Youssef al-Qaradâwî

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Youssef al-Qaradâwî
Yusuf al-Qaradawi.jpg

Youssef Al-Qaradâwî dans les années 1960.

Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (89 ans)
Saft Turab (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Enfant
Autres informations
Domaine
Théologie islamique (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Religions
Maître
Site web
Distinction
Prix international Roi Fayçal (en)Voir et modifier les données sur Wikidata

Youssef al-Qardaoui ou Yûsuf Al-Qaradâwî (en arabe : يوسف القرضاوي) (né le 9 septembre 1926 en Égypte) est un théologien, islamologue et universitaire qatari d'origine égyptienne. Fondateur et doyen de la première université des études et sciences islamiques à Qatar en 1977, il est également président de l'Union Internationale des Savants Musulmans, membre du Conseil Européen pour la Recherche et la Fatwa, Il est aussi connu pour son programme Al-charia wa Al-Hayat[1] ("la voie vers dieu et la vie»), diffusée sur Al Jazeera avec une audience estimée à 60 millions dans le monde.

Al-Qaradawi a publié plus de 120 livres[2], notamment Le licite et l'illicite en Islam et l'islam, civilisation de demain. Il a également reçu huit prix internationaux pour ses contributions à la science et l'économie islamique[3], et il est considéré comme l'un des chercheurs musulmans les plus influents vivant aujourd'hui[4]. Al-Qaradawi a longtemps eu un rôle de premier plan au sein du leadership intellectuel des Frères musulmans[2], une organisation politique égyptienne, mais deux fois (en 1976 et 2004) a refusé des offres pour un poste officiel ou d'être le leader de l'organisation[5].

En Occident, certains des points de vue d'al-Qaradawi sont controversés[6], il s'est vu refuser un visa d'entrée au Royaume-Uni en 2008, et interdit d'entrée aux États-Unis et en France[7] en 2012. Dans le monde musulman, ses positions contre certains régimes tyranniques lui ont valu l'interdiction d'entrée dans plusieurs pays arabes dont les Émirats arabes unis [8] et l'Égypte où il a eté jugé par contumace en 2013.

Le 16 mai 2015, al-Qaradawi a été condamné à mort par contumace par un tribunal égyptien en même temps que le président déchu Mohamed Morsi et plus d’une centaine d’autres citoyens égyptiens affiliés aux Frères musulmans[9].

Par ailleurs, Interpol, l’organisation internationale de police criminelle, a lancé un mandat d’arrêt international visant Al-Qaradawi à la demande des autorités égyptiennes pour « incitation et assistance d’assassinat,  assistance à l’évasion de personnes détenues, incendie criminel, le vandalisme et vol."[10]

Biographie[modifier | modifier le code]

Orphelin de père dès l’âge de deux ans, il grandit dans une famille de paysans attachés à l’islam. Ce fut son oncle paternel qui l’éleva. Il l’envoya à la médersa du village où il acheva la mémorisation du Coran à l’âge de 10 ans.

Yûsuf Al-Qaradâwî poursuivit ses études à l’institut azharite de la ville de Tantâ. Ce fut son premier pas au sein de cette institution de l'Université al-Azhar. À cette époque il rejoignit les Frères musulmans ce qui lui valut d’être emprisonné en 1949, puis entre 1954 et 1956 et en 1962. Neuf années plus tard, il obtint le diplôme sanctionnant le cycle d’enseignement secondaire. Il se rendit alors au Caire où il intégra le cycle universitaire d’Al-Azhar, dans la Faculté des Fondements de la Religion. En 1953, il termina major de sa promotion. Un an plus tard, il passa son examen d'enseignant. En 1958, il obtint une agrégation de lettres arabes, arrivant en tête d’une promotion de 500 étudiants. En 1960 obtint un master en sciences coraniques, et commença la préparation de sa thèse, sur le thème de la zakâh et son rôle dans la résolution des problèmes sociaux. En 1961 il est envoyé par l'université Al-Azhar à Qatar comme doyen de l'institut secondaire des études religieuses qu'il modernisa, il fut chargé en 1973 de la création du département des études islamiques à l'université de Qatar qu'il présida, ce fut la même année ou il eut son doctorat de l'université Al-Azhar avec la plus honorifique des mentions. En 1977 Al-Qaradâwî fonda la première université des préceptes et sciences islamiques du Qatar dont il aura été son doyen jusqu'à 1990, depuis cette année il conçut le centre de recherche sunnite et de la tradition prophétique, il le préside jusqu'à aujourd'hui.

Membre de la confrérie des Frères musulmans, il a été déchu de sa nationalité égyptienne en 1997 par le président Gamal Abdel Nasser (la confrérie étant interdite en Égypte) et possède actuellement la nationalité qatarie.

En 2004, al-Qaradawi a été administrateur du Centre d'Oxford pour les études islamiques[11]. Il a également servi en tant que chercheur et consultant pour un film épique en anglais sur Muhammad, et une série de 30 épisodes sur le deuxième calife Umar Ibn Al-Khattab[12],[13]

Le 21 février 2011, lors de la guerre civile libyenne, il émet une fatwa appelant l'armée à assassiner Mouammar Kadhafi[14].

Il est interdit de séjour en France à l'occasion du rassemblement annuel de l'Union des organisations islamiques de France en 2012[15].

Ouvrages et prises de position[modifier | modifier le code]

Cheikh Yûsuf Al-Qaradâwî est l’auteur de plus de quatre-vingts ouvrages. Ses écrits ont connu un certain succès en Orient comme en Occident. Certains de ses livres ont été édités une dizaine de fois et de nombreux autres traduits dans plusieurs langues étrangères dont Le licite et l'illicite en Islam ou le sens des priorités.

D'une part, il considère que la démocratie est compatible avec l'islam et la considère comme souhaitable pour les pays musulmans[16] , mais d'autre part il soutient que les lois de la charia ne doivent pas être amendées pour se conformer aux valeurs et standards humains changeants[17]. Il dit ainsi : "the Shari`ah cannot be amended to conform to changing human values and standards, rather, it is the absolute norm to which all human values and conduct must conform..."[18].

De plus, il condamne la séparation de l'État de la religion : "Since Islam is a comprehensive system of `Ibadah (worship) and Shari`ah (legislation), the acceptance of secularism means abandonment of Shari`ah, a denial of the Divine guidance and a rejection of Allah’s injunctions. (...) the call for secularism among Muslims is atheism and a rejection of Islam. Its acceptance as a basis for rule in place of Shari`ah is a downright apostasy."[19].

Traitement de conflit dans le cercle familial[modifier | modifier le code]

Youssef Al-Qardaoui, dans un passage sur le droit du divorce explique dans son livre comment l'homme doit réagir lorsque son épouse se rebelle contre son autorité au sein du cercle familial :

« après avoir tenté de rectifier de son mieux l'attitude de son épouse à l'aide de mots choisis, en usant de persuasion subtile et en raisonnant. En cas d'échec, il devra faire couche séparée, tachant ainsi d'éveiller son agréable nature féminine de façon que la sérénité soit restaurée [...]. Si cette approche échoue, il lui est permis de la battre légèrement, avec ses mains, en prenant soin d'éviter le visage ou d'autres parties sensibles. En aucun cas il ne pourra user d'une canne (stick) ou d'aucun autre instrument pouvant causer de la douleur ou la blesser. En fait, cette "correction" (souligné dans le texte original) doit se conformer à celle dont a usé le prophète de l'islam Mahomet lorsqu'un jour, en colère contre un serviteur, il lui dit, : "si ce n'était de crainte du Jour de la Résurrection (jugement dernier), je t'aurai battu avec ce miswak (écorce tendre d'arbuste servant à se nettoyer les dents) (rapporté par Ibn Sa'd dans son Tabaqat) »[20]

Excision[modifier | modifier le code]

Sur l'excision, il a publié une étude détaillée où il traite la question en l'exposant aux différentes sources du droit musulman (Coran, Sounnah, Consensus, Analogie) en examinant l'authenticité de tous les arguments avancés qui ont conduit aux avis divergents[21].

En analysant les versets du Coran, il conclut qu'ils ne fournissent aucune base pour appliquer l'excision. En passant à l'examen des hadiths pour voir ce que dit la Sounnah, il relève trois principaux hadiths sur ce point qu'il juge (avec démonstration) insuffisants à établir le statut juridique de cet acte. L'étude du Consensus et de l'Analogie ne change rien au résultat, et tout ce qui en ressort est la permission, l'excision n'est donc ni recommandée ni encore moins obligatoire, d'après son étude. Cependant, il souligne que cette permission est cadrée par des conditions strictes dont le non-dépassement de l'effleurement. Ainsi, il ne condamne pas celle-ci explicitement, sachant implicitement que 96 % de femmes égyptiennes[réf. nécessaire] sont excisées.

Laïcité[modifier | modifier le code]

Youssef Al-Qardaoui reconnaît la laïcité des pays occidentaux lorsque celle-ci respecte les droits de l'homme selon sa conception personnelle. Dans sa lettre au Président Chirac en 2003, il en donne la définition suivante : "La laïcité dans les sociétés libérales signifie la neutralité de l’État vis-à-vis de la religion. Dans ce cadre, l’État n’adopte ni ne rejette la religion ; il n’est ni favorable ni hostile à son égard. Il garantit la liberté des individus d’être religieux ou non. A contrario, la laïcité marxiste s’oppose au sentiment religieux et considère la religion - toutes les religions - comme l’opium des peuples. Elle nie l’existence d’un Dieu dans cet univers et celle de l’âme dans l’être humain" (traduit de l'arabe, lettre complète sous http://www.islamophile.org/spip/article954.html). En revanche, il s'oppose à toute forme de laïcité empêchant les individus de pratiquer leur religion sans justification raisonnable.

Apostasie[modifier | modifier le code]

Au sujet de la peine ou non de l'apostasie, Youssef al-Qaradâwî écrit[22] :

« `Abd Ar-Razzâq, Al-Bayhaqi (en) et Ibn Hazm rapportent qu’Anas, revenant de Tastour (en), se rendit chez `Umar. Ce dernier lui demanda : « Qu’ont fait les six de la tribu de Bakr Ibn Wâ’il qui ont renié l’islam et qui ont rejoint les idolâtres ? » Anas répondit : « Ô Commandeur des Croyants, ce groupe de gens qui ont renié l’Islam et qui ont rejoint les idolâtres ont été tués sur le champ de bataille. » `Umar reprit : « Nous appartenons à Dieu, et c’est à Lui que nous retournerons. » Anas dit : « Mais avaient-ils une autre issue que d’être tués ? » `Umar répondit : « Oui, j’allais leur proposer l’Islam et, s’ils refusaient, j’allais les mettre en prison. » (...) Le sens de cette tradition est que `Umar a pensé que la peine de mort n’était pas applicable à l’apostat en toute situation. Elle peut être annulée ou reportée si une nécessité impose son annulation ou son report. Dans ce cas précis, la nécessité consiste en l’état de guerre, en la proximité géographique entre ces apostats et les idolâtres et en la crainte que ces apostats ne soient tentés de passer à l’ennemi. `Umar a probablement fait l’analogie avec ce qu’avait dit le Prophète — paix et bénédiction sur lui : « Ne coupez pas les mains pendant les batailles. », et cela de crainte que le voleur, furieux, ne rejoigne l’ennemi. »

Soutien aux mouvements terroristes[modifier | modifier le code]

En octobre 2004, plus de 2 500 intellectuels musulmans en provenance de 23 pays ont signé une lettre ouverte adressée aux Nations Unies afin de sensibiliser la communauté internationale au sujet de l’incitation à la violence pour motifs religieux. Al-Qaradawi a été cité dans ce document comme faisant partie des «cheikhs de la mort». Les auteurs de la lettre désignaient ainsi les personnalités religieuses qui manipulent la foi des croyants pour les inciter à la violence, dans le but de "justifier le terrorisme par la religion.»[23]

Les opinions extrémistes d’A l Qaradawi ont mené à une interdiction du territoire américain en vigueur depuis 1999[24].

En 2008, le Home Office britannique a déclaré qu’Al-Qaradawi s’était vu refuser un visa d’entrée en Grande-Bretagne pour traitement médical en raison des craintes du gouvernement britannique que ses prêches « favoriseraient la violence intercommunautaire »[25].

En mars 2012, le président français Nicolas Sarkozy a déclaré son intention de renforcer les mesures d’interdiction du territoire envers les imams extrémistes suite aux attentats de Toulouse. Parmi les religieux concérnés, le président a explicitement nommé Al-Qaradawi[26].

En outre, Al-Qaradawi est président de la Union of Good (« UG »), une coalition d’organisations caritatives islamiques soutenant les activités du Hamas, et notamment les actions de violentes contre les autorités et le peuple israéliens.[27] Cette organisation a été interdite in Israël en 2002 et désignée comme organisation terroriste par le Département du Trésor américain en 2008[28].

En décembre 2014, la « International Union of Muslim Scholars » dirigée par Al-Qaradawi a été expulsée du « International Islamic Council for Da'wa and Relief », une organisation humanitaire islamique basée au Caire au motif que l’UG « mêle la religion à la politique et soutient le terrorisme. »[29]

Le « Consortium Againt Terrorist Finance » a également soutenu qu'en 2010, Al-Qaradawi était Président du conseil de surveillance de la charia de la Banque Islamique du Qatar. Cette dernière est l’une des plus importantes banques islamiques et entretient des relations controversées avec des organisations soupçonnées de financer le terrorisme au Moyen-Orient[30].

Enfin, Al-Qaradawi est un ancien conseiller-charia et actionnaire de la Banque Al-Taqwa, qui fut jusqu’en 2010 inscrite sur une liste dressée par les États-Unis et l’ONU des organisations ayant financé Al-Qaïda[31].

Les attentats suicides[modifier | modifier le code]

En 2004, il apporte son soutien au Hamas et justifie le recours aux attentats suicides en Israël[15]. À une question lui demandant dans quelles circonstances le recours aux attentats suicides était justifié quand il n'y a pas d'autres alternatives en Israël ou en Irak[réf. nécessaire], étant donné la violence occasionnées par les pays en guerre contre des musulmans comme Israël ou les États-Unis, la France, le Danemark, les Pays-Bas ou encore la Chine par exemple, Al-Qardaoui répond en juillet 2004[réf. nécessaire] que les « opération martyrs sont l'arme que Dieu a donné aux pauvres pour combattre les forts. C'est la compensation divine[32]. La société israélienne est une société militaire. Leurs hommes et leurs femmes sont des soldats dans l'armée, qui peuvent être rappelés à tout moment. Et si un enfant ou un vieux est tué dans ces opérations, il n'est pas visé mais c'est par erreur, et en conséquence des nécessités absolues de guerre, et les nécessités absolues lèvent les interdictions. » [33]. En janvier 2009, il déclare sur Al Jazeera: "Tout au long de l'histoire, Allah a imposé [aux juifs] des personnes qui les puniraient de leur corruption. Le dernier châtiment a été administré par Hitler. [...] C'était un châtiment divin. Si Allah veut, la prochaine fois, ce sera par la main des croyants."[15]

Ses partisans seraient responsables de l'attentat-suicide qui tua Mohamed Saïd Ramadân al Boutî avec 49 autres victimes, le 21 mars 2013[34]. Par ailleurs, il appelle au « meurtre de tous les fonctionnaires syriens, de tous les soldats de l’armée régulière, tous les civils, tous les Oulémas …et en général tous ceux qui soutiennent le pouvoir syrien »[35]. Il appelle à plusieurs reprises au meurtre des alaouites[36].

Plus récemment, al-Qaradawi a publié un message en arabe sur son site Internet qui a été traduit par The Investigative Project on Terrorism dans lequel il appelle les musulmans à se joindre à la « grande guerre de libération» contre Israël et contre les Juifs en général. Al Qaradawi a publié ces propos en réaction à la fermeture du Mont du Temple suite à la tentative d'assassinat contre un activiste israélien devant la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem[37].

Le judaïsme[modifier | modifier le code]

Youssef Al-Qaradâwî considère que le judaïsme partage avec l'islam beaucoup de points communs dans la religion, comme l'interdiction de manger du porc, le fait que la viande cachère soit aussi halal, l'absence de représentations dans les mosquées et les synagogues, etc[38]. Au sujet des sionistes israéliens, il dit : « La seule chose que j'espère, au crépuscule de ma vie, c est que Allah me donne l'opportunité d'aller au pays du jihad et de la résistance, ceci même sur un fauteuil roulant. Je tuerai les ennemis d'Allah, les sionistes[39] ».

Haouès Seniguer considère toutefois que certains de ses actes et de ses propos sont empreints de judéophobie[40]. En effet, selon l’Associated Press, al-Qaradawi aurait écrit à propos du peuple israélien en 1998, « qu’il ne devrait y avoir aucun dialogue avec ces gens, sauf au moyen de  l’épée. »[41]

La troisième Guerre du Golfe[modifier | modifier le code]

En 2004, la « International Union of Muslim Scholars », une organisation présidée par Al-Qaradawi qui compte parmi ses membres de nombreuses personnalités affiliées aux Frères musulmans ainsi qu’au Hamas, a estimé que « la résistance à l’intervention occidentale en Irak est un devoir pour tous les musulmans, tant en Irak que dans le reste du monde. »[42]

Les caricatures de Mahomet[modifier | modifier le code]

Al-Qardaoui n'admet aucun blâme de Mahomet : c'est, selon lui, considéré comme blasphématoire. Lors de la Crise internationale des caricatures de Mahomet, il a appelé à manifester contre le Danemark »[43]. Il a condamné les attaques contre les ambassades occidentales, notamment l'ambassade du Danemark et de Norvège.[réf. nécessaire]

Loi française contre le port de signes religieux à l'école[modifier | modifier le code]

Il s'est déclaré hostile à la loi française contre le port de signes religieux ostensibles. Au cours d'un meeting au Bourget, il préconise au citoyen français musulman de ne pas voter pour un candidat d'un parti qui aurait soutenu la loi française contre le port du voile islamique à l'école.

Article détaillé : Voile islamique en France.

À la suite du sermon prononcé par Al-Qardaoui le vendredi 19 décembre 2003, l’ambassade de France fit parvenir au Cheikh la traduction arabe du discours donné par Chirac. Al-Qardaoui envoya une lettre, le 23 décembre 2003, en son nom propre et au nom du Conseil Européen pour la Fatwâ et de la Recherche, au Président Jacques Chirac par l'intermédiaire de l'ambassade de France à Doha, en réponse à l'interdiction du voile[44].

Destruction des bouddhas par les talibans[modifier | modifier le code]

Al-Qardaoui appela les talibans à ne pas démolir les bouddhas de Bâmiyân, et il fit le voyage en Afghanistan à la tête d'un groupe de théologiens pour tenter de convaincre les talibans de renoncer à cette destruction des deux statues et leur expliquer l'avis de la religion qui est contraire à cette décision[45].

Nazisme et génocide juif[modifier | modifier le code]

En 1998, alors que la condamnation de Roger Garaudy pour négationnisme à la suite de la parution de son ouvrage Les Mythes fondateurs de la politique israélienne provoque dans le monde arabe des vagues de soutien en faveur du négationniste français, al-Qaradawi participe en tant qu'intervenant à un meeting de soutien à ce dernier, organisé par l'une des femmes de l'émir du Qatar[46].

Intervenant sur la chaîne Al Jazeera le 30 janvier 2009, al-Qaradâwî tient ces propos : « Tout au long de l'histoire, Allah a imposé aux [Juifs] des personnes qui les puniraient de leur corruption. Le dernier châtiment a été administré par Hitler. Avec tout ce qu'il leur a fait — et bien qu'ils [les Juifs] aient exagéré les faits —, il a réussi à les remettre à leur place. C'était un châtiment divin. Si Allah veut, la prochaine fois, ce sera par la main des croyants[47],[48]. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (ar) « Al-chria WA Al-Hayat »
  2. a et b (en) « Islam's Spiritual 'Dear Abby' », sur DER SPIEGEL,‎
  3. (en) « The Global Mufti: The Phenomenon of Yusuf Al-Qaradawi », sur Amazon
  4. (en) « L'islam et la modernisation »
  5. (en) « Al-Qaradawi Turns Down Offer to Assume Leadership of the Muslim Brotherhood »
  6. (en) « Controversial preacher with 'star status' »
  7. « Al-Qaradawi et El-Masri interdits en France, l’UOIF regrette la controverse »
  8. (ar) « اتحاد علماء المسلمين يستغرب ويرفض موقف الإمارات »
  9. (fr) « Égypte : Morsi et Qaradawi condamnés à mort, signe de "guerre totale" contre les Frères musulmans - JeuneAfrique.com », sur JeuneAfrique.com (consulté le 18 février 2016)
  10. (fr) « Qui est Youssef Al Qaradawi recherché par Interpol? », sur Le Huffington Post (consulté le 18 février 2016)
  11. (en) « Scholar with a streetwise touch defies expectations and stereotypes »
  12. (en) « Matrix producer plans Muhammad biopic »
  13. (en+ar) « #MBC1 - #OmarSeries - Ep1 - English Subtitles »
  14. « Fatwa d'un influent prédicateur arabe contre Kadhafi », Ouest-France, 21 février 2011
  15. a, b et c Qui est ce prédicateur islamiste interdit de séjour?
  16. « Les aspects politiques de la loi islamique ne s'opposent pas à la démocratie », interview de Al-Qardaoui parue dans Le Monde
  17. "the Shari`ah cannot be amended to conform to changing human values and standards, rather, it is the absolute norm to which all human values and conduct must conform..."
  18. [1]
  19. [2]
  20. (en) La femme en islam est complètement capable de demander le divorce auprès du juge qui va juger ses conditions avec son mari et ce dernier l'agressé ou dénuder de ses droits il va être puni et sera appelé à payer les dégâts qu'il a causés à sa femme. (extrait du livre de : islam et solutions importées du docteur Youssef El-Qaradawi) Extrait du livre de Youssef Al-Qardaoui sur la résolution des problèmes conjugaux
  21. [3]
  22. Article de Yusuf Qardawi, Islamophile, Ressources islamiques en langue française, (30 décembre 2002).
  23. (en) Daniel Pipes, « Anti-Islamists Petition the United Nations », sur Daniel Pipes (consulté le 18 février 2016)
  24. « 'Fatwa' sheikh with links to Irish Muslims is refused visa - Independent.ie », sur Independent.ie (consulté le 18 février 2016)
  25. http://www.lemonde.fr/europe/article/2008/10/29/en-grande-bretagne-une-liste-noire-pour-interdire-le-territoire-aux-extremistes_1112355_3214.html
  26. lefigaro.fr, « Sarkozy contre la venue de Youssef al-Qaradawi », sur Le Figaro (consulté le 18 février 2016)
  27. « Defense Minister signs order banning Hamas-affiliated charitable organizations », sur www.mfa.gov.il (consulté le 18 février 2016)
  28. « Union of Good », sur www.treasury.gov (consulté le 18 février 2016)
  29. (en) « Brotherhood Ideologue Qaradawi Expelled From Islamic Council | Clarion Project », sur ClarionProject.org (consulté le 18 février 2016)
  30. « Qaradawi’s Qatar Islamic Bank to float $1.5 billion Sukuk | Shariah Finance Watch », sur www.shariahfinancewatch.org (consulté le 18 février 2016)
  31. CATF Reports, « Should QIB be judged by the company it keeps? », sur stopterrorfinance.org (consulté le 18 février 2016)
  32. Question à la une à la 37e minute et 40e seconde
  33. IslamOnLine avis d'Al-Qaradâwi concernant les opérations martyr
  34. Les partisans d'Al-Qardaoui assassinent Cheikh Saïd Al-Bouti
  35. Quand cheikh Al Karadhaoui appelait au meurtre des savants en Syrie
  36. Frédéric Pichon, Syrie : Pourquoi l'Occident s'est trompé, Editions du Rocher, 2014, p.53
  37. Olivier Guitta (20 feb 2006). "The Cartoon Jihad: The Muslim Brotherhood's project for dominating the West". The Weekly Standard. pp. Volume 11, Issue 22.
  38. موقع القرضاوي - مقالات
  39. http://www.youtube.com/watch?v=HStliOnVl6Q&feature=player_embedded
  40. Propos judéophobes du Frère musulman Al-Qaradhâwî : qui pour s'en inquiéter ?, Haouès Seniguer, Le Nouvel Observateur, 26 avril 2013
  41. « Yusuf al-Qaradawi :: The Investigative Project on Terrorism », sur The Investigative Project on Terrorism (consulté le 18 février 2016)
  42. http://web.archive.org/web/20041121151504/http:/www.islamonline.net/english/news/2004-11/20/article02.shtml
  43. 14 février 2006 Haaretz
  44. [4]
  45. [5]
  46. Michaël Pramzan, Adrien Minard, .Roger Garaudy, itinéraire d'une négation, Calmann-lévy,‎ (ISBN 9782702137604), p. 317
  47. (en)Sheikh Yousuf Qaradhawi: Allah Imposed Hitler On the Jews to Punish Them – 'Allah Willing, the Next Time Will Be at the Hand of the Believers', Middle East Media Research Institute,‎ (lire en ligne)
  48. Sarah Honig, « Another Tack: Show in Rome; no-show in Ariel », Jerusalem post,‎ (lire en ligne)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]