Jean Bart

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Jean Bart
Jean Bart
Naissance 21 octobre 1650
Dunkerque
Décès 27 avril 1702 51 ans)
Dunkerque
Origine Flamand
Allégeance Provinces-Unies Provinces-Unies
Royaume de France Royaume de France
Arme Corsaire
Grade Chef d'escadre
Service 1672 - 1697
Conflits Guerre de course
Guerre de Hollande
Guerre de la ligue d'Augsbourg
Faits d’armes 1667 : Raid sur la Medway
1689 : Évasion de Plymouth
1694 : Prise d'un convoi de blé au large de Texel
1696 : Bataille du Dogger Bank
Distinctions Chevalier de l'Ordre de Saint-Louis
Image : Jean Bart par Alexis Grimou

Jean Bart, Jan Bart[1] ou Jan Baert[2], né le 21 octobre 1650 à Dunkerque, mort le 27 avril 1702 à Dunkerque, est un corsaire dunkerquois qui se rendit célèbre pour ses exploits durant les guerres de Louis XIV pour le compte de qui il travaillait. Jean Bart a été anobli par Louis XIV en 1694.

Sommaire

[modifier] Biographie

Corsaire dunkerquois issu d'une famille de marins et de militaires, il est le fils de Cornil Bart et de Catherine Jansen. Son arrière-grand-père Michel Jacobsen était vice-amiral pour le compte de l'Espagne. Il est clair que Jan Bart était néerlandophone (flamand), tout comme sa famille.

[modifier] Sujet britannique

Dunkerque passe aux mains de l'Espagne, le 16 septembre 1652. Lors de la bataille des Dunes le 23 juin 1658, l'armée de Turenne reprend Dunkerque aux Espagnols. Le soir même, Louis XIV remet la ville aux Anglais, alors alliés de la France. À 12 ans, Jean Bart, alors sujet britannique, (Dunkerque étant une ville anglaise) s'engage comme mousse sur un navire de contrebande. Le 2 décembre 1662, Louis XIV qui vient de racheter Dunkerque à Charles II d'Angleterre, entre dans la ville.

[modifier] Corsaire hollandais

En 1666, La France s'allie aux Provinces-Unies contre l'Angleterre. Cornil Bart (le père de Jean) trouve la mort au service des Hollandais dans l'attaque d'un vaisseau anglais. L'équipage du Cochon Gras, sur lequel Jean Bart est embarqué comme lieutenant, est chargé de surveiller les Anglais. En été Jean s'engage comme matelot sur Les Sept Provinces, navire de la flotte hollandaise, sous les ordres du amiral de Ruyter. La flotte des Provinces-Unies remonte la Tamise et la Medway en 1667 et assiège Londres. Les Anglais et les Hollandais signent le Traité de Breda. de Ruyter confie à Jean Bart le commandement d'un brigantin : Le Canard Doré.

[modifier] Au service du roi de france

Lorsque Louis XIV entre en guerre contre la Hollande (Guerre de Hollande) en 1672, Jean Bart regagne la France et embarque comme second à bord de L'Alexandre sous les ordres du câpre Willem Dorne, pour pratiquer la guerre de course. L'année suivante, il commande Le Roi David, galiote armée de deux canons. Le 2 avril 1674, il s'empare de sa première prise : un dogre hollandais. Le 17 février, l'Angleterre signe la paix avec les Provinces-Unies déjà alliés de l'Espagne. Le 6 avril, Bart s'empare d'une pinasse anglaise, le 16 mai d'un dogre. Cette année là, huit autres prises complètent le tableau. En avril 1676, il embarque sur La Royale, armée de huit canons, avec laquelle il s'empare de quatre bateaux de pêche. Puis à bord du Grand Louis il capture vingt-huit vaisseaux. En septembre, la France déclare la guerre à la Ligue hanséatique. À Hambourg La Royale est saisie. Le corsaire peut toutefois regagner Dunkerque. À bord de La Palme, frégate de vingt-quatre canons, Jean Bart prend la mer à la tête d'une flottille de six navires en 1677, flottille qui s'empare d'une vingtaine de vaisseaux. À bord du Dauphin, frégate de quatorze canons, Jean arraisonne un quatre-mâts hollandais. Au large de l'île de Texel, en 1678, la petite escadre de quatre navires commandée par Jean Bart, s'attaque au Shiedam, puissant navire de guerre de la flotte hollandaise. Jean est sévèrement blessé aux mains et au visage par l'explosion d'une grenade, un boulet de canon emporte des lambeaux de chair de ses jambes. Le Shiedam est néanmoins remorqué jusqu'à Dunkerque. À bord du Mars, corsaire de vingt-six canons, il arraisonne encore quelques navires, lorsque le 10 août, France et Hollande signent le Traité de Nimègue, mettant ainsi fin à la guerre de Hollande.

[modifier] La paix avec l'Angleterre et la Hollande

Le 8 janvier 1679, Louis XIV le nomme lieutenant de vaisseau. La France, l'Angleterre et les Provinces-Unies sont en paix. Jean Bart est un temps désœuvré. En 1681, Trois frégates quittent Dunkerque pour chasser les pirates barbaresques qui hantent le bassin méditerranéen. Jean Bart commande La Vipère, frégate de douze canons. Il capture quelques bateaux pirates, mais bientôt ceux-ci signent une trêve avec la France. La mère de Jean Bart meurt, quelques mois plus tard sa fille, et en fin d'année sa femme Nicole, âgée de vingt-trois ans.

[modifier] Guerre de la ligue d'Augsbourg

D'argent à la fasce d'azur chargée d'une fleur de lys d'or, accompagnée en chef de deux ancres de sable en sautoir et en pointe d'un lion passant de gueules.

En 1683, La France est en guerre contre l'Espagne. Jean Bart capture un ou deux vaisseaux du côté de la Méditerranée, mais la marine espagnole ne fait pas le poids face à la marine française ; Charles II d'Espagne signe bien vite une trêve. Le 14 août 1686, il est nommé capitaine de frégate de la marine royale, et commande La Serpente, frégate de vingt-quatre canons. En 1688, La France alliée au Danemark et à l'Empire Ottoman, entre en guerre contre la ligue d'Augsbourg qui réunit l'Angleterre, l'Allemagne, l’Espagne, les Pays-Bas, la Savoie et la Suède. En compagnie de Forbin en 1689, il attaque deux navires anglais supérieurement armés pour protéger un convoi. Capturés, ils sont emprisonnés à Plymouth. Ils réussissent à s'évader et gagnent Erquy après trois jours de rame.

En 1691 Jean Bart prend part à la Campagne du large sous le commandement de Tourville. La même année, alors qu'une flotte de trente-cinq à quarante navires anglais fait le blocus du port de Dunkerque, Jean Bart parvient à prendre le large, de nuit, avec sept frégates et un brûlot. Dès le lendemain, il s'empare de quatre bâtiments chargés de marchandises pour la Russie et de deux navires d'escorte anglais. Mettant ses prises à l'abri d'un port de Norvège, alors en paix avec la France, Jean Bart reprend la mer pour s'emparer d'une flotte de pêcheurs hollandais et du navire de guerre qui l'accompagnait. Dans la foulée, il fait encore une razzia sur les côtes d'Écosse, où il pille un château et incendie quatre villages.

En France, chacun a entendu parler des exploits du corsaire, aussi Louis XIV invite-t-il Jean Bart à la cour de Versailles afin d'honorer ses victoires maritimes[3].

En 1694, le blocus de la Ligue d'Augsbourg fait monter le prix du grain, les négociants spéculent, la France est affamée. Louis XIV achète alors plus de cent navires de blé norvégien. Cette flotte ayant été capturée par les Anglo-hollandais, Jean Bart est chargé par le roi de la récupérer. Au large de Texel, le Dunkerquois réussit à s'emparer des navires; la nouvelle de cette capture fait chuter les prix et met fin à toutes spéculations. Ainsi Jean Bart « … sauva la France en lui donnant du pain » (Cantate à Jean Bart). Pour cet exploit, le 19 avril, Jean Bart reçoit des mains de Louis XIV, la croix de chevalier de l'Ordre de Saint-Louis. Le 17 juin 1696, il remporte encore une grande victoire au Dogger Bank sur les Hollandais, prenant ou détruisant quatre-vingts navires marchands. Pour sa conduite au Dogger Bank, Jean Bart est nommé chef d'escadre de la province de Flandre, 1er avril 1697.

[modifier] La mort

Le 27 avril 1702, Jean Bart, pourtant solide gaillard de près de deux mètres, meurt dans son lit des suites d'une pleurésie.

[modifier] Mariages et descendance

Tombeau de Jean Bart, Église Saint Eloi à Dunkerque

Le 3 février 1676, il épouse Nicole Goutier, ou Gontier (? - 1682) agée de seize ans. De ce mariage naîtront :

Le 13 octobre 1689, Jean Bart épouse en secondes noces Jacqueline Tugghe, fille d'Ignace Tugghe. De ce mariage naîtront encore 10 enfants :

  • Jeanne-Marie (8 juillet 1690-?)
  • Magdeleine Françoise (6 juin 1691 - 26 septembre 1691)
  • Jean-Louis (18 mai 1693 - 18 mai 1696)
  • Paul (26 juin 1694 - 27 juin 1694)
  • Nicaise-Françoise (26 mai 1695 - 10 août 1696)
  • Magdeleine-Marie (15 octobre 1697 - ?)
  • Antoine (12 octobre 1698 - 2 décembre 1698)
  • Marie-Françoise (18 janvier 1701 - ?)
  • Marie (14 janvier 1702 - 18 janvier 1702)

[modifier] Une famille de marins et de corsaires

  • Michel Jacobsen vice-amiral pour le compte de l'Espagne - arrière-grand-père de Jean Bart
  • Jan Jacobsen pour le compte de l'Espagne, se fait sauter avec son navire, le Saint-Vincent, plutôt que de se rendre, - grand-oncle de Jean Bart
  • Gaspard Bart, mousse à bord du Saint-Vincent il survécut au sabordage du navire, et mourra plus tard au combat, - oncle de Jean Bart.
  • Michel Bart, corsaire, mort au combat contre les Hollandais - frère de Gaspard et oncle de Jean Bart
  • Jean-Cornil Bart, mort au combat, contre les Anglais, pour le compte cette fois des Hollandais, - père de Jean Bart
  • Cornil, Gaspard, et Jacques Bart, tous trois corsaires - frères de Jean Bart
  • François-Cornil nommé Vice-amiral par Louis XIV - fils de Jean Bart
  • Pierre-Jean Bart et son fils Benjamin, trouveront le même jour, la mort au combat au service de la France - neveux de Jean Bart

[modifier] Postérité

Statue de Jean Bart à Dunkerque

[modifier] Un héros dunkerquois

Afin d'honorer la mémoire de Jean Bart, la ville de Dunkerque inaugura, le 7 septembre 1845, une statue à son effigie, œuvre du sculpteur David d'Angers, érigée sur l'ancienne place Royale, rebaptisée place Jean Bart[4]. Trônant au centre de la ville, Jean Bart reste encore vivant dans les cœurs des gens. Chaque année au moment du carnaval, les Dunkerquois chantent à genou devant sa statue la Cantate à Jean Bart

«... Et la cité qui te donna la vie, érigera ta statue en autel ... »

Aujourdhui, peu de dunkerquois savent qu'il existe, au sein du musée David à Angers situé dans l'abbaye Toussaint, la réplique exacte de cette statue.

[modifier] Navires ayant porté le nom de Jean-Bart

Plus de 27 bâtiments, en moins de deux siècles, ont porté le nom de Jean Bart, notamment :

    • Un vaisseau de 74 canons construit à Lorient en 1788
    • Un vaisseau de 74 canons construit à Lorient en 1811, désarmé en 1833.
    • Un vaisseau transformé sur cale construit en 1849, lancé en 1852. En 1864, il est école d'application. Rebaptisé Donawerth en 1868, il est condamné le 18 janvier 1869 et démoli à Brest en 1870.
    • Un vaisseau de 4 100 tonnes, construit à Lorient en 1827 baptisé Jean Bart en 1868 (ex Donawerth). Il est condamné en 1880.
    • Un croiseur de première classe de 4 800 tonnes construit à Rochefort en 1886. Ce bâtiment en acier, a été armé en 1892. En 1897, il est reclassé croiseur de deuxième catégorie et affecté à la Division Navale d'Extrême-Orient jusqu'en 1902. De retour à Lorient, il reste désarmé jusqu'en 1906. L'année suivante, il est envoyé aux Antilles. Ce bâtiment s'échoue en 1907 sur la côte d'Afrique à proximité du cap Blanc.
    • Un cuirassé de 23 500 tonnes, construit à Brest en 1910. Premier "dreadnought" français, il conduit, en juillet 1914, le président de la République lors d'une visite officielle en Russie. Le 21 décembre 1914, un sous-marin ennemi le torpille dans le canal d'Otrante. Il parvient cependant à rallier Malte où il est réparé. Après la guerre, il est rebaptisé Océan. Il coule le 15 mars 1944 à la suite d'essais effectués par les allemands. Renfloué après la 2e guerre mondiale, il sera démoli en 1947. (23 500 tonnes, 29000 CV, 21 nœuds, 12 canons de 30 cm, 22 de 14 cm).
    • Un bâtiment de ligne de 35 000 tonnes en construction depuis 1936 lorsqu'éclate la 2e guerre mondiale. En juin 1940, il parvient à s'évader de St-Nazaire et à rallier Casablanca. Dans ce port il est attaqué, en novembre 1942, par des bâtiments et avions américains qui l'endommagent et provoque son échouement. En 1950, il rallie l'Escadre de la Méditerranée. Il participera aux opérations de débarquement en Égypte. Mis en réserve en 1957, il est condamné en 1970. Voir Jean Bart (bâtiment de ligne)
    • Une frégate antiaérienne. Mise sur cale à Lorient le 12 mars 1986, elle est mise à flot le 19 mars 1988. Armée pour essais le 21 octobre 1989, la frégate Jean Bart est admise au service actif le 21 septembre 1991. Bâtiment doté de nombreux matériels prototypes, la frégate antiaérienne Jean Bart a un jumeau, le Cassard.
    • Association tourville : son objectif est la construction à l’échelle 1 d’un vaisseau de ligne de 1er rang du XVIIe siècle, armé de 84 canons et d’une longueur de 57 mètres. Cette construction est élaborée sur la base d’une compilation des planches des l’album de Colbert (document daté de 1670, conservé aux archives de la Marine à Vincennes), d’une partie des données archéologiques issues d’épaves de La Hougue (Côte Est du Cotentin), découvertes et déclarées par M. Cardin (Président et fondateur de l’Association) aux affaires maritimes de Cherbourg en 1985, ainsi que de divers devis d’époque.

Cette construction, qui a démarré en 2002 sur la commune de Gravelines (Nord), au sein d’un village artisanal, sera intégrée dans un parc historique et de loisirs sur le thème des Corsaires et de la Marine de Louis XIV. Le vaisseau anonyme sera baptisé « Le Jean Bart » en hommage au corsaire et grand officier de marine du Roi Soleil qu’il fût. http://www.tourville.asso.fr

[modifier] Culture

Jean Bart est l'un des nombreux personnages du "Cycle Baroque" de Neal Stephenson, une fresque qui retrace l'histoire secrète de la science au XVIIe siècle.

[modifier] Notes et références

  1. Prononcez Yann pour Jan et le « T » de Bart, à la flamande, comme l'auraient prononcé les Dunkerquois de l'époque
  2. Jan Bart ou Jan Baert ?
  3. Issu d'un milieu populaire, Jean Bart est un homme cordial et chaleureux, à la différence des aristocrates de la cour. Dans la galerie des glaces, lors de la cérémonie honorifique, Jean Bart à la vue du souverain de France alla l'embrasser chaleureusement voulant montrer son attachement au roi. Dans un milieu régi par l'étiquette, il est interdit de toucher le roi divin, protecteur du royaume de France. Tout le monde autour des protagonistes est stupéfait et se moque déjà du pauvre Jean Bart, qui n'aurait pas eu sa place parmi dans l'aristocratie. Mais contrairement à toute attente, Louis XIV ne le lui reprocha point. Par cela, Louis XIV marquait son attachement aux sujets fidèles au roi de France qui montraient leur asservissement aux nobles qui lui avaient fait l'affront de se soulever contre lui durant la Fronde
  4. Selon le site personnel Statues-monuments-npdc et l'Office de tourisme de Dunkerque

[modifier] Sources

  • Histoire maritime de France de Léon Guérin - 1851
  • Histoire de France, depuis les temps les plus reculés jusqu'en 1789 Par Henri Martin
  • Histoire de France Par Jules Michelet -1862
  • Histoire des corsaires Par Jean Merrien - 2000
  • Le Plutarque français, vies des hommes et femmes illustres de la France, avec leurs portraits en pied Par Ed Mennechet - 1838

[modifier] Bibliographie

Colloque Jean Bart et son temps, Revue historique de Dunkerque et du Littoral, n°37 Janvier 2004. Jean Bart, du corsaire au héros mythique, Somogy, Paris 2003.

  • Les corsaires du Littoral : Dunkerque, Calais et Boulogne de Phillipe II à Louis XIV (1568-1713), [Patrick Villiers] Septentrion Presse universitaires, Villeneuve d'Asq, 2000, ISBN 2-85939-633-0

[modifier] Liens externes

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