Grotte de Bara-Bahau

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Grotte de Bara-Bahau
Coordonnées 44° 55′ 27″ Nord
       0° 55′ 19″ Est
/ 44.9242, 0.921944
44° 55′ 27″ N 0° 55′ 19″ E / 44.9242, 0.921944
Pays Drapeau de France France
Région française Aquitaine
Protection  Classé MH (1961)

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Grotte de Bara-Bahau

Géolocalisation sur la carte : Dordogne

(Voir situation sur carte : Dordogne)
Grotte de Bara-Bahau

La grotte de Bara-Bahau (ou Bara-Bao), longue d'une centaine de mètres, est l'une des grottes ornées paléolithiques de la vallée de la Vézère (Dordogne, France). Elle présente un intérêt géologique, notamment par ses concrétions excentriques, et surtout préhistorique, par les gravures pariétales qu'elle renferme. Elle tient son nom d'une onomatopée de l'occitan local qui signifie "badaboum" en référence à des blocs effondrés visibles dans la première salle. Propriété privée ouverte au public, elle a été classée monument historique en 1961[1].

plaque à l'entrée de la grotte de Bara-Bahau au Bugue en Dordogne

Sommaire

Géographie et contexte géologique [modifier]

La cavité se situe sur la commune du Bugue en Périgord noir. Elle s'ouvre dans une colline située en rive droite du Ladouch, petit affluent rive droite de la Vézère. Elle est la plus méridionale de l'ensemble des grottes ornées de la vallée de la Vézère.

Creusée dans des calcaires marneux du Campanien 3, elle se développe sur 90 mètres pour une hauteur allant de 3 à 12 m et une largeur de 8 à 25 m. Elle se divise en deux parties : une galerie s'ouvrant par un large porche sur l'extérieur et une deuxième salle (rotonde) lui faisant suite et renfermant les gravures.

Historique de la découverte [modifier]

La première partie de la cavité était connue depuis toujours. La partie profonde de la grotte, renfermant les gravures, ne fut en revanche découverte que le 1er avril 1951, par le célèbre spéléologue français, Norbert Casteret, et sa fille Maud qui fut la première à reconnaître les gravures pariétales.

Expertisées le 15 août de la même année par l'abbé Henri Breuil, les gravures furent relevées et étudiées par l'abbé André Glory en 1955 puis plus tard par Brigitte et Gilles Delluc.

Nature des représentations [modifier]

Les figures pariétales, au nombre de 26, sont réunies en un unique panneau disposé sur la paroi gauche au plafond de la deuxième salle. Elles ont été tracées sur un calcaire tendre incluant de nombreux nodules de silex, qualifié de « fromage blanc » par André Glory.

Disposées sur trois niveaux superposés, les gravures se divisent en deux thèmes :

  • 18 représentations animalières (équidés, bovidés : aurochs et bisons, un ours, un cervidé (renne ?), un bouquetin et des animaux indéterminés), dont certaines de grande dimension.
  • 8 signes (quadrangulaires, bâtonnets, macaronis…) dont deux sont des représentations humaines partielles : une main gravée et un phallus.

Les équidés représentent 55 % du bestiaire et les bovidés 25 %.

Contexte archéologique [modifier]

L'étude géologique fut confiée à F.-M. Bergounioux qui pratiqua près de l'entrée de la grotte plusieurs sondages dont l'un profond d'une vingtaine de mètres.

Les dépôts des deux salles livrèrent, au cours d'aménagements, de rares vestiges lithiques, notamment des lames d'allure aurignacienne[2].

Une occupation animale de la cavité antérieure à la réalisation des gravures est en outre attestée par de nombreux ossements d'ours des cavernes (Ursus spelaeus), retrouvés dans le sol de la deuxième salle, et par des griffades profondes rendant parfois ardue la lecture des gravures.

Attribution culturelle [modifier]

Longtemps considérées comme aurignaciennes, André Leroi-Gourhan proposa d'attribuer les gravures au Magdalénien ancien-moyen (style IV). Cette attribution fait encore consensus aujourd'hui.

Exploitation touristique [modifier]

La cavité a subi de nombreux aménagements destinés à faciliter l'accès aux gravures (nivellement du parcours souterrain, abaissement du sol sous les gravures, éclairages, escaliers et rampes) et leur lecture (négatoscope des gravures à disposition des visiteurs).

Cette grotte ne pose aucun problème de conservation et accueille annuellement plus de 10 000 visiteurs.

Une exposition pédagogique comprenant des explications et des reproductions d'œuvres préhistoriques est présente à l'entrée de la grotte.

Classement [modifier]

Par arrêté du 20 avril 1961, elle est classée monument historique[1].

Notes et références [modifier]

  1. a et b Grotte de Bara-Bahau, base Mérimée, ministère français de la Culture, consultée le 17 mai 2011.
  2. Aujoulat et Dauriac, 1984

Voir aussi [modifier]

Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]

Bibliographie [modifier]

  • Aujoulat Norbert et Dauriac Nicole, « Bara-Bahau », In : L’art des Cavernes, 1984, p. 92-95, (ISBN 2 11 080817 9)
  • Aujoulat Norbert, Geneste Jean-Michel, Roussot Alain, Rigaud Jean-Philippe, La Vézère des origines, sites préhistoriques, grottes ornées et musées, Paris : Imprimerie nationale, 1991, 141 p.
  • Bergounioux F.-M., « Interprétation géologique de la grotte de Bara-Bahau », Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, t. 87, 1960, p. 105-109.
  • Bertrand Pierre-Lucien, La caverne de Bara-Bahau, Le Bugue : PLB éd., Collection Fleur de lys, 2000, 22 p.
  • Delluc Brigitte et Delluc Gilles, « Grotte de Bara-Bahau (Le Bugue, Dordogne). Travaux 1986-1987 », Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, t. 114, 4, 1987, p. 283-295.
  • Delluc Brigitte, Delluc Gilles et Guichard Francis, « La grotte ornée de Bara-Bahau (Le Bugue). Géologie et Préhistoire », Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, t. 124, 1, 1997, p. 31-62.
  • Delluc Brigitte et Gilles, « Les gravures de la grotte ornée de Bara Bahau », Gallia-Préhistoire, 39, 1997, p. 109-150, 26 fig., plans, coupes, bibliographie.
  • Leroi-Gourhan André, « Bara-Bahau », In: Dictionnaire de la préhistoire (Leroi-Gourhan dir.), 2005, 2ème édition, p. 112, (ISBN 2 13 0545440).