Synthwave

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Synthwave
Perturbator - Rock am Ring 2017-AL6980.jpg
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Origines culturelles
Instruments typiques
Popularité
Europe, Amérique du nord, Japon, Australie
Voir aussi
Genres dérivés
Genres associés

La synthwave, également appelée retrowave, est un genre musical et artistique[1] ayant émergé au début des années 2010, influencé par la musique et les films des années 1980[2],[3],[4],[5]. Le genre naît d'un mouvement de nostalgie de ladite décennie en proposant les mêmes sonorités, accords et mélodies mais avec une production plus moderne, un rendu plus ambiant et une utilisation plus rare du chant.[6],[7]

Il se caractérise par l'utilisation de synthétiseurs datant des années 1980 comme le Roland Juno-6, son cousin le Roland Jupiter-8, le Yamaha DX7 le Memorymoog et parfois le Korg M1 ; ainsi que de sons issus de boîtes à rythmes de l'époque comme Roland TR-707 et la LinnDrum. Aujourd'hui, il existe de nombreuses émulations et samples de ces machines, permettant d'obtenir des sons équivalents à moindre coût et plus rapidement, les plus connues étant celles des marques u-he et Arturia.

Histoire[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

En 2005, le musicien français David Grellier se lance dans la musique sous le nom de College. En 2008, il sort un EP intitulé Teenage Color qui, par sa structure, sa progression d'accords et son caractère sonore, est très caractéristique de la synthwave, et peut être considéré comme un point de départ du genre actuel. Dans une entrevue, Grellier explique que sa musique s'inspire « des soaps des années '80 et d'un esthétisme que j'adore tout particulièrement : la couleur, les images, les films et le soleil – les images de Los Angeles, de Chicago et de toutes les autres villes [...] qui continuent à me fasciner[8]. ». En 2011, il fait paraître l'album Northern Council[9] et la même année A Real Hero avec Electric Youth, qui est présent dans le film Drive, ce qui attirera davantage d'attention du public envers la musique synthwave[10],[11].

Durant la même période, les artistes français Lifelike[12] et Anoraak contribuent au son synthwave avec des références musicales similaires. Anoraak explique lors d'une entrevue en 2014 que « la culture pop américaine m'a toujours fasciné quand j'étais petit. Je suis né en 1980, alors j'ai grandi dans un monde entouré par la musique et les films américains[13]. ».

Période actuelle[modifier | modifier le code]

Hormis les premiers artistes College et Kavinsky, un nombre important d'artistes contribuent au genre[14]. Le son plus sombre de Kavinsky est exploité par des artistes comme Power Glove[15], Lazerhawk, Perturbator[16], Lost Years, et Waveshaper[17]. Le son de Lifelike et d'Anoraak est repris notamment par Miami Nights 1984[18], Futurecop![19], Timecop1983[20], Le Cassette, Betamaxx[21], Robert Parker, Highway Superstar et Phaserland[22],[23].

Com Truise décrit également sa musique comme de la synthwave[24]. Après une campagne participative à succès en 2014[25], le court-métrage sur YouTube intitulé Kung Fury fait connaître davantage la synthwave vers l'audience générale, par son langage visuel issu des films de science-fiction des années 1980 mélangé à une bande originale composée de plusieurs artistes de la scène synthwave comme Lost Years, Mitch Murder, Betamaxx, et Highway Superstar[26],[27].

On peut distinguer également plusieurs sous-genres de la synthwave, notamment la vaporwave, connue pour son approche lo-fi, la recherche de sons psychédéliques et une ambiance hallucinée rappelant l'hypnagogie[28] ; ainsi que la darksynth, ajoutant à la synthwave des caractéristiques inspirées du metal, comme l'utilisation de distorsion, de dissonances et de solos de guitare électrique, dont les plus grands représentants sont Perturbator et Carpenter Brut[29].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Musicalement, la synthwave s'inspire de la new wave et des films, des dessins animés et des émissions de télévision issus des années 1980[3],[30],[22]. Des compositeurs tels que Tangerine Dream, Vangelis, John Carpenter ou Kraftwerk, sont fréquemment cités comme influences[2],[16]. Le style est principalement instrumental, et se compose le plus souvent d'éléments sonores issus des années 1980 comme les boîtes à rythmes et les synthétiseurs analogiques. Cependant, la synthwave utilise également des éléments modernes, comme l'utilisation du side-chain sur la basse, issus des genres modernes de musique électronique comme l'electro house[16].

Esthétiquement, la synthwave donne souvent une perspective rétro-futuriste, imitant la science-fiction et les films des années 1980[30],[31] ,[1] . Des exemples de cette esthétique sont utilisés dans des films ou des séries tels que Tron : L'Héritage, Drive[22], Blade Runner[32], Time Out ou Stranger Things[33] ainsi que des jeux vidéo tels que Power Drive 2000[34],[35], Grand Theft Auto: Vice City[36], Hotline Miami[37] (les bandes originales des deux opus comptent des artistes phares de la synthwave comme Scattle, Mega Drive, Perturbator ou encore Carpenter Brut), Paradise Killer ou Far Cry 3: Blood Dragon[38],[39].

Artistes associés[modifier | modifier le code]

Les artistes associés à la tendance synthwave incluent notamment Anoraak, Carpenter Brut, College[8], Com Truise[24], Danger, Dana Jean Phoenix, Electric Youth[10], Futurecop![19], Kavinsky[22], Gunship (en), Magic Sword[40], The Midnight, Minitel Rose, Perturbator[41], Power Glove[15] ou Scandroid[42].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Mappemonde Retrowave • 21Maps », sur 21Maps, (consulté le )
  2. a et b (en) Jon Hunt, « We Will Rock You: Welcome To The Future. This is Synthwave. », l'etoile, (consulté le ).
  3. a et b (en) Catie Disabato, The Ghost Network : A Novel, , 282 p. (ISBN 978-1-61219-434-9, lire en ligne).
  4. (en) « What is Synthwave? », Demonicsweaters.com, (consulté le ).
  5. (en) Bryan Young, « Synthwave: If Tron and Megaman had a music baby », Glitchslap.com, (consulté le ).
  6. KronoMuzik, « DEMI LOVATO vs SYNTHWAVE [retrowave] » Accès libre [vidéo], sur YouTube,
  7. Kwinten Crauwels, « SYNTHWAVE & VAPORWAVE » Accès libre (article), sur Musicmap (consulté le )
  8. a et b (en) « Interview with David Grellier of College and founder of the Valerie Collective 2009 », Whatsonthehifi.com (consulté le ).
  9. (en) « Search Results for college northern council - Magicrpm », magicrpm.com
  10. a et b (en) « Record Makers - Drive (OST) », recordmakers.com,
  11. « sexy sushi : À l'Ouest du son », Alouestduson.blogs.ouest-france.fr, (consulté le ).
  12. (en) « Lifelike Interview: Killahbeez Exclusive », Killahbeez.com (consulté le ).
  13. (en) « Interview with Anoraak », Whatsonthehifi.com (consulté le ).
  14. (se) « DREAMWAVE-MUSIK, AXELVADDAR OCH NEON | Upplevgbg - Livets goda, På djupet », Upplevgbg.se (consulté le ).
  15. a et b (en) « Power Glove Interview: Reviving the 80s (July 2013) », Game-ost.com, (consulté le ).
  16. a b et c (en) Toby McCasker, « Riding the Cyber Doom Synthwave With Perturbator | NOISEY », Noisey.vice.com, (consulté le ), Electronic music has lost a lot of its musicality lately. It's all drops and bass lines looped for five minutes non-stop. Back in the ‘80s, you had classic themes and iconic melodies. I try to take the best of ‘80s music and the best of what modern electro has. The 80s were the golden age of synths too, with master composers like Vangelis and Tangerine Dream, who are huge inspirations for most of us in this genre. There’s this special imagery that comes up in your mind when you think about this decade. There's a lot of ‘80s cliché that I find to be extremely cool, like gory practical effects or over-saturated neon colours..
  17. (en) « Interview w/Waveshaper », The French Shuffle.
  18. (en) « Miami Nights 1984 presents: Stallions · Stoney Roads », Stoneyroads.com, (consulté le ).
  19. a et b (se) « Disco Unchained: Saturday Sit-down with Futurecop! », Discounchained.blogspot.se, (consulté le ).
  20. (en) « Interview - Timecop1983 », NewRetroWave.
  21. (en) Niccolo Mach, « Interview: Betamaxx », (version du 21 mai 2015 sur l'Internet Archive).
  22. a b c et d (en) Christopher Higgins, « The 7 Most Essential Synthwave Artists », Nerdglow.com, (consulté le ).
  23. (en) Christian Caliandro, « Dreamwave, synthwave, new retro wave. Appunti sulla nostalgia sintetica », sur artribune.com, Attribune, (consulté le ).
  24. a et b (en) « Meet Com Truise: Synthwave Wunderkind », (consulté le ).
  25. (en) Jess Denham, « Wacky trailer for new action comedy Kung Fury released on Kickstarter - News - Films », Independent.co.uk, (consulté le ).
  26. (en) Amanda Kooser, « David Hasselhoff rides a T. rex in Kung Fury music video », CNET.com, (consulté le ).
  27. (en) « Kung Fury: Beyond Awesome », Futurecityrecords.com, (consulté le ).
  28. KronoMuzik, « BIGFLO & OLI vs VAPORWAVE » Accès libre [vidéo], sur YouTube,
  29. « Dans les ténèbres de l’electro », Libération.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  30. a et b (en) Miles Raymer, « Kavinsky: Outrun », Pitchfork, (consulté le ).
  31. (en) « Perturbator - DANGEROUS DAYS », Scene Point Blank, (consulté le ).
  32. (en) « The Look Of Blade Runner », Christian Esquevin, (consulté le )
  33. « L'étrange B.O synthwave de la série “Stranger Things” | Tracks ARTE », sur Tracks | ARTE (consulté le )
  34. (en) Radu Haulica, « Power Drive 2000 Is an '80s Inspired Arcade Racer with a Great Soundtrack », Softpedia, .
  35. (en) Bob Fekete, « Power Drive 2000 Mixes Mario Kart, Knight Rider, et Blade Runner », iDigitalTimes (consulté le ).
  36. (en) Uncovering Stranger Things : Essays on Eighties Nostalgia, Cynicism and Innocence in the Series, Kevin J. Wetmore Jr, , 262 p. (ISBN 978-1-4766-7186-4 et 1-4766-7186-9, lire en ligne)
  37. (en-GB) « How synthwave music inspired games to explore a past that never existed », pcgamer,‎ (lire en ligne, consulté le )
  38. (en) Antoine Roche, « Power Drive 2000 : un KickStarter pour un jeu de course bourré de nostalgie », sur begeek.fr, (consulté le ).
  39. (en) « Discipline Reviews: Power Glove - Far Cry 3 : Blood Dragon (2013) », sur EscapistMagazine.com, The Escapist Magazine, (consulté le ).
  40. [(Fx Project)], City by night, Tom Murphy, « Magic Sword Keeps Building Its Legend », Westword,‎ (lire en ligne, consulté le )
  41. Jon Hunt, « We Will Rock You: Welcome To The Future. This is Synthwave. », l'etoile, (consulté le )
  42. (en) Joey Edsall, « Scandroid - Self-Titled Scandroid », sur NewRetroWave, (consulté le )