Michaël Privot

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Michaël Privot est une personnalité médiatique belge francophone, militant pour un « islam européen ». Il est verviétois.

Biographie[modifier | modifier le code]

Licencié en Histoire et philologie orientales et docteur en langues et lettres de l’ULg , Michaël Privot est présenté par des médias belges francophones comme un « islamologue » et « une figure montante dans la représentation de la communauté musulmane[1]. »

En 2009, Michael Privot est-co auteur avec Cédric Baylocq du livre Tareq Oubrou, profession imam aux éditions Albin Michel. Pour Tareq Oubrou, dit « l’imâm de Bordeaux », cet ouvrage est un moyen d’amorcer une réflexion qui permettrait aux musulmans d’avoir accès à un discours sur une pratique en adéquation avec leur vie et leurs préoccupations sur le territoire français[2].

Après les attentats parisiens de 2015[modifier | modifier le code]

Début mai 2015, avec le dramaturge et réalisateur Ismaël Saidi, Tewfiq Sahih (un enseignant) et Zehra Günaydin (une médecin), Michael Privot propose dix actions concrètes pour créer un islam des Lumières, un islam moderne adapté à la société belge[3].

Selon ces quatre militants, « le vide intellectuel et spirituel » régnerait au sein des mosquées en Belgique. Ils souhaitent notamment rendre l'islam belge « plus institutionnel ». Leurs propositions sont qualifiées de « radicales [4]». Par exemple, des mosquées pilotes seront caractérisées par une présence paritaire des femmes dans l’auditoire ainsi qu’au Conseil d’administration. Elles seront des lieux de vie inclusifs de toute la diversité de l’islam. Les prêches diffuseront et contribueront à l’articulation concrète de cet islam européen. Et « toute mosquée qui ne sera pas en règle sera fermée par les autorités. Toute mosquée qui n’aura pas commencé le processus de reconnaissance sera fermée par les autorités compétentes. »

Selon un spécialiste cité par La Libre Belgique : « Dire qui ces militants représentent vraiment est difficile[3] (...) Ce sont souvent les mêmes noms, parfois critiqués, qui se retrouvent dans une multitude de structures. »

Caroline Sagesser, chercheuse à l'Université libre de Bruxelles et spécialiste du financement des cultes en Belgique, a l'impression que les quatre signataires méconnaissent le régime belge des cultes et les principes constitutionnels belges. Les propositions des militants ne sont pas compatibles avec la liberté de culte, ni avec le principe belge de la séparation Église-État, ni avec l'égalité entre les citoyens de différentes confessions[5].

Michaël Privot critique avec virulence l'islam orthodoxe de l'Arabie saoudite et la Grande mosquée de Bruxelles qui, selon lui, aurait servi de terreau à la filière jihadiste[6].

Début janvier 2016, Ismaël Saidi, Michaël Privot et Rachid Benzine, figure de proue de l'Islam libéral francophone, reçoivent de la Région de Bruxelles-Capitale un financement de 275 000 euros pour, entre autres, réaliser des capsules vidéo sur le sujet de l'islam, pour les jeunes. À cette occasion, le ministre-président socialiste Rudi Vervoort déclare : « Aujourd'hui, nous devons donner une place à cet islam progressiste et ouvert »[7]. La députée flamande du sp.a (parti socialiste flamand) Yamila Idrissi soutient l'entreprise[8]. Mais Saidi, Privot et Benzine annoncent se retirer du projet[9].

Politiquement, Michael Privot se situe à gauche, « à l’intérieur du monde socialiste ». Il réfléchit à un engagement politique pour les élections de 2018[10].

Après les attentats bruxellois de 2016[modifier | modifier le code]

Les attentats bruxellois du 22 mars 2016 offrent à Michaël Privot l'opportunité de propager internationalement son point de vue critique sur l'islam en Belgique, hostile notamment à la Grande mosquée de Bruxelles qu'il associe à l'extrémisme[11],[12],[13].

Autobiographie[modifier | modifier le code]

En mars 2017[14], son autobiographie est publiée aux éditions "Boîte à Pandore". Michaël Privot y raconte qu'il s'est converti à la religion musulmane et qu'il a été membre du Conseil d'Administration d'une mosquée de sa ville (Verviers). Il prétend avoir intégré la Société des Frères musulmans, puis être entré en conflit avec cette organisation. Toujours selon Michaël Privot lui-même, il aurait quitté en 2012 ce groupe considéré comme terroriste par plusieurs pays. Dans la dernière partie de "Quand j'étais frère musulman, parcours vers un islam des lumières", le militant expose ses réflexions sur les moyens de créer un islam des Lumières ouvert, pacifique et en phase avec la modernité.

Enseignement[modifier | modifier le code]

De 2002 à 2004, à l'Université de Liège, il a supervisé des cours pratiques de langue arabe[réf. nécessaire]. Michael Privot a été conférencier à Alkhayria Belgica (Anderlecht), association qui aspire à contribuer à l'enseignement de l'islam en Belgique, où sont intervenus notamment Tareq Oubrou, Hassan Iquioussen et Hani Ramadan[15].

Citation[modifier | modifier le code]

« On manque de gens comme Tareq Oubrou, comme Rachid Benzine ou Mohamed Bajrafil qui ont un discours qui essaie d’apporter quelque chose. »

— par Michaël Privot[16]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Georges Lauwerijs, 7 février 2015, « Michael Privot: le droit belge prime sur la Charia », sur RTBF.be (consulté le 23 février 2016)
  2. Oubrou Tareq, Privot Michaël et Baylocq Cédric, Profession imâm : entretiens avec Michaël Privot et Cédric Baylocq, Paris, Albin Michel, 2009, 248 pages, compte-rendu par Marie-Laure Boursin, dans la Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée, juin 2012
  3. a et b Bosco D'Otreppe, 4 mai 2015, « Quatre Belges défendent un islam des Lumières », sur La Libre Belgique (consulté le 23 février 2016)
  4. 3 mai 2015, « 10 propositions radicales pour faire émerger l’islam de Belgique », sur La Libre Belgique (consulté le 23 février 2016)
  5. Jean-François Herbecq, « Financement des mosquées : attention à la liberté de culte », sur RTBF.be (consulté le 24 février 2016)
  6. Bernadette Sauvaget, 15 novembre 2015, « La Belgique, carrefour de l’islamisme », sur Libération (consulté le 23 février 2016)
  7. La Région bruxelloise débloque 275.000 euros pour lutter contre la radicalisation, La Dernière Heure, 6 janvier 2016
  8. Islamvernieuwers met dood bedreigd, De Morgen, 20 janvier 2016
  9. Lutte contre la radicalisation: les 2 concepteurs du projet bruxellois de capsules vidéo se retirent également, RTBF.be, 17 janvier 2016
  10. 31 août 2015, « Verviers : Candidat aux élections ? L'islamologue verviétois Michaël Privot y réfléchit », sur La Meuse (consulté le 23 février 2016)
  11. Lena Bopp, 26 mars 2016, « Belgische Muslime greifen den Dschihadismus an », sur Frankfurter Allgemeine Zeitung (consulté le 26 mars 2016)
  12. Giulio Meotti, 22 mars 2016, « Op-Ed: Brussel's pact with Saudi Arabia gave the world Molenbeekistan », sur Arutz Sheva (consulté le 26 mars 2016)
  13. Tara Schlegel, 29 mars 2016, « Europe, after Brussels », sur The Indian Express (consulté le 31 mars 2016)
  14. Privot : « Pas sûr que je me serais converti à l'islam en 2017 » ; par Ysaline Fettweis in La Meuse  ; 9 mars 2017
  15. 14 janvier 2016, « Alkhayria Belgica », sur Ikhwan Info (Observatoire de l'Islam politique et des Frères musulmans) (consulté le 23 février 2016)
  16. Sophie Timmermans, 16 novembre 2015, « Changer de mentalités, changer de paradigmes », sur CathoBel (site officiel de l’Église catholique en Belgique francophone) (consulté le 23 février 2016)