Tariq Ramadan

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Tariq Ramadan
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Tariq Ramadan en 2016.
Naissance (55 ans)
Genève (Suisse)
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture Français, anglais, arabe
Genres

Tariq Ramadan né le à Genève, est un islamologue suisse, d'origine égyptienne.

Petit-fils du fondateur des Frères musulmans, Hassan el-Banna, il est titulaire d'un doctorat de l'université de Genève pour une thèse consacrée à son grand-père, ainsi que de sept Ijazat en sciences islamiques à l'université al-Azhar du Caire.

Il est professeur d'études islamiques contemporaines à l'université d'Oxford et professeur invité au sein de plusieurs universités. Tariq Ramadan est également conférencier, prédicateur et auteur de nombreux ouvrages sur le thème de l'islam et l'intégration.

Dans les années 1990, il devient une référence pour de nombreux musulmans. Parfois décrit comme défenseur d'un islam compatible avec les démocraties occidentales, il est aussi une figure controversée, accusé par ses détracteurs d'être un adepte du « double discours », modéré pour les médias et fondamentaliste pour son public, ce qu'il conteste en mettant cette analyse sur le compte d'une « double audition ».

En 2017, il est accusé de viol et de harcèlement sexuel par plusieurs femmes, ce qui conduit à sa mise en congé de l'université d'Oxford. Il porte plainte pour dénonciation calomnieuse.

Sommaire

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance, études et famille[modifier | modifier le code]

Tariq Ramadan est né en 1962 en Suisse[1]. Dernier enfant d'une fratrie de six, il est le fils de Saïd Ramadan et de Wafa el-Banna[2]. Le couple, originaire de la bourgeoisie égyptienne[3], s'est réfugié en Suisse en 1954 après l'assassinat en 1949 de Hassan el-Banna, fondateur des Frères musulmans et grand-père maternel de Tariq[4]. Son père fut une figure emblématique des Frères musulmans, dont il a fondé la branche palestinienne. Il est également le frère du prédicateur Hani Ramadan. Celui-ci est interdit de séjour sur le territoire français, pour menace pour l'ordre public, depuis avril 2017, toutefois Tariq Ramadan considère cette mesure comme électoraliste[5].

Tariq Ramadan étudie l'islamologie et la littérature française à l'université de Genève. Il se marie, à 24 ans, à une Française — d'origine bretonne convertie à l'islam — avec laquelle il aura quatre enfants[6],[7],[1].

Entre 1988 et 1992, il occupe un poste d'enseignant, d'éducateur et de doyen[8] au collège de Saussure, à Genève. Un collègue dit de lui : « Ce qui m’a tout de suite plu chez Tariq Ramadan — que je venais de rencontrer —, c’était la façon dont il parlait de ses élèves ou bien des toxicos dont il s’occupait. Les mots qu’il trouvait étaient justes et résonnaient très fort pour le jeune éducateur français que j’étais. Personne n’anticipait alors son ambition d’être le réformiste de l’islam du XXIe, comme le fut son grand père au XXe »[9]. Un autre professeur Jean-Michel Olivier affirme que Tariq Ramadan a été renvoyé de son poste d'enseignant du collège mais sans en préciser la raison qu'il semble pourtant connaitre : « Nous avons travaillé dans le même collège et collaboré souvent ensemble. Jusqu'à ce qu'il se fasse virer pour les raisons que vous savez… »[10].

En 1991, il se rend avec sa femme et ses enfants au Caire afin de poursuivre des cours d'études islamiques. Il s'y lie d'amitié avec l'islamologue François Burgat, qui dit de lui : « Tariq est venu en Égypte pour suivre des cours de sciences islamiques et que ses enfants s’arabisent. Il redécouvrait le terroir social, politique et culturel de son grand-père. Ce genre de retour est compliqué pour tout musulman occidental, quel qu’il soit. Mais pour Tariq s’y ajoutait le fait d’être le petit-fils de Hassan el-Banna, à l’égard duquel il ne semblait cependant pas éprouver de fascination »[9].

Il revient en Suisse pour soutenir une thèse de doctorat à l'université de Genève[11] intitulée Aux sources du renouveau islamique, consacrée à son grand-père, Hassan el-Banna, une figure de l'islamisme[12],[13]. D'après Mathieu Magnaudeix, cette thèse « [a] été jugée en Suisse trop hagiographique et historiquement douteuse, ce qui lui [a] fermé les portes des universités prestigieuses »[14]. Son premier directeur de thèse, Charles Genequand, professeur de philosophie, spécialiste du monde arabe à l’université de Genève, jugeant que la thèse est « une compilation de textes encyclopédiques, du copié-collé enveloppé dans un discours apologétique » et s'efforce de présenter Hassan al-Banna dans un mouvement réformiste de l’islam, « en camouflant sa vision au contraire très conservatrice », non seulement refuse de valider la thèse, mais démissionne du jury comme deux de ses collègues[15]. Son second directeur de thèse, Ali Merad, affirme avoir été menacé d'une plainte s'il n'obtenait pas son doctorat : « J'ai été directeur de thèse pendant près de quarante ans. Je n'ai jamais vu un étudiant se conduire de la sorte »[16]. Un second jury accepte ensuite sa thèse, expurgée cette fois-ci de passages jugés trop tendancieux[17].

Entre 1992 et 1993, Ramadan étudie les sciences islamiques à l’université al-Azhar du Caire[n 1],[18]. Il y obtient sept Ijazat (licences dont la détention est obligatoire pour enseigner dans différentes matières islamiques)[11].

Carrière[modifier | modifier le code]

À partir de 1992, il donne des conférences en France. Ainsi, il participe en 1993 et 1994 au congrès de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF)[réf. nécessaire]. Il est membre de la Commission laïcité et islam de 1997 à 2000, un groupe de réflexion créé sous l'impulsion notamment de la Ligue de l'enseignement[9].

De 1996 à 2003, il est chargé de cours[n 2] d'islamologie à l'université de Fribourg[19]. Selon le journaliste Ian Hamel, Tariq Ramadan prétendait y être professeur, mais n'y a enseigné qu'à titre bénévole[20], ce qui lui a permis d'« usurper » ce titre[3]. Caroline Fourest affirme : « On l'a souvent présenté comme professeur d'Université. En réalité, jusqu'à ce qu'une université catholique américaine décide de lui confier une chaire à la rentrée 2004, il n'était qu'un modeste professeur de collège à Saussure. Il enseigne bien une fois par semaine à l'université de Fribourg mais en tant qu'intervenant extérieur et au titre de l'enseignement du fait religieux islamique »[21]. Un article datant de 2003 du site suisse Swissinfo.ch le qualifie de « professeur » et « enseignant d’islamologie à l’université de Fribourg »[22].

En 2004, l'université catholique de Notre-Dame, à South Bend (Indiana) lui offre une double chaire permanente de sciences islamiques[23]. Mais il est finalement frappé d'une interdiction de visa par les États-Unis[17]. Il est également attaché au Joan B. Kroc Institute pour traiter des relations entre les religions, des conflits et de la promotion de la paix)[23].

En 2005, à la suite des attentats de Londres du 7 juillet, Tariq Ramadan est invité à participer à un groupe de réflexion lancé par le Premier ministre Tony Blair sur le problème de l'extrémisme islamique au Royaume-Uni[7]. La même année, il obtient une bourse universitaire pour intégrer en tant que professeur invité le centre d'études proche-orientales du St Antony's College de l'université d'Oxford[7]. Jusqu'en 2017, il y est titulaire de la chaire d'études islamiques contemporaines[24].

Bien que cette chaire ait été initialement financée par la Fondation du Qatar, Tariq Ramadan se défend de toute proximité avec l'État qatari, affirmant : « Ni le Qatar n'est proche de moi, ni moi je ne suis proche du Qatar » ; et « la chaire d’Oxford est une chaire permanente, que le Qatar a certes financée, mais dont la gestion est sous l’autorité exclusive d’Oxford »[25]. D'après Haounes Seniguer, maître de conférences à Sciences Po Lyon[n 3] :

« C'est au prédicateur Youssef al-Qaradâwî que Tariq Ramadan doit en partie sa nomination en tant que professeur en études islamiques contemporaines au St Anthony’s College[6]. »

Depuis 2011, il est directeur du Centre de recherche sur la législation islamique et l’éthique (CILE), fondé en 2011, au sein de la Faculté des études islamiques, à Doha (Qatar), professeur invité à la même faculté qatari, à l’université Mundiapolis (Maroc), où il enseigne la philosophie, et chercheur à l’université Dōshisha (Kyoto, Japon)[11],[26],[9],[27].

Il est également président du think tank European Muslim Network, membre de l’Union internationale des savants musulmans[7], et a siégé au sein du groupe consultatif sur la liberté de religion ou de croyance du bureau des Affaires étrangères et du Commonwealth[28] — « présidé par Sayeeda Warsi, alors secrétaire d’État chargée des Affaires religieuses et des Minorités, celui-ci comprenait une quinzaine de spécialistes des questions de liberté confessionnelle, dont des associations comme Human Rights Watch et Liberty[29] ».

L'Orient-Le Jour note que « son parcours l'a hissé au rang de superstar de l'islam européen moderne » mais que « malgré sa soif de se "mondialiser", Tariq Ramadan n'a jamais vraiment eu d'écho particulier dans les pays arabes, bien qu'il se rende dans certains d'entre eux, pour donner des conférences. » Samir Amghar, enseignant à la faculté de philosophie et sciences sociales de l'Université libre de Bruxelles, note que « Pour le Proche et le Moyen-Orient, son discours impacte peu » et qu'il n'a pas la même notoriété en Grande-Bretagne qu'en France (« en étant de moins en moins présent en France ou en Belgique »). Haoues Seniguer ajoute que « Ramadan est devenu une élite. Avant, il était accessible, toujours prêt à intervenir dans des associations, alors qu'aujourd'hui il facture, sauf exceptions, ses interventions. Il y a une logistique derrière, parce que c'est un nom et qu'il ramène du monde. » Contrairement aux années 1990, où cette personnalité clivante a formé une nouvelle génération de musulmans, « les nouvelles générations ont de plus en plus de mal à se reconnaître en Tariq Ramadan, parce que la mode de la conférence est passée », estime Samir Amghar. La « concurrence dans le champ islamique » a nui à sa notoriété, « de plus en plus de prédicateurs s'exprimant en français, avec la capacité de le concurrencer », conclut Seniguer[17].

Le 7 novembre 2017, alors qu'il doit se défendre de deux plaintes pour viol en France et d'abus sexuel sur des mineures en Suisse, « d’un commun accord et avec effet immédiat », Tariq Ramadan est mis en congé de son poste de professeur d'études islamiques contemporaines à l'université d'Oxford[30].

Influences[modifier | modifier le code]

Selon Ian Hamel, Tariq Ramadan — qui affirme ne pas appartenir à la confrérie des frères musulmans — ne remet en cause son grand-père (fondateur de l'organisation) dans aucun de ses écrits, lui ayant même consacré sa thèse universitaire intitulée Aux sources du renouveau islamique[12]. Dans ce travail, il va même jusqu'à présenter Hassan el-Banna comme une sorte de « Gandhi musulman »[12]. Le même journaliste écrit par ailleurs : « lorsqu'il dirigeait le Foyer culturel musulman de Genève, Tariq Ramadan a baptisé son bulletin Jalons, renvoyant à Jalons sur le chemin de l'islam de l'idéologue Sayyid Qutb, le plus extrémiste des Frères musulmans égyptiens[12] ». Pour l'universitaire Samir Amghar, « c'est quelqu'un qui peut être considéré comme un néo-Frère musulman autonome », précisant que, malgré le fait qu'il n'en soit pas officiellement membre, il s'inscrit dans une forme de filiation doctrinale frériste[17]. Le Monde diplomatique estime cependant que Tariq Ramandan a pris ses distances avec les Frères musulmans égyptiens et qu'il est dans « la lignée des réformistes islamiques qui ont marqué la fin du XIXe siècle et la première moitié du XXe, fidèle encore à l’ijtihad (effort d’interprétation) »[31]. Pour le sociologue Omero Marongiu-Perria, ex-membre des Frères, « Tariq Ramadan n'a jamais prêté allégeance, mais il n'en a pas besoin, sa filiation suffit »[3]

Pour Ian Hamel, Tariq Ramadan a été influencé par le déclin de son père, Saïd, qui « eut longtemps un rayonnement considérable dans le monde musulman » mais qu'il n'a jamais connu que comme « un homme seul, meurtri, oublié par ses anciens amis ». Une de ses motivations serait de « reprendre le flambeau qui a échappé des mains de son père »[4].

Le frère de Tariq, Hani Ramadan, réside à Genève, où il dirige le Centre islamique de Genève. Il s'est fait connaître après avoir publié dans Le Monde un article sur la charia où il dit de la lapidation qu'« elle constitue une punition, mais aussi une forme de purification[32] ». D'après Ian Hamel, « les deux frères ont des approches non seulement dissemblables mais opposées[4] ».

Selon Ian Hamel, une autre personnalité qui a influencé Ramadan est Malcolm X : « un tribun extraordinaire, d’une intelligence vive, jouissant d’une immense popularité, (...) capable de se remettre en question [:] un vrai intellectuel [et un rebelle]. Tout ce que Tariq Ramadan aspire à être »[4].

Idées et prises de position[modifier | modifier le code]

En 1993, Tariq Ramadan participe à une manifestation de soutien à une lycéenne musulmane en grève de la faim, à Grenoble, avec l'Union des jeunes musulmans, des anciens membres de la marche des beurs déçus de la présidence de François Mitterrand. Il découvre les quartiers délabrés du sud-est de la France, le chômage, le trafic de drogue et la toxicomanie, devenant une personnalité populaire et y fondant sa maison d'édition Tawhid. Alors que la France ne compte pas d'orateur identifié pour parler de ces problèmes, Tariq Ramadan séduit par son charisme, même si certains camarades lui reprochent déjà son esprit rétif à la critique[3].

Il se fait connaître en France en 1994, après la publication d'un ouvrage intitulé Les musulmans dans la laïcité. « C'est peut-être la seule personnalité religieuse et intellectuelle qui puisse assurer une sorte de fonction tribunitienne auprès d'une large partie des musulmans qui regardent les émissions télévisées dans lesquelles il est invité, et qui soit capable, du point de vue du téléspectateur musulman, de tenir "la dragée haute" à ses contradicteurs », note l'universitaire Samir Amghar. Il émerge donc comme « un homme capable de représenter un islam moderne compatible avec les valeurs européennes », estime L'Orient-Le Jour, ses livres et ses cassettes se vendant bien et Tariq Ramadan apparaissant de plus en plus dans les médias, à la grande satisfaction de son public[17]. Il devient une référence pour de nombreux musulmans[33],[9],[34],[35],[36], donnant de nombreuses conférences, notamment avec l'UOIF[3].

L'essayiste Caroline Fourest considère pour sa part que « son public l'écoute et le suit comme un vrai chef de secte »[17]. Selon Michaël Privot, personnalité médiatique belge, les élèves ayant participé aux cours de Tariq Ramadan, bien que ce dernier ne « cesse de s'en défendre », étaient « installés automatiquement dans une position de maître à disciples, renforcée par l'aura médiatique du maître et l'impression que dégageait un certain nombre de participant(e)s de ne pouvoir et ne vouloir exister qu'au travers d'une proximité avec la star communautaire »[37].

Les prises de position polémiques de Tariq Ramadan, notamment concernant le moratoire sur la lapidation, en ont fait une personnalité controversée à partir de la décennie suivante[17].

Dans son livre Mon intime conviction, paru en 2009, Tariq Ramadan développe ses différentes idées et positions.

Intégration[modifier | modifier le code]

Tariq Ramadan explique qu'il s'intéresse à cette question depuis plus de deux décennies, essayant de « construire des ponts, d'expliquer et de faire mieux comprendre l'islam au monde musulman autant qu'à l'Occident ». Il se voit dans le rôle de médiateur entre les univers occidental et islamique, entre leurs cultures et leurs croyances religieuses respectives. Il assume pleinement sa religion musulmane et sa culture occidentale, et affirme que « les valeurs et les espoirs communs sont plus essentiels et plus nombreux que les différences. ».

Son objectif est « de montrer, théoriquement autant que pratiquement, que l'on peut être tout à la fois pleinement musulman et occidental et que, au-delà de nos différences apparentes, nous partageons beaucoup de valeurs à partir desquelles le « vivre ensemble » est possible dans nos sociétés pluralistes, multiculturelles, et où coexistent plusieurs religions. »[38]. Tariq Ramadan affirme qu'« il n'y a rien dans l'islam qui s'oppose à la démocratie »[39],[40]. Il estime cependant que son message est « difficile à faire entendre en ces temps de débats passionnés, où les voix se confondent et la surdité se généralise »[41].

Selon le journaliste Christian Makarian, Tariq Ramadan « travaille au cœur de nos banlieues et cherche à tracer un chemin qui permette aux musulmans de pratiquer leur foi et aux Occidentaux de sauvegarder leurs principes »[42]. Selon Caroline Fourest, « les journalistes s’étant contentés de l’interviewer le présentent volontiers comme un intellectuel musulman défendant un islam européen moderne voire moderniste, pouvant permettre de réconcilier les Européens de culture musulmane avec leur identité et leur citoyenneté »[43].

Le journaliste Éric Rouleau du Monde diplomatique voit dans le livre Les Musulmans d'occident et l'Avenir de l'islam « un plaidoyer pour l'intégration », où Tariq Ramadan a pour « objectif proclamé de réconcilier l’islam avec la modernité » et invite les musulmans à rejeter toutes formes de « communautarisme ». Selon Tariq Ramadan, la charia détermine « comment être musulman » et demeure valable aujourd'hui, mais elle n'est pas d’essence divine et peut donc s’adapter aux exigences de la vie démocratique, dans le cadre de la sphère privée. Pour Ramadan, le Coran a été écrit en fonction du contexte d'une époque et ne contient que peu de principes immuables : la très grande majorité des versets du Coran sont pour lui « susceptibles d’être interprétés ». D'ailleurs, pour Éric Rouleau, le livre de Tariq Ramanda devrait probablement être interdit dans la plupart des États arabes, faisant preuve d'hérésie quant aux ré-interprétations des livres saints de l’islam. Tariq Ramadan invite tous les musulmans à respecter les lois des pays occidentaux, tout en s'investissant dans des associations de défense des droits de la personne pour lutter contre le racisme et la discrimination[31].

Société multiethnique[modifier | modifier le code]

Pour Tariq Ramadan, la société plurielle et pluraliste est un fait. Il ne s'agit plus d'être pour ou contre, mais de faire avec : « Le défi de la diversité exige des solutions pratiques et impose aux citoyens, aux intellectuels comme aux représentants religieux, de développer un esprit critique et nuancé, toujours ouvert à l'évolution, à l'analyse et, bien sûr, à l'autocritique. »[réf. souhaitée]

Dans Mon intime conviction, il explique qu'il refuse de jouer à ces jeux réducteurs, où il s'agirait de devoir choisir sans nuance si l'on est d'abord musulman, ou d'abord Européen. D'après lui, la question n'a pas de sens :« Dans l'ordre religieux et philosophique, celui qui donne sens à la vie, l'être humain est d'abord athée, bouddhiste, juif, chrétien et musulman : son passeport, sa nationalité ne répondent pas à la question existentielle. Quand il faut voter pour un candidat, l'individu a une identité citoyenne, et il est d'abord un Américain, un Italien, un Français ou un Britannique s'engageant dans les affaires de son pays. Selon l'ordre ou le champ d'activité, l'individu a donc d'abord telle ou telle identité, sans que cela soit contradictoire. »[44]. À titre d'illustration, il explique qu'un poète végétarien interviendra, dans un cercle de poésie, en sa qualité de poète, mais s'identifiera ensuite comme un végétarien, quand il passera à table.

Dans ce contexte de société plurielle et multi-culturelle, il déclare qu'en ce qui le concerne, « Depuis longtemps, je répète aux musulmans et à mes concitoyens que je suis suisse de nationalité, égyptien de mémoire, musulman de religion, européen de culture, universaliste de principe, marocain et mauricien d'adoption. »[45]

Identité musulmane et laïcité[modifier | modifier le code]

Il plaide pour que les musulmans vivant en Occident ne se considèrent plus comme des étrangers, ou comme des résidents temporaires mais comme des citoyens à part entière. Selon lui, ce changement de mentalité doit éviter toute aliénation : il réclame le droit d'« être musulman européen » (titre d'un autre de ses livres), demandant aux parents immigrés de ne pas confondre culture et religion. Il écrit dans Les musulmans dans la laïcité : « Un musulman, résident ou citoyen, doit se considérer sous l'effet d'un contrat à la fois moral et social avec le pays où il séjourne. En d'autres termes, il se doit d'en respecter les lois. »

Interrogé sur la place de l’islam dans la laïcité, il affirme : « Il n’y a aucun problème avec la laïcité pour l’infini majorité des musulmans, ce sont quelques groupes qui ont un problème et qui ne la respectent pas »[46].

D'après un article du Figaro datant de 2011, le discours de Tariq Ramadan sur la laïcité a changé. Dans un premier temps, il pense que la laïcité pose un problème au niveau des pratiques religieuses et doit donc être « ouverte » et « capable de se négocier pour faire une place à l'islam ». Ensuite, l'étude de la loi de 1905 sur la séparation de l'église et de l'état le conduit à penser que « les marges de manœuvres jadis offertes aux catholiques, aux protestants et aux juifs, permettent aujourd'hui aux musulmans de trouver leur voie » : la loi telle qu'elle est offre « toute latitude », sans qu'il soit même besoin de « négocier ». Tariq Ramadan ne réclame donc finalement que l'application de cette loi et déclare : « Que dis-je en France à mes auditeurs musulmans ? Vous n'avez pas à être moins vous-même pour être Français. Ne demandez pas à la France de changer mais réclamez-lui d'appliquer ses propres règles avec cohérence »[47]. En outre, selon Le Monde diplomatique, déjà en 2003 Tariq Ramadan considérait la laïcité comme un « faux problème », dans la mesure où selon lui l’islam, malgré son message globalisant, « distingue le privé du public, le religieux du politique »[31].

Dans son livre Peut-on vivre avec l'islam ?, il dit que le musulman ne se définit pas par ses croyances mais par ses pratiques, et que la pratique régulière, et en toute légalité, des rites musulmans en Europe, est à l'origine de tensions sociales parce qu'elle est ressentie comme un refus d'intégration plutôt que le contraire, qui est l'auto-détermination en tant que musulman européen. Il considère que les musulmans devraient être des citoyens actifs, et agir contre l'injustice dans le cadre des différentes associations (syndicats, parents d'élèves, etc.).

Tariq Ramadan enseigne un respect du Coran, lui-même entendu selon une lecture qui d'abord respecte la tradition et son sens fondamental, pour la distinguer d'une autre lecture, rationaliste, et qui pourrait s'accorder avec la tradition du rationalisme occidental et chercherait à s'accorder avec celle-ci[48].

Salafisme[modifier | modifier le code]

Il déclare en novembre 2003 sur la radio Beur FM : « Il y a la tendance réformiste rationaliste et la tendance salafiste au sens où le salafisme essaie de rester fidèle aux fondements. Je suis de cette tendance-là, c'est-à-dire qu'il y a un certain nombre de principes qui sont pour moi fondamentaux, que je ne veux pas trahir en tant que musulman »[49].

Pour lui, le plus important, c'est l'effort d'interprétation - ijtihad - que doivent accomplir les musulmans, ne pas avoir une lecture du Coran littérale mais, au contraire, prendre compte du contexte historique et actuel des lois et traditions islamiques[48].

Selon un article de Sahra Mekboul et Arezki Metref paru dans Libération, l'originalité de Tariq Ramadan est d'être à la fois pour l'intégration et l'intégrisme : il préconise aux musulmans de s'intégrer sans abandonner les fondements de leur foi, et il est donc opposé à un islam « libéral ». Les deux auteurs voient aussi une autre innovation dans son discours : faire de la pratique de l'islam non un enfermement dans le fondamentalisme, mais un mouvement de « libération » des musulmans, qu'il décrit comme des opprimés dans le « nouvel ordre du monde ». L'islam prendrait alors le relais des « idéologies progressistes comme le socialisme scientifique »[50].

Moins radical que les salafistes, ses positions sont cependant considérées comme contradictoires, promettant une réforme de l'islam, sans en toucher aux fondamentaux, tenant un discours puritain sur la famille, le mariage ou encore la mixité[3].

Identité nationale[modifier | modifier le code]

Pour Tariq Ramadan, il n'y a pas d'identité nationale :

« Nous avons des identités multiples et en mouvement, et rien ne s'oppose (religieusement, légalement ou culturellement) à ce qu'une femme ou un homme soit à la fois européen(ne) ou américain(e) et musulman(e). L'islam est bien sûr un et unique sur le plan des principes religieux fondateurs, mais il intègre diversité d'interprétations et pluralité des cultures. Son universalité provient d'ailleurs de cette capacité à intégrer la diversité dans son unicité fondatrice[51]. »

Le problème résulte du fait qu'il existe « une confusion de taille entre le donné culturel et la référence religieuse : pour beaucoup, être et rester musulmans signifie être musulmans comme ils l'avaient été au Maroc, en Algérie, en Égypte, au Liban, au Pakistan ou en Turquie. […] Pour beaucoup… il ne pouvait être question de prendre la nationalité du pays d'accueil puisqu'un jour ils retourneraient « “chez eux”[52]. »

Mais une ou deux générations après l'arrivée des premiers immigrés musulmans dans les pays occidentaux, en Europe et en Amérique, les choses ont, déjà, radicalement changé. La deuxième génération, puis la troisième, se sont imprégnées de la langue et de la culture du pays natal occidental, se considérant, sur le plan culturel, comme des Français, des Britanniques, des Américains ou des Canadiens. Ils se sentent chez eux dans cet environnement occidental, y font leur vie en fonction de leurs capacités et de leurs ambitions, et essaient d'y préparer un avenir encore meilleur pour leurs enfants[53].

« Les nouvelles générations sont, dans leur grande majorité, pleinement musulmanes quant à la religion, et pleinement occidentales quant à la culture. Cela ne leur pose aucun problème, » observe Ramadan[54]. « L'islam occidental est aujourd'hui une réalité. »[53]

Sur le plan religieux, la sécularisation et la laïcité qui prévalent dans les pays occidentaux assurent le pluralisme religieux. Les droits fondamentaux des individus en matière de liberté de conscience et de liberté de culte sont reconnus et protégés par les lois nationales. Les citoyens musulmans peuvent, de ce fait, librement exercer leur culte, à l'instar de toutes les autres religions pratiquées dans le pays. Ils doivent, en cas de besoin, s'assurer qu'à l'application, un traitement juste et égalitaire est effectivement respecté entre les différentes religions[55]. En contrepartie, ils doivent, de leur côté, respecter ces lois, évidemment.

Pour Ramadan, « il appartient aux individus musulmans d'être – et de devenir – des citoyens engagés qui connaissent leurs responsabilités et leurs droits. Dépassant le réflexe minoritaire ou la tentation victimaire, ils ont les moyens d'accéder à une nouvelle ère de leur histoire. En effet, pour ceux qui sont nés en Occident – ou qui y sont des citoyens -, il n'est plus question d'« immigration », « d' « installation » ou d'« intégration », mais bien de « participation » et de « contribution ». « Nous sommes passés, et que nous devons passer, à l'ère du discours de la « post-intégration » : il faut désormais établir un sens profond et assumé de l'appartenance. C'est le nouveau « nous » que j'appelle de mes vœux, et qui déjà est une réalité dans certaines expériences locales. »[56]

Attitude des Occidentaux musulmans[modifier | modifier le code]

L'Orient-Le Jour note que « Tariq Ramadan s'est mué en monstre médiatique capable de salves verbales mémorables à la télévision face à ses nombreux détracteurs, brandissant son joker fétiche, celui de victime, lorsqu'il se trouve à court d'argument. […] Quiconque s'attaque à sa personne est en pratique automatiquement taxé d'être islamophobe »[17]. Caroline Valentin, auteur d'Une France soumise, qualifie de « tragique » ce recours au concept d'islamophobie par Tariq Ramadan, estimant que « l'islamophobie est une mystification qui vise à réduire au silence tous ceux qui voudraient voir progresser l'islam vers un islam éclairé, un islam réformé, une religion de paix »[57].

Dans Mon intime conviction, Ramadan passe en revue, entre autres, les défis auxquels les musulmans sont confrontés dans les pays occidentaux. Les vrais défis se situent, pour lui, dans de tout autres domaines que ceux des mosquées, des imams ou des écoles privées musulmanes.

  • En premier lieu se pose la question de la charia. D'après lui, cette dernière n'est ni un « système », ni un « corps de lois islamiques fermées »[58], mais bien plutôt la « Voie de la fidélité aux objectifs de l'Islam » (qui sont de protéger la vie, la dignité, la justice, l'égalité, la paix, la nature, etc.). Toutes les lois qui protègent la vie et la dignité humaines, promeuvent la justice et l'égalité, imposent le respect de la nature... sont, d'après Ramadan, « ma shari'a appliquée dans ma société même si celle-ci n'est pas majoritairement musulmane ou que ces lois n'ont pas été pensées et produites par des savants musulmans. Je suis dans la Voie puisque ces lois me permettent d'être fidèle à ses objectifs fondamentaux et donc d'être fidèle au message et aux principes de l'islam. »[59]
  • En deuxième lieu, les musulmans qui sont déjà des citoyens d'un pays européen ne doivent plus se laisser traiter de « minorités » car, souligne-t-il, il n'existe pas, en droit européen, de « citoyenneté minoritaire » ! Ils sont des citoyens à part entière, quelle que soit leur religion et leur culture. Ils doivent donc lutter contre cette mentalité de « minoritaires » et s'inscrire pleinement dans la participation citoyenne sur un pied d'égalité avec la « majorité » de la population[60]. Ils doivent établir clairement qu'ils sont chez eux en Occident, et qu'il s'agit de suivre la Voie de la fidélité aux principes supérieurs de l'islam ici comme ailleurs. Ils doivent, de cette manière, se prendre en charge et se libérer de la mentalité de victime[61].
    Au lieu de blâmer constamment « la-société-qui-ne-nous-aime-pas », « l'islamophobie », ou encore le « racisme », justifiant ainsi leur passivité face aux défis auxquels ils sont confrontés, ils doivent « s'engager en tant que citoyens et lutter contre les injustices, le racisme, la discrimination, les discours populistes de stigmatisation et les hypocrisies. »[61] Ils ne doivent pas, à cet égard, se limiter aux questions qui concernent spécifiquement la religion ou la communauté musulmanes, mais s'intéresser plus généralement à toutes les questions de société qui concernent l'ensemble de la population (telles que les questions sociales, l'enseignement, le chômage et l'emploi, la délinquance, la violence urbaine, les activités des partis politiques, les relations internationales, etc.)[62]
  • Ils doivent également repenser l'éducation islamique donnée à leurs enfants, tant dans son contenu que dans sa forme, afin de la replacer dans le contexte de leur environnement occidental, en tenant spécifiquement compte des nombreux défis qui se posent aux musulmans d'Occident. Ils doivent, dans ce contexte, se préoccuper de comprendre les facteurs qui poussent les jeunes à adopter des interprétations extrémistes de la religion, voire à s'engager parfois dans des actes de violence.

Dans un discours lors de la Rencontre annuelle des musulmans du Nord[63], Ramadan expose sa conception d'une France de l'Islam intégrée à l'ensemble du monde musulman :

« La France est une culture maintenant musulmane. L'islam est une religion française. La langue française est une langue de l'islam. Vous avez le capacité culturelle de faire que la culture française soit considérée comme une culture musulmane parmi les cultures musulmanes. »

Financement des mosquées[modifier | modifier le code]

Lors d'un entretien dans une radio suisse, Tariq Ramadan est interrogé sur la Mosquée de Genève, qui, selon RTS, est « régulièrement critiquée, et financée en grande partie par l’étranger ». Il déclare alors que « l’islam en Suisse ne doit pas être financé par l’étranger »[64].

Loi sur les signes religieux[modifier | modifier le code]

Avant le vote de la loi sur les signes religieux dans les écoles publiques françaises, il engage ceux qui le suivent à s'opposer au projet de loi, au nom de l'islamophobie supposée de celle-ci. Dans un texte paru sur Oumma.com[65], il déclare :

« La lutte que nous sommes en train d’entamer sera longue et elle exige une vision claire des enjeux globaux présents et futurs. […] il faut se lever aujourd’hui et s’opposer à ce projet de loi discriminatoire et insensé. »

Au moment où ce débat a lieu dans le pays est organisée une rencontre télévisée entre lui et le ministre de l'Intérieur — à l'époque, Nicolas Sarkozy — lors de l'émission 100 minutes pour convaincre. Sur le thème du voile islamique à l'école, lorsque Nicolas Sarkozy lui demande s'il peut demander que les élèves musulmanes portent seulement un signe discret d'appartenance, Tariq Ramadan répond « elles peuvent enlever le voile » ; alors que Sarkozy le coupe en demandant « on peut, ou on doit ? », Ramadan répond que le point de vue de Nicolas Sarkozy « ne correspond pas à la loi de 1905 » ni à l'arrêt du Conseil d'État de 1989[66].

Mariage mixte[modifier | modifier le code]

Tariq Ramadan distingue deux dimensions au mariage : le mariage entre deux personnes de religions différentes et l’union de deux cultures différentes.

Concernant la dimension religieuse, il rappelle les règles coraniques : le musulman peut se marier avec une juive ou une chrétienne mais la musulmane ne peut se marier qu'avec un musulman[67]. Cependant, il rappelle qu'il ne faut pas frapper d’ostracisme une femme musulmane mariée avec un non-musulman : « elles sont et demeurent musulmanes et il n’y a lieu ni de les condamner ni de les juger ».

Quant à l’union de deux cultures différentes, Tariq Ramadan met en avant la difficulté de construire un couple à travers des cultures différentes et appelle à la prudence et au discernement mais il ajoute que « chacun est en droit de faire librement ses choix et ceux-ci doivent être respectés. »[68]

Rôle de la femme[modifier | modifier le code]

Tariq Ramadan estime que les coutumes et traditions ont été confondues avec les prescriptions religieuses, et qu'on en est arrivé à justifier des pratiques culturelles qui n'étaient pas « islamiques » telles que l'excision des femmes, les mariages forcés ou les crimes d'honneur[69]. Il précise que « l'islam [en soi] n'a pas de problème avec les femmes »[70] mais que les théologiens ont procédé, au cours des siècles, à une lecture trop littéraliste du Coran et des traditions du Prophète et que ce faisant, ils ont figé le Texte hors de son contexte, ne tenant guère compte, ce faisant, des finalités du message global de la Révélation[71].

Les femmes doivent avoir accès au travail et obtenir un salaire égal à celui des hommes, à compétence égale. Les discriminations à l'emploi des femmes, pour les raisons les plus diverses, doivent être refusées et combattues. Ce combat pour la reconnaissance des droits des femmes musulmanes doit être mené de l'intérieur du système islamique pour avoir quelque chance de succès, et doit mobiliser les efforts de l'ensemble des membres de la communauté. Les hommes doivent accepter, à cet égard, le fait que « garantir la liberté de la femme signifie accepter que celle-ci puisse faire un choix que l'on comprend ou un autre que l'on ne comprend pas »[72].

Ramadan estime également que les femmes doivent s'engager elles-mêmes dans un travail critique approfondi de leur situation dans la communauté musulmane, « en acquérant les connaissances religieuses nécessaires pour développer des lectures féminines nouvelles. Il faut qu'elles soient présentes dans les espaces de décision de la communauté religieuse, dans les organisations, les conseils de gestion des mosquées, etc. On doit bousculer les choses pour que les femmes trouvent leur juste place, mais elles doivent aussi se mobiliser : elles n'obtiendront rien si, de leur côté, elles cultivent une attitude de victimes. On le voit aujourd'hui, partout où les femmes ont accès à l'instruction, à l'éducation islamique, et même à l'engagement communautaire et social, elles font mieux que les hommes : meilleurs résultats, plus d'engagement, plus de rigueur et de sérieux. La réalité et les chiffres parlent d'eux-mêmes[73]. »

Châtiments corporels, lapidation[modifier | modifier le code]

Dans Frère Tariq (2004), Caroline Fourest accuse Tariq Ramadan de ne pas condamner la lapidation. Au contraire, pour le journal Le Temps, il est clair que Tariq Ramadan « condamne personnellement la lapidation, la peine de mort et les autres châtiments corporels »[74]. De même, Le Courrier estime que Ramadan « se montre clairement opposé à ces pratiques », mais ajoute que, selon Tariq Ramadan, il est inutile de poser des ultimatums aux musulmans ou de les « condamner sur le champ », car Ramadan estime que « la réflexion et l'évolution des mentalités ne sont possibles qu'à partir de dynamiques endogènes aux sociétés »[75].

Ramadan lance en 2005 un « appel international à un moratoire sur les châtiments corporels, la lapidation et la peine de mort dans le monde musulman »[75]. Il affirme que cette mesure « aurait le double avantage de faire cesser immédiatement ces pratiques au nom même de l'exigence de justice de l'islam et d'entamer une réflexion de fond », et ajoute :

« Lorsque nous appelons à un moratoire sur les châtiments corporels, la lapidation et la peine de mort, des voix se font entendre en Occident affirmant : "C'est inacceptable, ce n'est pas assez!". D'autres, dans le monde musulman, s'exclament : "C'est inacceptable, c'est une trahison de nos références!". A mi-chemin entre ces deux attitudes, l'appel au moratoire est une directe et nécessaire interpellation à l'adresse du monde musulman à partir de ses propres références (et de l'intérieur) parce que nous sommes convaincus que la réflexion et l'évolution des mentalités ne sont possibles qu'à partir de dynamiques endogènes aux sociétés[76]. »

En 2009, il défend à nouveau sa position en faveur du moratoire, déclarant : « Les pays musulmans prennent [les] textes très au sérieux […] il ne suffit pas de condamner pour faire avancer les choses […]. Il faut ouvrir le débat et trouver une pédagogie […]. Ma position est l'arrêt total des châtiments corporels[77] ».

Bikini[modifier | modifier le code]

Dans son livre Les Grands Péchés, il conseille aux musulmans d'éviter les piscines mixtes, afin de ne pas avoir à regarder les femmes en bikini[16].

Questions internationales[modifier | modifier le code]

Conflit israélo-palestinien[modifier | modifier le code]

Pour résoudre le conflit israélo-palestinien, Tariq Ramadan s'est déclaré en faveur d'« un seul État, dans lequel tout le monde vit[78] ».

Tariq Ramadan considère que le Hamas ne devrait pas être qualifié d'organisation terroriste par l'Union européenne. Au printemps 2009, il signe la pétition de la Belge Nadine Rosa-Rosso intitulée : Appel pour le retrait du Hamas de la liste européenne des organisations terroristes[79].

Terrorisme islamiste[modifier | modifier le code]

Réagissant à l'enlèvement des lycéennes de Chibok (2014) par les djihadistes de Boko Haram, Tariq Ramadan le condamne, avant de pointer la responsabilité de l'Occident, coupable de ne réagir qu'« à des exactions de cette nature sur le plan émotif » encourageant les terroristes à agir ainsi. Magazine estime alors qu'il s'agit d'« une dialectique largement en vogue dans les milieux de la sociologie d’extrême gauche qui nous explique encore aujourd’hui très sérieusement que le terrorisme islamiste n’est que la conséquence du racisme des Occidentaux »[80].

Il condamne l'attentat de Paris contre Charlie Hebdo en janvier 2015 mais en visant les services de renseignement : « On a entendu hier [que les frères Kouachi] ont oublié leurs cartes d’identité dans la voiture, deux cartes d’identité... d’un côté tant de sophistication, de l’autre tant de stupidité... Nous devons demander qui sont ces gens, nous devons demander comment ils ont été en capacité de faire cela [...] Nous devons creuser, aller plus profond, nous devons demander quelles sont leurs connexions, quel est le rôle des services secrets dans toute cette affaire, où sont-ils, comment cela a-t-il pu se passer de cette manière [...] nous devons condamner, mais nous ne devons pas être naïfs »[80]. Au sujet du slogan « Je suis Charlie », il déclare : « si Charlie veut dire défendre la liberté d’expression et refuser le meurtre alors je le suis, si Charlie veut dire donner un crédit sans discussion critique sur le type d’humour alors non »[46]. Il dénonce « l'humour de lâches » de Charlie Hebdo[81]. Par ailleurs, il déclare n'être ni Charlie ni Paris mais « perquisitionnable », faisant référence aux perquisitions et assignations à résidence qui ont après l'attentat visé plusieurs militants[17].

Judaïsme[modifier | modifier le code]

Tariq Ramadan a été accusé d'antisémitisme[82]. Il déclare de son côté que :

« Les musulmans, au nom de leur conscience et de leur foi, se doivent de prendre une position claire en refusant qu'une atmosphère délétère s'installe en France. Rien dans l'islam ne peut légitimer la xénophobie et le rejet d'un être humain par le seul fait de sa religion ou de son appartenance. Ce qu'il faut dire avec force et détermination, c'est que l'antisémitisme est inacceptable et indéfendable. Le message de l'islam impose le respect de la religion et de la spiritualité juives, considérées comme la noble expression des “gens du Livre”[83]. »

Selon un article de Sahra Mekboul et Arezki Metref paru dans Libération, Tariq Ramadan développe une présentation du « nouvel ordre du monde » où les musulmans sont les « opprimés » confrontés à des « oppresseurs », et il s'inspire de l'exemple de « la politique coloniale d'Israël au détriment du peuple palestinien » afin de « mobiliser les jeunes des banlieues » françaises issus de l'immigration et « traumatisés par les conséquences du 11 septembre 2001 ». Selon les deux auteurs, Tariq Ramandan « n'aurait sans doute pas été au centre d'une polémique majeure s'il n'avait été accusé d'antisémitisme »[50]. Pour L'Orient-Le Jour, « s'il s'est toujours défendu d'être antisémite, Tariq Ramadan n'a jamais caché son profond antisionisme, appelant à "un seul État dans lequel tout le monde vit" »[17].

Homosexualité[modifier | modifier le code]

Sur l'homosexualité, Tariq Ramadan soutient que les familles musulmanes doivent expliquer aux enfants que ce n'est pas une pratique que l'on peut « normaliser »[81]. C'est la conception de l'homosexualité dans l'Islam qui doit prévaloir pour éduquer ses enfants[84].

Dans Frère Tariq et dans des polémiques engagées par la suite, Caroline Fourest[85] et d'autres personnalités également accusent Tariq Ramadan d'homophobie[86]. Fourest souligne ainsi que dans son livre Peut-on vivre avec l'islam ?, Ramadan écrit : « pour l’islam, l’homosexualité n’est pas naturelle et elle sort de la voie et des normes de réalisation des êtres humains devant Dieu. Ce comportement révèle une perturbation, un dysfonctionnement, un déséquilibre »[87].

Cependant, au sujet des homosexuels, Tariq Ramadan rajoute : « Il ne s’agit pas de développer un discours de rejet, de condamnation, de « ces malades » qui nous entourent. Certains musulmans, savants ou moins savants, parlent de la sorte, et je ne m’associe pas à ce discours »[87]. Et, pour lui, « on peut être en désaccord avec le comportement d'une personne (sur le plan public ou privé) mais respecter la personne en tant qu’être ». Selon lui, « une personne qui prononce l'attestation de foi islamique devient musulmane et si, par ailleurs, elle pratique l'homosexualité, il n'appartient à personne de la sortir de l'islam. Un comportement considéré comme répréhensible par les règles morales ne suffit pas à excommunier un individu »[88].

Le 17 avril 2014, dans l'émission Bourdin Direct, Tariq Ramadan déclare : « La question de l’homosexualité doit être posée dans des termes de philosophie de vie : je pense que ce n'est pas ce que je considère comme le projet divin, je pense que c’est quelque chose qui va à l’encontre de ma foi. »[89]

Controverses[modifier | modifier le code]

Selon Mathieu Magnaudeix, Tariq Ramadan est en France un penseur entouré d'un « halo de soupçon [qui] provoque des polémiques comme nulle part ailleurs. [...] Depuis 1995, il est honni par une grande partie de l’establishment français qui le soupçonne de communautarisme et d'islamisme radical »[90]. Il est critiqué par des intellectuels et hommes politiques et organisations de droite comme de gauche[91]. Ses critiques vont de l'extrême-gauche à la droite : Lutte ouvrière, Bernard Cassen (Attac), Max Gallo, Manuel Valls (PS), Alexandre del Valle, Caroline Fourest...

Ramadan est défendu par d'autres personnalités, comme François Burgat[92] qui estime qu'il n'est ni sexiste, ni antisémite, ni islamiste ou Pascal Boniface[93]. Selon Ian Hamel, Tariq Ramadan est un bouc émissaire des journalistes et politiciens en particulier français : « [i]l est connu. Son nom est facile à retenir, il s’appelle Ramadan comme le ramadan. Il ne dit pas « Oui missié » en baissant la tête lorsqu’il parle aux autres intellectuels français, et surtout il est le petit-fils d’Hassan Al-Banna. (...) Je constate que les Britanniques, mais aussi les Suisses, les Belges, les Hollandais, se montrent nettement plus ouverts que les “intellectuels“ français »[4].

Critique envers les « intellectuels communautaires »[modifier | modifier le code]

Invité au Forum social européen (FSE) de Paris en 2003, Tariq Ramadan y publie un texte polémique, qui fait naître l'accusation d'antisémitisme portée contre lui. Ce texte, Critiques des (nouveaux) intellectuels communautaires[94], avait dans un premier temps été envoyé aux quotidiens Le Monde et Libération, qui en avaient refusé la publication.

Ramadan y affirme que plusieurs intellectuels juifs (comme Alexandre Adler, Alain Finkielkraut, Bernard-Henri Lévy, André Glucksmann ou Bernard Kouchner) ne seraient plus des intellectuels universalistes défendant les droits de l'homme universels, mais développeraient des analyses communautaristes, dictées uniquement par le soutien à Israël (« On perçoit clairement que leur positionnement politique répond à des logiques communautaires, en tant que juifs, ou nationalistes, en tant que défenseurs d’Israël »). Ce soutien les aurait amenés à soutenir la guerre d'Irak. Établissant une équivalence entre terrorisme islamiste et politique en Israël, il écrit :

« S’il faut exiger des intellectuels et acteurs arabes et musulmans qu’ils condamnent, au nom du droit et des valeurs universelles communes, le terrorisme, la violence, l’antisémitisme et les États musulmans dictatoriaux de l’Arabie saoudite au Pakistan ; on n’en doit pas moins attendre des intellectuels juifs qu’ils dénoncent de façon claire la politique répressive de l’État d’Israël. »

Cette dénonciation d'intellectuels, sa forme, la globalisation de ses critiques (Pierre-André Taguieff n'a pas d'origines juives mais dont « tous les amis de la famille étaient des Juifs d'Europe de l’Est, marqués par l'expérience nazie ») et ce qu'il attribue à chacune des personnalités citées lui ont valu des réponses critiques de plusieurs intellectuels et éditorialistes, dont Alain Finkielkraut[95] ou Bernard-Henri Lévy[96] ; Lévy lui reproche notamment de produire des « énoncés antisémites » et invite les mouvements altermondialistes à prendre leurs distances avec lui. André Glucksmann répond dans l'article « Une obsession antisémite »[97]. Toujours dans Le Nouvel Observateur, trois responsables du PS, Manuel Valls, Vincent Peillon et Jean-Luc Mélenchon demandent — en vain — l'exclusion de Tariq Ramadan du Forum social européen[98].

Dans la polémique, Tariq Ramadan a également trouvé des défenseurs, dont Alain Gresh, Edgar Morin, Sonia Dayan, Raphaël Liogier, José Bové, le journaliste Daniel Mermet, Noël Mamère[99], Denis Sieffert, directeur de rédaction de l'hebdomadaire Politis, qui reprenait à son compte une partie de ses arguments :

« Mais que dit Ramadan de si extraordinaire ? Il accuse certains intellectuels “juifs français”, ou “nationalistes”, “de développer des analyses de plus en plus orientées par un souci communautaire qui tend à relativiser la défense des principes universels d’égalité ou de justice”. Il leur reproche une indignation sélective. Or, c'est un fait que l'on n'a pas souvenir d’avoir beaucoup entendu Finkielkraut, Adler, BHL ou encore Taguieff condamner la politique de répression de Sharon. »

Tariq Ramadan expliquera dans son entretien avec le journaliste Aziz Zemouri[n 4] que si les journaux Le Monde et Libération ont refusé le texte, les deux journaux n'ont pas invoqué le caractère antisémite[101].

Rapports avec la journaliste Caroline Fourest[modifier | modifier le code]

Caroline Fourest publie en octobre 2004 Frère Tariq[102] dans lequel elle affirme que, dans la vingtaine d'ouvrages écrits par Tariq Ramadan, ainsi que la plupart de ses conférences enregistrées sous forme de cassettes, Ramadan est fondamentalement plus intégriste que réformiste. Caroline Fourest accuse Tariq Ramadan de tenir un discours particulier pour les médias, « expurgé, elliptique voir trompeur », alors qu'en interne, il tiendrait des propos bien plus engagés. En cela, il est, selon elle, fidèle à la stratégie des frères musulmans : leur fondateur Hassan el-Banna, qui est le grand-père de Tariq Ramadan, recommanderait « à ses partisans de tenir un discours pour l’intérieur et un discours pour l’extérieur ». Caroline Fourest affirme que Tariq Ramadan enseigne la pensée d'Hassan el-Banna, et que ce dernier est pour lui un exemple à suivre, alors qu'elle-même voit en Hassan el-Banna le « fondateur de l’islam totalitaire ». Elle affirme avoir écouté les deux cassettes que consacre Tariq Ramadan à son grand-père sans y trouver la moindre critique à son encontre, et d'après elle Tariq Ramadan est même allé dans un écrit « jusqu’à décrire son grand-père comme un martyr, injustement critiqué : « En Occident, on le connaît surtout par ce qu’en ont dit ses ennemis politiques et particulièrement les colonisateurs anglais et les militants sionistes » »[43].

Selon Caroline Fourest, Tariq Ramadan « n’est pas séparatiste, au sens où il invite bien les musulmans d’Europe à se sentir fiers d’être à la fois européens et musulmans pour mieux s’engager comme citoyens et faire avancer la société qui les entourent vers « plus d’islam » ». Une demande de non mixité hommes-femmes dans les piscines serait un exemple de progression vers l'islam. Pour Caroline Fourest, Tariq Ramadan est un fondamentaliste[43].

Ramadan a répondu[103] que Caroline Fourest interprétait librement ses discours en les sortant de leur contexte. Il estime également que son ouvrage à son sujet comporte un certain nombre de contre-vérités. Selon Saphirnews, site d'actualités pour les musulmans, le « Frère Tariq » de Caroline Fourest est « un pamphlet écrit dans le style de la rhétorique salafiste-jihadiste appliquée à l'idéologie de gauche. Le pire dans cette rhétorique est la bonne foi des auteurs. Le tout donne un livre qui en dit plus sur Caroline Fourest que sur Tariq Ramadan[13]. »

En 2005, la journaliste dénonce avec Antoine Sfeir, dans les colonnes du journal Le Monde, un texte de Ramadan — publié peu avant par le même quotidien[76] — et appelant à un moratoire sur la lapidation. Elle l'accuse de contribuer « à donner le sentiment aux musulmans européens (les seuls sur qui il a une emprise) qu'on peut tergiverser pour savoir s'il faut, ou non, lapider des adultères et battre sa femme[104]. »

Plusieurs débats ont opposé par la suite Fourest et Ramadan[n 5]. Le , dans l'émission On n'est pas couché de Laurent Ruquier, Ramadan met vivement en cause la journaliste, qui lui répond en affirmant qu'il aurait menti cinq fois au cours de cette émission, y compris à son sujet et au sujet de son livre[105].

Sur son « double discours »[modifier | modifier le code]

Un certain nombre de journalistes et d'essayistes lui reprochent de prôner à la fois la stricte observance du Coran et des Hadîths et, par ailleurs, de prétendre concilier l'appartenance musulmane avec le mode de vie et les lois laïcs des sociétés européennes[106],[80],[107]. Les journalistes Caroline Fourest, Antoine Sfeir ou Mohamed Sifaoui lui reprochent également de tenir un « double langage ». C'est également le cas de Paul Landau (alias de l'essayiste Pierre Lurçat) et du chercheur Soheib Bencheikh[108]. Le journal Le Monde, dans un édito de 2017, décrit Tariq Ramadan comme étant un « "islamologue" autoproclamé, habile et médiatique, jouant en français les bons apôtres et en arabe les prédicateurs de combat »[109].

Exemples 
  • En 2002, le politologue et journaliste Antoine Sfeir écrit dans une revue lyonnaise que Ramadan est un islamiste dangereux, militant contre l'intégration, un « fondamentaliste charmeur » et un « spécialiste du double langage ». Ramadan le poursuit en diffamation. Le tribunal en première instance et en appel relaxe le journaliste au bénéfice de la bonne foi[110].
  • En 2003, la philosophe Cynthia Fleury et l'essayiste Emmanuel Lemieux dénoncent ce qu'ils appellent « l'entrisme » de Ramadan dans un long article de Libération :

    « Pour déconstruire la "spiritualité" de Tariq Ramadan, il faut rappeler qu'il désire qu'elle fasse "autorité" sur la société ; que son "espace de témoignage" n'a rien d'un lieu de débats entre non-musulmans et musulmans, mais tout d'une islamisation de l'Occident, véritable nom de l'occidentalisation de l'islam[111],[80]. »

  • En 2005, Paul Landau analyse le discours de Ramadan et notamment les concepts de « réformisme islamique » et celui de « shahada » (témoignage), « concept clé du discours de Ramadan »[112].
  • En 2010, Pierre-André Taguieff voit en Ramadan un homme au « double visage »[113] et relève ces propos diffusés par cassette audio :

    « La crainte pour les musulmans en Occident, c'est que les musulmans répondent à l'Occident et ne répondent pas à Dieu. Or il faut répondre à Dieu et ce sera notre réponse à l'Occident[114]. »

  • À propos de l'attentat de Paris contre Charlie Hebdo en janvier 2015, le quotidien genevois Le Temps accuse l'islamologue de traiter Charlie Hebdo sur les radios étrangères « comme un journal de lâcheté et de faire de l'argent sur l'islam », alors qu'en France paradoxalement, il prône l'apaisement en déclarant à propos des caricatures du même journal :

    « Même si notre cœur est blessé, notre intelligence doit avoir la dignité de ne pas répondre et de regarder au-delà[115]. »

L'universitaire Samir Amghar, lorsqu'on parle à Tariq Ramadan, « vous avez à faire à un homme religieux et à un homme politique »[17].

Selon Ian Hamel, « les pamphlets de 400 pages sur Ramadan ne décrivent jamais une situation précise : lieu, date, heure, contexte, dans lesquels Tariq Ramadan aurait appelé à la lapidation des femmes adultères ou à la guerre contre l’Occident. C’est très clair pour moi, je l’ai dit à la télévision suisse récemment : Tariq Ramadan n’a pas de double discours[4]. »

Dans Faut-il faire taire Tariq Ramadan ?, Aziz Zemouri explique que Ramadan est confronté à un auditoire varié et du fait de cette diversité (musulmans, non-musulmans, groupes sociaux) ses propos restent inchangés mais son langage et ses références sont adaptés à son public et à ses interlocuteurs. Il explique que certains de ces accusateurs ne s’en tiennent qu’à l’énoncé littéral des sources qu’il donne, sans prendre en compte son avis sur ces mêmes sources. Ramadan affirme qu'il n'a pas de « double discours » mais plutôt que ces accusateurs ont une « double audition », qu'ils voient dans l'islam une religion archaïque et violente, et que, par conséquent, ils sont rétifs à la notion d’un islam ouvert[116].

Stéphane Lacroix[n 6] adopte une analyse comparable en relevant que, confronté à des publics différents, Ramadan est obligé d'adapter sa parole sans « que celle-ci ne varie réellement sur le fond. » Pour François Burgat, « il est stupide de parler de double discours à l'heure des réseaux sociaux et de YouTube quand tout est enregistré. » Selon Olivier Roy, « Ceux qui parlent de double discours pour Tariq Ramadan ne comprennent rien ! »[117]

Dans Mon intime conviction, Ramadan répond à ceux qui l'accusent de tenir un double discours[41] :

« Un médiateur est un pont, et un pont n'appartient jamais à une seule rive. Il est toujours un peu trop de “l'autre côté”, toujours soupçonné de “double” loyauté. Ainsi, j'étais toujours “un peu trop occidentalisé” pour certains musulmans, et “un peu trop musulman” pour quelques Occidentaux. Des deux côtés de la rivière, le médiateur doit donc prouver sa pleine appartenance. Lorsque la passion et l'émotivité l'emportent et colonisent les débats, l'intervention nuancée, critique et autocritique, devient suspecte, et la nuance est vite perçue comme de l'ambiguïté. Le médiateur se voit l'objet de projections qui sont parfois dues à une longue histoire, à des contentieux et des traumas profonds. Rien n'est simple : vous vous faites des “ennemis” des deux côtés, et l'on vous traite parfois de traître ou de “vendu”, voire de manipulateur adepte du “double discours”[41]. »

Thèses complotistes[modifier | modifier le code]

Plusieurs commentateurs dénoncent ou déplorent que Tariq Ramadan ait colporté à plusieurs reprises des thèses complotistes. Ainsi, selon Michel Danthe, s'il y a « des thèses complotistes brutes de décoffrage [qui] fleurissent […] sur les réseaux sociaux et sont portées par des quidams sans titre de crédibilité à faire valoir [, il] existe [aussi] une version plus soft de ces théories du complot. Une version qui suggère, qui laisse entendre, qui s’interroge en rafales pour laisser ensuite l’imagination des récepteurs faire le reste. […] Cette version plus édulcorée est portée, elle, par des figures publiques nettement plus médiatiques, comme en témoignent les récentes déclarations de Jean-Marie Le Pen et de Tariq Ramadan »[118].

Rudy Reichstadt, de Conspiracy Watch, s'insurge ainsi de déclarations complotistes de Tariq Ramadan comme quand il déclare que plusieurs bavures policières seraient le résultat d’une politique d’insécurité « entretenue » de longue date par les pouvoirs publics[119], que Mohammed Merah aurait été manipulé par les services secrets français[120], que les slogans antisémites entendus lors de manifestations pro-palestiniennes auraient été tenus par de faux manifestants infiltrés, voire par « des groupuscules étrangers, types LDJ »[120], etc. Le lendemain d'un attentat islamiste à Londres le 24 mai 2013, il tweete par ailleurs : « Un urgent besoin d'enquêtes indépendantes pour tous les actes terroristes. Les Renseignements doivent être questionnés. Tant de zones d'ombre ». Pour Caroline Fourest, « cela fait depuis 1993 que Tariq Ramadan joue à ça (brandir le complot) », dans un contexte où certains musulmans européens adhèrent à la facilité des théories complotistes, celles-ci étant répandues dans le monde arabe[17].

Alain Léauthier dénonce également l'attitude de Tariq Ramadan qui, de manière précautionneuse, en vertu de « légitimes questions », « feint de s’étonner » de la présence des djihadistes dans le Sahel, se questionnant sur qui pourraient les avoir « encouragés et orientés » à s'installer là-bas, accusant la France ou les États-Unis d'avoir un « usage utile des terroristes »[121].

Pascal Boniface prend la défense de Tariq Ramadan. Il estime qu'il ne faut pas confondre des thèses complotistes stupides (comme l'idée que le printemps arabe serait le fait de la CIA) avec une réflexion légitime sur le « storytelling » des différentes puissances (comme pour les armes de destruction massive irakiennes, ou quand on s'interroge sur la stratégie que les États-Unis mettent en place pour contrôler le Moyen-Orient). Il voit un côté unidirectionnel chez ceux qui dénoncent des « théories du complot », qui s'en prennent toujours à ceux qui s'interrogent sur les puissants. Il critique dans ce contexte Caroline Fourest qui s'attaque à Tariq Ramadan ainsi qu'à lui, mais qui n'a jamais dénoncé la théorie du complot contre Charles Enderlin accusé d'avoir mis en scène la mort de Mohammed al-Dura[93].

Soupçons de lien avec le terrorisme islamiste[modifier | modifier le code]

En 1995, dans le contexte des attentats commis par le Groupe islamique armé (GIA), le ministre de l’intérieur, Charles Pasqua, lance une interdiction de séjour à son encontre mais celle-ci est finalement levée par la justice. Il est possible qu'il ait été confondu avec son frère, Hani Ramadan, lequel, dans une tribune publiée par Le Monde, avait justifié l'application de la charia et la lapidation des femmes. Cependant, l'essayiste Caroline Fourest note que « pendant les années noires en Algérie, Tariq Ramadan a tenu des conférences où l'on soutenait le FIS et même le GIA »[17].

En août 2004, le gouvernement fédéral des États-Unis annule le visa de travail de Tariq Ramadan (obtenu trois mois plus tôt) sans fournir d'explication, arguant que le Patriot Act autorise les États-Unis à prendre des mesures en cas de soupçon d'activité terroriste[réf. nécessaire]. D'après Mediapart, ce refus s'explique par « un don de 1 336 dollars à une association humanitaire proche du Hamas palestinien »[14]. Le , une cour d'appel de Manhattan estime que les accusations portées à son encontre sont non-fondées[122]. Le , le département d'État des États-Unis prend la décision, dans un document signé par la secrétaire d'État, Hillary Clinton, de ne plus considérer comme recevables les raisons qui empêchaient Tariq Ramadan d’entrer aux États-Unis[123].

Dans un entretien accordé le 28 septembre 2014 à la Radio télévision suisse, Tariq Ramadan condamne l'État islamique. Pour lui, la première des choses à faire est de ne pas assimiler l'État islamique à l'islam ; il pense que « le Qatar ou l'Arabie saoudite financent surtout des groupements salafistes qui sont en amont de ce qui peut par la suite entraîner la dérive vers la violence »[124].

Conflit avec la ville et l'université de Rotterdam[modifier | modifier le code]

En 2007, l’université de Leyde des Pays-Bas lui propose d'occuper la chaire d’islamologie financée par le sultanat d'Oman[125]. Tariq Ramadan refuse ce poste, mais la même année, il est recruté comme consultant sur les questions d'intégration par la mairie de Rotterdam et comme professeur invité par l'université de cette ville.

Son poste à la mairie est menacé une première fois, en , lorsqu'un média néerlandais lui attribue des propos homophobes et sexistes. Son contrat de conseiller de la municipalité de Rotterdam, chargé de « stimuler » le débat sur l'immigration, est au cœur d'une vive polémique qui entraîne une scission au sein de la coalition qui gouverne la ville. Ses propos au sujet des homosexuels et des femmes, son rôle réel dans la communauté musulmane et ses conceptions quant à la place de l'islam dans les sociétés européennes sont au cœur de cette polémique[126]. Mais après enquête, la mairie de Rotterdam lui renouvelle sa confiance, considérant que les propos rapportés par Gay Krant sont inexacts, incomplets et sortis de leur contexte[127].

En , les deux institutions (la mairie et l'université) le renvoient en raison de sa participation aux programmes de Press TV, une chaîne de télévision financée par le régime iranien[128]. Ramadan, en réponse, accuse ses détracteurs de se servir de son cas à des fins électoralistes[129]. Un certain nombre de fonctionnaires de l’Université Erasmus protestent contre la façon dont l’université uni ses forces avec la municipalité de Rotterdam pour renvoyer Tariq Ramadan : selon eux il s’agit d’une atteinte à la liberté académique[130]. Dans un communiqué cosigné par plusieurs professeurs et chercheurs, il est dit que « l'université doit représenter le raisonnement objectif même lorsque les émotions sont vives. Un débat s’impose et non un licenciement » affirmant que « Ramadan est un homme qui croit dans un débat ouvert et constructif en toutes circonstances » et rappelant que « le programme [mis en cause] ne fait aucune propagande en faveur du régime d’Ahmadinejad ; Ramadan a d’ailleurs condamné la politique de répression de ce gouvernement. »[131] »[132],[133].

Le 11 août 2010, le tribunal de Rotterdam statue et estime que le licenciement de Tariq Ramadan est conforme : l'intéressé n'était pas fondé à réclamer des dommages et intérêts pour la mise en cause de son honneur et de sa réputation tout en considérant que la ville avait pu, à juste titre, invoquer « l'agitation sociale » résultant de l'affaire, sans qu'il faille considérer les propos comme offensants[134]. Tariq Ramadan, en réponse, reproche au tribunal de ne pas avoir pris en compte ses arguments (la promptitude de son licenciement, dû au climat populiste de l'époque alors qu’il était absent, la non prise en compte de la nature de l’émission, ainsi que de ses critiques à l’égard du régime iranien, et, donc, de son indépendance vis-à-vis de ce dernier), il accuse clairement le tribunal d'avoir pris une décision tendancieuse motivée par « un climat politique malsain », ainsi que par le fait qu'il est musulman, et annonce qu'il fera appel de cette décision[135].

Le 8 novembre 2012, le Tribunal de Rotterdam donne raison à Tariq Ramadan, et statue que l’Université avait agi en contrevenant à ses droits. Cette dernière devra, non seulement couvrir les frais de justice mais également l’indemniser pour les dommages subis[136]. Le 19 mars 2013, le Tribunal de La Haye donne également raison à Tariq Ramadan contre la Ville de Rotterdam et demande à la Municipalité de l'indemniser pour les dommages subis.

Controverse sur sa demande de nationalité française[modifier | modifier le code]

Après avoir longtemps exclu de solliciter l'acquisition de la nationalité française pour ne « pas donner le sentiment [qu'il avait] quelque ambition » en France[7], il annonce sa volonté de la demander en février 2016[137],[138] afin de « donner un exemple concret et positif d'adhésion aux valeurs de la République », dans le contexte du projet de réforme sur la déchéance de la nationalité qu'il qualifie de « désastre constitutionnel »[7].

Certains éditorialistes y voient une provocation[139]. Le Premier ministre Manuel Valls répond en mai 2016 affirmant qu'il n'y a « aucune raison » pour que cette démarche soit acceptée, estimant que Ramadan ne partage pas les « valeurs » de la République[140].

Opposition à la tenue de ses conférences en France et dans plusieurs pays musulmans[modifier | modifier le code]

En 2016, plusieurs maires ou associations s'opposent à sa venue pour des conférences. Ainsi, le PS, à Orléans, le 13 mars, Michel Thooris, à Nice, le 20 mars, et Alain Juppé, le 27 mars, à Bordeaux qui déclare : « les propos de Tariq Ramadan sont ambigus et dangereux. Il n'est pas le bienvenu à Bordeaux »[141],[142],[143].

En mars 2016, un juge administratif est saisi pour la première fois, par le Front national, sur la tenue d'une de ses conférences, qu'il autorise en rejetant le risque de trouble à l'ordre public[7].

Le 16 juillet 2016, Tariq Ramadan s'est vu refuser l'entrée sur le territoire mauritanien lors de son arrivée à l'aéroport international de Nouakchott-Oumtounsy. Il avait été invité pour donner des conférences dans le pays. Ramadan a affirmé que la décision est venue directement de la présidence et que c'est la huitième fois qu'il se voit refuser l'entrée d’« un pays dit musulman »[144],[145].

Accusations de violences sexuelles[modifier | modifier le code]

L'affaire débute dans le contexte qui a suivi les révélations sur les agissements du producteur de cinéma américain Harvey Weinstein, et grâce notamment au succès du mouvement #BalanceTonPorc sur Twitter, qui a libéré la parole des victimes d'agressions sexuelles[146].

Première plainte[modifier | modifier le code]

Dans son ouvrage autobigraphique J’ai choisi d’être libre publié en 2016 (Flammarion), Henda Ayari[n 7] rapporte notamment avoir été « violentée »[147] par un islamologue, prédicateur charismatique, qu'elle nomme « Zoubeyr »[148].

En octobre 2017, après « avoir "gardé le silence" [...] par "peur des représailles" »[149], elle désigne Tariq Ramadan comme étant son agresseur, et précise avoir pris cette décision afin d'« inciter d'éventuelles autres victimes à s'exprimer à leur tour[149] ».

Le , la jeune femme porte plainte contre Tariq Ramadan pour « des faits de viol, d'agressions sexuelles, violences volontaires, harcèlement, intimidation » auprès du parquet de Rouen[150]. Selon son avocat, les faits remontent à 2012[147]. À la suite de cette initiative, elle reçoit sur les médias sociaux plusieurs soutiens, mais y est également « la cible d’injures et de théories du complot », Le Monde évoquant notamment un déchaînement d'antisémitisme[151],[20],[152].

Les allégations sont formellement démenties par Tariq Ramadan, dont l'avocat annonce son intention de transmettre une « plainte pour dénonciation calomnieuse », devant le procureur du même ressort[153],[150].

Le 23 octobre, le journaliste Ian Hamel, auteur de La Vérité sur Tariq Ramadan : sa famille, ses réseaux, sa stratégie (2007), affirme avoir lu, depuis 2012, « cinq ou six témoignages de femmes accusant Tariq Ramadan de les avoir insultées, violées, frappées et menacées ». Selon lui, et bien qu'il ne puisse confirmer leurs déclarations « vu qu’elles n’ont pas porté plainte et [qu'il n’a] pas les preuves », « l’accumulation pose question : pourquoi l’accusent-elles systématiquement de la même chose ? »[20].
Le même jour, l'avocat de Tariq Ramadan dépose une « plainte pour dénonciation calomnieuse »[154].

Le 15 novembre, les avocats de Tariq Ramadan remettent au parquet une vieille conversation entre leur client et la plaignante, ayant eu lieu 15 mois après les abus sexuels présumés. Le Parisien estime que cette conversation illustre « toute la complexité de l'affaire », Henda Ayari écrivant notamment à Ramadan : « des personnes qui te haïssent m'ont monté la tête contre toi en te faisant passer pour un monstre pervers et sans cœur ». Les avocats de la plaignante déclarent que cette conversation est sortie de son contexte et que Henda Ayari était à l'époque « sous l'emprise » de Tariq Ramadan[155].

Enquête préliminaire[modifier | modifier le code]

Le 24 octobre 2017, une enquête préliminaire est ouverte par le parquet de Paris[n 8], pour « viol, agression sexuelle, violence et menace » à l'encontre de l'universitaire suisse[156]. Selon Jean-Michel Décugis, du Parisien, Henda Ayari aurait été menacée par Tariq Ramadan et transmis aux enquêteurs « des écrits qu'[elle] aurait conservés »[157].

Deuxième plainte[modifier | modifier le code]

Selon les informations du Parisien et du Monde, une deuxième femme, accusant Tariq Ramadan de viol, porte plainte le 26 octobre 2017, pour des actes remontant à 2009. Il s'agit d'une femme souffrant d'un handicap aux jambes, et dont le témoignage indique qu'elle portait à l'époque une attelle à la jambe droite et se déplaçait avec des béquilles. Elle évoque « des scènes de violence sexuelle d'une grande brutalité ». Elle affirme avoir reçu des coups à plusieurs reprises, avoir été victime de fellation et sodomie, avoir manifesté son opposition : « j'ai hurlé de douleur en criant stop. » Elle décrit une contrainte sexuelle avec objet, et affirme que Tariq Ramadan l'a traînée par les cheveux jusqu'à la salle de bain, puis l'a humiliée en lui urinant dessus dans la baignoire. Elle déclare avoir été séquestrée toute la nuit, mais avoir réussi à s'enfuir en début de matinée. À la suite de cette agression, la victime évoque « une dépression, la perte de son logement et une tentative de suicide par médicament »[158],[159],[160].

Des certificats médicaux établis après cette nuit là et attestant d’ecchymoses et blessures sont versés au dossier. Éric Morain, l'avocat de la plaignante, affirme avoir rencontré d'autres femmes qui réfléchissent à porter plainte pour des faits de harcèlement ou d'agressions sexuelles[161].

La plaignante raconte, dans Marianne du 22 novembre 2017[162], qu'après la nuit avec Ramadan, ce dernier l'aurait harcelé pendant trois ans[163], afin qu'elle se taise[164]. Elle décrit un harcèlement, des coups de téléphones anonymes, des menaces, des filatures, et déclare avoir subi « une pression psychologique cruelle, très intense », qui l'a « amenée à une tentative de suicide ». Elle dit aussi s'être rendue dans un commissariat de police, mais n'avoir finalement pas eu le courage de déposer sa plainte à ce moment là, puis avoir abandonné toute idée de poursuite après une menace de mort par un inconnu sur une terrasse[163].

Élèves mineures à Genève[modifier | modifier le code]

Selon une enquête de la Tribune de Genève, publiée début novembre 2017, trois anciennes élèves du « professeur Ramadan », alors âgées de 14 à 18 ans, déclarent avoir eu des relations sexuelles avec lui, entre 1984 et 2004. Une quatrième, âgée de 14 ans à l'époque, « dit s'être attiré les foudres de l'islamologue après avoir refusé ses avances »[146],[165].

Mères de famille au moment des révélations, ces femmes étaient, à l'époque des faits présumés, élèves du cycle des Coudriers puis du collège de Saussure, à Genève, dans la ville natale de Tariq Ramadan[166]. Elles affirment avoir été harcelées et évoquent « un professeur charismatique usant et abusant de son emprise psychologique sur elles », plusieurs font état de violences de sa part avant et pendant les actes sexuels allégués[167]. La majorité sexuelle est de 16 ans en Suisse.

Les faits sont prescrits[168]. Tariq Ramadan porte plainte contre X pour diffamation[169].

Mi-novembre, l'ancien directeur du Collège de Saussure affirme que, dans les années 1990, un élève a accusé Tariq Ramadan d'avoir eu des relations sexuelles, interdites, avec deux élèves. Tariq Ramadan a nié les fait, mais le directeur lui a demandé de ne plus se retrouver seul à seul avec des élèves[170].

Autres témoignages[modifier | modifier le code]

Réagissant à la suite de la première plainte, Caroline Fourest — « l’une des principales opposantes du théologien », selon Le Parisien[171] — déclare savoir que Tariq Ramadan « menait aussi une double vie, à l'opposé de ses nombreux sermons ». Elle affirme avoir rencontré quatre femmes (depuis 2009) dont les récits ressemblent à celui de Henda Ayari. Selon l'éditorialiste « toutes avaient vécu à peu près la même histoire. Une demande de conseil religieux transformé en relation sexuelle compulsive, parfois consentie, souvent violente et très humiliante, avant de finir en menaces. L'une d'elles avait subi un traitement pouvant faire l'objet d'une plainte. Je l'ai présentée à un juge »[172].
Cette rencontre, qui a eu lieu en 2009, n'aboutira pas à un dépôt de plainte, car, selon Caroline Fourest, la personne a été intimidée et menacée[171]. L'essayiste déclare être « bien placée pour connaître la violence des réseaux des Frères musulmans », et, selon elle, une « tornade […] se serait abattue sur cette jeune femme si elle avait osé briser l'omerta à l'époque. Maintenant que Henda Ayari a eu ce courage, c'est différent[172] ».

Les avocats de l'islamologue — ciblant, selon Le Figaro, « notamment des propos de la journaliste Caroline Fourest » — portent plainte, le 3 novembre, pour subornation de témoin[173]. Ils s'interrogent sur les conditions dans lesquelles les victimes présumées ont été amenées à porter plainte et sur une éventuelle entente préalable entre elles. Par ailleurs, ils demandent une enquête pour confirmer la rencontre avec un magistrat professionnel en 2009, estimant pour leur part que le non dépôt de plainte à cette époque fragiliserait les accusations[171],[174],[175].

Le 28 octobre, Le Parisien publie le témoignage d'une troisième jeune femme qui, selon le quotidien, avait envisagé de porter plainte en 2014 et déclare : « Tariq Ramadan a abusé de mes faiblesses[176]. » Elle raconte avoir « été harcelée et menacée » par le théologien[177].

Le 29 octobre, l'un des soutiens de Ramadan, admettant que le théologien ait pu avoir des liaisons hors du cadre de son mariage, contrairement à ce qu'il professe dans ses conférences et écrits, déclare : « Je veux bien admettre qu’il ait eu des relations extraconjugales. Mais de là à commettre des viols, il y a un écart[34]. »

Bernard Godard, ancien fonctionnaire des renseignements généraux, connaissait les faits relevant de harcèlement et déclare que : « Tariq Ramadan avait beaucoup de maîtresses, qu'il consultait des sites, que des filles étaient amenées à l'hôtel à la fin de ses conférences, qu'il en invitait à se déshabiller, que certaines résistaient et qu'il pouvait devenir violent et agressif, ça oui. Mais je n'ai jamais entendu parler de viols. J'en suis abasourdi[178]. »

Le 7 novembre, Le Point révèle qu'une femme a affirmé, en 2014, avoir entretenu une relation avec Tariq Ramadan pendant cinq ans, de 2009 à 2014. Selon elle, il s'est montré pendant cette période manipulateur, évitant de lui répondre sur son statut marital. Elle déclare n'avoir subi ni viol ni coups, mais avoir été menacée quand elle a voulu dénoncer celui qu'elle appelle un « tartuffe »[179]. D'après elle, des dizaines, voire des centaines de femmes ont été victimes de Tariq Ramadan, et le décrivent comme un « monstre sans foi ni loi, qui a profité de tout, de leurs âmes et de leurs corps. Pour s'en aller après, lâchement »[180].

Le 16 novembre, Mediapart publie une enquête, titrée « Violences sexuelles : le système Tariq Ramadan », basée notamment sur des témoignages affirmant que le silence des femmes était obtenu par une « mécanique de contrôle et de menaces »[146].

Réactions[modifier | modifier le code]

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Critiques[modifier | modifier le code]

Après le second dépôt de plainte pour viol contre Tariq Ramadan, le journal Marianne titre: « une violence à l'état pur » puis déclare : « les faits rapportés sont d'une violence inouïe »[181]. Saïd Branine, responsable du site Oumma.com, écrit : « C'est un grand choc. Les faits qui lui sont reprochés sont en contradiction avec l’image policée que Tariq Ramadan a toujours renvoyée. Même s’il était en perte de vitesse, il bénéficiait toujours d’une grande aura[177] ». Majda Laroussi, qui avait dès 2014 dénoncé le comportement sexuel de Tariq Ramadan, critique également ce double visage : « Son métier, c'est de parler de vie privée et de morale. Or, il n'y a pas une once de moralité en lui »[3]. Selon Caroline Fourest, qui a étudié les cassettes de cours de Tariq Ramadan, sur celles-ci, son « ton » est celui d'un « prédicateur obsédé par la sexualité », ce qui est selon elle le signe d'une « névrose ». Et elle rajoute que sur tous les prédicateurs sur lesquels elle a enquêté, quelle que soit leur religion, elle ne croit « pas être tombée une seule fois sur un homme menant une vie sexuelle équilibrée, ou simplement conforme à ce qu'il prêchait »[172]. Manuel Valls, ancien Premier ministre, déclare : « Depuis des années, je dénonce la duplicité de Tariq Ramadan... aujourd'hui la vérité éclate grâce à des femmes courageuses. Merci à elles ! »[182]. Manuel Valls voit en Tariq Ramadan un « soi-disant intellectuel, promoteur de la charia, prédicateur islamique  », et accuse certains médias de « complicité » envers l'islamologue, tandis que Libération s'étonne du silence des organisations et figures de l'islam en France[183],[184].

Dans une tribune parue dans Le Monde, une douzaine de féministes musulmanes, dont Sarah Zouack, « emblématique d’une jeune et nouvelle génération d’activistes et féministes musulmanes » selon Libération[185], déclarent : « certaines parmi nous ont directement été confrontées au sexisme de Tariq Ramadan. Leurs interactions avec lui ont été marquées par des tentatives malsaines de séduction, une volonté de contrôle affectif et de manipulation psychologique ». Et, selon elles, « un incroyable silence semblait régner autour du fait que cet homme se plaçait en guide religieux de nombreuses jeunes femmes en détresse à qui il distribuait sa carte de visite après chaque conférence »[186],[187]. Plusieurs journaux présentent Tariq Ramadan comme un « gourou », ayant sur ses fidèles une « emprise »[188],[189],[190].

Réagissant aux témoignages des deux femmes ayant porté plainte contre Ramadan, la députée Clémentine Autain déclare : « je salue le courage de ces femmes. Les témoignages que j’ai lus dans la presse sont glaçants. Je souhaite que la justice puisse faire son travail au plus vite »[191].

Université d'Oxford[modifier | modifier le code]

Au Royaume-Uni, où l'islamologue est moins controversé[29], « le silence demeure presque complet ». Fin octobre 2017, l’université d'Oxford qui l'accueille « fait le dos rond » et les médias restent discrets : ceux qui relayent l'information, le font « brièvement et de façon purement factuelle »[192]. Le 7 novembre, « d'un commun accord », il est mis en congé de son poste de professeur d'études islamiques contemporaines à l'université d'Oxford[193], qui précise : « un congé n'implique aucune présomption ou acceptation de culpabilité et permet au professeur Ramadan de répondre aux accusations extrêmement graves portées contre lui, qu'il nie catégoriquement, tout en répondant à notre principale préoccupation – répondre à la détresse accrue et compréhensible, et mettre en priorité le bien-être de nos étudiants et du personnel »[30].

Tariq Ramadan et proches[modifier | modifier le code]

De son côté, Tariq Ramadan dénonce « une campagne de calomnie qui fédère assez limpidement [ses] ennemis de toujours » ; il conclut que « le droit doit maintenant parler, mon avocat est en charge de ce dossier, nous nous attendons à un long et âpre combat. Je suis serein et déterminé[194]. » Contacté par Mediapart, son avocat fait savoir qu’il ne « communiquer[ait] pas »[152]. Ses avocats, Yassine Bouzrou et Julie Granier, dénoncent un « déferlement médiatique » et déclarent : « Le temps médiatique n'est pas celui de la justice et en aucune façon, le premier ne doit ni ne peut s'imposer au second. Nous lui avons donc expressément demandé [à Tariq Ramadan] de ne pas s'exprimer en retour[195] ».

Yamin Makri, cofondateur de l’Union des jeunes musulmans, un mouvement proche de Tariq Ramadan, réagit aux accusations contre Tariq Ramadan en évoquant un « complot sioniste international »[177]. Selon le journal Le Temps, Tariq Ramadan est connu notamment « à travers sa lutte pour défendre la cause palestinienne », et, réagissant aux accusations dont il fait l'objet, ses « alliés dénoncent un complot de réseaux pro-israéliens. Mais la plupart d’entre eux demeurent silencieux ou invoquent la présomption d’innocence »[196].

Associations musulmanes[modifier | modifier le code]

Le 10 novembre 2017, Ahmet Ogras, président du Conseil français du culte musulman (CFCM), s'exprime sur l'affaire. Il souhaite que la justice se prononce « rapidement ». Il déclare que Tariq Ramadan n'est « pas un ami du CFCM », mais qu'il doit bénéficier de la présomption d'innocence. Ahmet Ogras affirme que si Tariq Ramadan avait été salarié du CFCM, il aurait été mis en congé tout comme il l'a été de l'université d'Oxford. Par ailleurs, Ahmet Ogras estime que les interventions dans cette affaire de l'ancien Premier ministre Manuel Valls et de Caroline Fourest sont préjudiciables aux victimes, et d'une manière générale il demande « aux adversaires politiques » de Tariq Ramadan « de ne pas se mêler de cette affaire, dans l'intérêt des victimes »[197].

Pour Nadia Karmous, présidente de l'Association culturelle des femmes musulmanes de Suisse, les accusatrices de Tariq Ramadan sont des « frustrées »[198].

Soutiens ou neutres[modifier | modifier le code]

La journaliste suisse Romaine Jean estime que les réactions de la presse à l'affaire Ramadan sont « indignes », elle les compare à un « lynchage » effectué par une « meute ». Elle relève que Le Monde qualifie la plainte de Henda Ayari d'« accablante », un terme inapproprié selon elle tant que la culpabilité de Ramadan n'est pas établie. Elle note aussi que des publications donnent « les détails les plus sordides du dossier », alors que la justice n'a pas rendu son verdict : cela pose selon elle la question de la « protection de la personnalité », en ce qui concerne Tariq Ramadan[199].

Edgar Morin, qui venait de retrouver Tariq Ramadan dans le livre d'entretien L'Urgence et l'essentiel (Don Quichotte, octobre 2017), estime que l'islamologue était avant cette affaire déjà victime d'une diabolisation — des attentats « daechistes » ayant déclenché en France une « vague dénonçant l’islamisme et ses supposés agents […] » — et que cette affaire de mœurs est utilisée pour le « détruire ». Le philosophe se déclare « surpris et troublé par la première accusation de viol et sévices, ainsi que par les accusations qui suivirent » et, relevant « la contradiction entre son discours religieux de pureté et de pudeur, et son comportement très profane de séducteur et pire, selon les accusations, de macho dominateur », il écrit : « Je tiens seulement à distinguer mon opinion sur sa pensée politico-religieuse de la réprobation de tout mon être pour des actes qui offensent et humilient […] ». Pour Edgard Morin, « il faut attendre les confrontations d’un procès pour se faire son opinion sinon de façon plus complète, du moins de façon plus correcte »[200].

Le journal Le Temps estime que « loin de la présomption d’innocence, le temps de la curée est venu » et que l'« énorme écho médiatique » des accusations contre Ramadan se déroule sur « fond d’hostilité persistante, dans l’Hexagone, pour l’islam qu’il incarne »[201].

Cette affaire se conjugue pour L'Orient-Le Jour a une perte d’influence déjà patente de Tariq Ramadan mais qui cette fois-ci ne porte pas sur des prises de positions polémiques mais sur « son image de modèle de vertu fracassée »[17].

Réseaux sociaux[modifier | modifier le code]

Sur les réseaux sociaux, selon Le Monde, « si les messages de soutien à l’ancienne salafiste ont été nombreux, ceux qui lui sont hostiles ont un ton haineux d’une rare violence ». Parfois soupçonnée d'avoir organisé un scandale pour faire vendre son livre, Henda Ayari est accusée par certains internautes d'avoir été payée pour abattre Tariq Ramadan et « à travers lui, l’islam tout entier »[151]. Ce complot est souvent attribué aux sionistes ou aux juifs, et divers journaux parlent d'attaques « antisémites » contre Henda Ayari[151],[202],[203].

Reconnaissance[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • L'Urgence et l'essentiel, avec Edgar Morin, Don Quichotte[204], octobre 2017 (ISBN 978-2359495591)
  • Le Génie de l'islam, Presses du Châtelet, janvier 2016 (ISBN 2845926316)
  • Être occidental et musulman aujourd’hui, Presses du Châtelet, septembre 2015 (ISBN 2845924186)
  • Au péril des idées, avec Edgard Morin
  • Introduction à l'éthique islamique, Presses du Châtelet, avril 2015 (ISBN 9782845926073)
  • L'Islam et le Réveil arabe, Éd. Presses du Châtelet, novembre 2011 (ISBN 9782845923294)
  • Mon intime conviction, Presses du Châtelet, , 183 p. (ISBN 9782845922907)
  • L'Autre en nous pour une philosophie du pluralisme, Éd. Presses du Châtelet, avril 2009, 278 p. (ISBN 2845922825)
  • Islam, la réforme radicale, éthique et libération, Éd. Presses du Châtelet, oct. 2008, 417 p. (ISBN 9782845922662)
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Articles[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. L'Université al-Azhar est le centre de référence des sciences islamiques dans le monde sunnite. Elle y forme notamment les enseignants officiels. À l'issue de leur parcours, ceux-ci se voient délivrer une « autorisation » à enseigner à leur tour : une ijaza. Chaque matière en nécessite une.
  2. En Suisse, le titre universitaire de chargé de cours fait partie du corps professoral au deuxième rang du corps académique.
  3. H. Seniguer, chercheur à l'institut d'études politiques de Lyon, est spécialiste du Qatar.
  4. « Aziz Zemouri, ex-hypokhâgneux et diplômé de la Sorbonne Paris-IV, est journaliste[100] ».
  5. Par exemple « Tariq Ramadan - Fourest / Ramadan : le débat tant attendu » [vidéo], , dans l'émission Ce soir ou jamais (France 3), présentée par Frédéric Taddeï, durée 1:02:39
  6. S. Lacroix, chercheur au Centre de recherches internationales (CERI)[117]
  7. L'auteure, Henda. Ayari, ancienne pratiquante salafiste, est devenue militante féministe laïque, fondatrice, en 2015, de l'association Libératrice
  8. En raison du lieu où se seraient déroulés les faits, « Le parquet de Rouen, où a été initialement déposée la plainte, s'est dessaisi au profit du parquet de Paris », sur leparisien.fr,

Références[modifier | modifier le code]

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  173. Le Figaro avec AFP, « Plainte des avocats de Ramadan pour subornation de témoin », sur lefigaro.fr, (consulté le 4 novembre 2017)
  174. « Accusé de viols, Tariq Ramadan porte plainte pour subornation de témoin », Ouest-France.fr,‎ (lire en ligne)
  175. « Affaire Tariq Ramadan : ses avocats déposent plainte pour subornation de témoin », LCI,‎ (lire en ligne)
  176. « Une troisième victime présumée : “Tariq Ramadan a abusé de mes faiblesses” », .
  177. a, b et c Bernadette Sauvaget, « Affaire Tariq Ramadan: entre révélations et silences embarrassés », sur Libération.fr, .
  178. Visé par deux plaintes pour viols : qui est vraiment Tariq Ramadan ?.
  179. Ian Hamel, « En 2014, un cri contre Tariq Ramadan », Le Point,‎ (lire en ligne)
  180. Ian Hamel, « Le récit de Majda Bernoussi, trompée par Tariq Ramadan », Le Point,‎ (lire en ligne)
  181. « Nouvelle plainte pour viol contre Tariq Ramadan : une violence à l'état pur », Marianne,‎ (lire en ligne)
  182. Prisma Média, « L’animateur Frédéric Taddeï accusé de « complicité » avec Tariq Ramadan par Manuel Valls - Gala », Gala.fr,‎ (lire en ligne)
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  184. http://www.liberation.fr/france/2017/10/29/tariq-ramadan-silence-dans-les-rangs-musulmans_1606663
  185. « Affaire Tariq Ramadan : des féministes musulmanes en soutien aux plaignantes », Libération.fr,‎ (lire en ligne)
  186. Le Point, magazine, « Affaire Tariq Ramadan: la chute d'un guide voire d'un "gourou" », Le Point,‎ (lire en ligne)
  187. Collectif, « Affaire Tariq Ramadan : « Nous choisissons d’inverser la charge de la preuve et de croire la parole des femmes » », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  188. « Tariq Ramadan, la chute d'un gourou », L'Obs,‎ (lire en ligne)
  189. « Affaire Tariq Ramadan: la chute d'un guide voire d'un "gourou" », sur La Voix du Nord,
  190. « Affaire Tariq Ramadan : la chute d’un guide voire d’un "gourou" », SudOuest.fr,‎ (lire en ligne)
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  192. Eric Albert, « Au Royaume-Uni, l’affaire Tariq Ramadan ne crée aucun émoi », sur lemonde.fr, (consulté le 31 octobre 2017).
  193. Raphaëlle Bacqué, « Tariq Ramadan mis en congé de l’université d’Oxford », sur lemonde.fr, (consulté le 12 novembre 2017)
  194. « "Soit vous êtes voilée, soit vous êtes violée" : l'une des accusatrices de Tariq Ramadan se confie », Paris Match Belgique - Parismatch.be,‎ (lire en ligne).
  195. « Plaintes contre Tariq Ramadan : ses avocats dénoncent un "déferlement médiatique" », Europe 1,‎ (lire en ligne).
  196. « Les soutiens de Tariq Ramadan dénoncent un complot sioniste », Le Temps,‎ (lire en ligne)
  197. « Affaire Tariq Ramadan : le président du CFCM souhaite que la justice se prononce "rapidement" », Paris Match,‎ (lire en ligne)
  198. Christophe Passer, « À la Chaux-de-Fonds, le soutien à Ramadan laisse l'autorité muette », Le Matin dimanche, 12 novembre 2017, page 10.
  199. « Affaire Ramadan: non à la meute! », Bilan,‎ (lire en ligne)
  200. « Tariq Ramadan avant pendant après, par Edgar Morin », sur mediapart.fr, (consulté le 10 novembre 2017)
  201. « En France, l’affaire Ramadan tourne à la curée », Le Temps,‎ (lire en ligne)
  202. Le Point, magazine, « Accusé de viol, Tariq Ramadan dément et porte plainte », Le Point,‎ (lire en ligne)
  203. « Affaire Ramadan : sur Internet, insultes et théorie du complot », leparisien.fr,‎ 2017-10-30cet10:36:36+01:00 (lire en ligne)
  204. Voir sur donquichotte-editions.com.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire mondial de l'islamisme, ouvrage collectif, Éditions Plon, 2002, 438 p. (ISBN 2259197604)
  • Jack-Alain Léger, Tartuffe fait Ramadan, Éditions Denoël, 2003
  • Caroline Fourest, Frère Tariq : Discours, stratégie et méthode de Tariq Ramadan, Éditions Grasset & Fasquelle, 2004, 450 p. (ISBN 2246667917)
  • Jack-Alain Léger, À contre Coran, éditions HC, collection « Hors de moi », mars 2004
  • Aziz Zemouri, Faut-il faire taire Tariq Ramadan ?, L'Archipel, , 382 p. (ISBN 2841876470)
  • Pierre-André Taguieff, La Judéophobie des modernes, Paris, Odile Jacob, 2008, p. 416-424
  • Paul Landau, Le Sabre et le Coran, Tariq Ramadan et les frères musulmans à la conquête de l'Europe, Éditions du Rocher, 2005, 230 p. (ISBN 978-2268053172)
  • Ian Hamel, La Vérité sur Tariq Ramadan, sa famille, ses réseaux, sa stratégie, Éditions Favre, 2007, 364 p. (ISBN 2-8289-0941-7)
  • Mâamar Metmati, Tarik Ramadan, un imposteur du XXIe siècle (édition français-anglais-arabe), Éditions La Lanterne, 2010
  • Lucia Canovi, Le Double Discours. Tariq Ramadan le jour, Tariq Ramadan la nuit, 2017.

Articles[modifier | modifier le code]

  • La Croix, 29 janvier 2004
  • Lionel Favrot, « Tariq Ramadan dévoilé », hors-série de Lyon Mag, 2004, 297 p.
  • Ariane Bonzon, «Tariq Ramadan, une histoire très française», «Comment Tariq Ramadan est devenu persona non grata en France» et «Comment Tariq Ramadan est devenu l’homme du grand écart permanent», enquête en trois volets, décembre 2015, Slate.fr (lire en ligne)
  • Raphaëlle Bacqué et Besma Lahouri, « Tariq Ramadan, le sphinx », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  • Mathieu Magnaudeix, « Enquête sur Tariq Ramadan : En cinq volets, Mediapart revient sur les faits mais aussi les fantasmes qui entourent l'islamologue », Mediapart,‎ (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]