Cloud rap

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cloud rap
Origines stylistiques Hip-hop, ambient, chillwave, new age, musique psychédélique, hip-hop expérimental, vaporwave
Origines culturelles Milieu des années 2000
Instruments typiques Turntablism, rap, synthétiseur, échantillonneur, auto-tune
Popularité Marginale en Europe, États-Unis, Corée du Sud, Japon

Genres associés

Street-cloud

Le cloud rap, également appelé trillwave, est un sous-genre expérimental du rap[1],[2], caractérisé notamment par des paroles souvent délibérément absurdes, et une structure musicale plus lente et plus aérienne que le rap traditionnel.

La définition du mouvement est toutefois assez vague et ambiguë, puisque le cloud rap n'est pas fixé par des règles, mais par une « esthétique » semblable au mouvement artistique vaporwave ou au glitch art en termes d'imagerie. On note également l'utilisation de l'autotune, et de mélodies répétitives.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le terme vient de Lil B qui, lors d'une interview, pointe du doigt un tableau représentant un château dans les nuages en disant « Je veux que ma musique ressemble à ça[réf. nécessaire]. ».

États-Unis[modifier | modifier le code]

Les artistes anglophones représentatifs du cloud rap incluent notamment : ASAP Rocky[3], Lil B, Bones, Bone Thugs-N-Harmony[4] , $UICIDEBOY$, Xavier Wulf, Pouya, Post Malone, Cities Aviv[5], Clams Casino[6], Eric Dingus[7], clouddead[8], Kitty[9], Main Attrakionz[10],[11], SpaceGhostPurrp[12].

Europe[modifier | modifier le code]

esthétique développée par le Glitch art, semblable à l'imagerie empreintée par le cloud rap.

En Allemagne et en Autriche, la scène cloud rap fait partie de l'une des plus florissantes d'Europe : Yung Hurn, K.Ronaldo, LGoony, Hustensaft Jüngling. Elle est illustré par un reportage de l'émission Tracks d'Arte en 2015 qui parle de « rengaines sirupeuses au rap mâtiné de minimalisme »[13]. Le cloud rap allemand est avant-tout une parodie des clichés du rap américain poussés à l'absurdité[13].

La Suède voit émerger le représentant le plus célèbre du cloud rap, Yung Lean[14] à partir de 2013. Selon Arte en 2015 : « Le phénomène touche à présent l’Europe entière. Le nuage a débarqué en 2013, importé par les Suédois de Sad Boys[15]. » Le projet du suédois s'apparente plus à une démarche musicale[16] que satirique et humoristique comme dans la majorité du cloud rap allemand. Il est connu notamment pour l'excentricité de ses clips-vidéo qui utilisent des logotypes ou des animations du début de la sphère Internet. Il utilise également des objets de la consommation de masse du début des années 2000 qui s'inscrivent dans des chansons aux sonorités mélancoliques. L'esthétique globale développée par Yung Lean dans ses clips ou dans ses chansons est aujourd'hui utilisée dans la plupart des projets liés au cloud rap, esthétique fortement liée au mouvement Vaporwave.

En France, une nouvelle vague de cloud rap émerge comme PNL, DTF, Lorenzo, Columbine voire Damso, plus généralement, la mode est au cloud rap.

Des plus petits artistes tels O'Boy, Sawyer, Nusky, DictioxLkali, Béni, Ash Kidd ou encore Ta-Ha.

Parfois dans un style plus chanté proche de la R'n'B[17]. Ces artistes se distinguent cependant des artistes du cloud rap mondial par les thèmes abordés ou encore les esthétiques sonores de leurs morceaux. Ainsi la radio Mouv' parle à propos de PNL de street-cloud[18]. En 2016, Télérama publie « Le style PNL se caractérise par des phrases minimalistes et un vocabulaire codé de cité. »

En 2016, Olivier Cachin spécialiste du mouvement Hip-Hop régulièrement interrogé par les journaux télévisés de l'hexagone, déclare que PNL propose un « rap atmosphérique, presque hypnotique ». Pour lui, PNL utilise le vocabulaire de la drogue mais préfèrent ne pas s'en vanter, au contraire des artistes des autres sous-branches du mouvement Rap[19].

Interprétations[modifier | modifier le code]

Arte décrit le cloud rap comme un « non-mouvement »[20] à cause du caractère « chaotique et insaisissable » dont il fait preuve. Le cloud rap serait donc au-delà d'un mouvement avec des règles précises, une esthétique sonore.

Le spécialiste Olivier Cachin déclare en 2016 que le Cloud rap est une musique beaucoup plus éthérée, beaucoup plus hypnotique que le reste du mouvement rap.[21]

D'autre part, comme la vaporwave ou le glitch art, le cloud rap se caractérise par la surreprésentation d'éléments rétro de consommation (particulièrement des années 1980, des années 1990, et du début et milieu des années 2000). Ainsi on peut dresser une liste d'éléments qui reviennent régulièrement dans les sonorités, les textes ou l'imagerie cloud rap : les jeux vidéo (Nintendo 64, Sega), la technologie, les aliens, le téléphone mobile, Internet, le trafic d'informations, le postmodernisme, la météorologie, la sculpture classique, la culture japonaise et parfois russe et arabe, le concept de mondialisation, le trafic de drogue, la codéine, la publicité, les vieilles VHS[22].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Joe Colly, « Wiz Khalifa: Taylor Allderdice, Album Reviews », Pitchfork, pitchfork.com (consulté le 15 janvier 2014).
  2. Christopher Weingarten, « Louder than Bombs », SPIN,‎ mai-juin 2012, p. 78 (lire en ligne).
  3. (en) Caballero, Martín, « A$AP Rocky leads the ‘cloud rap’ storm », The Boston Globe, (consulté le 23 juin 2014).
  4. (en) Khari, « Bone Thugs-N-Harmony & Ty Dolla $ign Link Up For The “Everything 100” Video », The Source, (consulté le 18 mars 2017)
  5. (en) Lymangrover, Jason, « Cities Aviv biography », AllMusic (consulté le 21 juin 2014).
  6. (en) Elliott Sharp, « Daughn Gibosn - All Hell, Music Review », Tiny Mix Tapes, tinymixtapes.com (consulté le 16 janvier 2014).
  7. (en) Caballero, Martín, « Eric Dingus - 512 (Chopped & Screwed Mixtape) », EARMILK, (consulté le 15 septembre 2014).
  8. Goble, Corban, « Stream Main Attrakionz, Jel and Zachg cLOUDLIFE EP », Stereogum, (consulté le 26 février 2014).
  9. (en) « Interview : Danny Brwon talks festivals Kitty Pryde cloud rap », sur Respect Mag (consulté le 25 mars 2015).
  10. « We Got This », SPIN,‎ , p. 49 (lire en ligne).
  11. (en) Blake Gillespie, « The Future: cLOUDLIFE is Main Attrakionz and cLOUDDEAD », Impose Magazine,‎ (lire en ligne).
  12. (en) Unicornmang, « SpaceGhostPurrp - Mysterious Phonk: THe Chronicles of SpaceGhostPurrp | Music Review », Tiny Mix Tapes, tinymixtapes.com (consulté le 15 janvier 2014).
  13. a et b « Cloud rap : juste une invention des médias ? | Tracks ARTE », sur Tracks | ARTE (consulté le 19 juillet 2016).
  14. Draut, Tim, « Yung Lean brings Sad Rap to The Independent », The Bay Bridged, (consulté le 17 décembre 2014).
  15. « Cloud rap : juste une invention des médias ? | Tracks ARTE », sur Tracks | ARTE (consulté le 21 juillet 2016)
  16. Constance Bloch, « Yung Lean, le sale gosse du rap game », (consulté le 21 juillet 2016)
  17. « Découverte : Ta-Ha - DavyCroket », sur DavyCroket, (consulté le 21 juillet 2016)
  18. « Cloud rap : de Lil B et A$AP Rocky à PNL, trip dans la galaxie du rap planant », (consulté le 19 juillet 2016).
  19. The Gaming Show, « D’où vient le succès de PNL , le phénomène du moment ? (19/45) », (consulté le 2 novembre 2016)
  20. TRACKS - ARTE, « Cloud Rap - Tracks ARTE », (consulté le 21 juillet 2016)
  21. Buzz Actu, « PNL AU JOURNAL DE TF1 BUZZ DU MOMENT », (consulté le 2 novembre 2016)
  22. « Cloud rap : de Lil B et A$AP Rocky à PNL, trip dans la galaxie du rap planant », (consulté le 22 juillet 2016)