Alexandre (film)

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Ne doit pas être confondu avec Alexandre le Grand (film, 1956).
Alexandre
Titre original Alexander
Réalisation Oliver Stone
Scénario Oliver Stone
Christopher Kyle
Laeta Kalogridis
Acteurs principaux
Sociétés de production Warner Bros.
Intermedia Films
Pacifica Film
Egmond Film & Television
France 3 Cinéma
IMF Internationale Medien und Film GmbH & Co. 3. Produktions KG
Pathé Renn Productions
Pays d’origine Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau de la France France
Drapeau de l'Italie Italie
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Genre Biographie
Histoire
Péplum
Aventure
Durée 175 minutes
Sortie 2005

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Alexandre (Alexander) est un film historique épique réalisé par Oliver Stone, sorti le en France et qui raconte la vie d'Alexandre le Grand. Oliver Stone a choisi un point de vue psychologique sur Alexandre le Grand avec de nombreuses antithèses que l'on voit tout au long du film.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Le film narre la vie d'Alexandre le Grand (-356 à -323) du point de vue d'un de ses principaux généraux, Ptolémée, dictant ses Mémoires[1], de son enfance à sa mort, des cours d'Aristote aux conquêtes qui firent sa légende, de l'intimité aux champs de bataille.

Fils du roi Philippe II de Macédoine, il soumit la Grèce antique révoltée, fonda les Alexandries (villes fondées par Alexandre), défit les Perses, s'empara de Babylone et atteignit l'Indus pour établir à 32 ans le plus vaste empire jamais unifié avant lui : la civilisation hellénistique.

Deux époques coexistent dans le film : celle du narrateur, l'Égypte ptolémaïque, et celle de la vie d'Alexandre, évoquée de façon non linéaire par une alternance entre la progression chronologique générale et plusieurs flashbacks.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Drapeau de la France France : Pathé Distribution
Drapeau des États-Unis États-Unis : Warner Bros.
Drapeau des États-Unis États-Unis : (première)
Drapeau des États-Unis États-Unis :
Drapeau de la France France :
Drapeau des États-Unis États-Unis : (Arclight Hollywood's Master Storytellers Series / version director's cut)
Drapeau des États-Unis États-Unis : (version longue)

Distribution[modifier | modifier le code]

 Source et légende : version française (VF) sur RS Doublage[3] et AlloDoublage[4]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompense[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Bande originale du film[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Alexandre (bande originale).

La musique devait au départ être réalisée par Goran Bregovic, Oliver Stone aurait dit à Bregovic : « Je veux faire un film comme La reine Margot mais en commercial ». Bregovic envoie deux démos mais est finalement remplacé par Vangelis[7].

Analyse[modifier | modifier le code]

Oliver Stone aime l'Histoire, sa filmographie est éloquente à ce sujet, avec des films comme JFK et Nixon ou Né un 4 juillet, Platoon, Entre ciel et terre sur la guerre du Viêt Nam. Il évoque : Les Doors avec Val Kilmer ou le road movie meurtrier du couple : Tueurs nés. Avec Alexandre, il réalise son rêve d'enfant[réf. souhaitée], une fresque historique consacrée à Alexandre le Grand.

Déjà porté à l'écran en 1956, Alexandre le Grand suscite l'intérêt de tous. Dans le film de 1956, Richard Burton avait Danielle Darrieux pour mère et Fredric March pour père dans une version signée Robert Rossen — Danielle Darrieux n'avait que huit ans de plus que Richard Burton... Dans le film d'Oliver Stone, Colin Farrell incarne Alexandre, et sa mère Olympias est jouée par Angelina Jolie (laquelle n'avait qu'un an de plus que l'acteur), quant à Val Kilmer (Jim Morrison dans The Doors) il incarne son père Philippe II.

Oliver Stone a voulu respecter la réalité historique et a fait un effort dans la reconstitution des batailles et de la vie du grand Alexandre, la magnifiant parfois et respectant la bisexualité du personnage[8]. Il fait, de ce point de vue, directement référence à l'œuvre de Klaus Mann : Alexandre, Roman de l'Utopie (Stock, 1931) qui, le premier, avait mis en exergue ce trait particulier de sa biographie. D'une manière générale, le film de Stone doit beaucoup à l’œuvre de Klaus Mann[réf. nécessaire]. Cependant, il y a quelques erreurs comme le phare d'Alexandrie, présent dans le film, construit en réalité plus tard sous le règne de Ptolémée II ou la présence de Cassandre tout au long de l'expédition alors qu'il ne rejoignit Alexandre que peu de temps avant sa mort envoyé par son père Antipater.

Une deuxième erreur importante est la raison de la mort de Philotas et son père, Parménion : en effet, dans le film, ces deux personnages sont tués parce qu'ils reprochent à Alexandre de se marier à une « barbare », Roxane. Or, il s'avère que ces deux généraux sont morts en - 330, et que la rencontre entre Alexandre et Roxane ne date que de - 327. Ainsi, il y a une incohérence de date : Parménion et Philotas ne peuvent pas avoir reproché à Alexandre d'épouser une femme qu'il ne rencontre que trois ans plus tard.

Une troisième erreur porte sur le nom de la nièce d'Attale, épouse de Philippe II, appelée Eurydice dans le film, alors qu'il s'agit du nom de la mère de Philippe II, le nom du personnage historique correspondant étant Cléopâtre.

Enfin, il faut noter le choix incohérent d'une actrice métisse pour incarner une princesse de Bactriane.

La volonté d'Alexandre d'unir les civilisations grecque et perse en faisant preuve de tolérance à l'égard des coutumes de cette dernière (allant parfois à l'encontre de certains de ses proches) est simplement réduite dans le film à une anachronique lutte contre les discriminations[9].

Plus surprenant, ce que souligne le spécialiste Florent Pallares :

« À la vue d’Alexandre, de nombreux critiques ont accusé Oliver Stone de soutenir George W. Bush. Ils ont mis en parallèle certains éléments scénaristiques de l’œuvre avec des événements contemporains [...] Les cités grecques seraient présentées comme étant corrompues par l'or perse, légitimant les décisions guerrières de Philippe. De son côté, Alexandre semble justifier auprès de ses troupes la conquête de l'Orient, d’une part, en accusant les Perses d'être à l'origine de la mort de son père et d’autre part en apportant la liberté aux peuples soumis de l'Orient. Par ailleurs, l'Empire perse comportait plusieurs grandes cités dont la capitale était Persépolis qui n’est pas représentée dans le film. Seule l’entrée des Macédoniens dans Babylone évoque la conquête de l’Empire perse. Dès lors, un reflet du contexte politique des années 2 000, a pu sembler évident. Des conquérants, les Américains, dirigés par un chef, George W. Bush qui veut venger le mal fait à son père, viennent de l'Ouest apporter « la liberté » à des peuples de l'Est tyrannisés qui ne leur ont rien demandé, notamment à Babylone en Irak plutôt qu'à Persépolis en Iran. [...] Ces affirmations semblent en totale contradiction avec la personnalité d’Oliver Stone, [qui présente son film ainsi ] : ‘Alexandre savait gagner les guerres et les étudiait. Il n'aurait jamais détourné les ressources du front pour mener une guerre d'arrière plan, comme Bush en Irak. Si votre objectif premier est Ben Laden, vous ne faites pas la guerre en Irak […] Là où Alexandre passait, quoi qu'en disent ses détracteurs, il apportait la paix, il ne semait pas la discorde. Il allait toujours plus loin, ne se contentait pas d'exploiter. Washington s'empare du pétrole au Moyen-Orient pour les États-Unis… Les Romains exploitaient l'Orient pour le profit de Rome. Pas Alexandre.’ »[10]

Différentes versions[modifier | modifier le code]

1re version : version cinéma (2004)[modifier | modifier le code]

Il s'agit de la version du film qui est sortie dans les salles en 2004, avec une durée de 175 minutes. Elle est sortie en DVD et en Blu-ray dans différents pays.

2e version : version du réalisateur (2005)[modifier | modifier le code]

À la suite de l'échec du film, Oliver Stone décide de remonter le film. Il réalise ainsi une version director's cut, réduisant la durée du film de 175 à 167 minutes[11]. Il coupe ainsi 17 minutes au montage initial mais en réintègre neuf[12]. Cette version ressort dans certaines salles américaines en 2005[2].

Principaux changements[12]
  • Les dates mentionnées le sont désormais de façon « chronologique », et non plus sous forme d'ellipses avec "sauts dans le temps";
  • Le récit de Ptolémée au début du film a été raccourci ;
  • Les deux flashbacks montrant l'arrivée d'Eurydice à la cour et le banquet de mariage sont déplacés et incorporés à la partie consacrée à la campagne de l'Est, avec le procès de Philotas et l'assassinat de Parménion ;
  • La scène dans laquelle Aristote donne une leçon au jeune Alexandre a été rallongée ;
  • Le récit de Ptolémée de la bataille de Gaugamèles est modifié pour ne faire plus aucune référence à la destruction de Thèbes et au sac de Persépolis ;
  • La scène de nuit avant la bataille de Gaugamèles et le sacrifice rituel avant la bataille ont été supprimés ;
  • Après la scène dans laquelle Alexandre se plaint des morts de la bataille de Gaugamèles, un flashback est ajouté, qui montre son père Philippe lui expliquer ce que sont les Titans ;
  • La scène où Perdiccas interrompt un combat entre Hephaistion et Cleitus a été supprimée ;
  • La scène dans laquelle Roxane tente de tuer Alexandre a été supprimée ;
  • La scène dans laquelle Alexandre pleure la mort de Cleitus a été supprimée ;
  • La scène du procès de Philotas a été raccourcie : les explications de Ptolémée y sont retirées ;
  • Une scène supplémentaire dans laquelle Alexandre lit une lettre d'Aristote s’intercale entre la scène où il écrase la rébellion dans ses rangs et la bataille finale ;
  • La scène dans laquelle Olympias apprend la mort d'Alexandre a été réduite.

3e version : version finale Alexander Revisited: The Final Unrated Cut (2007)[modifier | modifier le code]

En parallèle à la version du réalisateur, Olivers Stone sort Alexander Revisited: The Final Unrated Cut, la version rallongée, portant la durée du film à 214 minutes[11]. Pour le réalisateur, cette version se veut une « forme d'hommage aux films de Cecil B. DeMille », et est structurée en trois axes (« la naissance d'un homme », « Introspection » et « Révolution »)[12]. Elle ressort dans quelques salles en 2007[2].

4e version : version ultime (2012)[modifier | modifier le code]

En novembre 2012, Oliver Stone révèle qu'il travaille sur une quatrième version de son film, après une demande de Warner, et que cette fois, il supprimait des passages, ayant le sentiment qu'il en a ajouté de trop dans la version Revisited de 2007[13]. Cette version, qui dure 206 minutes, est projetée pour la première fois le 3 juillet 2013 au Festival international du film de Karlovy Vary[14] et Stone déclare à cette occasion qu'il n'y aurait plus aucune version qui sortirait après celle-ci[15]. En février 2014, Oliver Stone annonce sur Twitter que la version ultime d'Alexandre sortirait aux États-Unis le 3 juin 2014. Cette version est sortie en France fin 2015 par Pathé, dans un coffret qui réunit la version cinéma de 2004, la version Revisted de 2007 et la version ultime de 2012[16].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ces écrits contemporains sont perdus mais furent utilisées par Appien et Plutarque.
  2. a b et c Dates de sortie - Internet Movie Database
  3. « Fiche du doublage français du film », sur RS Doublage.
  4. « Fiche du doublage français du film » sur AlloDoublage.
  5. (en) Awards - Internet Movie Database
  6. Palmarès des nominations aux 25e Razzie Awards, sur le site des Razzie Awards. Page consultée le 21 octobre 2011.
  7. (fr) Goran Bregovic dans Hep Taxi.
  8. (en) « Bisexual Alexander angers Greeks », BBC, 22 novembre 2004
  9. Martin Peltier, « Complètement Stone », Le Figaro hors-série n°65 « Alexandre le Grand. Le royaume - l'épopée - la légende », octobre 2011, pages 112-114.
  10. Florent Pallares, « Représentations de la guerre et de la paix dans le cinéma à sujet antique hollywoodien », in Images de guerre, guerre des images, paix en images : La guerre dans l’art, l’art dans la guerre, Perpignan, Presses Universitaires de Perpignan, 2013, p. 112–113.
  11. a et b Alexandre Final Cut - TF1 News
  12. a b et c Dossier "silence on coupe" - page Alexandre - AlloCiné
  13. Hugh Armitage, « Oliver Stone plans fourth 'Alexander' cut », Digital Spy,
  14. « Alexander: The Ultimate Cut » [archive du ], Karlovy Vary International Film
  15. Iain Blair, « Oliver Stone Insists Latest Cut of ‘Alexander’ Is the ‘Ultimate Version’ », Variety,‎ (lire en ligne)
  16. http://www.blu-rayphile.fr/edition-collector-alexandre-doliver-stone/

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Paul Cartledge, Fiona Rose Greenland (ed.), Responses to Oliver Stone's Alexander: Film, History, and Cultural Studies, Madison, University of Wisconsin Press, 2010.
  • Florent Pallares, « Représentations de la guerre et de la paix dans le cinéma à sujet antique hollywoodien », in Images de guerre, guerre des images, paix en images : La guerre dans l’art, l’art dans la guerre, sous la dir. de Michel Cadé et Martin Galinier, Perpignan, Presses Universitaires de Perpignan, coll. « Etudes », 2013, 357 p., (ISBN 9782354121761), présentation en ligne.

Liens externes[modifier | modifier le code]