Bataille des Dunes (1658)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Bataille des Dunes.
Bataille des Dunes
La bataille des dunes par Charles-Philippe Larivière
La bataille des dunes par Charles-Philippe Larivière
Informations générales
Date 14 juin 1658
Lieu Proximité de Dunkerque
Issue Victoire franco-anglaise
Belligérants
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de l'Angleterre Royaume d’Angleterre
Provinces-Unies Provinces-Unies
Flag of Cross of Burgundy.svg Monarchie espagnole
Commandants
Henri de La Tour d'Auvergne, vicomte de Turenne Louis II de Bourbon-Condé
Don Juan d'Autriche
Forces en présence
9 000 fantassins
6 000 cavaliers
5 canons
~ 7 000 fantassins
~ 7 000 cavaliers
Pertes
400 hommes[1] 800 à 1 000 morts et blessés
3 à 4 000 prisonniers
Guerre franco-espagnole
Batailles
Les Avins (05-1635) · Louvain (06-1635) · Tornavento (06-1636) · Yvois (1637) · Guetaria (08-1638) · Thionville (06-1639) · Salses (07-1639) · Les Downs (10-1639) · Turin (05-1640) · Yvois (1639) · Montjuic (01-1641) · Honnecourt (05-1642) · Rocroi (05-1643) · Thionville (1643) · Carthagène (09-1643) · Lérida (05-1646) · Dunkerque (09-1646) · Lérida (05-1647) · Lens (08-1648) · Barcelone (10-1652) · Bordils (12-1653) · Arras (08-1654) · Puycerda (10-1654) · Landrecies (06-1655) · Valenciennes (07-1656) · Dunkerque (05-1658) · Les Dunes (06-1658)
Cette boîte : voir • disc. • mod.
Coordonnées 51° 02′ 18″ N 2° 22′ 39″ E / 51.038333, 2.3775 ()51° 02′ 18″ Nord 2° 22′ 39″ Est / 51.038333, 2.3775 ()  

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille des Dunes (1658).

Géolocalisation sur la carte : Nord-Pas-de-Calais

(Voir situation sur carte : Nord-Pas-de-Calais)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille des Dunes (1658).

Géolocalisation sur la carte : Nord

(Voir situation sur carte : Nord)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille des Dunes (1658).

La bataille des Dunes est la bataille décisive de la guerre franco-espagnole (1635-1659). Elle a lieu le 14 juin 1658, et s'est conclue par une victoire des armées française et anglaise – alors alliées depuis peu – sous le commandement du vicomte de Turenne, sur l’armée espagnole des Flandres commandée par le prince de Condé, passé au service des Espagnols après l'épisode de la Fronde, et Don Juan José d'Autriche.

Contexte[modifier | modifier le code]

En 1656, les Français ne sont pas parvenus à s'emparer du Hainaut : ils ont perdu plusieurs milliers d'hommes lors du siège raté de Valenciennes (15-16 juillet 1656), et le prince de Condé, par sa contre-attaque, a pu leur reprendre Condé-sur-Escaut et a été près de faire tomber Saint-Ghislain (sauvée grâce à l'armée de relève de Turenne).

Le 23 mars 1657, par le traité de Paris l'Angleterre et la France s'allient contre l'Espagne. Les armées de Mazarin repartent aussitôt à l'assaut des places du Nord, mais la campagne commence mal : Cambrai résiste au siège des armées françaises. Abandonnant cette opération, Turenne marche sur Saint-Venant puis s'empare de Mardyck (30 septembre - 3 octobre), tandis que Henri de La Ferté-Senneterre prend Montmédy le 6 août au prix d'un siège long et coûteux[2].

Campagne préliminaire[modifier | modifier le code]

Turenne marche sur Dunkerque et après des détours y met le siège le 15 mai[3]. La ville, prise par le prince de Condé (alors au côté des Espagnols) en 1646, est défendue par le marquis de Leyde avec 800 cavaliers et 2 200 fantassins. La flotte anglaise assure le blocus du côté de la mer.

L’archiduc Juan José d'Autriche, soutenu par un corps de gardes suisses aux ordres de Condé, fait marcher ses troupes au secours de la place, arrivant en vue des positions françaises le 13 juin, fatiguées, divisées et sans artillerie ni bagages.

Ayant reçu de bons renseignements de ses éclaireurs, Turenne laisse quelques bataillons face à la ville et marche sur l’armée espagnole avec 15 000 hommes. Il est secondé par Castelnau, Créqui, d'Humières, Richelieu, Gadagne et Bellefonds[3].

De l'autre côté, Don Juan d'Autriche est secondé par le marquis de Caracène et Estevan de Gamare. Il a auprès de lui les deux frères du prétendant à la couronne d'Angleterre, le duc d'York et le jeune Henry Stuart, duc de Gloucester. Condé est également accompagné de ses lieutenants dont Gitaut, ce qui donne une coloration franco-espagnole à l'armée opposée au roi de France[3].

Bataille[modifier | modifier le code]

Plan de Dunkerque et de la bataille des Dunes avec blocus de la flotte anglaise.

L'affrontement a lieu dans les dunes de Leffrinckoucke le 14 juin. Le centre et la droite de l’archiduc sont enfoncés en un clin d’œil par des régiments de piquiers anglais[4], mais la gauche avec Condé, d’abord ébranlée, reprend une brillante offensive. Turenne peut concentrer sa cavalerie et aidé par les navires anglais repousse les gardes suisses.

Les Franco-Anglais ont perdu 400 hommes, par contre les Espagnols et le corps de Condé laissent sur le terrain près de 5 000 hommes dont 3 000 à 4 000 prisonniers.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Le 25 juin, Dunkerque, espagnole le matin, française à midi, est finalement anglaise le soir, puisque Louis XIV la remet le jour même aux Anglais. (Charles II revendra Dunkerque à Louis XIV en 1662). Quelques jours après Bergues et Furnes tombent aux mains des Français.

Le 7 novembre 1659, le traité des Pyrénées scellera la paix, et mettra fin à trente ans de guerre entre la France et l'Espagne. Turenne est récompensé en 1660 par Louis XIV et reçoit le titre de maréchal général des armées du roi.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cf. (en) Jon Guttman, « Duel of French Chessmasters », Military History,‎ December 1992, p. 57.
  2. Les Français y auraient perdu 4 000 hommes : cf. Cornette, pp. 49-50.
  3. a, b et c Stéphane Thion, Revue Histoires de France n°7 d'août-septembre 2013
  4. Cf. Cornette, p. 58.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anne Blanchard, Vauban, Paris, Fayard,‎ 1996, 14×22 cm, 682 p. (ISBN 2-213-59684-0, résumé), partie II, chap. IV (« Dans l'orgueil de sa jeunesse »), p. 95
  • Voltaire, Le siècle de Louis XIV, Paris, Le Livre de Poche classique,‎ 1751 (réimpr. 2005), 11×17,52 cm, 1216 p. (ISBN 2-253-08696-7)
  • Joël Cornette, Chronique du règne de Louis XIV, Paris, SEDES,‎ 1997, 16,5×24,5 cm, 580 p. (ISBN 2-7181-9011-6), « Année 1655 »

Sources[modifier | modifier le code]

  • Galeries historiques du palais de Versailles - Musée national de Versailles - 1842 [1]

Article connexe[modifier | modifier le code]