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31 Crateris est en réalité une étoile binaire lâche composée d'une étoile chaude bleutée de [[type spectral]] B1,5{{V}} et d'un compagnon dont on sait peu de choses. Les deux étoiles complètent une orbite tous les {{nombre|2,96|jours}}. L'étoile primaire du système est possiblement une [[traînarde bleue]] (''blue straggler'' en anglais) du [[groupe mouvant des Hyades|groupe des Hyades]]<ref name="Eggleton2008">{{Article |langue=en |nom1=Eggleton |prénom1=P. P. |nom2=Tokovinin |prénom2=A. A. |titre=A catalogue of multiplicity among bright stellar systems |périodique={{MNRAS}} |volume=389 |numéro=2 |pages=869–879 |date=septembre 2008 |doi=10.1111/j.1365-2966.2008.13596.x |bibcode=2008MNRAS.389..869E |arxiv=0806.2878}}</ref>. C'est une grosse étoile 15,5 fois plus massive et environ {{formatnum:52000}} fois plus lumineuse que le Soleil<ref name="Hohle2010">{{Article |langue=en |nom1=Hohle |prénom1=M. M. |nom2=Neuhäuser |prénom2=R. |nom3=Schutz |prénom3=B. F. |titre=Masses and luminosities of O- and B-type stars and red supergiants |périodique={{AN}} |volume=331 |numéro=4 |pages=349–360 |date=avril 2010 |doi=10.1002/asna.200911355 |bibcode=2010AN....331..349H |arxiv=1003.2335}}</ref>.
31 Crateris est en réalité une étoile binaire lâche composée d'une étoile chaude bleutée de [[type spectral]] B1,5{{V}} et d'un compagnon dont on sait peu de choses. Les deux étoiles complètent une orbite tous les {{nombre|2,96|jours}}. L'étoile primaire du système est possiblement une [[traînarde bleue]] (''blue straggler'' en anglais) du [[groupe mouvant des Hyades|groupe des Hyades]]<ref name="Eggleton2008">{{Article |langue=en |nom1=Eggleton |prénom1=P. P. |nom2=Tokovinin |prénom2=A. A. |titre=A catalogue of multiplicity among bright stellar systems |périodique={{MNRAS}} |volume=389 |numéro=2 |pages=869–879 |date=septembre 2008 |doi=10.1111/j.1365-2966.2008.13596.x |bibcode=2008MNRAS.389..869E |arxiv=0806.2878}}</ref>. C'est une grosse étoile 15,5 fois plus massive et environ {{formatnum:52000}} fois plus lumineuse que le Soleil<ref name="Hohle2010">{{Article |langue=en |nom1=Hohle |prénom1=M. M. |nom2=Neuhäuser |prénom2=R. |nom3=Schutz |prénom3=B. F. |titre=Masses and luminosities of O- and B-type stars and red supergiants |périodique={{AN}} |volume=331 |numéro=4 |pages=349–360 |date=avril 2010 |doi=10.1002/asna.200911355 |bibcode=2010AN....331..349H |arxiv=1003.2335}}</ref>.

=== Étoiles variables ===
[[VV Corvi]] est une [[binaire à éclipses]] de [[étoile variable de type Algol|type Algol]] dont les deux composantes orbitent l'une autour de l'autre selon une [[période orbitale|période]] de {{nombre|3,14|jours}}. Les deux étoiles sont classées commes des naines jaune-blanches de type spectral F5{{V}}, même si l'étoile primaire approche de la fin de sa vie sur la [[séquence principale]]<ref name="fekel2013">{{Article |langue=en |titre=Absolute Properties of the Eclipsing Binary VV Corvi |auteur1=Francis C. Fekel |auteur2=Gregory W. Henry |auteur3=James R. Sowell |périodique={{AJ}} |volume=146 |numéro=6 |numéro article=146 |pages=9 |année=2013 |doi=10.1088/0004-6256/146/6/146 |bibcode=2013AJ....146..146F}}</ref>. Un troisième compagnon leur a été découvert durant le relevé du ''[[Two-Micron All-Sky Survey]]''<ref>{{Ouvrage |langue=en |auteur=A. Tokovinin |et al.=oui |titre=Tertiary companions to close spectroscopic binaries |titre=Multiple Stars Across the H-R Diagram, ESO Astrophysics Symposia |éditeur=Berlin Heidelberg |date=2008 |page=129 |arxiv=astro-ph/0601518 |isbn=978-3-540-74744-4 |bibcode=2006yCat..34500681T |doi=10.1051/0004-6361:20054427}}</ref>.

[[W Corvi]] est une autre binaire à éclipses, dont la magnitude apparente varie de 11,16 à 12,5 sur une période de neuf heures<ref name="AAVSOW">{{Lien web |langue=en |url=http://www.aavso.org/vsx/index.php?view=detail.top&oid=10676 |titre=W Corvi |auteur=Christopher Watson |date=4 janvier 2010 |site=The International Variable Star Index |éditeur=[[American Association of Variable Star Observers]] |consulté le=21 juillet 2015}}</ref>. Sa période s'est accrue d'1/4 de seconde sur un siècle. Il s'agit d'un système particulier dont les deux étoiles sont très proches l'une de l'autre mais qui ont des températures de surface différences, si bien que les tranferts thermiques ne se déroulent pas comme prévu<ref name="odell96">{{Article |langue=en |titre=Changes in the Period and Light Curve of W Corvi |auteur=Andrew P. Odell |périodique={{MNRAS}} |volume=282 |numéro=2 |pages=373–83 |date=1996 |bibcode=1996MNRAS.282..373O |doi=10.1093/mnras/282.2.373|doi-access=free}}</ref>.

[[SX Corvi]] est une binaire à éclipses et plus précimsént une binaire à contact, ce qui fait d'elle une [[étoile variable de type W Ursae Majoris]]. Les deux étoiles orbitent assez proches l'une de l'autre pour que des transferts de masse se soient produits entre elles ; en l'occurrence ici, l'étoile secondaire a transféré une grande quantité de masse en direction de l'étoile primaire<ref name="Yildiz">{{Article |langue=en |nom1=Yildiz |prénom1=M. |date=2014 |titre=Origin of W UMa-type contact binaries – age and orbital evolution |périodique={{MNRAS}} |volume=437 |numéro=1 |pages=185–94 |doi=10.1093/mnras/stt1874 |bibcode=2014MNRAS.437..185Y |arxiv=1310.5526}}</ref>. [[RV Corvi]] est une autre binaire à éclipses. Sa luminosité varie de la magnitude apparente 8,6 à la magnitude 9,16 sur une période de {{nombre|18|heures}}<ref name="AAVSORV">{{Lien web |langue=en |url=http://www.aavso.org/vsx/index.php?view=detail.top&oid=10684 |titre=RV Corvi |auteur=Christopher Watson |date=4 janvier 2010 |site=The International Variable Star Index |éditeur=American Association of Variable Star Observers |consulté le=21 juillet 2015}}</ref>. Le système est formé de deux étoiles de types spectraux F0 et G0, qui bouclent une orbite l'une autour de l'autre tous les {{nombre|0,747|jours}}<ref name="Malkov2006">{{Article |langue=en |nom1=Malkov |prénom1=O. Yu. |et al.=oui |titre=A catalogue of eclipsing variables |périodique={{A&A}} |volume=446 |numéro=2 |date=2006 |pages=785–89 |doi=10.1051/0004-6361:20053137 |bibcode=2006A&A...446..785M |url=http://elar.urfu.ru/bitstream/10995/73280/1/10.1051-0004-6361-20053137.pdf}}</ref>.


=== Autres étoiles ===
=== Autres étoiles ===

Version du 16 juin 2020 à 18:43

Corbeau
Image illustrative de l'article Corbeau (constellation)
Vue de la constellation.
Désignation
Nom latin Corvus
Génitif Corvi
Abréviation Crv
Observation
(Époque J2000.0)
Ascension droite Entre 177,5° et 192,5°
Déclinaison Entre -24,5° et -11,0°
Taille observable 184 deg2 (70e)
Visibilité Entre 60° N et 90° S
Méridien 10 mai, 21h00
Étoiles
Brillantes (m≤3,0) 3 (γ, β, δ)
À l’œil nu 29
Bayer / Flamsteed 10
Proches (d≤16 al) 0
La plus brillante γ Crv (2,58)
La plus proche Ross 695 (28,9 al)
Objets
Objets de Messier 0
Essaims météoritiques Corvides
Constellations limitrophes Coupe
Hydre
Vierge

Le Corbeau est une petite constellation de l'hémisphère sud. Elle est l'une des 48 constellations répertoriées par l'astronome du IIe siècle Ptolémée, qui dépeint un corbeau impliqué dans des légendes associées au dieu Apollon, perché sur le dos de l'Hydre. Ses quatre étoiles les plus brillantes, Gamma, Delta, Epsilon, et Beta Corvi, forment un quadrilatère très caractéristique et facilement identifiable dans le ciel nocturne.

Avec une magnitude apparente de 2,59, Gamma Corvi, également nommée Gienah, est l'étoile la plus brillante de la constellation. C'est une géante bleue vieillissante environ quatre fois plus massive que le Soleil. La jeune étoile Eta Corvi possède deux disques de débris. Au moins trois systèmes stellaires possèdent des exoplanètes, et un quatrième système planétaire reste à confirmer. TV Corvi est une nova naine ; ce système binaire est constitué d'une naine blanche et d'une naine brune orbitant très proches l'une autour de l'autre.

Histoire et mythologie

En astronomie occidentale

Le Corbeau, la Coupe, et d'autres constellations côtoyant l'Hydre, dans l'Urania's Mirror (1825).

Dans les catalogues d'étoiles babyloniens remontant à au moins , la constellation était déjà représentée en tant que Corbeau (MUL.UGA.MUSHEN). Comme en astronomie grecque classique, il était placé assis sur la queue du Serpent (l'Hydre grec). La constellation babylonienne célébrait Adad, le dieu de la pluie et des orages ; durant le second millénaire, son lever héliaque se produisait juste avant la saison des pluies automnales. John H. Rogers a observé que l'Hydre représentait Ningishzida, le dieu des Enfers, dans le recueil babylonien de MUL.APIN. Il a proposé que le Corbeau et la Coupe (avec l'Hydre) étaient des symboles associés à la mort et qu'ils marquaient l'entrée vers les Enfers[1].

Le Corbeau la Coupe, ainsi que l'Aigle et le Poisson austral, ont été introduites aux grecs vers  ; elles marquaient respectivement les solstices d'hiver et d'été. L'Hydre constituait par ailleurs un point de repère car elle était située à cheval sur l'équateur céleste durant l'Antiquité[2]. Le Corbeau et la Coupe apparaissaient également dans l'iconographie du culte de Mithra, qui semble avoir été originaire du Moyen-Orient, puis qui s'est diffusé vers les Grecs anciens et la Rome antique[3].

Le Corbeau est associé au mythe d'Apollon et de son amante Coronis des Lapithes dans la mythologie grecque. Coronis lui a été infidèle et Apollon l'apprend par l'intermédiaire d'un corbeau d'une couleur blanche pure. Dans un excès de rage, il transforme son plumage, qui devient noir [4]. Une autre légende associée à la constellation est qu'il s'agirait du corbeau qui devait porter de l'eau à Apollon dans la Coupe, mais qu'il s'est arrêté en chemin pour manger des figues. Plutôt que d'avouer la vérité à Apollon, il a menti en prétendant avoir été retenu par un serpent, l'Hydre, qui l'empêchait d'accéder à l'eau, tout en portant un serpent dans ses serres en guise de preuve. Mais Apollon, réalisant qu'il avait menti, propulsa le corbeau, la coupe et le serpent (l'Hydre) dans le ciel. Il a en outre puni l'oiseau rebelle en s'assurant qu'il ait éternellement soif, tant dans la vraie vie que dans le ciel, de telle sorte que la Coupe soit tout juste hors de sa portée[4].

Dans les autres cultures

En astronomie chinoise, les étoiles du Corbeau sont localisées au sein de l'Oiseau vermillon du Sud (en chinois 南方朱雀, retranscrit Nán Fāng Zhū Què)[5]. Ses quatre étoiles principales représentent un chariot, Zhen, qui forme la vingt-huitième et dernière mansion lunaire ; Alpha et Eta forment les goupilles des roues, et Zeta est Changsha, un cercueil[6]. En astronomie indienne, les cinq étoiles les plus brillantes du Corbeau sont représentées comme une main ou un doigt correspondant à Hasta, la treizième nakshatra (ou mansion lunaire)[7].

Le Corbeau a été reconnu comme une constellation par plusieurs cultures polynésiennes. Dans les îles Marquises, elle était nommée Mee ; à Pukapuka, elle était appelée Te Manu, et dans les îles de la Société, elle était nommée Metua-ai-papa[8]. Pour les indigènes du détroit de Torrès, le Corbeau était la main droite (portant un fruit kupa) de la vaste constellation de Tagai, représentant un pêcheur[9].

Les Bororos du Mato Grosso, dans la partie centrale du Brésil, voyaient la constellation comme une tortue terrestre, Geriguigui[10], tandis que pour les Tucanos qui vivent dans le nord-ouest de l'Amazonie il s'agissait d'une aigrette[11]. Pour les Tupis de l'île de São Luís au nord du Brésil, le Corbeau aurait été vu comme un grill ou un barbecue — seychouioura —, qui servait à faire griller du poisson. Toutefois cette représentation pourrait également faire référence au Grand carré de Pégase[12].

Caractéristiques

La Corbeau couvre 184 deg2, soit 0,446 % du ciel, ce qui la classe comme la 70e des 88 constellations modernes en termes de taille[13]. Elle partage une frontière avec la Vierge au nord et à l'est, l'Hydre au sud, et la Coupe à l'ouest.

Les trois lettres de son abréviation adoptées par l'Union astronomique internationale en 1922 sont « Crv »[14]. Les frontières officielles de la constellation, telles que délimitées par l'astronome belge Eugène Delporte en 1930[note 1] dessinent un polygone de six segments. Dans le système de coordonnées équatoriales, les coordonnées d'ascension droite de ses frontières se trouvent entre 11h 56m 22s et 12h 56m 40s, et leurs coordonnées de déclinaison entre −11° 68′ et −25° 20′[16].

Observation des étoiles

Visibilité nocturne de la constellation.

La position du Corbeau dans l'hémisphère céleste sud signifie qu'il n'est entièrement visible que pour les observateurs localisés au sud de 65°N[13],[note 2].

Quatre des principales étoiles de la constellation, Delta, Gamma, Epsilon, et Beta Corvi, forment un quadrilatère caractéristique. Bien qu'aucune de ces étoiles ne soit particulièrement brillante, elles se concentrent sur une zone restreinte du ciel, ce qui fait que l'astérisme qu'elles forment est facile à distinguer dans le ciel nocturne[17].

La constellation est facilement repérable au sud de la Vierge et de sa brillante étoile α Virginis (Spica). À l'inverse, le segment formé par Gamma et Delta Corvi pointe en direction de α Virginis lorsqu'on le prolonge en direction du nord-est.

Étoiles

Constellation du Corbeau.

Le cartographe allemand Johann Bayer a utilisé les lettres grecques alpha (α) à êta (η) pour cataloguer les principales étoiles de la constellation. John Flamsteed a donné à neuf étoiles des désignations de Flamsteed, tandis qu'une des étoiles qu'il avait placé dans la constellation voisine de la Coupe, 31 Crateris, s'est retrouvée incorporée au Corbeau lorsque les frontières des constellations ont été formellement établies en 1930[18]. Au sein des frontières de la constellation, on dénombre 29 étoiles dont la magnitude apparente est inférieure ou égale à 6,5[13],[note 3].

Gamma Corvi (Gienah)

Gamma Corvi, également nommée Gienah, voire Gienah Corvi pour la distinguer de Epsilon Cygni (Gienah Cygni), est l'étoile la plus brillante de la constellation avec une magnitude apparente de 2,59[20]. Son nom traditionnel vient de l'arabe et signifie « l'aile [du Corbeau] »[21], l'étoile marquant l'aile gauche de l'animal dans l'Uranometria de Bayer[18].

Distante de ∼ 154 a.l. (∼ 47,2 pc) de la Terre[22], c'est une géante bleue de type spectral B8III qui est environ quatre fois plus massive[23] et 355 fois plus lumineuse que le Soleil[20]. Âgée de 160+40
−30
 millions d'années[23] elle est sur le point ou elle vient tout juste d'épuiser les réserves en hydrogène qui étaient contenues dans son noyau et devrait devenir durant les prochains millions d'années une géante rouge[20].

Gamma Corvi est également une étoile binaire. Son compagnon est une étoile naine orange ou rouge, de type spectral K5V à M5V, dont la masse vaut environ 80 % celle du Soleil[24]. Distance d'environ 50 unités astronomiques (ua)[note 4] de Gamma Corvi A, on estime qu'elle complète une orbite en 158 ans[23].

Delta Corvi (Algorab)

Delta Corvi, traditionnellement appelée Algorab, est une étoile double séparable avec un petit télescope. Le nom d'Algorab vient également de l'arabe et signifie [l'Aile du] « Corbeau »[21]. Elle est l'une des deux étoiles qui marquent l'aile droite de l'oiseau[18].

L'étoile primaire, Delta Corvi A, est une étoile bleue-blanc de magnitude 2,9, distante d'environ ∼ 87 a.l. (∼ 26,7 pc) de la Terre[22]. Étoile énigmatique environ 2,7 fois plus massive que le Soleil, elle est plus lumineuse (65–70 L) qu'elle ne devrait l'être pour sa température de surface de 10 400 K. Pour l'expliquer, il a été proposé qu'elle soit soit une très jeune étoile de la pré-séquence principale, âgée de 3,2 millions d'années seulement, qui ne serait pas encore complètement condensée dans un état stable sur la séquence principale, ou alors qu'elle soit une étoile sous-géante âgée de 260 millions d'années qui a épuisé les réserves en hydrogène de son cœur et qui a commencé à se refroidir, à s'étendre, et à devenir plus lumineuse alors qu'elle s'éloigne de la séquence principale. Son spectre correspond à celui d'une étoile sous-géante de type spectral A0IV[25].

De la poussière circumstellaire chaude, localisée — par définition — dans les régions internes de son système stellaire, a été détectée autour de Delta Corvi A sur la base d'un excès d'émission dans l'infrarouge[25]. Toutefois, une étude de 2014 n'a pas permis de confirmer la présence de cette poussière[26].

Delta Corvi B est une naine orange (de type spectral KV) de magnitude 8,51, également entourée par de la poussière circumstellaire. Il s'agit d'une étoile post-T Tauri, qui est distante d'au moins 650 ua de son compagnon plus lumineux et il lui faut au moins 9 400 ans pour accomplir une orbite[27]. Cependant ses âges estimés divergent grandement avec ceux estimés pour Delta Corvi A, et les deux étoiles pourraient en fait ne pas être physiquement liées[25].

Beta Corvi (Kraz) et Epsilon Corvi (Minkar)

La poitrine du Corbeau est marquée par Beta Corvi, également nommée Kraz[28],[18], qui est une étoile de magnitude 2,7 distante d'environ ∼ 146 a.l. (∼ 44,8 pc) de la Terre[22]. Elle a un âge estimé de 206 million d'années seulement ; mais étant donné qu'elle est environ quatre fois plus massive que le Soleil, elle a déjà épuisé les réserves en hydrogène de son cœur. Elle s'est alors refroidie et étendue pour devenir une géante lumineuse jaune de type spectral G5II, d'une température de surface de 5 100 K[29]. Elle a probablement passé la plus grande partie de son existence comme une étoile bleu-blanc de la séquence principale de type spectral B7V[30].

La narine de l'animal est marquée par Epsilon Corvi, qui porte également le nom propre de Minkar, provenant de l'arabe « le Bec » [du Corbeau][21]. Elle est distante de 318 ± 5 a.l. (∼ 97,5 pc) de la Terre[22]. Il s'agit d'une géante rouge de type spectral K2III qui est environ 54 fois plus grande et 930 fois plus lumineuse que le Soleil[31]. Tout comme Beta Corvi, elle est environ quatre fois plus massive que le Soleil et elle a probablement passé sa vie sur la séquence principale comme une étoile bleu-blanc de type spectral B5V[32].

Localisée au sud du quadrilatère, entre Beta et Epsilon Corvi, se trouve l'étoile orangée 6 Corvi[17], qui est une autre géante rouge, de type spectral K1III. Elle est environ 70 fois plus lumineuse que le Soleil[33]. Elle est distante de 331 ± 10 a.l. (∼ 101 pc) de la Terre[22].

Alpha Corvi (Alchiba)

Nommée Alchiba, Alpha Corvi est une étoile blanchâtre de type spectral F1V est de magnitude apparente 4,0, localisée à ∼ 48,7 a.l. (∼ 14,9 pc) de la Terre[22]. Le nom d'Alchiba est issu de l'arabe et signifie « la Tente »[21] ; dans l'atlas de Bayer, elle est est située au-dessus du bec de l'oiseau[18]. L'étoile présente des changements périodiques au sein de son spectre sur une période de plus de trois jours, ce qui suggère qu'elle pourrait être soit une binaire spectroscopique, soit — plus probablement — une variable pulsante de type Gamma Doradus. Si cette dernière hypothèse est vérifiée, alors elle est estimée être 1,39 fois plus massive que le Soleil[34].

Eta Corvi et Zeta Corvi

Eta Corvi marque l'aide droite du corbeau[18]. Il s'agit d'une étoile jaune-blanc de la séquence principale de type spectral F2V, qui est 1,52 fois plus massive et 4,87 fois plus lumineuse que le Soleil. Elle est distante de ∼ 59 a.l. (∼ 18,1 pc) du système solaire[35]. Deux disques de débris orbitant l'étoile ont été détectés ; le premier est un disque chaud, s'étendant à moins de 3,5 ua, tandis que le deuxième est localisé à environ 150 ua[36],[37].

Zeta Corvi symbolise le cou de l'oiseau[18]. Elle brille d'une magnitude apparente de 5,21, et elle est séparée de 7 secondes d'arc de l'étoile HR 4691[38]. Distante de 420 ± 10 a.l. (∼ 129 pc)[22], Zeta Corvi est une étoile Be bleu-blanc de type spectral B8V ; une étoile Be est un type d'étoile qui présente des raies spectrales en émission de l'hydrogène dans son spectre, indicatives de la présence d'un disque circumstellaire. Zeta Corvi et HR 4691 pourraient être soit une double optique, soit un véritable système stellaire ; si ce dernier scénario est vrai, alors les deux étoiles sont séparées par au moins 50 000 ua et il leur faudrait environ 3,5 millions d'années pour compléter une orbite l'une autour de l'autre. HR 4691 est elle-même double, comprenant une étoile géante jaune-orangée vieillissante de type spectral K0 ou G3, et une étoile de type F de la séquence principale[38].

31 Crateris

31 Crateris (qui était à l'origine placée dans la Coupe par Flamsteed) est une étoile de magnitude 5,26 qui a été prise par erreur pour une lune de Mercure. Le la sonde Mariner 10 a détecté des émissions dans l'ultraviolet lointain en provenance de la planète la plus proche du Soleil, ce qui y suggérait la présence d'un satellite. Cependant, ces émissions se sont avérées provenir de l'étoile[39],[40].

31 Crateris est en réalité une étoile binaire lâche composée d'une étoile chaude bleutée de type spectral B1,5V et d'un compagnon dont on sait peu de choses. Les deux étoiles complètent une orbite tous les 2,96 jours. L'étoile primaire du système est possiblement une traînarde bleue (blue straggler en anglais) du groupe des Hyades[41]. C'est une grosse étoile 15,5 fois plus massive et environ 52 000 fois plus lumineuse que le Soleil[42].

Étoiles variables

VV Corvi est une binaire à éclipses de type Algol dont les deux composantes orbitent l'une autour de l'autre selon une période de 3,14 jours. Les deux étoiles sont classées commes des naines jaune-blanches de type spectral F5V, même si l'étoile primaire approche de la fin de sa vie sur la séquence principale[43]. Un troisième compagnon leur a été découvert durant le relevé du Two-Micron All-Sky Survey[44].

W Corvi est une autre binaire à éclipses, dont la magnitude apparente varie de 11,16 à 12,5 sur une période de neuf heures[45]. Sa période s'est accrue d'1/4 de seconde sur un siècle. Il s'agit d'un système particulier dont les deux étoiles sont très proches l'une de l'autre mais qui ont des températures de surface différences, si bien que les tranferts thermiques ne se déroulent pas comme prévu[46].

SX Corvi est une binaire à éclipses et plus précimsént une binaire à contact, ce qui fait d'elle une étoile variable de type W Ursae Majoris. Les deux étoiles orbitent assez proches l'une de l'autre pour que des transferts de masse se soient produits entre elles ; en l'occurrence ici, l'étoile secondaire a transféré une grande quantité de masse en direction de l'étoile primaire[47]. RV Corvi est une autre binaire à éclipses. Sa luminosité varie de la magnitude apparente 8,6 à la magnitude 9,16 sur une période de 18 heures[48]. Le système est formé de deux étoiles de types spectraux F0 et G0, qui bouclent une orbite l'une autour de l'autre tous les 0,747 jours[49].

Autres étoiles

Localisée à 4,5 degrés au nord-est de Delta Corvi et à 1,5° au sud de la galaxie du Sombréro (M104), Struve 1669 est une étoile binaire qui peut être séparée en deux étoiles avec un petit télescope, distantes l'une de l'autre de 5,4"[50],[51]. La paire est distante de ∼ 280 a.l. (∼ 85,8 pc) de la Terre et est formée par deux étoiles blanches, visibles à l’œil nu avec une magnitude combinée de 5,2 ; l'étoile primaire est de magnitude 5,9, tandis que l'étoile secondaire est de magnitude 6,0[4].

Objets célestes

La constellation du Corbeau contient la galaxie irrégulière dite « des Antennes », formée de la collision entre NGC 4038 et NGC 4039.

Notes et références

Notes

  1. Eugène Delporte propose à l'Union astronomique internationale de standardiser les frontières des constellations. Celle-ci accepte et lui confie la tâche[15].
  2. Bien que certaines parties de la constellation se trouvent au-dessus de l'horizon pour les observateurs situés entre 65°N et 78°N, les étoiles se hissant seulement quelques degrés au-dessus de l'horizon sont en pratique inobservables[13].
  3. Les objets de magnitude 6,5 comptent parmi les plus faiblement lumineux visibles à l'œil nu dans le ciel nocturne de la transition rural/périurbain[19].
  4. Une unité astronomique correspond à la distance entre la Terre et la Soleil, soit environ 150 millions de kilomètres.

Références

  1. (en) John H. Rogers, « Origins of the Ancient Constellations: I. The Mesopotamian Traditions », Journal of the British Astronomical Association, vol. 108,‎ , p. 9–28 (Bibcode 1998JBAA..108....9R)
  2. (en) Roslyn M. Frank, Handbook of Archaeoastronomy and Ethnoastronomy, New York City, Springer, , 147–63 p. (lire en ligne), « 10: Origins of the "Western" Constellations »
  3. (en) John H. Rogers, « Origins of the Ancient Constellations: II. The Mediterranean traditions », Journal of the British Astronomical Association, vol. 108,‎ , p. 79–89 (Bibcode 1998JBAA..108...79R)
  4. a b et c Ridpath et Tirion 2001, p. 128–130.
  5. (zh) « AEEA (Activities of Exhibition and Education in Astronomy) 天文教育資訊網 », Taichung, Taïwan, National Museum of Natural Science,‎ (consulté le )
  6. (en) Ian Ridpath, « Corvus and Crater », sur Star Tales (consulté le )
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Bibliographie

Voir aussi

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