Malouinière

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Malouinière de la Mettrie aux Louëts

Une malouinière est une vaste demeure de plaisance construite par des armateurs de Saint-Malo aux XVIIe et XVIIIe siècles. On en compte 112 dans la région.

Habitées pour la plupart, plusieurs malouinières sont tout de même ouvertes à la visite lors des Journées du Patrimoine en septembre.

Histoire[modifier | modifier le code]

La plupart des malouinières furent construites entre 1650 et 1730 dans un rayon de 12 à 15 km autour de Saint-Malo par les armateurs insatisfaits de l'espace exigu de la ville « intra-muros ». Ces derniers restaient ainsi à proximité de la sécurité des remparts de la ville en cas de visite impromptue des Anglais, et cela leur permettait aussi de faire détourner certains de leurs bateaux revenus des Indes afin de les vider discrètement d'un contenu précieux, avant l'arrivée des percepteurs d'impôts du Roi.

Elles sont situées à l’intérieur du Clos Poulet, un nom qui signifie pays d’Aleth (région malouine) du nom du camp gallo-romain de la citadelle de Saint-Servan, point de départ vers la Cornouaille où l’on chargeait l’étain.

La prospérité de Saint-Malo date des XVe et XVIe siècles, époque à laquelle commence le déclin de Saint-Servan. Sous les guerres du Roi Soleil, l’aventure maritime de Saint-Malo prend son envol.

Architecture[modifier | modifier le code]

La plupart des malouinières étaient construites en pierre de pays enduites d’un crépi. Les toits très hauts ainsi que les cheminées sont très caractéristiques.

Jusqu’au XVIIe siècle, les ouvertures sont percées selon les besoins. Au XVIIIe siècle, elles sont symétriques et alignées comme dans l’architecture militaire.

La corporation des menuisiers de Saint-Malo qui comptait un ou plusieurs représentants par quartier vivait grâce à la riche clientèle des familles installées dans les malouinières. Les registres de la capitation font apparaître que trois maîtres menuisiers étaient soumis à l'impôt en 1701. La corporation ne cessa de se développer et, en 1725, on compte encore onze membres actifs[1].

Malouinières notables[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Saint-Coulomb.

Château de la Motte-Jean, XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Château de la Motte-Jean.

La Ville Bague[modifier | modifier le code]

La malouinière de la Ville Bague

La Malouinière de la Ville Bague[2] (Saint-Coulomb) fut construite en 1715 par Guillaume Eon, issu d’une famille de riches négociants malouins qui avaient ouvert de nombreux comptoirs à l’étranger et notamment à Cadix.

Un manoir plus modeste se tenait à l’emplacement de l’actuelle malouinière, le pigeonnier, la chapelle et les murs d’enceinte sont donc antérieurs (1666).

À la Révolution française, la maison fut abandonnée par ses propriétaires.

Propriété successive des familles Éon (en 1670), Magon seigneurs de la Chipaudière (en 1676), Éon (en 1776). En1768, Julie Marie Eon du Vieux Chastel épouse Jonathas de Penfentenyo, Marquis de Cheffontaines. Le marquis de Cheffontaines devient propriétaire de la ville bague en 1789. Après la révolution, la propriété passe à la famille Esnoul Le Sénéchal qui l'occupe de 1892 à 1946. Le domaine a été morcelé il y a vingt cinq ans mais l’allée centrale menant à la pièce d’eau a été conservée, ce qui protège l’effet de perspective du jardin actuel.

Le papier peint du grand salon date de 1820 (manufacture Dufour et Leroy) et représente l'arrivée de Francisco Pizarro chez les Incas. Exemplaire exceptionnel, ce panoramique est classé Monument historique.

La Malouinière de la Ville Bague propose une visite guidée du parc, de la chapelle, du pigeonnier ainsi que de l'intérieur avec les salons, de la salle à manger et du hall d'entrée. Les horaires des visites sont disponibles sur leur site internet.

Autres malouinières[modifier | modifier le code]

Blason de Saint-Coulomb : De sinople à la croix de sable, chargée d’une crosse abbatiale d’argent, cantonnée de quatre châteaux (malouinières) d’or, ouverts, ajourés et essorés de sable.
La Verderie, côté rue.
La Verderie, côté jardin.
  • Malouinière de la Verderie, à Saint-Servan (XVIIe siècle). Édifice remarquable datant de 1637, représentatif des proto-malouinières. Le plan ramassé en L, avec tour d'escalier octogonale hors-œuvre sur l'arrière du logis révèle l'influence de l'architecture des XVe – XVIe siècles. Sa situation en périphérie de Saint-Malo, la symétrie de la façade sur jardin et les cheminées épaulées, rattachent l'édifice à l'architecture des malouinières. Bien que la demeure ait été remaniée au XVIIIe siècle (boiseries du rez-de-chaussée, ajout d'une extension couverte d'un toit à la Mansart), elle a conservé une partie de ses lambris-cloisons du XVIIe siècle. La construction de la Verderie est attribuée à Noël Danycan, Seigneur de l’Épine, puissant commanditaire de la Compagnie des Indes et l'une des plus importantes fortunes du royaume, qui observait le retour de ses navires du haut de la tour. Logis et jardin sont inscrits à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques.
  • Malouinière de la Ville Bague, XVIIIe siècle, à Saint-Coulomb. Parc.
  • Malouinière du Vaulérault, Saint-Méloir-des-Ondes, famille Lorgeril puis Dartige du Fournet.
  • Malouinière des Courtils-Launay à Saint-Coulomb, construite par Jean de Launay, corsaire (cf ouvrage Deux corsaires malouins sous le règne de Louis XIV. La guerre de course dans la mer du Sud, par le général de la Villestreux), famille Herbert de La Portbarré.
  • Malouinière Launay Ravilly, à Saint Père Marc en Poulet.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :