Journalier

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Journalier (peinture de László Mednyánszky)

Un journalier est un ouvrier agricole [pauvre], louant sa force de travail à la journée. Il est susceptible de cultiver en une journée un « journal » de terre, unité de surface variable selon les régions et le relief, mais d’environ un demi-hectare. Ce terme était aussi employé en ville ou à la campagne pour des salariés qui étaient recrutés à la journée, pour de nombreux métiers non agricoles (bâtiment, industrie, artisanat,...).

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Les termes de « brassier » et « manouvrier » ont un sens proche et désignent également des ouvriers agricoles pauvres. Les deux mots indiquent une personne qui loue sa force physique, ses bras ou ses mains, et qui donc ne possède pas de train de culture (charrue et animaux de trait, bœufs, cheval ou mulet).


Les journaliers et manouvriers existaient aussi dans les villes, pratiquant une multitude de petits métiers et louant là leurs bras à la journée. Celui qui s’en sortait le mieux était celui qui réussissait à se faire embaucher régulièrement, même si les salaires étaient minimes. "Les conditions de vie du journalier citadin, écrit Jean Jacquart, sont encore plus difficiles qu’au village. Entassés dans les faubourgs ou les quartiers les plus pauvres, ou relégués dans les galetas des étages supérieurs des maisons, ils glissent souvent vers la mendicité ou la délinquance."

Journaliers, brassiers ou manouvriers, représentaient une part importante de la population et vivaient à la frange de la mendicité. En zone rurale, ils subsistaient grâce aux travaux agricoles d’appoint chez les laboureurs ou marchands fermiers mais grâce aussi à la filature de la laine, à l’artisanat ou au transport. Ils servaient encore de main-d’oeuvre d’appoint dans le bâtiment, aidaient les bûcherons, fabriquaient des fagots... Les femmes faisaient des lessives ou prenaient des enfants en nourrice.

(Extrait de l’ouvrage Les métiers d’autrefois, de Marie-Odile Mergnac, Claire Lanaspre, Baptiste Bertrand et Max Déjean, Archives et Culture).

Au Québec[modifier | modifier le code]

Au Québec, le terme journalier désigne une personne qui est engagée et rémunérée à la journée, sans signification spécifiquement agricole. Ainsi, on peut retrouver des "journaliers" (ou "manœuvre") dans des usines ou des entrepôts aussi bien que dans des champs (où travaillent souvent des employés supplémentaires saisonniers).

L'unité de surface travaillée en un jour porte le nom de « jour » pour les champs labourés, de « faux » ou « fauchée » pour les prés ou d'« ouvrée » pour le bêchage de la vigne.

En Italie[modifier | modifier le code]

Le bracciante agricolo (pluriel : braccianti) est un terme italien désignant un ouvrier qui travaille « à la journée » et est embauché pour du travail saisonnier occasionné par un accroissement ponctuel d'activité et nécessitant une plus grande quantité de main d'œuvre pour une brève période de temps : cueillette de fruits, moisson de céréales et travaux extraordinaires à réaliser en un temps limité.

Les braccianti étaient nombreux au XIXe et au cours de la première moitié du XXe siècle, quand il existait encore le latifundium et que les machines agricoles étaient encore absentes.

Aujourd'hui le bracciante est largement utilisé pour les cultures nécessitant l'emploi d'une main d'œuvre manuelle abondante et non encore mécanisée : oléiculture, floriculture, viticulture, etc.

Le terme bracciante provient du fait que la personne « offre ses propres bras » pour travailler dans les latifondo, terrain de propriété des latifondisti.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]