Défense en hérisson

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Soldats américains prenant des positions défensives durant la bataille des Ardennes

Dans le langage militaire la défense en hérisson est une tactique militaire pour se défendre contre une attaque blindée mobile, ou blitzkrieg. Les défenseurs se déploient en profondeur dans des positions fortifiées permettant la défense sur tous les azimuts. Les attaquants peuvent pénétrer entre ces «hérissons», mais chaque position encerclée continue à se battre. Cela permet de fixer un grand nombre de troupes d'attaque, qui doivent s'en prendre à des positions bien défendues, tout en permettant aux défenseurs de contre-attaquer avec succès contre les unités qui contournent ces points fortifiés avec leurs propres réserves de blindés en les coupant de leurs éléments de soutien.

La tactique a été proposée par le général Maxime Weygand pendant la bataille de France en 1940. Cependant les forces alliées, en 1940, n'ont pas pu appliquer avec succès cette tactique, avant de subir de lourdes pertes, la France capitulant peu après.[pas clair] Le reste des forces qui a appliqué la tactique a tout simplement été ignorée.

Sur le front de l'Est, l'armée allemande a utilisé la tactique de la défense en hérisson avec succès au cours des avancées soviétiques hivernales, notamment durant la bataille de Moscou en 1941, dans la seconde offensive de Rjev-Sychevka en novembre 1942, et dans la bataille autour d'Orel pendant l'opération Saturne en février 1943. Sur le front de l'Est, les Allemands l'ont adoptée associée à un soutien logistique aérien : en particulier durant l'hiver 1941-42, les positions avancées organisées en "hérissons" encerclées par les Soviétiques, comme la poche de Demiansk, ont été réapprovisionnées principalement par voie aérienne. Bien que les pertes fussent lourdes, ces places fortes fixaient un grand nombre de troupes soviétiques d'attaques et les empêchaient d'être déployées ailleurs : la défense réussie de la poche Demyansk, par exemple, a contribué à enrayer la contre-offensive soviétique faisant suite de la bataille de Moscou. Bien que le ravitaillement aérien ait réduit le recours aux transports terrestres vulnérables, il a fortement sollicité la Luftwaffe. La bonne tenue des positions avancées dans ces combats a conduit Adolf Hitler à insister pour que les positions statiques tiennent jusqu'au dernier homme durant le reste de la guerre. Mais la faiblesse croissante de la Luftwaffe et l'accroissement des forces aériennes soviétiques ont rendu difficile le ravitaillement des places fortes isolées par air. Hitler avait en particulier espéré que Stalingrad pourrait être transformé en un hérisson géant, et fixer un grand nombre de troupes soviétiques. Après la bataille de Koursk en 1943, l'armée allemande ne disposait pas des éléments essentiels à cette tactique, notamment la réserve mobile blindée et la capacité de combat aérien nécessaire pour assurer la supériorité aérienne locale et maintenir ouvert le corridor aérien pour le ravitaillement, perdant ainsi la guerre.

Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, cette tactique a été utilisée avec succès en Asie du Sud-Est par les Français contre le Việt Minh à la bataille de Na San. Les Français ont subi un désastre à la bataille de Diên Biên Phu, où le général Giap avait déployé de façon inattendue de fortes concentrations d'artillerie anti-aérienne autour de la garnison française et empêché le ravitaillement aérien. La défense en hérisson a été la tactique de la défense réussie de Khe Sanh par les Marines américains contre l'armée populaire vietnamienne.

Un exemple notable de la défense en hérisson moderne est la bataille de Vukovar, pendant la guerre d'indépendance croate, dans lequel une petite résistance croate mal armée mais déterminée a fixé une force plus importante, et plus lourdement équipée - mais moins motivée - de l'armée yougoslave, gagnant un temps précieux pour la jeune République de Croatie afin de lui permettre d'organiser ses propres forces armées. Une autre mise en œuvre, en fin de compte avec moins de succès, a été celle de l'armée irakienne au cours de la première guerre du Golfe. Elle a fortifié le Koweït et créé une vaste position défensive en « hérisson ». Ces positions ont été tenues par la Garde républicaine. Elles étaient complétées par des éléments de défense en profondeur comme des champs de mines, des pièges à chars, des tranchées et des bunkers[1].

Références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Military Improvisations during the Russian Campaign, United States Army Center of Military History,‎ 1986 (1re éd. 1951) (lire en ligne), chap. 2, (« The Defensive »)