Trance

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La trance est un genre de musique électronique ayant émergé en Allemagne au début des années 1990[5]. Il se caractérise par un tempo oscillant entre 125 et 160 battements par minute (BPM)[5], des phrases mélodiques répétitives[5], et une forme musicale montante et descendante[5]. La trance est un genre en lui-même, mais peut également inclure des éléments d'autres styles de musique électronique, comme la techno[3], la house[1], la pop[3]et la chill-out[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Sven Väth, DJ allemand à Munich en 2006.

En 1988, au Royaume-Uni, un nouveau courant de musique électronique émerge de la scène dance, l'acid house. Initialement apparu à Chicago (États-Unis) au début des années 1980, l'acid house se propage rapidement dans le monde de la nuit britannique et provoque l'explosion des rave parties dans le pays. Au cours des étés 1988 et 1989, l'acid house déclenche le Second Summer of Love, un véritable phénomène culturel en Grande-Bretagne d'une ampleur qui n'avait pas été vue depuis la vague punk[8]. Certains morceaux issus de ce mouvement sont rétrospectivement rapprochés de la trance, notamment certains titres composés par le groupe KLF et que le groupe labellisa justement « Pure Trance ». Ainsi que les bien-nommés Kylie Said Trance (1989) et Last Train to Trancentral (1990) sont considérés comme des morceaux pionniers de cette trance naissante.

Deux titres sortis en 1990 sont considérés comme les premiers véritables morceaux de trance et se disputent donc la paternité du genre : The Age of Love du groupe éponyme, qui a servi de base pour la scène trance allemande des années 1990, et We Came In Peace de Dance 2 Trance[9],[5]. Parmi les autres morceaux ayant influencé le genre sont cités également Yaaah/Techno Trance de D-Shake (1990), Papua New Guinea de Future Sound Of London (1991), Stella de Jam & Spoon (1992), Café Del Mar d'Energy 52 (1993) et Dreams de Quench (1993)[10].

Une musique trance (ici, Lost In Space de Infyuthsion).

L'Allemagne est une place clé dans le développement de la culture trance. Francfort-sur-le-Main est souvent cité comme le lieu de naissance de la trance, notamment par l'intermédiaire du club le Dorian Gray. Comme témoins du Frankfurter Trance Sound, on trouve notamment Sven Väth ou encore DJ Dag qui collabore avec Jam El Mar sur Dance 2 Trance. À la même époque, une mouvance trance naît à Berlin autour d'artistes tels que Paul van Dyk. À partir de 1994, la trance commence à connaître une véritable popularité en tant qu'alternative à la house et à la techno[9].

Goa et trance psychédélique[modifier | modifier le code]

Soirée trance, ou rave party, au Tscharni, Goa, en 2005 en Inde.

Parallèlement à l'émergence de la trance en Europe, un mouvement underground à Goa en Inde se développe pour donner naissance à ce qui deviendra la trance psychédélique. À l'origine une ancienne colonie portugaise, la région de Goa, et notamment le village d'Anjuna, devient le centre d'affluence des hippies du monde entier vers la fin des années 1960[11]. Parmi les acteurs de la scène Trance Goa produite à l'origine en Grande-Bretagne et dans une moindre mesure en Israël, on peut citer Goa Gil, Juno Reactor, Man With No Name, Raja Ram & The Infinity Project, Astral Projection, Total Eclipse, Hallucinogen[12].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

La trance est un courant de musique électronique qui regroupe une grande variétés de styles, ce qui en fait un genre ambigu pour lequel il est difficile de s'accorder sur une définition[13]. La musique trance dérive directement de la techno, de l'ambient wave, du breakbeat (jungle et drum and bass incluses), des musiques new age et new wave liées au synthétiseur et tire initialement ses racines de l'acid house[9]. Le tempo de la trance en général se situe entre 125 et 150 bpm[14].

Au début des années 1980, Klaus Schulze compose plusieurs albums expérimentaux de musique planante et progressive. Plusieurs morceaux se rapprochent des débuts de la trance ; le mot trance se retrouve d'ailleurs dans deux de ses albums, Trancefer (1981) et En=Trance (1987). Le terme peut également dériver du projet Dance 2 Trance qui fut un des pionniers du mouvement. Le terme « trance » peut également se référer à « transcendance », rappelant l'aspect spirituel de ce genre musical.

Sous-genres et tendances[modifier | modifier le code]

  • Acid trance : L'acid trance est un genre de musique électronique dérivé de l'acid house et de la techno. Historiquement, il est l'un des premiers sous-genres de la trance, apparu au tout début des années 1990. Il se caractérise par le son acid typique du synthétiseur Roland TB-303, et présente les traits caractéristiques des débuts allemands de la Trance : des thèmes répétitifs et planants, un rythme proche de celui de la Techno, mais une mélodie plus présente, en vue de créer un effet hypnotique. En 2009, ce style n'est pratiquement plus produit[15].
  • Trance-goa, psytrance, ou trance psychédélique : La trance psychédélique est un des premiers sous-styles de trance à avoir fait son apparition. La trance psychédélique est née de la rencontre entre les hippies, les DJ's anglais issus de la vague acid house et les jeunes soldats israéliens[réf. nécessaire] passant leurs vacances sur les plages de Goa, (en Inde), au tout début des années 1990, après leur service militaire, d'où le nom de « goa » ou « trance-goa » donné au départ à ce style[16]. La trance psychédélique est popularisée par la suite, en Europe et dans le monde par des artistes tels que The Infinity Project, Goa Gil, Hallucinogen, Man With No Name, Astral Projection, Juno Reactor, X-Dream, Transwave, Total Eclipse, Etnica, et est régulièrement jouée en rave party depuis la première moitié des années 1990. La trance-goa se caractérise comme étant le mélange de boucles acides, générées par le synthétiseur Roland TB-303, à des rythmiques rapides et de longues nappes synthétiques, accompagné parfois de mélodies et de chants mystiques hindous. Les morceaux sont longs (entre 6 et 9 minutes souvent entrecoupés par un break) et rapides (entre 130 et 160 BPM). Depuis 2000, la scène trance psychédélique, vot apparaître plusieurs courants : Full on, dark psy, goa new school, psy prog ou progressive psytrance[15]. Les artistes du genre incluent Paul Oakenfold, Eat Static, Electric Universe, Shiva Shudapu, James Monro, Cosmosis, Miranda, Blue Planet Corporation[17], Koxbox[18].
  • Hard trance : La hard trance, apparue lors de la première moitié des années 1990 via des artistes comme Jones & Stephenson, Legend B et des maisons de disques comme Bonzai Records est un style de trance au kick bass plus dur et des mélodies typiquement Trance. Au tout début sa rapidité dépassait largement les 150 BPM. Progressivement ce style va se ralentir pour avoisiner entre 138 et 145 environ. Une des périodes phares de la hard trance est également la période de 2002 jusqu'à 2005 avec des artistes comme Scot Project, Cosmic Gate, Dumonde, Yoji Biomehanika (hard trance majoritairement dominée par des allemands à cette époque) qui ont marqué par leurs productions et leurs sets. Après s'être fait quelque peu oublier ses dernières années, la hard trance renaît enfin à l'approche de 2009 grâce à de talentueux artistes de la scène anglaise comme Mac & Taylor, Will Atkinson, Lee Haslam, et le retour de Scot Project. La nouvelle hard trance est parfois plus lente que 138 BPM, influencée par les nouvelles tendances minimalistes et electro qui se ressentent à la fois sur la mélodie et sur la bassline (bassline très electro/électrique avec une puissance incomparable à une bassline electro house, electro teck ou electro trance)[15]. Les artistes du genre incluent Scot Project (en), Jones & Stephenson, Yoji Biomehanika, et Kamui.
  • Uplifting trance : L'uplifting est parfois appelée epic trance ou euphoric trance voir tout simplement trance pour désigner justement la trance actuelle. Le terme « uplifting » remonte à la fin des années 1990. Les morceaux sont facilement reconnaissables par leur long break mélodique et planant mais aussi un beat très énergique et rapide (136-142 BPM généralement) rappelant l'influence et l'émergeance de la goa/psytrance quelques années auparavant. Le but premier de cette musique est de faire monter au plus haut l'état émotionnel et sentimental de l'auditeur. Ce style, très populaire à partir des années 2000, principalement en Allemagne et au Benelux connait un léger essoufflement depuis 2007 environ, avec des artistes s'orientant dorénavant vers des styles plus lents et minimalistes, comme la house progressive[15]. Les artistes du genre incluent Sash!, Armin van Buuren, Sean Tyas, John O'Callaghan, et Aly & Fila.
  • Progressive ou house progressive : La house progressive souvent très proche de la trance actuelle, est apparu bien après la hard trance, l'acid trance, la goa et la psytrance. La progressive est mélodieuse tout comme la uplifting ou la trance des années 2000 mais sans le côté grandiloquent des grands arpèges de synthétiseurs propres à la musique trance. Avec un beat et une bassline proche de la house (128 à 134 BPM), les morceaux sont longs et présentent une construction intéressante où les différents éléments sont amenés de manière progressive et douce (d'où le nom de ce style). D'abord en retrait par rapport à la Uplifting, ce style, apprécié dans les clubs d'Ibiza, notamment, est devenu très tendance à la fin de la décennie 2000-2010[15]. Les artistes du genre incluent Tiësto, Above & Beyond, Markus Schulz, Andy Moor, et Gareth Emery.
  • Progressive psytrance ou trance progressive : La psy progressive est un style de trance, plus underground, né en Europe au milieu des années 2000 et issu du croisement entre la trance psychédélique et la House progressive. Elle garde le tempo de la house et les caractéristiques de la house progressive mais emprunte les sons plus noirs et complexes de la psytrance. Elle est souvent jouée lors de warm-up en rave party ou en fin de soirée, et appréciée pour son côté jovial et entraînant[15]. Les artistes du genre incluent Shiva Chandra, Ace Ventura et Liquid Soul.
  • Dream music : La dream music (dream house ou dream trance) est un sous-genre de la trance apparu au milieu des années 1990 avec le morceau Children du DJ/producteur italien Robert Miles, qui le popularisa eu Europe et même aux États-Unis. Sa particularité est d'utiliser en premier plan une mélodie de synthétiseur avec un son de piano, le tout à grand renfort de nappes planantes et de beats techno. En vogue, au cours d'une courte période entre 1995 et 1997, la Dream Music disparut ausitôt la fin de cette décennie [15]. Les artistes du genre incluent Robert Miles, et DJ Dado.
  • Handsup : Le handsup, aussi appelé dancecore, est un genre de musique électronique créé en Allemagne aux environs de 2003. Ce style a pour caractéristiques d'être très rythmé, dynamique, mélodique et généralement chanté. Le handsup est un mélange de trance et de dance des années 1990, Son tempo se situe entre 140 à 145 BPM. Se présentant souvent comme l'évolution de l'eurodance. Le handsup est parfois désigné comme « hard dance » ou « euro-trance ». Les artistes du genre incluent Raindropz, DJ Gollum, Bass up, Empyre one, Gainworx, DJ Fait, Nivara, Accuface, Sample rippers Klubbingman, le handsup s écoute sur http://www.rautemusik.fm/ Club vous pouvez voir tout est gratuit, il y a les playlists
  • Tech trance : La tech trance est un des styles les plus récents de trance. Apparue au début des années 2000 grâce à des artistes pionniers comme Marco V, la tech trance croise rythmes percutants et complexes (provenant de la techno), sonorités électriques/electro, mélodies, basslines reprise de l'acid house. La tech trance comporte soit des mélodies Uplifting soit des mélodies plus électronisées. Son tempo est bien souvent situé entre 135 et 142 BPM. Les artistes du genre incluent Simon Patterson, John O'Callaghan, et Indecent Noise.
  • Electro trance : Un des styles les plus récents de la trance. C'est dans les années 2000 que ce style fit ses premières apparitions. Il est issu d'un croisement entre la tech trance, la progressive et les sonorités electro. Son tempo actuel se situe entre 128 et 135 BPM. Ferry Corsten est un des pionniers de l'electro trance avec le morceau Rock Your Body. Mais c'est bien plus tard dans la deuxième moitié de la décennie 2000-2010 que ce style connaîtra son véritable essor avec la montée de la tendance Electro. Apprécié pour sa bassline puissante et dancefloor, l'electro trance est particulièrement jouée au côté de progressive. Les artistes du genre incluent Sander Van Doorn, Kyau & Albert (en), Rank 1, Cosmic Gate, et Lange.
  • Nu-trance : La nu-trance est un des derniers styles de trance qui est né. Expérimenté par Sander Van Doorn dès 2007, celui-ci va au fil des mois faire reconnaître la trance minimaliste comme un style à part entière avec des tracks mêlant beat minimal teck, mélodies trance, sonorités minimalistes, ambiance dark. Le tempo est d'environ 125 à 132 BPM maximum. À partir de 2008 de nombreux artistes trance se sont essayés à ce style comme Marco V, Marcel Woods, Leon Bolier, Jonas Steur, Re-Ward, Moonbeam, Sied Van Riel, Maarten de Jong[15]. Les artistes du genre incluent Sander Van Doorn, Leon Bolier, Marcel Woods, Marco V, et Ali Wilson.
  • Neo-trance : Associée à la deep house et à la techno minimale, la neo trance a été propulsée sur le devant de la scène, au milieu des années 2000, par des artistes comme James Holden, Gui Boratto, Extrawelt, Fairmont (Jake Fairley), Guy Gerber, Nathan Fake et Dominik Eulberg. Cette influence majeure se retrouve dans l'évolution du son de la techno vers une tendance trancey et progressive. Plus underground et moins accessible que les autres genres de trance, son tempo varie entre 115 et 130 BPM. Au fil des années, plusieurs artistes comme Sasha et John Digweed, connu dans un premier temps pour faire de la progressive house ont rejoint cette tendance[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Bom, Coen (2009). Armin Only: A Year in the Life of the World's No. 1 DJ. Oxford, UK: Dutch Media Uitgevers BV. (ISBN 978-90-488-0323-1) : page 15.
  2. (en) « Trance », sur Allmusic (consulté le 19 juillet 2012).
  3. a, b, c, d, e, f, g et h (en) Fassbender, Torsten (2008). The Trance Experience. Knoxville, Tennessee: Sound Org Inc. (ISBN 978-0-2405-2107-7), pages 15, 16, 17, 19.
  4. a et b (en) Webber, Stephen (2008). DJ Skills: The Essential Guide to Mixing and Scratching. Oxford, UK: Elsevier Press. (ISBN 978-0-240-52069-8) : page 35.
  5. a, b, c, d, e et f (en) Snoman, Rick, The Dance Music Manual: Tools, Toys, and Techniques – Second Edition, Oxford, UK, Elsevier Press,‎ (ISBN 0-9748438-4-9), p. 251, 252, 253, 266.
  6. a, b, c, d, e, f et g (en) Hewitt, Michael (2009). Composition for Computer Musicians. Knoxville, Tennessee: Cengage Learning. (ISBN 978-1-59863-861-5) : p. 9.
  7. (en) « Goa Trance », sur Allmusic (consulté le 9 juillet 2012).
  8. (fr) BR, Kobalt, « Backstage - Acid House »,‎ (consulté le 14 octobre 2009).
  9. a, b et c (en) Peter Childs et Mike Storry, Encyclopedia of contemporary British culture, Taylor & Francis,‎ (ISBN 0415147263), p. 628.
  10. (en) John Dalling, « History of Trance Music », sur Toucan Music,‎ 2006 (consulté le 15 octobre 2009).
  11. (en) Arun Saldanha, Psychedelic white: Goa trance and the viscosity of race, U of Minnesota Press,‎ (ISBN 0816649944), p. 34.
  12. (en) Paul Harding, Goa, Lonely Planet,‎ (ISBN 1740591399), p. 224.
  13. (en) Rick Snoman, Dance Music Manual: Tools. Toys and Techniques, Focal Press,‎ (ISBN 0240521072), p. 522.
  14. (en) Tony Verderosa, The techno primer: the essential reference for loop-based music styles, Hal Leonard Corporation,‎ (ISBN 0634017888), p. 96.
  15. a, b, c, d, e, f, g, h et i (en) Guide to Trance sub-genres, Eurotrance, 2012.
  16. (en) « Goa Trance », sur Allmusic (consulté le 5 janvier 2015).
  17. (en) « Blue Planet Corporation », sur Allmusic (consulté le 5 janvier 2015).
  18. (en) « Koxbox », sur Allmusic (consulté le 5 janvier 2015).

Liens externes[modifier | modifier le code]