Rubicon

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44° 05′ 35″ N 12° 23′ 45″ E / 44.09302, 12.39583

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Rubicon
Le Rubicon lors de son passage à Bellaria-Igea Marina
Le Rubicon lors de son passage à Bellaria-Igea Marina
Cours du Rubicon.
Cours du Rubicon.
Caractéristiques
Longueur 28,9 km
Bassin ?
Débit moyen ?
Cours
Source source
· Localisation Sogliano al Rubicone
· Altitude 366 m
· Coordonnées 44° 00′ 03″ N 12° 15′ 56″ E / 44.000801, 12.265537 (Source - Rubicon)  
Embouchure Mer Adriatique
· Localisation Savignano a Mare (Savignano sul Rubicone)
· Altitude 0 m
· Coordonnées 44° 10′ 05″ N 12° 26′ 36″ E / 44.168159, 12.443271 (Embouchure - Rubicon)  
Géographie
Pays traversés Drapeau de l'Italie Italie
Régions traversées Flag of Emilia-Romagna.svg Émilie-Romagne

Le Rubicon, Rubico en latin, est un petit fleuve côtier du Nord de l'Italie, dans la région d'Émilie-Romagne à l'est de la plaine du Pô, qui prend naissance près de la commune de Sogliano al Rubicone[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le cours d'eau avait une résonance toute particulière dans le droit romain car aucun général n'avait l'autorisation de le franchir avec une armée. À partir de 59 av. J.-C., il servit de frontière entre l'Italie romaine et la province de Gaule cisalpine ; la loi protégeait ainsi Rome de menaces militaires internes.

Il devint célèbre quand Jules César le traversa avec ses légions en armes le 11 janvier 49 av. J.-C. sur les traces de Pompée. Il viola la loi du Sénat romain. Si l'on en croit Suétone, il lança en franchissant la rivière la célèbre formule : « Le sort en est jeté » (« Alea jacta est »).

De cet épisode est née l'expression « franchir le Rubicon » qui a survécu jusqu'à nos jours. Elle évoque une personne se lançant irrévocablement dans une entreprise aux conséquences risquées.

Comment César franchit le Rubicon[modifier | modifier le code]

Le pont consulaire romain à Savignano sul Rubicone en févr 2012
Le pont consulaire romain à Savignano sul Rubicone en févr 2012

« Lorsqu'on eut annoncé à César[2] que le droit d'intercession des tribuns[3] avait été supprimé et qu'ils étaient sortis de la Ville[4], aussitôt il envoya en secret des cohortes[5] qui prirent les devants et, pour ne pas éveiller de soupçon, il assista par dissimulation à un spectacle public, examina le plan d'une école de gladiateurs qu'il devait faire construire et se livra, selon sa coutume, au plaisir d'un festin. Puis, après le coucher du soleil, il fit atteler à un chariot des mulets pris au moulin le plus proche, et s'engagea avec une faible escorte dans le chemin le plus détourné. Les flambeaux s'étant éteints, il s'égara et erra longtemps. Au point du jour, il trouva un guide, marcha à pied par des sentiers extrêmement étroits et rejoignit ses cohortes au fleuve de Rubicon, qui était la frontière de sa province[6]. Là il s'arrêta quelques instants, et, supputant la grandeur de son entreprise[7], il se tourna vers ceux qui l'accompagnaient : « Maintenant encore, dit-il, nous pouvons revenir sur nos pas ; mais, si nous passons ce petit pont, le sort des armes décidera de tout.  » Il balançait encore, lorsque eut lieu le prodige suivant. Un homme d'une taille et d'une beauté remarquables[8] apparut soudain, assis tout près et jouant du chalumeau. Outre les bergers, un grand nombre de soldats des postes voisins était accouru pour l'entendre, et, entre autres, des trompettes. Il saisit la trompette de l'un d'eux, s'élança d'un bond vers le fleuve, et sonnant une fanfare avec une force extraordinaire, il se dirigea vers l'autre rive. Alors César : «Allons, dit-il, où nous appellent les prodiges des dieux et l'iniquité de nos ennemis ! il faut jeter le dé. »

— Texte de Suétone, « les douze Césars : César », XXXI et XXXII.

Tiré du livre : Les beaux textes de l’Antiquité, Librairie Fernand Nathan N°49, 1941, pages 85-86.

Christian Meier, César, éditions Seuil, 1987, page 10

Confusion possible[modifier | modifier le code]

À l'ère Romaine, le Rubicon se déversait dans la mer Adriatique entre Ariminum et Caesena (noms romains de Rimini et de Césène). Le cours d'eau auquel on l'identifie actuellement est souvent contesté.

Article détaillé : Rubicon-Pisciatello.

Peut-être le Rubicon a-t-il été confondu, en effet, avec le Pisciatello. Leurs sources découlent du même mont, et ils s'écoulent chacun dans deux vallées parallèles, pour se rejoindre, au niveau de la mer, à Gattéo-Mare.

Sur certaines cartes existait une rivière URGON qui, en dialecte, signifie RUBICON et qui est reconnue actuellement sous le nom de PISCIATELLO.

La cité actuelle de Savignano sul Rubicone s'appelait Savignano di Romagna jusqu'en 1933, quand Benito Mussolini, pour arrêter les discussions, décréta que l'ex-Fiumicino serait le vrai Rubicon[9]

Images des musées du Vatican[modifier | modifier le code]

Ces deux images représentent une petite partie d'une grande carte exposée dans la galerie des cartes au musée du Vatican.

Cette carte est étiquetée FLAMINIA, qui était le nom de la Romagne et qui faisait partie de l'État de l'Église avant le Risorgimento et l'unification des provinces Italiennes.

L'image de droite représente le Rubicon et deux autres rivières qui ont la même embouchure dans l'Adriatique, à droite des villes de Cesenatico et de Cervia.

L'image de gauche montre les sources de ces rivières, et l'on observe qu'à cette époque, le supposé Rubicon passe aux abords immédiats de Césène, sur le lit de l'actuel Pisciatello, alors que c'est celle qui lui est parallèle (à droite) que l'on appelle Rubicon.

Toponymes[modifier | modifier le code]

Le Rubicon a donné son hydronyme aux deux communes de Savignano sul Rubicone et Sogliano al Rubicone.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Geographylogo.svg

Les coordonnées de cet article :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Néanmoins sa localisation exacte fait débat
  2. Qui se trouvait à Ravenne
  3. Ses partisans
  4. Rome
  5. César n'avait auprès de lui que 100 cavaliers et 5 000 fantassins
  6. C'est en qualité de proconsul, chargé du gouvernement de la Gaule cisalpine ou Gaule citérieure que César avait conquis les Gaules barbares (Celtique, Aquitaine, Belgique). Un petit fleuve côtier, le Rubicon, séparait la Gaule cisalpine de l'Italie proprement dite
  7. Le coup d'État qu'il méditait de faire contre le Sénat et la République
  8. Par là semblable aux dieux, tels du moins qu'on se les figurait
  9. (it) « Fiume Rubicone », sur mitidiromagna.it