Jazz-funk

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Le jazz-funk est le style musical apparu aux États-Unis dans les années 1960 et dans la lignée du Hard Bop, en général purement instrumental, mêlant la structure des morceaux de jazz (thème, succession de solos, thème), avec les rythmes syncopés et l'instrumentation du funk (Percussions et batterie électroniques, piano électrique Fender Rhodes ou Wurlitzer, orgue Hammond B3, synthétiseurs analogiques: Mellotron, ARP Odyssey, Oberheim, Moog, Hohner D6 Clavinet, cuivres, basse électrique, parfois guitare électrique (Melvin Ragin "wah wah" Watson) et des effets d'instrumentation très employés tels le "slap" à la basse électrique, l'usage de cordes frottées au synthétiseurs.

Les trompettistes Dizzy Gillespie (album "Matrix The Perception Sessions" en 1971) et surtout Miles Davis ont été parmi les précurseurs de la fusion jazz-funk.

Mais, parmi les artistes ayant façonné ce style, on peut également citer Herbie Hancock, Lou Donaldson, Cannonbal Adderley, Horace Silver, Eumir Deodato, The Headhunters, Weather Report, Azimuth, Billy Cobham, Grant Green, Eddie Henderson, Patrice Rushen, Donald Byrd, Idris Muhammad, Joe Thomas, Ramsey Lewis, Dieter Reith, Roy Ayers, The Reddings, Stanley Clarke, Grover Washington, Jr., Marcus Miller, Victor Wooten, the Temptations, Maceo Parker, James Brown, Earth, Wind and Fire, Kool and the Gang ou Prince. Chacun tentant d'y apporter sa signature, son style propre, ses effets et ses inspirations.


Fondamentalement influencé par les enregistrements entre autres de James Brown et de son saxophoniste Maceo Parker dans les années 1960-1970, le jazz-funk consiste à injecter le groove du funk aux structures harmoniques du jazz (tout en conservant la dynamique de recherche stylistique propre au jazz) et en y intégrant les instruments issues des nouvelles technologies (synthétiseurs etc ...) ainsi que des rythmes plutôt binaires, dans le but d'obtenir une musique orientée vers la danse, avec des textures rythmiques et mélodique de grande qualité. Un fort courant de créativité est né de ce mouvement, produisant des pièces musicales originales et influentes.

Le terme "funky" était utilisé dans le jazz depuis au moins les années 1940 (mais il semblerait que le terme et le style "funky" était déjà en usage à La Nouvelle-Orléans dès le début du XXe siècle. Et, on considère souvent que c'est véritablement dans cette ville qu'est né le Funk, bien avant qu'il ne soit popularisé par James Brown). Utilisé à l'origine pour décrire ce qui est sale et sent mauvais, et par extension une musique issue des ghettos, authentique, sale, exprimant de vraies émotions, le terme "funk" n'a été associé aux musiques électriques syncopées qu'à partir de la fin des années 1960. Auparavant, il était associé à un jazz au senti le plus bluesy, censé émouvoir, privilégiant l'émotion, interprété sur des tempos généralement lents, voire très lents. On peut considérer que le terme funk faisait partie du vocabulaire de musiciens du courant hard bop, un courant né au début des années 1950 visant notamment à mettre en valeur les cultures afro-américaines (gospel, blues, rhythm and blues, influences africaines et caribéennes) à travers le jazz. Citons en exemple les enregistrements "Funky Blues" réunissant en 1952 Johnny Hodges, Charlie Parker, Benny Carter, Oscar Peterson, Barney Kessel, Charlie Shavers, Flip Philips et Ben Webster; "Blues in my Shower" de Nat King Cole (1947), "Opus de Funk" de Horace Silver (1953), "Ruby My Dear" de Thelonious Monk (1947), "Who's Blues" de Herbie Nichols (1952), "Blue Funk" de Ray Charles et Milt Jackson (1957), "Weird Blues" du quintet de Miles Davis avec Sonny Rollins (1956), "After Hours" de Dizzy Gillespie, Sonny Rollins et Sonny Stitt (1957) ou "But Not For Me" du trio d'Ahmad Jamal (en public au Pershing, 1958).