Charles Enderlin

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Enderlin.
Charles Enderlin
Nom de naissance Alphonse, Fernand, Charles Enderlin
Naissance (70 ans)
Paris (France)
Nationalité Drapeau de la FranceFrançaise
Drapeau d’Israël Israélienne
Profession Journaliste grand reporter
Correspondant de presse
Spécialité Domaine :
Conflit israélo-arabe
Conflit israélo-palestinien
Années d'activité 1971-2015
Distinctions honorifiques Chevalier de la Légion d'honneur
Site internet Twitter, Blog
Médias
Média principal Télévision
Pays Drapeau de la France France
Télévision France 2
Fonction Reporter, correspondant à Jérusalem

Charles Enderlin, né le à Paris, est un journaliste, reporter et auteur franco-israélien. Il est, de 1981 jusqu'à août 2015, le correspondant à Jérusalem de la chaîne de télévision française France 2.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Après le divorce de ses parents, Charles Enderlin et sa sœur sont élevés en Lorraine, dans la région de Metz, par sa mère et ses grands-parents maternels, Juifs autrichiens ayant fui l’Anschluss en 1938.

Pendant les manifestations étudiantes de mai 1968, Charles Enderlin est membre du comité de grève de la faculté de médecine de Nancy. En décembre 1968, féru des pensées de Theodor Herzl, il décide d'émigrer vers Israël pour vivre dans un kibboutz. Il prend la citoyenneté israélienne au début des années 1970.

Carrière[modifier | modifier le code]

Charles Enderlin entre en journalisme en 1971 pour une radio israélienne. En 1973, il devient correspondant de RMC et l'année suivante éditeur à Kol Israel.

En 1981, Charles Enderlin devient le correspondant à Jérusalem de la chaîne de télévision française Antenne 2 (devenue France 2) et acquiert le titre de grand reporter en 1988. En 1991, il est le chef du bureau de France 2 en Israël. Il est également vice-président de l'Association des correspondants de la presse étrangère à Jérusalem. Ses reportages sur le conflit israélo-palestinien ont suscité des réactions hostiles des partisans des deux camps.

Charles Enderlin a reçu la Légion d'honneur en 2009 à Jérusalem[1].

En août 2015, il prend sa retraite et quitte ses fonctions au bureau de la chaîne à Jérusalem où il est remplacé par Franck Genauzeau[2].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Sa femme, Danièle Kriegel, fille d'Annie Kriegel, est journaliste au Point.

Controverse sur la mort de Mohammed al-Durah[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Affaire Mohammed al-Durah.
Avenue Al Qoods dans le centre de Bamako. La peinture murale représente les instants qui précèdent la mort de Mohammed al-Durah.

L'un des reportages de Charles Enderlin, sur des images tournées le , montre la mort d'un garçon palestinien de 12 ans dans les bras de son père. L'enfant est présenté comme ayant été touché par des balles israéliennes, et le reportage a été à l'origine d'une campagne au début de la Seconde Intifada[3],[4].

L'armée israélienne admet dans un premier temps être responsable de la mort de l'enfant et présente ses excuses, puis affirme ensuite que les tirs ne provenaient pas de la position israélienne. En février 2001, le B'nai B'rith de France porte plainte contre France 2, pour « diffusion d'une fausse nouvelle ayant entraîné un trouble de l'ordre public »[réf. nécessaire]. Cette plainte est basée sur l'enquête menée par le réalisateur de documentaires Pierre Rehov. L'affaire est rejetée par le tribunal correctionnel au motif que seul le procureur de la République pouvait l'en saisir.

Au cours de plusieurs entretiens dans la presse ou d'émissions de médiation de France 2, Charles Enderlin a affirmé chercher l'objectivité dans ses reportages et ses commentaires. Il affirme dans Le Monde du 30 novembre 2004 : « À partir du moment où un correspondant de presse commence à travailler en tenant compte des réactions éventuelles que son information va susciter, il est fini ».

La direction de France 2 soutient son journaliste, maintient sa position et annonce avoir porté plainte contre X pour diffamation. Le 19 octobre 2006, la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris condamne pour diffamation publique Philippe Karsenty (en), qui avait relayé des soupçons de trucage du reportage exprimés par le media francophone israélien dit Metula News Agency (Mena). Le tribunal estimait que la contre-enquête menée par la Mena se fondait « essentiellement sur des extrapolations et des amalgames ». Le tribunal affirmait qu’« aucune autorité officielle israélienne […] n'avait jamais accordé le moindre crédit [à la contre-enquête de la Mena] »[5]. Le 21 mai 2008, la Cour d'appel de Paris relaxe Philippe Karsenty[6], mais cette relaxe est annulée par la cour de Cassation en 2012. Un nouvel arrêt de la Cour d'Appel de Paris, initialement attendu le 3 avril, puis le 22 mai, est rendu le 26 juin 2013 : la condamnation de Philippe Karsenty pour diffamation est confirmée et sa peine est aggravée[7].

Charles Enderlin, qui a été victime de menaces de mort de la part de différents organismes ultra-nationalistes partisans de la théorie du complot[8],[9], a reçu le soutien de très nombreux journalistes, ainsi que de personnalités juives dont, Théo Klein, ancien président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF)[10].

En 2010, il publie Un enfant est mort, livre qui revient sur cette affaire.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Shamir : une biographie, Paris, Olivier Orban, 1991 (ISBN 2855655242).
  • Paix ou guerre : les secrets des négociations israélo-arabes, 1917-1995, Paris, Stock, 1997 (ISBN 2234044480).
  • Le rêve brisé : histoire de l'échec du processus de paix au Proche-Orient, 1995-2002, Paris, Fayard, 2002 (ISBN 2213610266).
  • Les années perdues : intifada et guerres au Proche-Orient, 2001-2006, Paris, Fayard, 2006 (ISBN 2213621500).
  • Par le feu et par le sang : le combat clandestin pour l’indépendance d’Israël, 1936-1948, Paris, Albin Michel, 2008
  • Le grand aveuglement : Israël et l'irrésistible ascension de l'islam radical, Paris, Albin Michel, 2009.
  • Un enfant est mort, Don Quichotte, 2010 (ISBN 2-35949-026-5)
  • Au nom du Temple : l'irrésistible ascension du messianisme juif en Israël (1967-2012), Paris, Le Seuil, 2013 (ISBN 978-2-02-104407-2)

Distinction[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]