Benito Pérez Galdós

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Benito Pérez Galdós

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Benito Pérez Galdós en 1894 aux Îles Canaries.

Nom de naissance Benito María de los Dolores Pérez Galdós
Activités Écrivain, journaliste
Naissance 10 mai 1843
Las Palmas, Grande Canarie
Flag of Spain (1785-1873 and 1875-1931).svg Royaume d'Espagne
Décès 4 janvier 1920 (à 76 ans)
Madrid
Flag of Spain (1785-1873 and 1875-1931).svg Royaume d'Espagne
Langue d'écriture Espagnol
Mouvement Réalisme
Naturalisme
Genres Roman, pièce de théâtre
Benito Pérez Galdós par Joaquín Sorolla y Bastida.

Benito Pérez Galdós, né le 10 mai 1843 à Las Palmas de Gran Canaria et mort le 4 janvier 1920 (à 76 ans) à Madrid, est un romancier, dramaturge et journaliste espagnol. Il est sans doute le plus grand romancier réaliste espagnol, et impressionne par l'ampleur de son œuvre. Il a passé la plus grande partie de sa vie à Madrid ; aujourd'hui, il est surtout connu en Espagne pour ses Episodios nacionales (46 volumes) ; à l'étranger, il est plus souvent cité pour ses Novelas españolas contemporáneas.

Biographie[modifier | modifier le code]

Benito Pérez Galdós, dixième et dernier enfant du lieutenant-colonel Sebastián Pérez et de Dolores Galdós, naît à Las Palmas de Gran Canaria. Il fait ses études secondaires dans le Collège San Agustín, établissement d'enseignement de caractère libéral, où commencèrent à se manifester son esprit critique, son humour caricatural et ses premières inquiétudes littéraires. Il collabore dans des journaux de Las Palmas et gagne un prix dans un concours de dessin réalisé dans la ville. En 1862 il finit ses études de Baccalauréat en Arts et réussit son examen de Graduation au Lycée de La Laguna, Tenerife. Cette même année il se déplace à Madrid pour étudier le Droit. Il y suivra aussi le cours de littérature grécolatine du philologue Alfredo Adolfo Camús, dont les leçons, qui le marquèrent profondément, se conservent toujours aujourd'hui au musée de l'écrivain à Las Palmas.

En 1886, il est nommé par le Premier ministre Práxedes Mateo Sagasta député remplaçant au Parlement de Madrid pour la ville et le district de Guayama, à Porto Rico ; il n'y met jamais les pieds, mais se renseigne néanmoins sur les conditions de vie dans cette région, et se sent investi du devoir d'en représenter les habitants au mieux de leurs intérêts. En 1897, il est élu à la Real Academia Española. En 1907, il est élu député républicain au Parlement. Devenu aveugle en 1912, il continue à dicter ses livres jusqu'à la fin de ses jours. Il meurt à 76 ans, après qu'une statue a été édifiée en son honneur au parc du Retiro, à Madrid.

Analyse de l'œuvre[modifier | modifier le code]

Ses premiers romans sont le fruit d'une recherche documentaire, et mêlent personnages historiques et de fiction - certains sont récurrents. Ils se déroulent dans un cadre temporel qui va de 1805 à la fin du XIXe siècle. Les idées libérales et anticléricales de Pérez Galdós ne sont d'abord visibles qu'épisodiquement dans son œuvre, mais prennent avec le temps une place de plus en plus importante. Dans Miau (1888), le niveau de vie d'une famille aux hautes prétentions sociales diminue brusquement lorsque le père, haut fonctionnaire, perd son emploi à la suite d'un changement de gouvernement, avant de se suicider. Le chef-d'œuvre de Pérez Galdós est sans doute Fortunata y Jacinta (1886-1887) ; ce roman, comparable en volume à Guerre et paix, décrit la destinée de quatre personnages : un jeune citadin, sa femme, sa maîtresse issue d'une classe sociale inférieure, et le mari de cette dernière. Ángel Guerra (1891) présente l'histoire d'un homme à l'équilibre fragile, qui tente de gagner les faveurs d'une femme inaccessible et dévote, passant pour cela de l'agnosticisme au catholicisme. Plus réaliste que Balzac et Tolstoï, et peut-être autant que Dickens, Pérez Galdós dépeint la classe moyenne de son époque avec ses deux obsessions : le snobisme et la peur de la pauvreté.

Il est particulièrement sensible aux tournures populaires ; d'après Pío Baroja, il "savait faire parler le peuple". Conscient de cette qualité, Pérez Galdós utilise abondamment le dialogue ; il pousse même la forme romanesque jusqu'à ses limites, certains de ses romans n'étant faits que de dialogues. Son style recherche le naturel, et rejette les artifices rhétoriques afin d'offrir, selon les postulats du réalisme, la vision la plus directe possible de ce qu'il souhaite exprimer. Le langage qu'il emploie accepte donc les termes courants, voire vulgaires ; sa frénésie costumbriste rend parfois certains de ses personnages infantiles et ridicules. Lecteur fervent de Don Quichotte, son humour, très cervantin, repose sur l'ironie.

Éditions Françaises:

. L'escadre Héroîque (Trafalgar), suivi de La Révolte (le 19 mars et le 2 Mai) ; Collection Club du Bibliophile 1952 en un seul volume. (ces deux romans font partie de la première série des "Épisodes Nationaux" comprenant les romans suivants: Trafalgar, La Cour de Charles IV, Le 19 mars et le 2 mai, Bailen, Napoléon à Chamartin, Saragosse, Gérone, Cadix, Juan Martin el Empecinado, La Bataille des Arapiles.)

. Miséricordia, Club Bibliophile de France 1956 (première édition espagnole en 1897)

. Tristana, trad. S. Raphaël, Aubier-Flammarion, 1972, édition bilingue

. Nazarin, trad. par A? de Montmollin, Les éditeurs français réunis, 1976.

. La Passion Torquemada, trad. par C. Pascal, Liliane Hasson, Desjonquères, 1996, 3 vol.

. La déshéritée, trad. par Daniel Gautier, Isidora ediciones, 2009.

Notes et références[modifier | modifier le code]

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