembre 1953 sous le haut patronage du Ministre de l'Éducation nationale, mais aussi du Secrétaire d'État à la Jeunesse et aux Sports. Ce double patronage était destiné à marquer la vocation à la fois scientifique et sportive de la spéléologie. Ce congrès comportait sept sections de travail : hydrogéologie et morphologie karstique, physico-chimie, météorologie et cristallographie, biologie, habitat humain, fichier et topographie, photo et cinéma, matériel et techniques d'exploration. Plus de cent communications et une dizaine de films furent présentés.

En 1957, une modification des statuts fit du CNS une association de clubs (et non de présidents de clubs), à l'exclusion d'adhérents individuels. La situation financière devint extrêmement délicate, d'une part à cause de son activité intense et d'autre part du fait des nombreuses publications dont les Actes du Congrès international de 1953.

L'assemblée générale du CNS du 10 mai 1958 désigna Géo Marchand (°1922 - †2010) pour organiser à Cahors en 1959 le 2e congrès national de spéléologie, en s'appuyant sur le groupe spéléologique du Quercy, dont il était Président. Trois cent spéléologues du CNS et de la Société spéléologique de France y participèrent du 6 au 10 septembre 1959. Il donna lieu à la présentation de vingt-six communications diverses et cinq films. Il émergea des participants un désir de regroupement.

L'année 1961 fut une année particulièrement active. Elle vit tout d'abord le Bulletin du CNS reprendre le nom de Spelunca (4e série), sous le double patronage CNS-SSF.

La Fédération française de spéléologie (FFS) (à partir de 1963)[modifier | modifier le code]

À l'issue de leurs assemblées générales respectives des 25 et 26 novembre 1961, le Comité national de spéléologie (CNS) et la Société spéléologique de France (SSF), décidèrent de créer une commission mixte, destinée à étudier toutes les solutions possibles, depuis la fusion des deux associations jusqu'à une éventuelle séparation complète.

Après une consultation des spéléologues le 1er juin 1963, à l'occasion du congrès national de Millau, CNS et SSF se réunirent pour former la Fédération française de spéléologie (FFS).

Le 3 juin 1963, le nouveau conseil d'administration élisait le premier bureau de la Fédération qui était ainsi composé :

  • président : André Cavaillé
  • vice-président : Guy de Lavaur et Paul Dubois
  • secrétaire général : Géo Marchand (devint président d'honneur de la FFS)
  • secrétaire général adjoint : Jean Lautier[34]
  • trésorier : René Nuffer
  • trésorier adjoint : Claude Pommier

La FFS reprit alors à son compte la poursuite de l'édition du bulletin Spelunca 4e série à raison de 4 numéros par an (no 1 à 4 année xxxx). C'est en 1981 que naît l'actuel Spelunca 5e série avec un nouveau format et une numérotation croissante.

La FFS s'est progressivement affirmée comme une entité représentative de l'activité spéléologique française. Elle est aujourd'hui délégataire de missions de service public dans le domaine de la formation, de la sécurité civile et de la promotion de la pratique spéléologique sous toutes ses formes. Elle compte environ 7 410 licenciés en 2012[35].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (fr) « Arrêté du 31 décembre 2012 portant renouvellement de l'agrément de protection de l'environnement de l'association Fédération française de spéléologie (NOR : DEVK1243677A) », sur le site Legifrance, le service public d'accès au droit (consulté le 2 juillet 2013)
  2. a et b (fr) « Arrêté du 19 décembre 2012 portant agrément national de sécurité civile pour la Fédération française de spéléologie (NOR : INTE1242881A ) », sur le site Legifrance, le service public d'accès au droit (consulté le 2 juillet 2013)
  3. (fr) « Statuts FFS 2012, article 1 », sur le site de la Fédération française de spéléologie (FFS) (consulté le 2 juillet 2013)
  4. (fr) « Organigramme fédéral », sur le site de la Fédération française de spéléologie (FFS) (consulté le 2 juillet 2013)
  5. (fr) « Présentation des structures - Comités régionaux », sur le site de la Fédération française de spéléologie (FFS) (consulté le 2 juillet 2013)
  6. (fr) « Présentation des structures - Comités départementaux », sur le site de la Fédération française de spéléologie (FFS) (consulté le 2 juillet 2013)
  7. (fr) « Arrêté du 31 décembre 2012 accordant la délégation prévue à l'article L. 131-14 du code du sport », sur le site Légifrance (consulté le 16 octobre 2013)
  8. (fr) « Arrêté du 17 octobre 2012 portant agrément national de jeunesse et d'éducation populaire de la Fédération française de spéléologie », sur le site de la FFS (consulté le 16 octobre 2013)
  9. (fr) « Convention d'engagement Grenelle pour la connaissance l'étude, la conservation et la gestion du patrimoine souterrain », sur le site de la Fédération française de spéléologie (FFS) (consulté le 16 octobre 2013)
  10. (fr) « Convention d'assistance technique », sur le site du SSF, commission de la FFS (consulté le 16 octobre 2013)
  11. (fr) « Convention de partenariat technique avec la Gendarmerie nationale », sur le site du SSF, commission de la FFS (consulté le 16 octobre 2013)
  12. (fr) « La commission - Un peu d'histoire, chapitre Spelunca », sur le site de la commission Documentation de la Fédération française de spéléologie (FFS) (consulté le 2 juillet 2013)
  13. (fr) « La revue Karstologia », sur le site de l'Association française de karstologie (A.F.K.) (consulté le 2 juillet 2013)
  14. Article 2, Chapitre II du règlement intérieur fédéral
  15. (fr) (2001) - Compte rendu de la réunion du Comité Directeur du 17 et 18 mars 2001 [PDF], FFS, Lyon p. 4
  16. (fr) (2002) - Procès Verbal de l'Assemblée Générale, 2 juin 2002 - Paris [PDF], FFS, Lyon p. 4
  17. (fr) (2005) - Compte rendu de la réunion du Comité directeur de la Fédération Française de Spéléologie - Lyon - 19 et 20 mars 2005 [PDF], FFS, Lyon p. 9-10
  18. (fr) (2009) - Réunion du Comité directeur – 30 mai 2009 - Melle (Deux-Sèvres) [PDF], FFS, Lyon p. 1
  19. (fr) (2009) - Assemblée générale, le 31 mai 2009, Melle (Deux-Sèvres) [PDF], FFS, Lyon p. 10
  20. (fr) Prévot, C. (2014) - « Daniel Prévot, membre d’honneur de la F.F.S. », Le P'tit Usania no 191 [PDF] (ISSN 1292-5950), USAN, Nancy p. 3-5
  21. a et b (fr) (2001) - Procès Verbal de l'Assemblée Générale - 3 juin 2001 - Aillon-le-Jeune - Savoie [PDF], FFS, Lyon, p. 14
  22. a et b (fr) (2004) - Procès Verbal de l'Assemblée Générale - 15 mai 2004 - Lyon [PDF], FFS, Lyon, p. 12
  23. (fr) (2006) - Procès verbal de l’Assemblée générale de la Fédération française de spéléologie le 7 mai 2006 à Périgueux (Dordogne) [PDF], FFS, Lyon, p. 21
  24. (fr) (2008) - UIS-Bulletin vol. 51 no 3 [PDF], UIS, Rueil-Malmaison, p. 56
  25. (fr) « L'île aux glaciers de marbre » remporte le prix Martel-De Joly 2013, sur le site de l'association Centre Terre (consulté le 19 janvier 2014)
  26. (fr) (2011) - Assemblée générale ordinaire, le 12 juin 2011, Toulouse (Haute-Garonne) [PDF], FFS, Lyon, p. 19
  27. (fr) (2013) - Procès verbal du Conseil d'administration des 16 et 17 mars 2013, FFS, Lyon, p. 9
  28. (fr) (2013) - « Millau spéléo-canyon 2013 - 50 ans de la FFS, vous y étiez ? » , Spelunca no 130, FFS, Lyon, p. 57
  29. (fr) Martel, E.-A. (1895) - « Liste des membres (150) », Spelunca 1re série tome I no 1, Société de spéléologie, Paris, p. 15-19
  30. (fr) Martel, E.-A. (1895) - « Liste des membres (150) », Spelunca 1re série tome I no 1, Société de spéléologie, Paris, p. 15,20
  31. (fr) Martel, E.-A. (1895) - « Assemblée générale du 26 décembre 1895 », Spelunca 1re série tome I no 4, Société de spéléologie, Paris, p. 113
  32. (fr) « Historique de la Station d'écologie expérimentale du CNRS à Moulis », sur le site du CNRS (consulté le 2 mai 2014)
  33. Voir l'historique des publications spéléologiques françaises dans Spelunca no 1-1961, page 6
  34. (fr) « Jean LAUTIER (1923-1990) », sur le site de la Société archéologique du Midi de la France (SAMF) (consulté le 2 juillet 2013)
  35. [PDF] Atlas national des fédérations sportives 2012.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]