Andromède (constellation)

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Andromède
Image illustrative de l'article Andromède (constellation)
Vue de la constellation
Désignation
Nom latin Andromeda
Génitif Andromedae
Abréviation And
Observation
(Époque J2000.0)
Ascension droite Entre 343,0° et 37,7°
Déclinaison Entre 21,0° et 52,5°
Taille observable 722 deg2 (19e)
Visibilité Entre 90° N et 40° S
Méridien 10 novembre, 21h00
Étoiles
Brillantes (m≤3,0) 3 (α, β et γ)
À l’œil nu 156
Bayer / Flamsteed 63
Proches (d≤16 al) 2
La plus brillante α And (2,07)
La plus proche Ross 248 (10,32 al)
Objets
Objets de Messier 3 (M31, M32 et M110)
Essaims météoritiques Andromédides
Constellations limitrophes Cassiopée
Lézard
Pégase
Persée
Poissons
Triangle

Andromède est une constellation de l’hémisphère nord. Longue, en forme de « A », Andromède fut l’une des 48 constellations identifiées par Ptolémée.

Histoire et mythologie[modifier | modifier le code]

Andromède, dessinée par Johann Elert Bode.
Représentation d'Andromède dans le manuscrit Aratea de Leyde contenant les chapitres d’astronomie des « Phénomènes » (Phainomena) d’Aratos de Soles (310–245 av. J. Chr.) consacrés aux Constellations, dans la traduction latine de Germanicus.

L'histoire d'Andromède commence essentiellement avec la tradition Grecque, mais une forme féminine apparaît plus tôt dans l'astronomie babylonienne. Les étoiles qui composent les Poissons et la partie du milieu d'Andromède fut une constellation représentant une déesse de fertilité, quelquefois appelée Anunitum, la Dame des Cieux[1]. L'Andromède s'appelle "la Femme Enchaînée" ou "la Dame Enchaînée" en anglais. Elle s’appelait Mulier Catenata ("femme enchaînée") en latin et al-Mar'at al Musalsalah en arabe[2]. Elle s'appelait aussi Persea ("épouse de Persée") ou Cepheis ("fille de Céphée")[2],[3] tous ces noms font référence à son rôle dans la mythologie gréco-romaine de Persée, dans laquelle Cassiopée, reine d'Éthiopie, se vantait que sa fille était plus belle que les Néréides, nymphes de mer pourvues d'une beauté incroyable. Outrées par cette remarque, les nymphes ont demandé à ce que Poséidon punisse Cassiopée pour son insolence. Il accepte et il ordonnait que Cetus attaque l'Éthiopie[4]. L'Oracle d'Ammon disait au Céphée, paniquant, qu'il pouvait sauver le royaume seulement s'il sacrifiait sa fille au Cetus[5],[6]. Elle était enchaînée sur un rocher vers la mer mais Persée l'a sauvée, utilisant la tête de Méduse pour changer le monstre en pierre[7]. Algol (β Persei), "l'Étoile Démon", représente la tête de Méduse[8]. Après cela, Andromède et Persée se sont mariés ; le mythe raconte que le couple a eu sept enfants ensemble - six fils et une fille - et fondaient Mycènes avec sa dynastie Persideae. Après la mort d'Andromède, Athéna l'a mis au ciel en forme de constellation, pour l' honorer. Quelques constellations proches (Persée, Cassiopée, Cetus, et Céphée) représentant des autres caractères du mythe[5].

Andromède fut une des constellations mentionnées par Ptolémée dans son livre du deuxième siècle, l'Almageste ; il l'a défini comme une configuration spécifique des étoiles. Typiquement, elle est représentée avec α Andromedae formant sa tête, ο et λ Andromedae comme ses chaînes, et δ, π, μ, β et γ Andromedae formant son corps et ses jambes. Néanmoins, il n'y a pas de représentation universelle d'Andromède et les étoiles qui symbolisent son corps, sa tête, et ses chaînes[9]. Des astronomes arabes furent informés de les constellations Ptolémée, mais ils inclurent une deuxième constellation représentant un poisson aux pieds d’Andromède[10]. Plusieurs étoiles d'Andromède et presque toutes les étoiles de Lézard furent combinées en 1787 par l'astronome allemand Johann Bode pour former Gloire de Frédéric (aussi appelé Freidrichs Ehre). Il fut conçu pour honorer Frédéric II, mais il chuta en désuétude rapidement[11]. Depuis Ptolémée, Andromède est restée une constellation et est reconnue par l'union astronomique internationale officiellement, mais comme tous les constellations modernes, elle est actuellement définie comme une région spécifique du ciel qui comprend à la fois la configuration de Ptolémée et les étoiles qui l'entourent[12],[13]. Les confins officiels d’Andromède furent définis en 1930 par Eugène Delporte comme un polygone avec trente-six segments. Son ascension droite est entre 22h 57.5m et 2h 39.3m et sa déclinaison est entre 53.19° et 21.68° en la système de coordonnées équatoriales[14].

Observation des étoiles[modifier | modifier le code]

Constellation Andromède

Repérage[modifier | modifier le code]

La constellation se repère à partir de Algol et du grand carré de Pégase. Partant de ce carré, on voit se dessiner un immense « chariot », trois fois plus grand que celui de la Grande Ourse, formé par α And, α, β, et λ Peg (le Grand carré de Pégase), puis dans le prolongement de sa diagonale, à partir de α And, β And, γ And, et enfin Algol (β Persei).

Alignements[modifier | modifier le code]

Cette diagonale d’Andromède de 60 ° d’amplitude appartient à un immense alignement qui fait le tour du globe, et qui est un axe de repérage majeur de la voûte céleste. Partant du Grand carré de Pégase il passe par Algol, Capella, Castor et Pollux, Alphard (Hydre), l’extrémité des Voiles puis Acrux et Alpha Centauri, Shaula (λ Scorpii), l’arc et la tête (σ Sgr) du Sagittaire, puis remonte par la tête du Capricorne (β Cap), le long de l’axe du Verseau, pour boucler sur la diagonale du Grand carré de Pégase.

Visibilité nocturne de la constellation. Repérage d’Andromède

Forme[modifier | modifier le code]

Les trois étoiles principales d’Andromède, qui apparaissent dès la tombée de la nuit, sont situées sur la grande diagonale, et correspondent à la tête (Alphératz, α, dans le carré de Pégase), la hanche (Mirach, β And), et le pied (Almach, γ And), toutes trois assez brillantes (mag 2). On voit assez rapidement apparaître deux étoiles intermédiaires (mag 3) sur cet axe, l’épaule et le genou.

Le reste des membres est relativement faible (mag 4) : on voit un premier alignement perpendiculaire à la diagonale d’Andromède, au niveau de l’épaule, qui dessine les deux bras. Côté Sud, le bras s’achève sur un alignement de trois étoiles, la troisième (plus extérieure) appartient à la constellation des Poissons.

Côté Nord, le bras pointe sur la chaîne d’Andromède, qui se dessine faiblement (mag 5) entre le carré de Pégase et Céphée. Les étoiles un peu plus brillantes qui semblent limiter la chaîne d’Andromède forment la petite constellation du Lézard.

La jambe nord d’Andromède part de la hanche vers Cassiopée, et dessine un petit arc de cercle jusqu’au pied droit (51 And), que touche presque la main de Persée. La célèbre galaxie d’Andromède se situe au niveau du genou, à 2° vers l’extérieur, et peut y être vue si les conditions de visibilité sont excellentes sous forme d’une brume vaguement lumineuse.

À l’opposé du départ de la jambe d’Andromède, et dans le même axe, on voit une petite étoile intermédiaire (qui est la pointe de la constellation du Triangle), puis on tombe sur la tête du Bélier.

Les deux pieds d’Andromède (51 et γ And) sont dans l’alignement du bord Ouest de Cassiopée, plus au Nord. Inversement, la base du W de Cassiopée pointe vers la base de la chaîne d’Andromède avant de toucher le sommet du carré de Pégase.

Étoiles principales[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste d’étoiles d’Andromède.
Andromède, dessinée par Johannes Hevelius.

α And (Alphératz / Sirrah)[modifier | modifier le code]

La plus brillante étoile d’Andromède, α And, appelée Alphératz, Alpharatz ou Sirrah, constitue avec α, β, et γ Peg un astérisme appelé le Grand Carré de Pégase. Cette étoile était d’ailleurs jadis incluse dans Pégase : Alphératz signifie « épaule du cheval » et Sirrah « nombril » en arabe.

C’est une étoile très chaude, de couleur bleu-blanc, brillant 110 fois plus que le Soleil. C’est également une étoile double, son compagnon ne dépassant pas la magnitude apparente 11,3.

β And (Mirach)[modifier | modifier le code]

β And, ou Mirach, dont le nom signifie « la Ceinture » en arabe, est une géante rouge 30 fois plus grande que le Soleil.

γ And (Almach)[modifier | modifier le code]

γ And, ou Almach ou Alamak (de l’arabe Al Anak al Ard, « le lynx du désert »), se trouve au bout de la jambe sud de du « A » de la constellation. C’est une belle étoile double aux couleurs contrastées, orange et bleu.

La principale étoile du système, γ¹ And, est une géante orange 80 fois plus grande que le Soleil et 2 000 fois plus lumineuse que celui-ci. γ² And est elle-même une étoile double. γ²-A And, de magnitude 5,0, et γ²-B And, de magnitude 5,5, se tournent autour en 61 ans selon une orbite très fortement elliptique. Les deux étoiles sont toutes deux bleues. γ²-A And est elle-même double, son compagnon tournant autour d’elle en seulement 2,7 jours.

Autres étoiles[modifier | modifier le code]

υ And possède un système planétaire avec au moins trois exoplanètes, 0,71 fois, 2,11 fois et 4,61 fois plus massives que Jupiter.

R Andromedae est une étoile variable de type Mira dont la magnitude passe de 5,8 à 14,9 selon une période de 409 jours.

Objets célestes[modifier | modifier le code]

L’objet le plus fameux d’Andromède est M31, la galaxie d’Andromède, l’un des objets visibles à l’œil nu le plus lointain (M33 est un peu plus éloignée). Il s’agit d’une énorme galaxie spirale semblable à la nôtre. Pour trouver la galaxie, on peut dessiner une ligne entre Beta Andromedae et Mu Andromedae, et poursuivre cette ligne à peu près la même distance depuis μ.

L’objet NGC 7640 est une autre galaxie spirale du type barré SBb, assez facile à repérer.

La nébuleuse planétaire NGC 7662 est l’un des objets les plus faciles à voir avec un télescope amateur et révèle un disque elliptique bleu-vert.

L’amas ouvert NGC 752 couvre une surface assez large. Rassemblant une centaine d’étoiles de magnitude 9 à 10, il est situé près de 56 Andromedae.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) John H. Rogers, « Origins of the Ancient Constellations: II. The Mediterranean Traditions », Journal of the British Astronomical Association, vol. 108, no 2,‎ 1998, p. 79-89 (lire en ligne)
  2. a et b (en) Richard H. Allen, Star Names: Their Lore and Meaning, G.E. Stechert,‎ 1899, p. 32-33
  3. (en) William Tyler Olcott, Star Lore: Myths, Legends, and Facts, Courier Dover Publications,‎ 2004 (ISBN 978-0-486-43581-7), p. 22-23
  4. (en) Patrick Moore et Wil Tirion, Cambridge Guide to Stars and Planets, Cambridge University Press,‎ 1997, 2e éd. (ISBN 978-0-521-58582-8), p. 116-117
  5. a et b (en) Robert Bruce Thompson et Barbara Fritchman Thompson, Illustrated Guide to Astronomical Wonders, O'Reilly Media,‎ 2007 (ISBN 978-0-596-52685-6), p. 66-73
  6. (en) Ian Ridpath, « Andromeda »,‎ 1988 (consulté le 29 décembre 2012)
  7. (en) Jay M. Pasachoff, A Field Guide to the Stars and Planets, Houghton Mifflin,‎ 2000, 4e éd. (ISBN 978-0-395-93431-9), p. 132
  8. (en) Patrick Moore, The Data Book of Astronomy, Institute of Physics Publishing,‎ 2000 (ISBN 978-0-7503-0620-1), p. 328-330
  9. (en) Julius D.W. Staal, The New Patterns in the Sky: Myths and Legends of the Stars, The McDonald and Woodward Publishing Company,‎ 1988, 2e éd. (ISBN 978-0-939923-04-5), p. 7-14, 17
  10. (en) George A. Davis Jr., « The Pronunciations, Derivations, and Meanings of a Selected List of Star Names », Popular Science, vol. 53, no 8,‎ 1944
  11. (en) Michael E. Bakich, The Cambridge Guide to the Constellations, Cambridge University Press,‎ 1995 (ISBN 978-0-521-44921-2), p. 54
  12. (en) Michael E. Bakich, The Cambridge Guide to the Constellations, Cambridge University Press,‎ 1995 (ISBN 978-0-521-44921-2), p. 11
  13. (en) Jay M. Pasachoff, A Field Guide to the Stars and Planets, Houghton Mifflin,‎ 2000, 4e éd. (ISBN 978-0-395-93431-9), p. 128-129
  14. (en) « Andromeda Constellation Boundary », UAI (consulté le 19 Mai 2012)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • (en) Andromeda (The Deep Photographic Guide to the Constellations)