Décennie abominable

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Répression des libéraux aux environs de la citadelle de Barcelone, gardés par les Mossos d'Esquadra sous la direction du comte d'Espagne, gouverneur de cette place après la fin du Triennat libéral.

On appelle la Décennie abominable (en espagnol : Década Ominosa) (1823-1833) la période de l'histoire d'Espagne qui correspond à la dernière phase du règne de Ferdinand VII et à la restauration de l'absolutisme après le Triennat libéral (1820-1823), pendant lequel a été en vigueur la Constitution de Cadix promulguée en 1812.

Déroulement[modifier | modifier le code]

Louis XVIII essayant les bottes de Napoléon et préparant la campagne d'Espagne, caricature anglaise de George Cruikshank publiée le 17 février

La période commença le 7 avril 1823 avec l'invasion des Cent Mille Fils de Saint Louis. Cette armée française commandée par Louis Antoine de Bourbon, duc d'Angoulême soumit l'Espagne libérale sur l'ordre de la Sainte Alliance, inquiète par le développement du libéralisme en Espagne. Cette alliance était également travaillée par les émissaires secrets que le roi espagnol envoyait aux puissances coalisées pour qu'elles lui évitent la nécessité d'avoir à gouverner en se soumettant à une constitution.

Pendant cette période eut lieu une répression violente des libéraux qui se trouvaient dans la Péninsule. Rafael del Riego entre autres fut exécuté sur la place de la Cebada de Madrid le 7 novembre 1823 pour l'exemple. De même des libéraux innocents comme Mariana Pineda ou le libraire Miyar furent exécutés. Pour éviter la mort, les libéraux les plus en vue durent émigrer en masse, surtout à Londres dans le quartier de Somerstown, mais aussi à Malte, Paris, aux États-Unis et dans les républiques hispano-américaines nées récemment. Une censure stricte fut mise en place. Le ministre de Gracia y Justicia Francisco Tadeo Calomarde établit un plan d'études universitaires archaïque et réactionnaire.

Divers soulèvements précarlistes furent étouffés à cause de la question non résolue de la loi Salique, comme celui des Malcontents en Catalogne. Les tentatives d'insurrection libérale et pronunciamientos préparés en majorité à l'étranger, comme ceux de Torrijos ou ceux de los Coloraos à Almería, furent combattus. L'armée française, dont l'entretien grevait le budget d'un état ruiné et dominé par un roi afrancesado, resta plusieurs années en Espagne. Ce roi ridiculisé dans toute l'Europe, avait peur de l'armée populaire née lors de la Guerre d'indépendance. Il la remplaça par des escadrons locaux de ceux que l'on appelait les Volontaires Royalistes, un corps de traditionalistes partisans de l'alliance entre l'autel et le trône qui prétendait se substituer à la Milice nationale volontaire libérale. Le train de la Révolution industrielle fut définitivement raté. Elle ne se développera que de manière très irrégulière en Espagne.

Le 31 mars 1830 fut publiée la Pragmatique Sanction, approuvée par Charles IV en 1789 mais jusque-là non promulguée, permettant la succession féminine au trône. Ainsi les aspirations à la Couronne du frère du roi furent annihilées avec la naissance d'Isabelle II, ce qui peu après allait donner lieu à la première guerre carliste.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Philippe Luis: La década ominosa (1823-1833), una etapa desconocida en la construcción de la España contemporánea Ayer, ISSN 1134-2277, Nº 41, 2001 (Ejemplar dedicado a: Fernando VII. Su reinado y su imagen) , pags. 85-118

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]