Grotte du Pech Merle

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Grotte du Pech Merle
Image illustrative de l'article Grotte du Pech Merle
Grotte du Pech Merle, main négative et ponctuations
Coordonnées 44° 30′ 29″ Nord
       1° 38′ 40″ Est
/ 44.5081, 1.64444
44° 30′ 29″ N 1° 38′ 40″ E / 44.5081, 1.64444
Pays Drapeau de France France
Région française Midi-Pyrénées
Lot
Vallée vallée du Célé
Localité voisine Cabrerets
Signe particulier grotte ornée
Température 12°C
Occupation humaine Gravettien

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Grotte du Pech Merle

La grotte du Pech Merle est une grotte ornée préhistorique située dans le département du Lot (région Midi-Pyrénées, France), sur la commune de Cabrerets. Elle s'ouvre dans une colline (pech en occitan) dominant les vallées de la Sagne et du Célé, dans le Quercy. Henri Breuil aurait déclaré que « la salle peinte de la caverne du Pech Merle est comme la Chapelle Sixtine des causses du Lot »[réf. souhaitée].

Sommaire

[modifier] Situation et historique

L'igue du Pech Merle était connue des habitants environnants et fut alors prospecté plusieurs fois avant d'en dévoiler tous ses secrets. La première salle dite "salle rouge" en raison de ses concrétions rougeâtres, fut découverte entre 1906 et 1914 par Henri Redon, étudiant en médecine à Paris, accompagné de son cousin monsieur Touzery[1]. La grotte ornée fut ensuite découverte le 4 septembre 1922 par André David, sa sœur Marthe David et Henri Dutertre. Elle a été étudiée par :

En 1949, André David découvre le réseau du Combel. Amédée Lemozi étudie les peintures découvertes.

Elle est classée Monument historique et représente un site majeur de l'art paléolithique européen.

[modifier] L'art de Pech Merle

Reproduction des mains et du cheval gravé sur les murs de la grotte de Pech Merle au musée de Brno, en République tchèque

Assez vaste, la grotte comporte deux sous-ensembles situés de part et d'autre de l'entrée préhistorique :

  • à l'est sont visibles des ponctuations rouges, des chevaux, un félin et, dans un diverticule appelé le Combel, trois figures imaginaires évoquant des cerfs mégacéros ;
  • à l'ouest s'étend un réseau plus vaste et plus riche, le seul accessible lors des visites touristiques. Il comprend notamment une composition nommée frise noire associant un cheval, des bisons et des mammouths, de nombreux tracés digitaux au plafond, des mains négatives associées à des ponctuations ainsi que le panneau dit « des chevaux ponctués ». Cette composition complexe a sans doute été réalisée en plusieurs étapes. Elle comprend deux chevaux, l'un dirigé vers la gauche, l'autre vers la droite, accompagnés de six mains négatives noires, des signes et des ponctuations. Un grand poisson en trait fin rouge vient se superposer au cheval de droite.

Ce dernier a fait l'objet d'une datation directe par le carbone 14, dont le résultat est d'environ - 25 000 ans BP. Cette date correspond au Gravettien, ce qui est compatible avec d'autres éléments dont les mains négatives. Toutefois, il est possible qu'une partie des peintures et des gravures de Pech Merle date d'une phase plus récente, à savoir le Magdalénien.

[modifier] Le panneau des femmes-bisons

André Leroi-Gourhan considérait les bisons et les aurochs comme des symboles féminins. Il s'appuyait notamment sur un panneau de Pech-Merle où des silhouettes rouges évoquaient selon lui des femmes et des bisons schématiques avec passage progressif d'un thème à l'autre : « la permutation des formes fait que les traits verticaux qui figuraient les postérieurs du bison deviennent les membres antérieurs d'une figure inclinée »[3], si bien que « l'étroite assimilation des deux symboles de la série femelle ne peut s'imaginer dans une illustration plus parlante »[4].

Michel Lorblanchet considère les « femmes-bisons » d'André Leroi-Gourhan comme des femmes stylisées. Il admet néanmoins que « leur assimilation supplémentaire à un animal n'est pas impossible »[5]. D'autres auteurs ont considéré les « femmes-bisons » comme des « femmes-mammouths » [6] ou comme l'illustration d'un ancien mythe de la femme-cygne où le bison remplacerait l'oiseau [7].

[modifier] Visite

Même si le nombre de visiteurs par jour est limité, Pech Merle fait partie des grottes ornées paléolithiques majeures qui sont ouvertes au public. Sur place, le musée de Préhistoire Amédée Lemozi labelisé Musée de France complète la visite de la grotte. De nombreux chercheurs viennent y étudier les collections du musée, qui offrent un panorama de la Préhistoire régionale.

En 2006, 72 000 personnes ont visité la grotte[8]. 1 600 m de galeries et de salles sont actuellement accessibles aux visiteurs.

[modifier] Références

  1. Histoire de la découverte de la Grotte préhistorique de Pech-Merle par André David © André DAVID et Pierre BRONDEL
  2. La grotte temple du Pech Merle, 1929.
  3. André Leroi-Gourhan (1992). L'Art pariétal : Langage de la Préhistoire. Grenoble, Jérôme Million, p. 300.
  4. André Leroi-Gourhan (1965). Préhistoire de l'Art Occidental. Paris, Mazenod, p. 100.
  5. Michel Lorblanchet (2010). Art pariétal : Grottes ornées du Quercy. Rodez, Rouergue, 2010, p. 144.
  6. J.-P. Duhard (1989). Le réalisme physiologique des figurations féminines du Paléolithique supérieur en France, thèse de doctorat en Anthropologie-Préhistoire, sous la direction de B. Vandermeersch, Bordeaux 1, p. 259.
  7. Julien d'Huy (2011). « Le motif de la femme-bison. Essai d'interprétation d'un mythe préhistorique (1ère partie) », Mythologie française, 242, pp. 44-55; et Julien d'Huy (2011). « Le motif de la femme-bison. Essai d'interprétation d'un mythe préhistorique (2ème partie) » Mythologie française, 243, pp. 23-41.
  8. La Dépêche du Midi (Lot), 29 août 2007, p. 36.
  • Lorblanchet, M. (1988) - Art préhistorique du Quercy, Toulouse, Ed. Loubatières, 32 p.

[modifier] Voir aussi

[modifier] Liens externes

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