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Michael Wilson (scénariste)

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Michael Wilson est un scénariste américain, né le à McAlester (Oklahoma) et mort le à Los Angeles (Californie).

Il est né le à McAlester, dans l'Oklahoma[1]. À l’âge de neuf ans, sa famille déménage, d’abord dans une banlieue de Los Angeles puis dans la région de la baie de San Francisco.

Etudiant, il écrit des nouvelles et a rapidement été en mesure de vendre cinq de ses histoires à Esquire et d’autres magazines[1]. En 1936, il est diplômé de l’UC Berkeley avec un baccalauréat en philosophie et une mineure en anglais.

Sa carrière de scénariste, en plein essor, a été interrompue par l’entrée des États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale. En , il s’est enrôlé dans le U.S. Marine Corps. Il suit une formation d’analyste radio et atteint le grade de premier lieutenant avant de quitter les Marines en [1].

Dans les années 1950, Michael Wilson fut l'une des victimes du maccarthysme, inscrit sur la liste noire de Hollywood et empêché de travailler[1].

La chasse aux sorcières dans le cinéma commence, entre-temps, dès 1947[2]. A partir de l'intervention américaine en Corée du Sud en 1950, qui venait d'être envahie par les communistes du Nord, elle devient plus virulente sous l'égide du sénateur McCarthy [3].

Il écrit aussi alors le scénario du film "Le Sel de la terre", tourné au Nouveau Mexique, pour faire vivre le combat des ouvriers d'une mine de zinc et raconter la prise de conscience des femmes contre la loi machiste du syndicat et des maris, une oeuvre d'un producteur indépendant, Paul Jarrico, et du cinéaste Herbert J. Biberman, tous eux aussi interdits par la même liste noire[3], se voulant comme affirmation militante exemplaire par son tournage, contre le monde artificiel des studios hollywoodiens[3]. Toute l'équipe du film est alors sur liste noire[4].

Il avait été embauché après la guerre par le producteur Frank Capra pour écrire le scénario du film "La Loi du Seigneur", qui a obtenu la Palme d'Or au Festival de Cannes, adapté d'un roman de 1946 décrivant le druame d'une famille de Quakers du Grand Ouest, confrontés en 1962 à la guerre de Sécession. Son scénario sera censuré, réécrit puis son nom retiré du générique, pour cause de maccarthysme à Hollywood. Selon Pauline Kael, critique de cinéma américaine, qui a travaillé notamment pour le magazine The New Yorker, dans le scénario remanié, les quakers ne sont plus là "que pour viole leurs propres convictions" mais "une partie de la force" de son scénario original a survécu, "comme dans une scène d’un officier de l’armée de l’Union estropié défiant respectueusement les Quakers inébranlables sur le pacifisme"[5].

En 1953, le syndicat des scénaristes de Hollywood a amendé ses règles permettant aux sociétés de production de refuser le crédit d'un scénario aux personnes inscrites sur liste noire, mais sans pouvoir empêcher William Wyler de recommander que son frère Robert et Jessamyn West, qui tous deux avaient simplement modifié le travail de Michael Wilson soit crédités du scénario [5].

Michael Wilson a alors engagé en 1954 une procédure devant syndicat des scénaristes, qui lui a accordé le seul crédit du scénario[5].

Après l’achèvement du film "Salt of the Earth" en 1954, Michael Wilson et sa famille déménagent en France pour échapper à la liste noire et au maccarthysme. Peu de temps après leur départ, leurs passeports ont été révoqués par le gouvernement américain afin qu’ils ne puissent pas retourner dans leur pays. Alors qu’il vit à l’étranger, Wilson travaille sur des scénarios pour l’industrie cinématographique européenne. Il a également écrit ou collaboré à plusieurs scénarios de films américains, mais sous un pseudonyme[1].

Informé par d'autres cinéastes de ce qui se passait dans son pays, il a pu glisser des échos de la persécution de la commission du maccarthysme dans son scénario de "La Planète des singes, autre grand succès au box-office, sorti en 1968 [4].

Malgré le succès de sa procédure engagée en 1953 aux USA devant les experts du ciné ma, il est absent au générique du film "La Loi du Seigneur", qui a obtenu la Palme d'Or au Festival de Cannes, et avait exposé lors de sa projection à Cannes, les raisons de cette absence. Selon lui, William Wyler a redouté que la mention de son nom "ne nuise à la carrière commerciale du film", bien que le syndicat des scénaristes, deux mois plus tôt, en , lui ait décerné le prix du meilleur scénario[6]. Le réalisateur, scénariste, producteur et acteur américain Jules Dassin, ainsi que Pierre Laroche et Carlo Rim sont intervenus pour assurer de leur soutien à Michael Wilson, qui a intenté un procès aux Artistes associés, producteurs du film[7]. Selon l'historien du cinéma Joseph McBride en 2002, l'affaire s'est conclue par un discrêt arrangement à l'amiable[5].

A sa mort en 1978, William Wyler a émis des regrets sur cette omission et affirmé que la décision n'était pas vraiment la sienne, mais sans convaincre.

Les historiens ont découvert, en enquêtant sur le maccartysme, dans les archives du cinéaste, un mémorandum du , mentionnant qu’il avait parlé au dirigeant de la Paramount, Y. Frank Freeman, à propos de l’achat du script à Michael Wilson et avait reçu l’assurance de ce dernier, lors de cette conversation, qu’il pouvait refuser le crédit à Wilson [5].

L'année 1957 a été aussi marquée par le triomphe d'une autre grande oeuvre dont il était le scénariste: Le Pont de la rivière Kwaï, film de guerre britannico-américain de David Lean, l'adaptation du roman du même nom (1952) de l'écrivain Pierre Boulle. Plus gros succès commercial de l'année 1957, ce film reçoit une critique globalement élogieuse de la part de la presse. Il reçoit par ailleurs de nombreuses distinctions, dont huit nominations aux Oscars en 1958, obtenant finalement sept récompenses dont l'Oscar du meilleur scénario adapté.

Michael Wilson et Carl Foreman, qui ont coécrit le scénario du Pont de la rivière Kwaï, poursuivent alors une même carrière de l'ombre , sous des noms d'emprunt[2].

En 1997, quand Hollywood rétablit les droits de victimes du maccarthysme, en attribuant officiellement à leurs véritables auteurs les scénarios de 24 films des années 1950, écrits sous des pseudonymes, ou signés par des prête-noms, il fait partie des bénéficiaires les plus remarqués, notamment pour "Le Pont de la rivière Kwaï", alors que jusque là ne figurait au générique que le nom de l'auteur du roman, Pierre Boulle, qui ne parlait pas anglais, mais aussi pour "Lawrence d'Arabie"[8]

Filmographie

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Références

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  1. 1 2 3 4 5 "Radical Hollywood: The Untold Story Behind America's Favorite Movies", livre sorti en 2002, dont les auteurs sont Paul Buhle et Dave Wagner
  2. 1 2 « Cent ans de cinéma », sur Editeur,
  3. 1 2 3 « Le Sel de la terre », sur Le Monde,
  4. 1 2 « Boys from the blacklist », sur Guardian,
  5. 1 2 3 4 5 Article de l'historien du cinéma Joseph McBride en 2022, titré "A Very Good American" The undaunted artistry of blacklisted screenwriter Michael Wilson
  6. « GRACE À ROBERT BRESSON la France pose sa candidature à la Palme d'or », sur Le Monde,
  7. « MICHAEL WILSON s'élève contre " LA LOI DU SEIGNEUR " », sur Le Monde,
  8. « Hollywood rétablit les droits de victimes du maccarthysme », sur Le Monde,

Liens externes

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