Gouffre de Padirac

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Gouffre de Padirac
Image illustrative de l'article Gouffre de Padirac
Vue sur la partie aérienne du gouffre de Padirac
Coordonnées 44° 51′ 26″ N 1° 45′ 03″ E / 44.857329, 1.750946 ()44° 51′ 26″ Nord 1° 45′ 03″ Est / 44.857329, 1.750946 ()  
Pays Drapeau de la France France
Département français Lot (Midi-Pyrénées)
Localité voisine Padirac
Voie d'accès D90
Altitude de l'entrée 339
Longueur connue Plus de 40 km explorés, plus d'un km visitable.
Type de roche Calcaire
Signe particulier Stalactites et stalagmite, rivière souterraine.
Cours d'eau rivière de Padirac
Occupation humaine IIIe siècle

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Gouffre de Padirac

Le Gouffre de Padirac est une entrée monumentale de cavité naturelle, situé dans le Lot en France, d'une dimension de 35 mètres de diamètre environ, au fond de laquelle, à 103 mètres de profondeur, coule une rivière souterraine qui parcourt une partie d'un grand réseau de plus de 40 kilomètres de développement.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le gouffre de Padirac est situé en France, dans la région Midi-Pyrénées, département du Lot sur la commune de Padirac au nord de Gramat dans le Quercy sur le causse de Gramat.

Histoire et formation[modifier | modifier le code]

La formation du gouffre est due à un effondrement de la voûte à une période indéterminée. Nous savons simplement qu'il existait déjà au IIIe siècle de notre ère.

En 1907, il existait encore un petit mur en pierres sèches et les restes d'un antique foyer sur le sol du talus détritique du gouffre. Armand Viré pensait que ces vestiges avaient été laissés par des vaincus de la guerre de Cent Ans. « Des cendres, des charbons, des débris de cuisine et des armes y ont été trouvées » et furent par la suite exposées au public dans une vitrine à l'entrée du gouffre. Il fut habité à la fin du XIVe siècle ainsi qu'en fin du XVIe siècle. En 1595, d'après François de Chalvet de Rochemonteix, les hommes profitent des conditions climatiques du lieu pour en extraire un fort bon salpêtre[1].

En 1867, la justice fit remonter le corps d'une jeune fille assassinée[2].

Le spéléologue Édouard-Alfred Martel fut le découvreur de la rivière souterraine du gouffre de Padirac.

Exploitation touristique[modifier | modifier le code]

En 1897 et 1898, Armand Viré fut chargé d'aménager le gouffre. L'escalier métallique fut conçu et fabriqué par la maison Charpentier et Brousse de Puteaux[2]. Les premières visites touristiques eurent lieu le 1er novembre 1898, mais l'inauguration officielle fut organisée le sous la présidence du ministre de l'Instruction publique Georges Leygues. Aujourd'hui 2,5 km de galeries, sur les 42 km explorés, peuvent être visités.

Dès 1900, l'éclairage électrique fut installé sous la direction de M. l'ingénieur Roumazeilles. En 1906, une petite centrale électrique alimentait le gouffre[2]. Depuis les années 1930, l'accès à la rivière souterraine se fait par ascenseur, le reste de la visite se faisant à pied (environ 1 300 m) et en barque (1 000 m). La longueur de la rivière souterraine est de 20 kilomètres et sa profondeur varie de 50 cm à 6 m sur la partie visitée, la température de l'eau est constante à 12 °C, celle de la grotte est toujours de 13 °C.

Padirac détient le record de fréquentation pour le tourisme souterrain en France : plus de 400 000 visiteurs par an avec un record de 460 000 entrées en 1991. 85 personnes, en majorité des saisonniers, sont employées par la société d'exploitation spéléologique du gouffre de Padirac.

Depuis 1996 le gouffre est exploité par une société privée de type SA sous le nom de SOCIÉTÉ D'EXPLOITATIONS SPELEOLOGIQUES DE PADIRAC. Cette société a réalisé un chiffre d'affaires de 3 576 200 € en 2011[3].

Exploration spéléologique[modifier | modifier le code]

Le gouffre a servi de refuge aux habitants du causse de Gramat pendant la guerre de Cent Ans et au cours des guerres de Religion, mais il semble que ce soit seulement vers la fin du XIXe siècle, à la suite d'une violente crue de la rivière, qu'une communication praticable se soit ouverte entre le fond du puits et les galeries souterraines.

Aujourd'hui, dans les années 2010, le Gouffre de Padirac est l'une des entrées d'un réseau souterrain de plus de 40 kilomètres de développement pour plus de 250 mètres de dénivelée, qui se classe dans les cent plus longues cavités souterraines naturelles.

De nombreuses parties de ce réseau restent encore à explorer et à topographier.

Les explorations d'Édouard-Alfred Martel[modifier | modifier le code]

Entrée des visiteurs

Arrivés à midi, le , Martel, Gaupillat, Armand, Foulquier, assurés par six hommes de manœuvre, descendent à l'échelle les 54 mètres du puits d'entrée. Martel et Foulquier lèvent la topographie, pendant que Gaupillat prend des photographies. Ils explorent vers l'amont la galerie de la Grande Arcade et vers l'aval la rivière (-103 m). Ils s'arrêtent à plus de 400 m du puits d'entrée sur de l'eau profonde.

Le lendemain, dès 4 heures du matin, ils redescendent avec un bateau de type Osgood baptisé le Crocodile. À 10 heures, Martel et Gaupillat embarquent, passent le lac de la Pluie, la Grande Pendeloque, le rétrécissement du Pas du Crocodile, le Lac des grands Gours (terminus actuel des touristes), le Passage des étroits, les Tunnels. Ils rebroussent chemin au 34e gour, à environ 2 km du puits d'entrée.

Le 9 septembre 1890 à 14 heures, Martel, ses compagnons de 1889 et Louis de Launay, professeur à l'École des mines, sont de retour, entourés par plus de mille personnes. À minuit, trois bateaux sont sur la rivière. Un peu avant le lac des grands gours, ils grimpent une pente et découvrent une grande salle de 60 m par 40 m dont la voûte s'élève à plus de 70 m au-dessus du petit bassin qui en occupe le sommet (dans le circuit touristique actuel). Ils la baptisent salle des sources du Mammouth. Ils reprennent ensuite la navigation vers l'aval et à 5 heures du matin, ils dépassent le terminus de 1889. 500 mètres plus loin, exténués, à 7 heures, ils buttent sur la grande Barrière : une coulée stalagmitique de 18 m qui barre la rivière. À 16 heures, ils ressortent du gouffre aérien[4].

La troisième exploration a lieu le samedi 28 septembre 1895, Martel et ses deux passagers font naufrage et s'en sortent de justesse[5]...

En 1896, Martel descend avec l'ingénieur Fontaine pour étudier l'aménagement touristique du gouffre et de la rivière.

En 1898, Giraud parcourt à la nage, éclairé par une bougie, une galerie de 150 m au niveau du Lac près du terminus actuel des touristes. Armand Viré reconnaît, sur 200 m, une galerie affluente qui porte son nom.

Le 14 avril 1899, l'abbé Edmond Albe et Armand Viré escaladent la grande barrière et élargissent au marteau et à la pointerolle le laminoir à son sommet. La rivière profonde se poursuit derrière. Le 9 mai, ils atteignent l'amont des Terrasses, un énorme empilement de strates, que Martel franchit les 13 et 14 décembre 1899.

Les 29, 30, et 31 mai 1900, après avoir évincé peu élégamment Albe et Armand Viré, accompagné de quatre guides, il gagne 250 m et s'arrête devant la Barrière du Fuseau. Il estime alors que son terminus est la « fin humainement possible », il interdira alors toute expédition ultérieure à Padirac.

Martel avait parcouru et topographié 2 750 m de galerie dont 2300 pour la principale. Il estimait, à tort, que la résurgence se situait à Gintrac (Voir exploration de 1947).

Les explorations de Guy de Lavaur[modifier | modifier le code]

En juillet 1937, William Beamish, président de la Société d'exploitation du gouffre de Padirac, abroge l'interdiction de Martel pour remercier Guy de Lavaur de l'avoir fait descendre à l'igue de Saint-Sol (galerie amont des grottes de Lacave). Lavaur trouve un passage après le terminus Martel de 1900. Les 14 et 15 septembre 1938, de Lavaur revient avec Robert de Joly. Ce dernier franchit une nouvelle barrière qui porte son nom et prolongea de 400 m la reconnaissance du cours de la rivière souterraine.

La guerre de 1939 - 1945 empêche toute exploration jusqu'en 1947.

Le 22 juillet 1947, 75 kg de fluorescéine sont versés au Grand Gour. Le colorant ressort près de la Dordogne sous Montvalent à la résurgence du moulin du Lombard le 4 novembre et à la fontaine Saint-Georges le 14 novembre. (Analyse de Félix Trombe).

Du 6 au 12 août 1947, reprise des explorations par Guy de Lavaur et son fils Géraud, Félix Trombe, Jean Lesur et Louis Conduché. Ce dernier escalade un obstacle pour arriver jusqu'au Grand Chaos.

Très grosse expédition à l'été 1948, Jean Lesur, Géraud de Lavaur et Roger Brillot topographient plus de 5 000 m de galerie et doublent l'équipe de pointe. Ils passent le Déversoir (Grand puits impressionnant où tombe la rivière). Ils contemplent le départ du Quai aux fleurs : rivière suspendue bordée de magnifiques concrétions de calcite flottante. Marcel Ichac, Jacques Ertaud et les frères Maille tourneront un film : Padirac, Rivière de la nuit qui est l'un des tout premiers films de spéléologie.

1949 : Expédition avec entre autres Robert de Joly, Félix Trombe, Guy de Lavaur, Jacques Ertaud. Joly démontre que l'on peut dormir sous terre sans tente sur son canot retourné. Ils atteignent la confluence avec la Rivière de Joly où ce dernier fait une petite reconnaissance. Dans cette galerie, ils font 450 m vers l'aval et s'arrêtent à la Cascade de l'Avenir.

En 1951, Jean Lesur, une équipe scoute et des spéléos locaux sont confrontés aux crues et atteignent le Bivouac des 5000 (situé à 5 km de l'entrée).

En août 1962, c'est le raid du Spéléo Club de Paris. Trois équipes, comptant au total 27 hommes, découvrent les Allées Cavalières et retrouvent la rivière perdue au Déversoir. Elle sera baptisée Rivière de Lavaur. Ils atteignent le Siphon Terminal : 3,4 km de galeries découvertes. Ils remontent aussi 900 m de galeries dans la Rivière de Joly. Michel Croce-Spinelli et Jacques Ertaud tourne un film destiné au magazine télévisé Les Coulisses de l'exploit.

Les explorations depuis 1970[modifier | modifier le code]

Deux spéléologues dans le réseau de Padirac.
Navigation d'un spéléologue sur un canot dans la rivière de Padirac.

En 1970, Guy de Lavaur autorise les explorations de Padirac par les clubs de spéléologie du Lot. Jean Lesur et de nombreux spéléologues poursuivent l'exploration et la topographie des affluents de la rivière principale. Une étude géologique est réalisée en 1979 par Daniel Larribe.

En 1975, Robert Ascargota réalise une escalade au terminus 1962 de l'amont de l'Affluent de Joly : le Chaos Ascar. Ils butent au bout d'un kilomètre sur un nouveau chaos. En avril 1983, Jean-François Fabriol et Michel Durand parviennent à trouver un nouveau passage dans ce chaos dénommé depuis Chaos Fabriol. Derrière, se déroule le Boulevard Durand ensuite sur 1 400 m et un grand gisement paléontologique et préhistorique les attend : bois de cerf, os de mammouth et de rhinocéros, silex taillés...

Les expéditions scientifiques de 1984, 1985 et 1989, autorisées par le ministère de la culture, sont préparées par J. Lesur, M. Durand et J.-F. Fabriol avec Michel Philippe (paléontologue), François Rouzaud, Jacques Jaubert (archéologues), Robert Fabriol (géochimiste), Bernard Lebreton (biospéléologue), Jean-Pierre Couturié (spécialiste des minéraux lourds).

Les expéditions sont maintenant coordonnées par la commission Padirac du Comité Départemental de Spéléologie du Lot qui capitalise les connaissances sur le réseau[6]. Deux fois par an, des spéléologues de la France et d'ailleurs pouvaient contribuer aux découvertes. L'évolution des techniques a facilité les explorations : canots plus résistants, vêtements qui protègent mieux du froid et de l'humidité, équipement de qualité des passages délicats, éclairage à Led, eau courante au bivouac des 5 000, tellurophone pour communiquer par moment avec la surface... Padirac reste cependant une cavité particulière par la longueur des navigations et la succession des difficultés. L'entraide est obligatoire, ne serait-ce que pour acheminer 30 kg de matériel par personne pour explorer le réseau et vivre en autonomie totale, hors du temps, pendant une semaine.

Les plongées et la jonction avec les résurgences[modifier | modifier le code]

Référence : les articles d'Emeric Beaucheron et Bernard Gauche de L'autre Padirac.

Le 18 juillet 1948, Guy de Lavaur effectue une plongée dans la Fontaine Saint-Georges, il atteint la profondeur de 30 mètres au fond de la vasque d'entrée. À partir de 1973, les plongeurs orientent leurs efforts sur tous les siphons de Padirac. En 1990, à l'aval de la rivière de Lavaur (terminus 1962), ce sont plus de 2 kilomètres de galeries avec 5 siphons reconnus, le dernier à une profondeur de 35 mètres. Ils sont soutenus par de nombreux porteurs spéléologues lourdement chargés lors d'expéditions qui dépassent fréquemment une semaine sous terre.

Les résurgences sous Montvalent sont désobtruées et plongées. En 1991, à la résurgence de la Finou, les plongeurs passent 10 siphons et progressent de 4500 mètres, dont 1620 mètres de galeries noyées. En 1993, sept siphons sont franchis à la fontaine Saint-Georges.

1996 est marquée par la traversée intégrale La Finou - Padirac réalisée par Bernard Gauche aidé par des plongeurs et spéléologues venus du Lot, de Gironde, de Charente et des Deux-Sèvres. En 1995, Bernard franchit seize siphons depuis la résurgence de la Finou. Il reconnait alors un fil d'Ariane qu'il avait posé l'année précédente lors d'une plongée réalisée au fond du gouffre de Padirac.

Le 6 septembre 1996, il s'enfonce à nouveau dans la résurgence de la Finou chargé de 40 kilogrammes de matériel. Il franchit cinq kilomètres de réseau dont trois kilomètres noyés et, après 22 siphons, il réapparait au siphon aval de la rivière de Lavaur le 7 à 5 heures du matin. Il est raccompagné jusqu'au bivouac des 5000 où la nouvelle est annoncée à la surface par tellurophone. Après quelques heures de sommeil et cinq kilomètres de parcours en rivière, il sort du puits de Padirac sous les acclamations de ses amis.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Édouard-Alfred Martel, Le gouffre et la rivière souterraine de Padirac (Lot) : historique, description, exploration, aménagement (1889-1900), Paris, Librairie Ch. Delagrave,‎ 1900, 180 p. (lire en ligne), chap. II, (« Historique - Exploration »), p. 37 :

    « Et non guère loin de là je vis pareillement le puits de Padirac ... et duquel endroit les habitants de ce pays vont puiser de fort bon salpêtre en y descendant par des engins fort dangereux. »

  2. a, b et c Le Lot partie Routes, de Rocamadour à Souillac p.271-276 - Armand Viré - Réédition de l'ouvrage de 1907 - (ISBN 2-7455-0049-X)
  3. http://www.societe.com/societe/societe-d-exploitations-speleologiques-de-padirac-552130957.html
  4. Les abîmes de E. A. MARTEL, Chapitre XV, Le causse de Gramat - Padirac.
  5. Mémoires de la société de Spéléologie - N°1 - janvier 1896 - Troisième exploration du gouffre de Padirac (Lot) par MM. E.-A. MARTEL & E. RUPIN
  6. CDS46 (Comité Départemental de Spéléologie du Lot), « Page de la commission Padirac »,‎ 2010 (consulté le 3 novembre 2010)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Édouard-Alfred Martel, Le gouffre et la rivière souterraine de Padirac (Lot) : historique, description, exploration, aménagement (1889-1900), Paris, Librairie Ch. Delagrave,‎ 1901, 180 p. (lire en ligne)
  • Édouard-Alfred Martel, Les abîmes : les eaux souterraines, les cavernes, les sources, la spéléologie : explorations souterraines effectuées de 1888 à 1893 en France, Belgique, Autriche et Grèce, Paris, Librairie Ch. Delagrave,‎ 1894, 578 p. (lire en ligne), chap. XV, (« Le Causse de Gramat - Padirac »)
  • Troisième exploration du gouffre de Padirac (Lot), Extrait des Mémoires de la société de Spéléologie - N°1 - janvier 1896, par MM. E.-A. Martel & E. Rupin
  • L'Autre Padirac - Fédération Française de Spéléologie et Muséum d'Histoire Naturelle de Lyon, 1994, ISBN : 2-7417-0112-1.
  • Padirac 99 - État des connaissances sur le réseau de Padirac au 31 décembre 1999 par Jean Lesur.
  • Gouffre de Padirac - La magie de la goutte d'eau, A. Roumieux, H. Taillefer, T. Richard, 1999, Éditions Fil d'Ariane, ISBN 2-912470-17-X

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Site officiel
  • Padirac et ses guides : documentaire de Patrick Cazals et Brigitte Alléhaut, rediffusion sur France Culture le 10 juillet 2007 dans l'émission « Sur les Docs » de l’émission « Grand angle » du 29 juin 1996, format wma 14 Mo.