Eusèbe de Nicomédie

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Eusèbe de Nicomédie (280-341) est un évêque arien, évêque de Constantinople, qui fut l'un des principaux acteurs de la querelle religieuse portant sur la nature du Christ et les rapports entre le Dieu le Père et le Fils au IVe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Eusèbe de Nicomédie fut l'élève de Lucien d'Antioche en même temps qu'Arius, puis fut nommé évêque de Nicomédie.

Dans les querelles qui opposaient les tenants de diverses théories sur la nature du Christ, il fit partie des partisans d'Arius, et réunit en Bithynie un synode qui fut favorable à celui ci[1].

Bien qu'il ait essayé de faire triompher la thèse de la subordination du Fils au Père au début du concile de Nicée I, Eusèbe signa finalement avec la majorité des évêques en faveur du credo orthodoxe. Seuls Arius et deux autres évêques (Second de Ptolémaïs et Théonas de Marmarique) s'y refusèrent, et furent excommuniés et exilés en Illyrie[1]. Mais, peu après, parce qu'il marquait son soutien aux prêtres condamnés, Eusèbe fut exilé en Gaule par Constantin Ier.

Trois ans plus tard (328), il fut rappelé, grâce à l'intervention de Constantia, sœur de l'empereur. Il prit alors de plus en plus d'importance auprès de celui-ci et s'employa à défendre l'arianisme, s'opposant particulièrement à Athanase d'Alexandrie, partisan du christianisme nicéen[1]..

Ce fut Eusèbe qui baptisa Constantin en 337 sur son lit de mort. Selon l'historien arien Philostorge (témoignage sujet à caution), il aurait même été le dépositaire de ses dernières volontés.

Eusèbe était sans doute l'oncle de Basilina, mère de Julien, le mariage de celle-ci avec un membre de la famille impériale (Jules Constance) marquerait donc l'élévation en puissance de l'évêque. Quoi qu'il en soit, c'est à lui que fut confiée l'éducation du jeune Julien, sans doute à Nicomédie. Mais, en 338 ou 339, Eusèbe s'installa au siège épiscopal de Constantinople, contrairement aux règles en vigueur dans l'Église d'alors, mais certainement avec l'appui de l'empereur Constance II, protecteur des ariens.

En 341, il consacra évêque Wulfila, avec pour mission l'évangélisation des Goths.

À sa mort, en 341, l'arianisme semble avoir triomphé au moins en Orient ; les sièges d'Antioche, d'Alexandrie et de Constantinople sont occupés par des évêques ariens. Athanase d'Alexandrie donne à ces évêques le nom d'eusébiens.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c L'histoire des conciles, Yves Chiron, pages 20-21