Alain Gresh

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Alain Gresh
Alain Gresh, Interview Nawaat, mai 2014 (03).jpg
Alain Gresh en 2014.
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Alain Gresh est un journaliste français né en 1948 en Égypte

Il est ancien rédacteur en chef du Monde diplomatique, et fondateur du journal en ligne Orient XXI. Il se spécialise sur le conflit israélo-palestinien, le Proche-Orient ainsi que sur la possibilité d'une convergence entre l'Islam et l'Occident, il intègre à ses travaux des réflexions sur Tariq Ramadan.

Ses prises de positions suscitent souvent des controverses et il est souvent cité comme un pro-palestinien[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

La mère d'Alain Gresh est née en Suisse de parents russes juifs; son père naturel est Henri Curiel, militant communiste et internationaliste, assassiné à Paris[2],[3], qui « marquera Alain Gresh sur l’importance de la lutte en faveur du Tiers-Monde[4] ». Son père adoptif est un copte égyptien.

Il passe le début de sa jeunesse en Égypte[5]. Il entre à 14 ans aux jeunesses communistes en arrivant en France[6].

Engagement politique[modifier | modifier le code]

Après avoir été permanent de l'Union des étudiants communistes avec Dominique Vidal puis leader de la Jeunesse communiste[7], il devient ensuite secrétaire coordinateur du Festival mondial de la jeunesse et des étudiants à La Havane (1978)[8],[9].

Il devient ensuite membre de la section de politique extérieure du Parti communiste, chargé du Proche-Orient et de l'Afrique du Nord[10].

Selon Geneviève Sellier, première secrétaire nationale de l’Association France-Palestine, Alain Gresh aurait joué un rôle important pour la création de l'organisation pro-palestinienne : « Ce n’était pas un truc complètement manipulé… L’association n’aurait pas pu se faire si le représentant du PCF, c’est-à-dire Alain [Gresh], n’avait pas mis toute son énergie pour y arriver sur des bases ouvertes. C’est-à-dire s’adresser à des gens qui avaient une certaine influence, des députés, etc., ne pas les manipuler complètement, se mettre d’accord avec eux sur une base claire. »[1]

En 2007, rétrospectivement, il affirme lors d'un entretien que le parti communiste l’avait mandaté pour créer une association de soutien à la cause palestinienne, un an après le changement de politique de Moscou[11].

Il parvient à organiser en février 2007 une conférence pour l'organisation pro-palestinienne Génération Palestine dans les locaux d’une université parisienne[1].

Il affirmera en 2016 avoir fréquenté les plus hautes sphères de l'Union Soviétique[12]

Activités professionnelles[modifier | modifier le code]

Alain Gresh a été rédacteur en chef du mensuel Le Monde diplomatique pendant une dizaine d'années jusqu'en , date à laquelle il démissionne de son poste pour redevenir simple journaliste[13],[14]. De à , il est le directeur adjoint du Monde Diplomatique. Il prend finalement sa retraite fin 2015.

Alain Gresh est directeur du journal en ligne Orient XXI[15], site d'information sur le monde arabe, le monde musulman et le Moyen-Orient[16]. Il a été président de l'Association des journalistes spécialisés sur le Maghreb et le Moyen-Orient (AJMO) , association qui a cessé ses activités dans les années 2000[17].

Prises de position[modifier | modifier le code]

Cause palestinienne[modifier | modifier le code]

Son premier livre est la publication de sa thèse sur l'Organisation de libération de la Palestine, intitulé OLP, histoire et stratégies (1983). L'ouvrage est présenté par Annie Kriegel dans Le Figaro comme « le travail le plus sérieux et le plus riche que l'on possède en français sur l'OLP »[10].

En 1989, il organise avec Jean-Paul Chagnollaud une conférence au Sénat à laquelle participent pour la première fois ensemble et publiquement des représentants de l’OLP et des députés israéliens, avec le soutien de l’Union européenne.[18]

En 2007, l'Association France-Palestine Solidarité publie son texte Palestine : les bases de la solidarité , dont le thème essentiel est de créer un Etat palestinien à côté de l’Etat d’Israel. Il évoque la Shoah et écrit : « dire que ce génocide des Juifs leur donne des droits que d’autres n’ont pas, leur permet de faire des choses, que quoique fasse l’armée israélienne sur le terrain, ce n’est pas grand chose à côté du génocide ». Il affirme qu'il existe une peur de génocide chez les Juifs qui serait réelle mais « manipulée par les gouvernants » et que les attaques antisémites auraient permis « à la direction de cette communauté de créer une espèce de sursaut "patriotique" ». Il recommande donc : « Faisons attention à la manière dont nous nous exprimons. Je pense que c’est important, non pour des raisons tactiques, mais pour des raisons de fond »[19].

Concernant le terrorisme il affirme : « personne ne sait de quoi on parle quand on parle de terrorisme. Il est important de ne pas se laisser piéger. ». Il affirme que jamais il ne condamnera la violence palestinienne[20]. Il précise qu'il pense que si les attentats-suicides sont des crimes de guerres et crimes contre l’humanité, on ne peut avancer sans « briser » le front intérieur israélien[19].

Il cite également comme exemple Marwan Barghouti, condamné à la perpétuité pour meurtre de civils[19],[21] et impliqué dans plusieurs attentats à la bombe dans des restaurants et écoles [22] et qui sert aussi à « dépolitiser » les problèmes en faisant croire à une lutte entre le Bien et le Mal (« Pour en finir vraiment avec le terrorisme »)[23].

Sur l'antisionisme[modifier | modifier le code]

En février 2019, Alain Gresh signe une tribune intitulée « L'antisionisme est une opinion, pas un crime », publiée dans Libération, qui indique en en-tête : « Pour les 400 signataires de ce texte, l’antisionisme est une pensée légitime contre la logique colonisatrice pratiquée par Israël. Le fait qu’il serve d’alibi aux antisémites ne justifie pas son interdiction. »[24]

Concernant le sionisme, il affirme que la particularité du mouvement sioniste par rapport aux autres mouvements nationalistes nés en Europe de l’Est à la fin du XIXe siècle est son aspect colonial originel, les premiers sionistes se revendiquant d'une « vision coloniale, qui n’avait pas de connotation négative ». Alain Gresh estime que « il y a un vrai apartheid » dans les territoires occupés, au sens propre du terme : les colons vivent d'un côté et les palestiniens de l'autre, et ils ont des lois différentes[19].

Il estime que la question « ne peut se réduire à des raccourcis du type sionisme = racisme » mais juge que le discours de ce mouvement est « proche de celui des autres nationalismes ethniques (serbe, roumain, hongrois, etc.) : nous sommes supérieurs aux autres, nous sommes différents, nous avons une mission particulière, etc. » auxquels il s'oppose en temps qu'internationaliste.

Alain Gresh se dit favorable au fait que les réfugiés palestiniens disposent d'une agence spéciale (UNRWA), comparé aux autres réfugiés dans le monde (HCR) [25]. Alain Gresh estime que l'UNRWA devrait continuer sa mission unique, soutenir financièrement les enfants, petits enfants de réfugiés palestiniens, sur des générations si c'est nécessaire, pour qu'ils continuent d’être réfugiés[25].

Il est pour le retour de tous les descendants de Palestiniens originels, ce qui mettrait alors fin à Israël en tant qu'État à identité juive. Cependant, il n'a jamais critiqué l'existence d’États officiellement arabes et musulmans dans presque toute la région [26].

Islam, islamophobie, islamisme[modifier | modifier le code]

Alain Gresh publie en 1994 Un péril islamiste ?, qui regroupe sous sa direction les écrits de 17 auteurs en provenance de divers horizons. Selon Dhoukar Hédi, « la réponse qui se de dégage de l'ouvrage collectif conclut à la non existence d'un tel péril, alors que les problèmes soulevés par les divers intervenants restent pour l'essentiel sans réponse. Comment en serait-il autrement, puisque, si péril il y a, il ne menace que les peuples musulmans ? ». Dhoukar Hédi estime qu'Un péril islamiste ? est un livre « dense, riche et actuel, qui, à aucun moment, ne dérape dans la complaisance, le dénigrement ou la paternalisme »[27].

D'après l'universitaire Jim Cohen, Alain Gresh est un « esprit laïc, athée, engagé »[28].

La chercheuse Valérie Amiraux, qui analyse le livre d'Alain Gresh L'Islam, la République et le monde, écrit : « Alain Gresh signe, selon nous, ici, son ouvrage le plus intime. Il y inscrit sa sensibilité à l’égard du débat sur l’Islam en France dans un itinéraire biographique qui s’ouvre en Égypte. Mais, à la différence des écrits de D. Bouzar et C. Fourest, il a le souci constant d’une historicité toujours érudite, pertinente, qui permet de suivre à la trace l’itinéraire des concepts, des personnes, des idées, les chemins tortueux de la prise de décision publique en matière de culte »[29].

Alain Gresh publie en 2000 un livre d'entretiens avec Tariq Ramadan, L'Islam en questions[30], et préfacé certains de ses ouvrages[réf. souhaitée]. Jim Cohen estime que Tariq Ramadan, « penseur religieux », et Alain Gresh, « esprit laïc, athée », tentent de dépasser leurs différences en construisant des valeurs universelles susceptibles de rallier ceux qui voudraient « construire un monde moins divisé ». Selon Jim Cohen, les deux hommes se rejoignent sur l'idée qu'il faut accorder beaucoup d'importance à la définition d'« axes de convergences » qui pourraient transcender les différences culturelles et religieuses afin de « résister » à l'ordre économique et stratégique mondial. Les deux s'opposent fermement au point de vue de Samuel Huntington (Le Choc des civilisations) qui estime qu'islam et Occident s'affrontent dans une dynamique soutenue par des différences culturelles irréconciliables.

Ramadan et Gresh se rejoignent également dans l'idée que le regard des Européens sur les immigrés et enfants d'immigrés musulmans est conditionné par leur passé de colonialistes. Cependant, Alain Gresh, à la différence de Tariq Ramadan, estime que la convergence entre islam et Occident se heurte à la faiblesse du courant de résistance à l'ordre mondial au sein des forces islamiques : « où sont les forces islamiques qui proposent une solution aux problèmes du développement économique, à ceux de la misère, de la démocratie, du multpartisme, de la liberté d'expression, des droits des femmes ? ». Alain Gresh estime également que les intellectuels arabes sont dans une posture de « victimisation » au lieu de construire des passerelles avec l'Occident[28].

Selon la chercheuse en sociologie Valérie Amiraux, Alain Gresh aborde les enjeux du traitement public de l'Islam et des Musulmans de France en y intégrant les polémiques médiatiques autour de Tariq Ramadan. Alain Gresh « replace la montée de la haine du Musulman dans le contexte international et dans l’histoire de la France post-coloniale », et souligne l'existence d'une « amnésie coloniale qui continue de marquer la vie politique ». Pour la chercheuse, les travaux d'Alain Gresh font partie des « rares » analyses qui « ont pensé activement [l]e lien entre passé colonial et migration post-coloniale ». Par ailleurs, Alain Gresh « se risque franchement sur des terrains polémiques », abordant des sujets comme le viol ou les tournantes, qu'il contextualise, chiffre pour comprendre l'ampleur des phénomènes, « en mobilisant des références centrales de sociologie urbaine (Whyte, Wirth) qui, effectivement, sont parmi les outils les plus rodés aux terrains en question ». Valérie Amiraux note les longs développements d'Alain Gresh sur les travaux de la commission Stasi sur la laïcité, qui selon elle méritent d'être lu pour comprendre les « erreurs de lecture » de Caroline Fourest sur ce même sujet et « son aveuglement de militante »[29].

Alain Gresh intervient en 2010 lors des États Généraux de l'Islamophobie[31].

À la suite de l'interdiction de la venue en France de Youssef Al Qaradawi [32] en raison de propos controversés qu'il a tenu [33],[34], Alain Gresh dénonce une Islamophobie d’État et il critique Alain Juppé [35]. Il estime notamment : « Qaradawi, que on le veuille ou non, représente l’une des références des Frères musulmans. Il milite en faveur de l’ouverture »[35].

En 2012, il participe à l'appel du printemps des quartiers de Mulhouse aux côtés de Tariq Ramadan et Houria Bouteldja[36].

En 2013, il intervient au Forum International pour la lutte contre l'Islamophobie aux côtés de Ndella Paye, Saïd Bouamama, Marwan Muhammad, et de Houria Bouteldja[37].

Affaire Georges Ibrahim Abdallah[modifier | modifier le code]

Alain Gresh est favorable à la libération de Georges Ibrahim Abdallah, un militant communiste libanais condamné pour l’assassinat de plusieurs diplomates et la préparation d'attentats terroristes sur le sol français. Ce dernier est aussi soupçonné d’être derrière le meurtre de l'Ambassadeur des États-Unis au Liban[38]. Il est incarcéré avec un proche, Anis Naccache[39].

Alain Gresh fait partie de la campagne médiatique pour la libération d'Abdallah et il manifeste publiquement en sa faveur en 2012. Alain Gresh affirme que le contexte de l'arrestation de Georges Ibrahim Abdallah est celui « de la période de l'après invasion israélienne du Liban, qui a été une invasion qui a fait des milliers de morts civiles » et a donné à beaucoup de libanais l'impression que l'Occident qui soutenait Israël « portait la guerre chez eux et qu'ils étaient légitimes de porter en représailles la guerre en Occident »[40].

Il déclare sur son blog : « Georges Ibrahim Abdallah entame, demain 24 octobre 2013, sa trentième année d’incarcération. Il existe peu de prisonniers politiques qui sont, à l’heure actuelle, encore embastillés pour une si longue période, à part des Palestiniens oubliés de tous et, à ma connaissance, personne d’autre[41],[42]».

Selon l'historien Jean-Pierre Filiu, si les attentats organisés en France se revendiquaient publiquement pro-palestiniens, pro-Liban, ils n'avaient en réalité rien à voir [43] . Les attaques étaient soutenues et payées par les services secrets syriens car Damas, le premier pays qui a envahi le Liban, souhaitait chasser Paris pour pouvoir dominer le pays du cèdre [43] .

Proximité avec les Frères musulmans[modifier | modifier le code]

Selon Caroline Fourest, Alain Gresh a introduit Tariq Ramadan dans la gauche française en lui apportant sa caution de laïc progressiste, et « n'a aucun scrupule à intervenir à l'invitation des réseaux islamistes[44] ». Selon Fourest, les interventions de Gresh dans des conférences organisées par les réseaux des Frères musulmans — diffusées en cassettes audio par les éditions Tawhid à Lyon —, confortent la vision complotiste des islamistes tout en niant « la dérive totalitaire de l'islamisme »[45].

Pour Paul Landau, il aide son « ami » Tariq Ramadan à faire de « l'entrisme au sein de la mouvance altermondialiste »[46].

Pour Alexandre Del Valle et Emmanuel Razavi, « Grand soutien de Tariq Ramadan, c'est le journaliste du monde diplomatique pro-cubain, pro-Hamas, pro-Hezbollah et proche des frères (musulmans)[47]. »

Orient XXI et le Qatar[modifier | modifier le code]

En 2019, les journalistes Georges Malbrunot et Christian Chesnot publient une longue enquête sur l'influence de l'argent Qatari dans l'Islam Européen[48],[49]. Cinq mois après, les deux auteurs signe un documentaire sur le même thème, qui est diffusé par la chaîne de télé Arte. A cette occasion, le site Orient XXI - dirigé par Alain Gresh - publie un article critique sur l'émission, estimant notamment que les auteurs font à tort le raisonnement suivant : « le Qatar soutient les Frères musulmans, les Frères musulmans sont des islamistes, donc tout financement religieux de la part du Qatar vise à promouvoir l’idéologie islamiste »[50]. Georges Malbrunot demande un droit de réponse ce que Gresh refuse[réf. nécessaire].

Georges Malbrunot affirme que l'article attaquant leur travail a été rédigé sous le nom d'une journaliste qui n'existerait pas :

« Le 24 septembre, Orient XXI a publié un article sur notre documentaire diffusé le même jour sur Arte, intitulé La main du Qatar sur l’islam de France ?. Truffé d’erreurs, il était signé, depuis Tunis, de Sarah Osman. Dans un souci de clarification, nous avons demandé à Alain Gresh, directeur du site, de nous mettre en contact avec elle. Aucune coordonnée, aucune réponse ! Renseignement pris auprès de collaborateurs de Orient XXI, personne n’a jamais entendu parler d’elle[51]. »

« Nous faire passer pour islamophobe ou cheval de Troie de l’extrême-droite est pathétique ! Cher Alain, tes lecteurs apprécieront « l’honnêteté et le courage » d’Orient XXI, qui ne s’est pas grandi en publiant sous pseudo ce pamphlet délirant ! Bonne conférence demain chez François Burgat au Carep-Paris (Centre arabe de recherches et d’études politiques), dont le directeur-général est Azmi Bishara, conseiller de l’émir du Qatar[51]. »

Attentats de Charlie Hebdo[modifier | modifier le code]

En 2012, Alain Gresh considère que la rédaction du journal Charlie Hebdo défend des positions islamophobe[52]. Le journal satirique avait vu son siège incendié en 2011 après la parution d'un numéro spécial titré Charia Hebdo. En septembre 2015, Gresh accuse ceux qui se mobilisent pour la liberté de la presse de vouloir utiliser l'islamophobie pour tenter d'interdire une autre liberté, celle des musulmans de manifester contre Charlie[53].

Il juge que le Front national menace davantage la démocratie que les manifestants musulmans qui dénoncent une nouvelle édition de Charlie Hebdo :

« Même en acceptant l’idée que l’islamisme (au singulier) est une idéologie totalitaire, faut-il interdire les démonstrations de force, comme celle qui s’annonce sur le Net pour samedi à Paris en défense du Prophète ? Et pourquoi laisse-t-on un parti comme le Front national, bien plus influent que les quelques groupes radicaux islamistes, s’exprimer librement et sans contrainte ? Qui menace vraiment la démocratie[53] ? »

Immigration et racisme[modifier | modifier le code]

Il estime qu'il n'existe aucun lien prouvé entre la hausse de l'immigration en France et l'insécurité[54]. Il dénonce une stigmatisation des immigrés[54]. Alain Gresh estime que le racisme antiblanc est un concept fictif qui menace de gangrener la gauche[55].

Géopolitique[modifier | modifier le code]

Concernant la géopolitique du Moyen-Orient, Robert Fisk de The Independent considère, en 2013, qu'Alain Gresh en est « le meilleur commentateur » et que son travail dans Le Monde diplomatique « est, ou devrait être, une lecture essentielle pour tous les politiciens, généraux, officiers du renseignement, bourreaux, et tous les Arabes de la région. » Fisk note en particulier l'analyse d'Alain Gresh qui relève que, dans le cadre de la révolution égyptienne de 2011, le parti des Frères musulmans s'est montré « fondamentalement incapable de s'adapter à l'accord politique pluraliste, de sortir de sa culture de la clandestinité, de se transformer en un parti politique, de faire des alliances […] »[56].

En mars 2020, Alain Gresh publie dans son média l'Orient XXI une tribune dans laquelle il prédit comme inéluctable la victoire des talibans dans la guerre en Afghanistan, dénonce l'aventurisme des gouvernements américains successifs qu'il décrit comme « aveuglés par leur haine de l'islam », et leurs mensonges sur leurs chances de succès pour conserver le soutien de leurs opinions publiques[57]. Il livre un diagnostic similaire sur l'intervention de la France au Mali, à qui il reproche également le soutien apporté aux États-Unis en Afghanistan[57].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Entretiens[modifier | modifier le code]

  • « Alain Gresh : "On peut être croyant et révolutionnaire" », Ballast,‎ (lire en ligne).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Intifada française? De l'importation du conflit israélo-palestinien - Marc Hecker, editions-ellipses (2012), page 41,42,179,394
  2. Alain Gresh : « Rien ne sera plus comme avant » , L'Humanité, 24 février 2011.
  3. Gilles Perrault, « Henri Curiel, citoyen du tiers-monde », sur Le Monde diplomatique, (consulté le 16 mars 2019).
  4. Harvey Nicolas, « L'internationalisation du Monde diplomatique : entre "cosmopolitisation" et homogénéisation éditoriale », Pôle sud, no 30,‎ , p. 85-97 (lire en ligne).
  5. Anne-Lucie Chaigne-Oudin, « Alain Gresh, De quoi la Palestine est-elle le nom ? », .
  6. Alain Gresh, « Alain Gresh : « On peut être croyant et révolutionnaire » », sur Revue Ballast,
  7. « Alain Gresh et le basculement du monde » sur regards.fr.
  8. (es) José Farjado, « "Las actividades pour el XI Festival" », Sierra Maestra,‎
  9. Jacquy Chemouni, La Psychanalyse française captive du politique, Beauchesne, (ISBN 2701015456), p. 39
  10. a et b Annie Kriegel, « L'implosion de l'OLP », Le Figaro,‎
  11. Marc Hecker, « Un demi-siècle de militantisme pro-palestinien en France : évolution, bilan et perspectives, dans Confluences Méditerranée 2013/3 (N° 86), pages 197 à 208 », Cairn
  12. Alain Gresh, « On peut être croyant et révolutionnaire », sur Revue Ballast,
  13. « Trois questions à... Alain Gresh », sur amis.monde-diplomatique.fr,
  14. Olivier Costemalle, « Attac diplomatique à la direction du Monde diplo », sur Libération,
  15. « Alain Gresh : biographie, actualités et émissions France Culture », sur France Culture (consulté le 8 septembre 2018)
  16. « Orient XXI », sur iReMMO (consulté le 16 mars 2019)
  17. « L'Association française des journalistes spécialisés sur le Maghreb et le Moyen-Orient a reconduit », L'Humanité,‎ (lire en ligne, consulté le 8 septembre 2018)
  18. « Naissance d’une revue », sur Cairn,
  19. a b c et d Alain Gresh, « Palestine : les bases de la solidarité », Association France Palestine Solidarité,
  20. Alain Gresh, « Je ne condamnerai jamais la violence utilisée par les Palestiniens », sur Le Poing,
  21. « La quintuple perpétuité est requise contre Marwan Barghouti », sur Courrier International,
  22. Paul Giniewski, La guerre des hommes-bombes, Editions Cheminements, , *
  23. {{Article}} : paramètre « titre » manquant, Le Monde Diplomatique,‎
  24. « L’antisionisme est une opinion, pas un crime », sur Libération.fr, (consulté le 22 mars 2020)
  25. a et b Alain Gresh, Didier Billion, Actualités de l'Etat palestinien, Bruxelles, Editions Complexe,
  26. Alain Gresh, Israël, Palestine : Vérités sur un conflit, Paris, Fayard,
  27. Hédi Dhoukar, « Alain Gresh (dir.) : Un péril islamiste ?, 1994 », Hommes & Migrations, vol. 1186, no 1,‎ , p. 56–57 (lire en ligne, consulté le 22 mars 2020)
  28. a et b Jim Cohen, « L'Islam en questions, Alain Gresh et Tariq Ramadan. Coll. Babel, 2002 », Hommes & Migrations, vol. 1242, no 1,‎ , p. 152–153 (lire en ligne, consulté le 22 mars 2020)
  29. a et b Valérie Amiraux, « A propos de l'islam et des musulmans », Mouvements,‎ (lire en ligne)
  30. Alain Gresh et Tariq Ramadan, L'Islam en questions : Débat animé et présenté par Françoise Germain-Robin, Actes Sud, coll. « Babel », (1re éd. octobre 2000), 360 p. (ISBN 978-2-7427-3762-8), « présentation en ligne », sur actes-sud.fr
  31. « La crise économique aggrave l'islamophobie », sur Agence Coranique Internationale
  32. « Nicolas Sarkozy: al-Qaradawi et les prédicateurs radicaux ne seront «pas les bienvenus sur le territoire de la République» », sur Slate,
  33. Ian Hamel, « Le prédicateur Qaradawi avait prôné les attentats dans le monde entier », sur Mondafrique,
  34. Pierre Juston, « "Le licite et l’illicite en Islam" : un livre antisémite homophobe misogyne… en vente libre en France », sur Marianne,
  35. a et b Alain Gresh, « Qaradawi, Ramadan et la démagogie de Guéant et Juppé », sur Oumma,
  36. « Vidéo - Assemblée Publique du Printemps des quartiers »,
  37. Institut d’Eudes de l'Islam et des Sociétés du Monde Musulman, « Forum international contre l’islamophobie — Bourse du travail, Paris, 14/12/2013 », sur https://iismm.hypotheses.org/7890
  38. Philip Heymann, « International Cooperation in Dealing with Terrorism: A Review of Law and Recent Practice », sur Harvard University
  39. Didier Bigot, « Les attentats de 1986 en France : un cas de violence transnationale et ses implications (Partie 1) », sur Journal des Conflits
  40. « Libérez Georges Abdallah (rassemblement Paris) »
  41. « Georges Ibrahim Abdallah, trentième année dans les prisons françaises. Un appel d'élus », sur Le Monde diplomatique, (consulté le 6 juin 2020)
  42. « Georges Abdallah, emmuré depuis 35 ans dans les geôles de l'Histoire et des raisons d'État françaises », sur TV5MONDE, (consulté le 6 juin 2020)
  43. a et b Jean Pierre Filiu, Les Arabes, leur destin et le nôtre, Paris, Collection La Découverte, , 250 p. (ISBN 9782348040719), p. Chapitre 5. D’un désastre à l’autre (1970-1991) – La génération des abandons
  44. « Tariq Ramadan et Alain Gresh », extrait de Frère Tariq, Caroline Fourest, Grasset, 2005
  45. Caroline Fourest, La Tentation obscurantiste, éditions Grasset, 2005.
  46. Le Sabre et le Coran: Tariq Ramadan et les Frères musulmans à la conquête de l'Europe, Paul Landau, Éditions du Rocher, 2005, p. 114.
  47. Le Projet : La stratégie de conquête et d'infiltration des frères musulmans en France et dans le monde Alexandre Del Valle et Emmanuel Razavi, éditions L'artilleur, 20 nov. 2019, chapitre : « soutien total au BDS, la campagne de boycott anti-Israël »
  48. « Christian Chesnot et Georges Malbrunot : "Le Qatar veut acheter de l’influence et peser sur l’Islam européen" », sur France Inter,
  49. Romain Gubert, « Comment le Qatar finance l’islam de France », sur Le Point,
  50. Sarah Osman, « La main du Qatar sur l’islam de France ? », sur Orient XXI
  51. a et b Georges Malbrunot, « Qatar, quand l’émirat finance l’islam. Par Georges Malbrunot », sur Les-Crises,
  52. Alain Gresh, « L'Islamophobie de Charlie-Hebdo », sur Islamophobie.net,
  53. a et b Alain Gresh, « « Charlie Hebdo », la liberté d’expression et l’islamophobie », sur Le Monde Diplomatique,
  54. a et b Alain Gresh, « Ces immigrés si coupables, si vulnérables... », sur Le Monde Diplomatique,
  55. Alain Gresh, « Copé, le MRAP et le racisme anti-Blancs », sur Le Monde Diplomatique,
  56. (en) Robert Fisk, « Millions take to the streets of Egypt in an ever-growing media fantasy », sur independant.co.uk, (consulté le 22 septembre 2016)
  57. a et b Alain Gresh, « Afghanistan. La guerre perdue contre le « totalitarisme islamique » », sur Orient XXI, (consulté le 29 mars 2020)
  58. L'Islam, la République et le Monde sur quefaire.lautre.net.

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