Hardstyle

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Hardstyle
Origines stylistiques House, musique industrielle, gabber, rave, techno hardcore
Origines culturelles Fin des années 1990, début des années 2000 ; Pays-Bas
Instruments typiques Boîte à rythmes, clavier, échantillonneur, séquenceur, synthétiseur, ordinateur
Popularité Élevée depuis les années 2000 aux Pays-Bas, moyenne à l'international depuis les années 2010
Voir aussi Melbourne shuffle[1], hakken[1], jumpstyle[1]

Sous-genres

Dubstyle, rawstyle, subground

Le hardstyle est un sous-genre musical de la techno hardcore et genre à part entière de musique électronique, ayant émergé aux Pays-Bas à la fin des années 1990 et au début des années 2000, puis par la suite dans les pays européens limitrophes et concrètement à l'international au début des années 2010. Le style musical se caractérise principalement par une ligne de kicks et de basses lourds ou distordus, de mélodies et sons synthétisés dissonants, dont le tempo généralement situé entre 130 et 150 BPM. Au fil du temps, les musiciens du genre parviennent à en tirer plusieurs sous-genres comme le dubstyle, le rawstyle et le subground.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

The Prophet, considéré comme le pionnier du genre hardstyle[2].

Les toutes premières sonorités du « hardstyle » peuvent être entendues à la fin des années 1990, une période parallèle au déclin de la scène musicale gabber néerlandaise causé par de nombreuses controverses sociétales et politiques[3]. En 1998, quatre ans après la scission entre hardcore et happy hardcore[4], une minorité de musiciens néerlandais tels que The Prophet[2], Tuneboy[5] et Dana van Dreven[6] tentent de mêler le gabber à d'autres genres de musiques électroniques comme la hard trance, la house et de techno hardcore à un tempo ralenti, afin d'en tirer une sonorité plus accessible au grand public[2],[7] ; ce nouveau type oscille plus précisément entre 130 et 160 BPM (anciens et nouveaux genres confondus)[8].

Le hardstyle est initié à Amsterdam aux Pays-Bas[5],[6] au début des années 2000 et se développe rapidement pendant la même période dans les pays limitrophes comme l'Angleterre, l'Italie et l'Allemagne[1],[8]. En parallèle, Qlimax devient le premier plus grand festival à se spécialiser dans le hardstyle[7]. En 2002, de nombreux labels discographiques émergent dont majoritairement ceux de Fusion et Scantraxx. Des chansons et albums hardstyle commencent à atteindre les classements musicaux européens comme par exemple en 2004 avec l'album Hardstyle Night qui atteint la 11e place des classements musicaux suisses pendant cinq semaines[9].

Émergences nouvelles[modifier | modifier le code]

Aux alentours de 2005, la première sonorité hardstyle, connue par rétronymie sous le terme de « early hardstyle » ou « oldschool hardstyle »[10], est progressivement remplacée par un autre genre nommé « euphoric hardstyle » basé sur 150 BPM. Une nouvelle sonorité hardstyle nommée « hardstyle nu-style » apparait peu à peu sur la scène. Elle se caractérise pour la plupart des chansons, par le pitch shifting, une variation de la hauteur des kicks lorsqu'ils sont joués en même temps que la mélodie[10]. Depuis la fin de l'année 2008, certains DJ, comme Headhunterz, D-Block & S-te-Fan, Frontliner, Scope DJ et autres, s'en rapprochent fortement en utilisant des kicks subissant une distorsion plus puissante, et des basses beaucoup plus lourdes, avec des mélodies plus enjouées qu'à l'accoutumée, mais ce style donne un côté plus commercial à la musique, ce qui rebute beaucoup de fans de longue date du hardstyle[réf. nécessaire], qui eux sont plus attachés aux mélodies simples et aux fameuses basses inversées chères au « early hardstyle »[réf. nécessaire]. De nombreux autres types de musiques liées au hardstyle émergent originellement en Europe, spécifiquement aux Pays-Bas. Dans certains pays d'Europe de l'Ouest, ces types de musiques se sont largement popularisées[8]. En 2007, le hardstyle se popularise massivement dans des pays tels que la Belgique, la Pologne, l'Estonie, le Danemark, l'Afrique du Sud, et l'Australie[6]. En parallèle, le hardstyle se populariserait également en Amérique du Sud et sur le continent africain[8]. Depuis 2005, de nombreux albums atteignent les classements musicaux internationaux. En exemple, depuis la parution de son septième volume, la série des compilations Hardbass atteint les classements musicaux suisses et autrichiens[11].

En 2010, l'album Hardstyle Vol.21, mixé par Dutch Masterz et Wildstylez, atteint pendant une semaine les classements musicaux suisses et autrichiens à la 12e et 8e place, respectivement[12]. Après une décennie d'existence le genre se popularise massivement aux États-Unis avec des producteurs comme Showtek et Headhunterz qui apparaissent auprès du grand public à des festivals comme l'Electric Daisy Carnival[13].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

La production et la réalisation du hardstyle s'effectue à l'aide d'un ou plusieurs logiciels audio-numériques spécialisés dans la création musicale par ordinateur qui peuvent notamment compter Cubase, FL Studio, Ableton Live, LMMS, Logic, Nuendo, ou Reason. Le hardstyle se caractérise typiquement par une ligne de kick profonds ou distordus automatiquement accompagnée de basses le plus souvent inversées[6] et de nombreuses lignes de percussions courtes[8]. Il se caractérise également par des mélodies et sons synthétisés dissonants et souvent également distordus[8] avec un tempo oscillant entre 130 et 160 BPM[8].

La presse spécialisée se divise concernant les genres musicaux sur lesquels se repose originellement le hardstyle. Selon le site Fantazia, « le hardstyle s'inspire de la hard trance, du gabber et des musiques rave tirées de la hard house britannique et du jumpstyle[6]. » Pour essiheart, le genre partage une sonorité similaire à celle du gabber et de la hard trance[1]. Le magazine Vice note que le genre est directement associé au gabber[14], et DJ Rob, justement musicien gabber, explique que le hardstyle est partiellement associé à la hard trance, à la house et à la rave[15]. Il répond que « le hardstyle a été créé par des vieux producteurs hardcore qui, il y a quelques années, avaient besoin de sons nouveaux et d’une évolution vers des styles de musique plus durs. Beaucoup d’influences de la house et de la scène rave ont aussi leur part dans le hardstyle. C’est plus commercial et c’est un genre maintenant important dans les festivals, l’argent est toujours là[15]! » Pour Insomniac, « le hardstyle partage la grosse caisse du gabber et la réverbération constante de la hard trance. Il s'accompagne de voix robotiques démoniaques, de basses intenses et sourdes, et de synthés désaccordés. Et c'est rapide. Genre, 140-150 BPM[5]. »

DJ Pangburn, de MTV Iggy, souligne l'usage redondante de la lettre Z chez les artistes et labels du hardstyle : « du côté des DJ et producteur il y a Wildstylez, Psyko Punkz, DJ Zany, Da Tweekaz, Wasted Penguinz, Headhunterz, Frequencerz, et Omegatypez (et encore plein d'autres). À la fin des labels, Dirty Workz et Diffuzion Records, et probablement une douzaine d'autres labels dont on a jamais entendu parler — le “Z” est sans aucun doute placé d'une manière stratégique[13]. »

Festivals[modifier | modifier le code]

Qlimax, l'un des plus importants festivals de la scène hardstyle[7].

Les soirées hardstyle les plus importantes sont organisées par deux grands organismes que sont Q-dance[16] et b2s : Qlimax, Defqon.1, Q-Base, In Qontrol, Iqon, Qountdown et X-Qlusive pour Q-dance ; Decibel, Hard Bass et Thrillogy pour b2s. La plupart de ces événements ont un concept évolutif permettant lors de la même soirée d'écouter du jumpstyle ou de la hard trance au début, du hardstyle principalement et du hardcore pour la fin de soirée.

Certains festivals comme Q-Base ou Defqon.1 de Q-dance réunissent beaucoup de styles différents, répartis dans différentes zones, dans lesquelles le visiteur est libre d'aller selon ses envies. Les festivals en Belgique sont organisés par Bass Events comme notamment Reverze, Bassleader, Adrenaline, Summer Festival, Syndrome Festival, ainsi que The Qontinent, en collaboration avec Q-dance. ID&T possède également un pied dans le marché avec Black (précédemment appelé Sensation Black)[17]. Ils organisent également le festival Tomorrowland en Belgique, où Q-dance possède sa propre scène hardstyle. Ces événements sont animés pour la plupart par des maîtres de cérémonie reconnus dans le monde du hardstyle, comme MC Ruffian, MC Villain, DV8 et Chucky.

Artistes[modifier | modifier le code]

Les artistes et groupes représentatifs du hardstyle incluent notamment : Activator[18], Adaro[19], Blutonium Boy[20], Brennan Heart[5],[21],[22], Code Black[23], Coone[1],[24], Dana van Dreven[6], D-Block & S-te-Fan[1], Da Tweekaz[25],[26], DJ Tatanka[27], DJ Zany[1], Donkey Rollers[5], Frontliner[28], Gunz for Hire[29], Headhunterz[1], Lorenzo de Preti[5], Noisecontrollers[30], Psyko Punkz[31], Ran-D[32], Showtek[1], The Prophet[2], Tuneboy[5], Wildstylez[33], et Zatox[34].

Sous-genres[modifier | modifier le code]

Au début des années 2010, plusieurs musiciens tentent d'établir leurs sous-genres et variations du hardstyle. Le dubstyle désigne une nouvelle variation, ou sous-genre, du hardstyle, ayant émergé au début des années 2010[35] dont le nom est attribué à la fusion des genres hardstyle et dubstep. Le dubstyle utilise des wobble basslines accompagnés d'un kick distordu typique au hardstyle mêlés au rythme, au groove et au tempo du dubstep[36]. Le genre est produit par des artistes tels que Zatox[34]. Également en 2010, un nouveau sous-genre appelé subground, initié par le musicien Activator, émerge mêlant plusieurs genres de musiques dance et hardstyle à un tempo situé entre 130 et 150 BPM[18]. Un autre sous-genre, le rawstyle est un type de hardstyle influencé par le gabber ou le early hardstyle[35],[37].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j (en) essiheart, « What is Hardstyle Music? », sur essiheart,‎ (consulté le 11 juin 2013).
  2. a, b, c et d (en) « What is hardstyle? », sur Las Vegas City Life,‎ (consulté le 11 juin 2013).
  3. (en) « 01.04.2000: Thunderdome 2000 (cancelled) », sur www.thunderdome.com (consulté le 2 janvier 2013).
  4. Michel Van Grevelinge, Profil hardcore,‎ (ISBN 229611959X, lire en ligne), p. 195.
  5. a, b, c, d, e, f et g (en) Art Tavana, « How to Talk to Your Kids about Hardstyle », sur Insomniac,‎ (consulté le 1 avril 2015).
  6. a, b, c, d, e et f (en) « Hardstyle Music », sur Fantazia (consulté le 11 juin 2013).
  7. a, b et c (en) « Hardstyle Music History », sur Hardstyle Samples (consulté le 11 juin 2013).
  8. a, b, c, d, e, f et g (en) « What Is Hardstyle? », sur Wisegeek (consulté le 11 juin 2013).
  9. « Hardstyle Night », sur Ultratop (consulté le 11 juin 2013).
  10. a et b (en) « Story of Hardstyle », sur Hardstyle Mag (consulté le 1 avril 2015).
  11. « Hardbass Chapter 7.Seven (album) », sur lescharts.com (consulté le 11 juin 2013).
  12. (en) « Hardstyle Vol. 21 (album) », sur australian-charts.com (consulté le 11 juin 2013).
  13. a et b (en) DJ Pangburn, « Say what you want about the over the top dance genre — its legions of fans can't hear you. », sur MTV Iggy,‎ (consulté le 1 avril 2015).
  14. (en) Vivian Host, « 10 Electronic Music Documentaries You Probably Haven't Seen Before », sur Vice (consulté le 24 février 2015), Never. In 1995, Lola de Musica chronicled the Rotterdam hardcore scene - the daddy to today's hardstyle craze - in this awesome documentary, featuring mental gabbers in equally mental track suits doing hakken, and gurning Dutch ravers with saucer eyes..
  15. a et b (en) Rod Glacial, « DJ Rob a inventé le son gabber et il vous raconte comment », sur Vice Magazine (consulté le 2 mars 2015).
  16. (en) « Q-dance: A ten-year retrospective », sur Q-Dance,‎ (consulté le 11 juin 2013).
  17. (en) Tiki Travel, Netherlands Travel Guide - Tiki Travel (lire en ligne).
  18. a et b (en) « Activator ‘Subground’ interview », sur Club Underground (consulté le 1 avril 2015).
  19. (en) « Full interview with Gunz For Hire », sur EDM Canada,‎ (consulté le 31 mars 2015).
  20. (en) « Blutonium Boy », sur Ministry of sound (consulté le 30 décembre 2012).
  21. (en) « Afrojack feat. Wrabel – Ten Feet Tall (Brennan Heart and Code Black Remix) »,‎ (consulté le 14 août 2014).
  22. (en) « Bio », sur hardnews.nl (consulté le 14 août 2014).
  23. (nl) « Code Black », sur Partyflock (consulté le 18 mai 2015).
  24. (en) Jon O'Brien, « Coone - Artist Discography », sur AllMusic (consulté le 23 juillet 2014).
  25. (nl) « Noorse dj's veroveren de wereld vanuit Tielen », sur hln.be,‎ (consulté le 18 mai 2015).
  26. (en) « DJ Mag Top 100 DJ’s Results », sur DJ Mag,‎ (consulté le 18 mai 2015).
  27. (en) « DJ Tatanka », sur DJ Guide (consulté le 31 août 2014).
  28. (en) « Hardstyle Heavyweight Frontliner Speaks Out on Q-Dance LA, Production And Reading Your Mind », sur Magnetic Mag,‎ (consulté le 28 mars 2015).
  29. (en) « Full interview with Gunz For Hire », sur EDM Canada,‎ (consulté le 18 mai 2015).
  30. (en) Nick Jarvis, « Noisecontrollers split: “We’re both going to focus on the music we love most” », sur In The Mix,‎ (consulté le 18 mai 2015).
  31. (en) « Psyko Punkz, MC Lyte, Chris Willis – This Is Your Life – EXCLUSIVE track premiere », sur EDM Maniac,‎ (consulté le 18 mai 2015).
  32. (en) « Ran-D and Adaro about 2015 », sur Hardstyle Mag,‎ (consulté le 18 mai 2015).
  33. (en) Ed Real, « Hard Dance Awards Results Announced! »,‎ (consulté en 1er janvier 2013).
  34. a et b (en) « Action Zatox & Villain United », sur DJ Mag (consulté le 13 août 2014).
  35. a et b (en) « Q-Dance — Hardstyle », sur Q-dance (consulté le 13 août 2014).
  36. (en) « Dubstep Basics », sur Sound on Sound,‎ 1er juillet 2010 (consulté le 13 août 2014).
  37. (en) « Article on the split between rawstyle and euphoric hardstyle », sur Fear.FM (consulté le 13 août 2014).

Liens externes[modifier | modifier le code]