Élections fédérales allemandes de 2013

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Élections fédérales allemandes de 2013
22 septembre 2013
Unterzeichnung des Koalitionsvertrages der 18. Wahlperiode des Bundestages (Martin Rulsch) 080.jpg
Angela MerkelCDU/CSU
Voix 18 157 256
  
41,55 %
Sièges obtenus 311
Dts news streinbrueck wikipedia.JPG
Peer SteinbrückSPD
Voix 11 247 283
  
25,74 %
Sièges obtenus 193
Premier vote
Carte du scrutin uninominal par circonscription et par parti vainqueur
Carte
Politique en Allemagne
Image illustrative de l'article Élections fédérales allemandes de 2013

En Allemagne, des élections fédérales (Bundestagswahl, en allemand) se sont tenues le 22 septembre 2013, les citoyens allemands devant élire les 631 députés fédéraux du Bundestag, pour une législature de quatre ans.

L'issue de ce scrutin s'avère être un triomphe personnel pour la présidente des Unions chrétiennes (CDU/CSU) et chancelière fédérale sortante, Angela Merkel, son parti manquant de peu la majorité absolue mais parvenant à conserver sa position de première force politique nationale. Cette situation lui permet, quelques mois plus tard, d'être réélue chancelière de la République fédérale d'Allemagne pour un troisième mandat consécutif, au sein d'une « grande coalition ».

Organisation[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Système électoral allemand.
Schéma illustrant le fonctionnement du système électoral allemand


Système électoral

La 18e législature du Bundestag allemand, dont le mandat de quatre ans s'ouvrira en 2013, doit compter 598 membres élus par un système mixte uninominal majoritaire – liste proportionnelle, à finalité proportionnelle. En pratique, si la part uninominale est trop disproportionnée, le nombre de sièges augmente et la répartition n'est pas exactement proportionnelle.

Il y a deux voies d'accès lors du seul tour de scrutin :

  • Une première moitié est élue au scrutin majoritaire uninominal au sein d'une circonscription (premier vote ou Erststimme).
  • Une deuxième moitié est élue au scrutin de liste, les listes étant nationales et bloquées (second vote ou Zweitstimme).

Cependant, le mode de répartition des sièges suit, indépendants exceptés, les disproportions du premier vote. C'est une proportionnelle compensatoire, qui soustrait au nombre d'élus auquel aurait droit chaque parti proportionnellement au second vote, ceux déjà élus via le premier vote.

De plus, sont admis à la répartition proportionnelle l'ensemble des partis politiques ayant rassemblé au niveau national au moins 5 % des suffrages exprimés (deuxième vote), mais aussi ceux qui malgré leur part ont gagné trois circonscriptions (premier vote).

De sorte que la part proportionnelle corrige les effets du scrutin majoritaire (bipartisme et disproportions) tout en en gardant des traits (stabilité, plébiscite local). La composition en sièges correspond aussi exactement que possible aux scores obtenus par les partis.

Le problème vient des sièges surnuméraires (Uberhangsmandate)[1]. En effet, si un parti remporte plus de sièges via le premier vote qu'il ne devrait en recevoir au vu du second, il y a disproportion, puisque les vainqueurs de circonscriptions ne peuvent se voir retirer leur mandat. C'est d'autant plus fréquent que la compensation n'est pas fédérale. Par exemple, la CSU, en 2009, a remporté les 45 circonscriptions de Bavière, soit 50 % des sièges bavarois, mais n'a remporté que 42,6 % des voix, ou 46,5 % une fois retirés les micro-partis. Cela lui donne droit à 42 sièges. Au lieu d'en retirer trois à la CSU (inéquitable), ou d'en ajouter 3 ou 4 aux autres partis au niveau national (pas de liste nationale), rien n'est effectué : il y a trois Überhangsmandate en Bavière.

Cela ne pose pas de problème dans les Landtage des États fédérés, car le surnombre est compensé par un surnombre, c'est-à-dire que le nombre de sièges peut fortement varier. Mais au niveau fédéral, les sièges surnuméraires qui s'ajoutent aux 598 sièges de base ajoutent forcément à la disproportion.

Législature (durée)

La 18e législature du Bundestag, issue des élections fédérales du 22 septembre 2013, doit durer quatre ans, sauf si la Chambre devait être le sujet d'une dissolution, décidée par le président de la République fédérale.

Contexte[modifier | modifier le code]

Le Bundestag sortant[modifier | modifier le code]

La composition du Bundestag sortant.

Aux élections fédérales du 27 septembre 2009, les Unions chrétiennes CDU/CSU, de la chancelière fédérale Angela Merkel, étaient restées la première force politique fédérale avec 33,8 % des suffrages, un score presque stable.

Leur partenaire au sein de la grande coalition au pouvoir, le Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) avait, pour sa part, lourdement chuté, jusqu'à 23 % des voix, son plus mauvais score depuis 1949 et la création de l'Allemagne fédérale. Le président du parti, Franz Müntefering, avait alors remis sa démission, laissant le candidat à la chancellerie, Frank-Walter Steinmeier, prendre la direction de l'opposition, en attendant l'élection de Sigmar Gabriel à la tête du parti.

L'effondrement du SPD avait profité, en premier lieu, au Parti libéral-démocrate (FDP) qui, avec 14,6 % des suffrages, réalisait le meilleur score de son histoire. C'est ainsi que les libéraux furent approchés par Angela Merkel, celle-ci ayant le dessein de former une coalition noire-jaune.

À gauche, Die Linke, formation apparue au moment du scrutin de 2005, poursuit sa progression et prend la quatrième place des forces politiques fédérales, remportant 11,9 % des voix, devant l'Alliance 90 / Les Verts, qui réalise son meilleur résultat avec 10,7 % des suffrages.

La coalition noire-jaune[modifier | modifier le code]

La coalition sortante, issue des élections fédérales du 27 septembre 2009 et dirigée par la chancelière Angela Merkel, est soutenue par les conservateurs de la CDU/CSU et les libéraux du FDP. Forte du soutien de 332 députés du Bundestag sur 622, soit 53,3 % des sièges, Angela Merkel, qui avait, précédemment dirigée une grande coalition CDU/CSU-SPD, est aisément réélue chancelière fédérale, le 28 octobre 2009, par 323 voix contre 285.

La coalition sortante sera-t-elle reconduite ?[modifier | modifier le code]

La présidente de la CDU, Angela Merkel, chancelière fédérale sortante.

Réélue chancelière fédérale par le Bundestag à l'issue du scrutin parlementaire de 2009, Angela Merkel s'est alliée aux libéraux du FDP pour pouvoir gouverner l'Allemagne.

Très populaire, la chancelière Merkel bénéficie d'un certain crédit pour s'être notamment occupée des questions européennes ; en première ligne, puisque dirigeant la première puissance économique de la zone euro, elle est ainsi intervenue pour la défense des intérêts de la monnaie unique, n'hésitant pas à fustiger la mauvaise gestion de la Grèce et promouvoir une certaine rigueur budgétaire, tant en Allemagne qu'en Europe.

Mais cette 17e législature reste marquée par un recul du centre-droit au niveau territorial, puisque trois des plus importants Länder du pays, la Rhénanie-du-Nord-Westphalie en 2010, le Bade-Wurtemberg en 2011, la Basse-Saxe en 2013, sont passés sous le contrôle de coalitions liant le SPD aux Verts, offrant à la gauche une majorité absolue au Bundesrat. Au niveau politique, elle a été dominée par la crise de la dette publique dans la zone euro. En outre, à l'occasion des élections régionales tenues en 2011 et 2012, le Parti pirate allemand (Piraten) a fait une apparition remarquée sur la scène parlementaire, obtenant des élus à Berlin, dans la Sarre, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie et dans le Schleswig-Holstein. En outre, le FDP, qui, lors des élections de 2009, avait pourtant connu ses meilleurs résultats électoraux, rapidement déchanté, incapable de se réadapter après onze ans dans l'opposition. En 2011, la succession des échecs électoraux conduisent à la démission du président du parti, Guido Westerwelle, vice-chancelier et ministre fédéral des Affaires étrangères, par le ministre fédéral de la Santé, Philipp Rösler.

De même, Angela Merkel dut assumer une situation difficile, née de la démission, le 31 mai 2010, du président de la République fédérale, Horst Köhler, celui-ci n'ayant pas accepté la polémique née du propos présidentiel portant, quelques jours auparavant, sur la guerre d'Afghanistan. La chancelière propose le nom du ministre-président de Basse-Saxe, Christian Wulff, considéré comme un éventuel rival interne de Merkel, pour la présidence ; or, celui-ci, qui semblait certain de sa victoire puisque la coalition gouvernementale disposait largement d'une majorité suffisante à son élection dès le premier tour de scrutin, n'est finalement élu qu'à l'issue du troisième tour de ce scrutin présidentiel fort disputé. Cette élection difficile, considérée comme un camouflet pour la chancelière qui n'a pas su convaincre sa majorité de son choix, se voit contrariée en février 2012, puisque le chef de l'État démissionne, impliquée dans un scandale financier et soupçonné d'avoir menacé la presse. C'est finalement l'ancien Commissaire fédéral pour les Archives de la Stasi, Joachim Gauck, que la chancelière propose pour la succession de Wulff, et qui, fort du soutien de l'ensemble des forces parlementaires, mise à part la formation de gauche Die Linke, se voit élu président de la République fédérale par une large majorité.

Le programme de la CDU/CSU, qui fut présenté par Angela Merkel le 23 juin 2013, exclut toute hausse d'impôt, celui-ci ayant en effet pour dessein la hausse des allocations familiales et des retraites des mères de famille, ainsi qu'une facilité d'impôt favorisant les familles. Un programme, jugé généreux, qui fut raillé par l'opposition social-démocrate, qui ne voit dans ces propositions qu'un semblant de « conte de fées », voire une « escroquerie »[2].

Créditée d'un large résultat, avoisinant les 40 % d'intentions de vote, la CDU/CSU semble être la grande favorite de ce scrutin législatif. Une position favorable au parti qui serait due à la popularité de Merkel, très respectée. Si la chancelière, en revanche, semble quasi-certaine de conserver sa qualité de chancelière, nul ne sait ce que saurait être sa marge de manœuvre, ses partenaires de la coalition sortante, les libéraux du FDP, n'étant crédités que d'un faible résultat, une grande coalition pourrait naître de ce scrutin, si les résulatts devaient imposer une telle situation.

La campagne difficile des sociaux-démocrates[modifier | modifier le code]

Peer Steinbrück, le candidat des sociaux-démocrates à la chancellerie, en campagne.

Le 28 septembre 2012, le nom de l'ancien ministre fédéral des Finances, Peer Steinbrück, grand argentier de l'Allemagne au sein de la grande coalition CDU/CSU-SPD, est proposé par le président du Parti social-démocrate (SPD), Sigmar Gabriel, qui ne souhaitait pas affronter la chancelière fédérale, Angela Merkel. Il est officiellement intronisé le 9 décembre, lors d'un grand congrès, son nom ayant été approuvé par 93,5 % des grands électeurs internes au parti, à Hanovre.

Considéré comme étant un homme de compétences, tant sur les questions économiques et financières, salué pour son passage au ministère fédéral des Finances, Steinbrück est considéré, dans un premier temps comme un candidat sérieux pour la chancellerie, et un rival de poids pour Angela Merkel. D'autre part, il figure parmi les personnalités politiques les plus appréciées des Allemands ; un classement cependant dominé par la chancelière[3].

Dans son discours d'intronisation, il reconnaît que le pays est en bonne santé économique mais dénonce la précarité du monde du travail, les inégalités toujours croissantes, rappelant son soutien au mécanisme de « frein à la dette » et annonçant des augmentations d'impôt pour les plus aisés et la recréation d'un impôt sur la fortune[4]. De même, il déclare avoir l'intention de former un gouvernement de coalition SPD-Les Verts, récuse fermement l'idée d'une éventuelle grande coalition et ne renie pas les réformes conséquentes à l'Agenda 2010, décidé par l'ancien chancelier social-démocrate Gerhard Schröder, qui, selon Steinbrück, ne peut pas profiter qu'à la chancelière sortante.

Mais la campagne des sociaux-démocrates se trouve être ternie par la personnalité de leur propre candidat : bien qu'étant considéré comme un homme d'expérience, puisqu'ayant été ministre des Finances, Steinbrück reste néanmoins réputé, lors de cette campagne, pour de nombreuses maladresses : il estime ainsi que le chancelier fédéral n'est guère assez bien payé et qu'Angela Merkel, parce qu'elle est une femme, serait plus avantagée que tout autre candidat à la chancellerie. D'autre part, il doit clarifier le fait qu'il ait été fort bien rémunéré pour quelques conférences économiques.

Dans son programme, le SPD propose, notamment, l'instauration d'un salaire minimum, celui-ci actant ainsi « un fort refus de l'égoïsme pour une plus gande équité »[5].

Quel avenir pour les libéraux ?[modifier | modifier le code]

Rainer Brüderle, chef de file des libéraux du FDP.

À l'issue des élections fédérales de septembre 2009, les libéraux du Parti libéral-démocrate (FDP), dirigé par Guido Westerwelle, connaissait son meilleur résultat électoral pour un scrutin fédéral : en effet, le parti, qui avait recueilli 14,6 % des suffrages, pouvait compter sur la présence, au Bundestag, de 96 députés. Le FDP formait alors une coalition gouvernementale noire-jaune, celle-ci dirigée par la chancelière sortante, Angela Merkel, qui fut la chancelière d'une grande coalition issue des élections de 2005. Guido Westerwelle, le président du parti, était ainsi nommé vice-chancelier et ministre fédéral des Affaires étrangères.

Cependant critiqué pour les mauvais résultats obtenus par le parti aux élections locales de 2011, puis pour l'abstention de l'Allemagne lors du vote de l'ONU concernant une éventuelle intervention militaire en Libye, Guido Westerwelle déclare vouloir se démettre de la présidence du FDP pour le congrès du mois de mai, qui doit se tenir à Rostock. La direction choisit finalement le ministre de la Santé, Philipp Rösler, pour la succession de Westerwelle investi avec 95 % des voix le 13 mai. La veille, il avait été nommé ministre fédéral de l'Économie, remplaçant ainsi Rainer Brüderle, ce dernier ayant pour sa part pris la direction du groupe parlementaire fédéral. Le congrès s'avère ête l'occasion d'un important remaniement de la direction du parti, aucun des trois vice-présidents sortants, dont Brüderle, n'étant reconduit dans ses fonctions.

Néanmoins, Rösler, qui semble avoir hérité de l'impopularité de Westerwelle, est lui-même critiqué par certains cadres de son propre parti pour ne pas savoir enrayé le déclin électoral vécu par le FDP ; des critiques que le chef du parti ne tarde pas à dénoncer, appelant tous à l'unité[6].

Le 21 janvier 2013, au lendemain des élections législatives régionales en Basse-Saxe qui ont vu une progression inattendue des libéraux, Rösler annonce que Brüderle sera chef de file (Spitzenkandidat) du FDP aux élections fédérales de septembre suivant, mais qu'il conserve cependant la direction du parti[7].

Le rôle des Verts dans la campagne[modifier | modifier le code]

Katrin Göring-Eckardt, l'une des chefs de file des Verts.

Forts d'un score historique de 10,7 % des voix aux élections fédérales de septembre 2009, Les Verts se sont associés au SPD pour reprendre au centre-droit le Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, en 2010.

Quelques mois plus tard, en 2011, l'écologiste Winfried Kretschmann, par le biais d'une coalition avec les sociaux-démocrates, fut élu ministre-président du Bade-Wurtemberg et le premier Vert dirigeant un gouvernement régional d'Allemagne. À la fin de l'année, ayant dépassé les 5 % des voix en Mecklembourg-Poméranie occidentale, le parti se réclame de la présence de nombreux élus dans tous les Parlements du pays.

En octobre 2012, à l'issue d'une primaire encore inédite, les Verts, qui ont été conviés à élire les deux chefs de file du parti, ont chargé Jürgen Trittin et Katrin Göring-Eckardt de diriger la campagne de la formation.

Les Verts, qui ont profité des craintes des citoyens allemands lors de la catastrophe nucléaire de Fukushima, au Japon, se sont engagés pour une alliance avec le SPD, avec, pour dessein, « un changement de politique allemande, puis européenne »[8].

La progression des partis eurosceptiques[modifier | modifier le code]

Deux partis eurosceptiques se sont distingués durant la campagne : la formation d'extrême-gauche, Die Linke, fondée en 2007 par l'ancien ministre fédéral des Finances, Oskar Lafontaine, et le parti conservateur Alternative pour l'Allemagne (Alternative für Deutschland, AfD) : tous deux prônent, pou l'intérêt de l'Allemagne, prétendent-ils, la dissolution de l'euro, quand bien même Lafontaine fut considéré comme l'un des promoteurs, puis l'un des fondateurs de la zone euro lorsqu'il fut ministre des Finances.

En 2009, à l'issue des élections fédérales, le parti Die Linke, fort d'avoir obtenu 11,9 % des voix, s'est imposé comme une force politique d'influence. Les sondages lui présument un bon résultat pour le scrutin du 22 septembre 2013, si bien que selon ces enquêtes, une coalition liant le SPD, les Verts et Die Linke serait la seule combinaison politique en mesure de faire obstacle à la probable réélection d'Angela Merkel à la chancellerie.

Quant à l'AfD, fondée quelques mois avant les élections parlementaires par un ancien membre de la CDU, elle est créditée d'un résultat notable, bien que peu d'experts lui prêtent la probabilité d'une représentation au Parlement ; cependant, si ce parti devait remporter un peu plus de 5 % des voix, il serait en mesure de siéger au Bundestag, ce qui serait considérablement symbolique, l'Allemagne étant considérée comme le grand pilier économique de l'Union européenne.

Campagne[modifier | modifier le code]

Principaux partis[modifier | modifier le code]

Parti Idéologie Chef de file Score en 2009
Union chrétienne-démocrate d'Allemagne
Christlich Demokratische Union Deutschlands
Centre-droit
Démocratie chrétienne, conservatisme libéral
Angela Merkel (CDU)
(Chancelière fédérale)
27,3 % des voix
194 députés
Union chrétienne-sociale en Bavière
Christlich-Soziale Union in Bayern
6,5 % des voix
45 députés
Parti social-démocrate d'Allemagne
Sozialdemokratische Partei Deutschlands
Centre-gauche
Social-démocratie, troisième voie, progressisme
Peer Steinbrück 23,0 % des voix
146 députés
Parti libéral-démocrate
Freie Demokratische Partei
Centre-droit
Libéralisme économique, social-libéralisme
Rainer Brüderle 14,6 % des voix
93 députés
Die Linke Gauche
Socialisme démocratique, anticapitalisme
Aucun (collectif)[9] 11,9 % des voix
76 députés
Alliance 90 / Les Verts
Bündnis 90/Die Grünen
Centre-gauche
Écologie politique, progressisme
Jürgen Trittin et
Katrin Göring-Eckardt
10,7 % des voix
68 députés

Sondages[modifier | modifier le code]

Sondages réalisés chaque semaine ou chaque mois de la législature, par les instituts (A)llensbach, (E)MNID, (F)ORSA, Forschungsgruppe (W)ahlen, (G)MS, (I)nfratest dimap, IN(S)A, (T)NS, Trend (R)esearch et enfin IfM (Leipzig) entre le 2 octobre 2009 et le 19 septembre 2013 (source : wahlrecht.de).
Couleurs : CDU/CSU, SPD, FDP, Linke, Grüne, Piraten, Freie Wähler, AfD, Autres. Points : Niveau à l'élection de 2009.

La plupart des sondages conduits par les instituts allemandes d'opinion publique Allesbach, Emnid, Forsa, Forschungsgruppe Wahlen, GMS, Infratest Dimap et INSA/YouGov suggèrent que, si les prochaines élections avaient lieu en avril 2013, ni la CDU/CSU et le FDP (coalition noire-jaune), ni le SPD et les Verts (coalition rouge-verte), tous deux partenaires au sein du gouvernement Schröder de 1998 à 2005, n'obtiendraient une majorité des sièges au Bundestag[10].

Selon d'autres sondages menés également en avril 2013, notamment de l'institut Forsa, l'Union CDU/CSU et le FDP pourraient obtenir 47% des voix, un résultat suffisant pour leur permettre d'avoir la majorité des sièges s'il excède le total cumulé des voix qui se porteront sur les autres partis capables d'obtenir des sièges. L'ensemble des sondages menés entre avril et août 2013 montrent que l'Union, créditée d'intentions de vote se situant entre 38% et 42% des voix, aurait une avance de plus de dix points sur son adversaire le SPD, crédité lui d'un score se situant entre 23 et 28% des voix, en baisse lors des dernières semaines de campagne.

Le FDP, dont la présence au Parlement remonte à la fondation de la République en 1949, ne serait pas certain cette fois d'y entrer, étant crédité d'intentions de vote comprises entre 3% et 6%, avec toutefois de meilleures intentions de vote à l'approche du scrutin.

Le parti Die Linke verrait sa représentation au Bundestag se réduire, étant créditée de 6 à 10% des voix, en hausse à l'approche des élections. Les Verts obtiendraient entre 9 et 16% des voix, en baisse dans les dernières semaines de campagne.

Le Parti des pirates, pourtant crédité d'un nombre de voix parfois supérieur à 10% les mois précédents, n'obtiendrait qu'entre 2 et 4% des voix, en dessous du seuil de 5% nécessaire pour obtenir des élus à la représentation proportionnelle.

Inversement, l'Alternative pour l'Allemagne, parti allemand libéral-conservateur et franchement eurosceptique, fondé au printemps 2013, a atteint dans quelques sondages le seuil d'entrée à 5 %, dans une première enquête publiée le mardi 23 avril par Bild. Le premier sondage portant sur sa popularité l'avait crédité de 3 %[11].

Résultats[modifier | modifier le code]

Scrutin de liste
D'après les résultats officiels[12]
 %
50
40
30
20
10
0
41,5
25,7
8,6
8,4
4,8
4,7
6,3
Variation :
par rapport à 2009 [13]
 %p
   8
   6
   4
   2
   0
  -2
  -4
  -6
  -8
-10
+7,7
+2,7
-3,3
-2,3
-9,8
+4,7
+0,3

Niveau fédéral[modifier | modifier le code]

Résultats simplifiés des élections législatives - suffrages des deuxièmes votes
Inscrits 61 903 903
Abstentions 17 614 251 28,45 %
Votants 44 289 652 71,55 %
Bulletins enregistrés 44 289 652
Bulletins blancs ou nuls 587 178 1,33 %
Suffrages exprimés 43 702 474 98,67 % 631 sièges à pourvoir
Liste Tête de liste Suffrages Pourcentage Sièges acquis Var.
Unions chrétiennes CDU/CSU Angela Merkel 18 157 256 41,55 %
311 / 631
+72
Parti social-démocrate d'Allemagne Peer Steinbrück 11 247 283 25,74 %
193 / 631
+47
Die Linke Collectif 3 752 577 8,59 %
64 / 631
-12
Alliance 90 / Les Verts Katrin Göring-Eckardt et Jürgen Trittin 3 690 314 8,44 %
63 / 631
-5
Parti libéral-démocrate Philipp Rösler 2 082 305 4,76 %
0 / 631
-93
Alternative pour l'Allemagne Bernd Lucke 2 052 372 4,7 %
0 / 631
+/- 0
Parti pirate allemand Bernd Schlömer 958 507 2,19 %
0 / 631
+/- 0
Parti national-démocrate d'Allemagne Holger Apfel 560 660 1,28 %
0 / 631
+/- 0
Autres Néant 1 201 200 2,75 %
0 / 631


Par Land[modifier | modifier le code]

Land CDU/CSU SPD LINKE GRÜNE FDP AfD Autres
Bade-Wurtemberg 45,7 20,6 4,8 11,0 6,2 5,2 6,5
Bavière 49,3 20,0 3,8 8,4 5,1 4,2 9,2
Berlin 28,5 24,6 18,5 12,3 3,6 4,9 7,6
Brandebourg 34,8 23,1 22,4 4,7 2,5 6,0 6,5
Brême 29,3 35,7 10,1 12,1 3,4 3,7 5,7
Hambourg 32,2 32,4 8,8 12,6 4,8 4,1 5,1
Hesse 39,2 28,8 6,0 9,9 5,6 5,6 4,9
Mecklembourg-Poméranie-Occidentale 42,5 17,8 21,5 4,3 2,2 5,6 6,1
Basse-Saxe 41,1 33,1 5,0 8,8 4,2 3,7 4,1
Rhénanie-du-Nord-Westphalie 39,8 31,9 6,1 8,0 5,2 3,9 5,1
Rhénanie-Palatinat 43,3 27,5 5,4 7,6 5,5 4,8 5,9
Sarre 37,8 31,0 10,0 5,7 3,8 5,2 6,5
Saxe 42,6 14,6 20,0 4,9 3,1 6,8 8,0
Saxe-Anhalt 41,2 18,2 23,9 4,0 2,6 4,2 5,9
Schleswig-Holstein 39,2 31,6 5,2 9,4 5,6 4,6 4,4
Thuringe 38,8 16,1 23,4 4,9 2,6 6,2 8,0

Analyse[modifier | modifier le code]

Bien que l'Union CDU/CSU d'Angela Merkel arrive très largement en tête avec 41,5 % des suffrages exprimés, le gouvernement sortant est battu, du fait de l'élimination du FDP, qui n'atteint pas les 5 % des voix nécessaires pour obtenir des députés élus à la représentation proportionnelle. Le SPD progresse par rapport à 2009 mais doit se contenter d'un résultat faible (25,7 %), et est largement distancié par la CDU/CSU. Le soir des élections, le candidat social-démocrate à la chancellerie, Peer Steinbrück, dont la campagne a globalement été jugée décevante par les analystes politiques, assume son échec : « Personne ne va embellir les résultats ». Les deux autres partis de gauche sont en recul : avec 8,6 % des suffrages exprimés, Die Linke cède 3,3 points et retrouve son niveau de 2005 mais devient la troisième force politique du pays grâce au recul concomitant des Verts, qui rassemblent 8,4 % des voix.

Les Verts ont pâti d'une polémique sur la pédophilie survenue pendant la campagne, alors qu'un chercheur a révélé que le parti et plusieurs personnalités notables, dont son porte-parole au Bundestag, Jürgen Trittin, avaient milité dans les années 1980 pour la dépénalisation des relations entre enfants et adultes. Bien que Trittin ait depuis fait son mea-culpa, les Verts voient les intentions de vote en leur faveur fondre dans les sondages d'opinion[14],[15]. Ils obtiennent finalement 8,4 % des voix, soit 2,3 points de moins qu'en 2009[16].

La CDU/CSU restant à seulement cinq sièges de la majorité absolue au Bundestag, elle doit trouver un nouveau partenaire de coalition, la pratique du gouvernement minoritaire étant en pratique exclue en Allemagne (Angela Merkel insiste ainsi sur le fait que « l'Allemagne a besoin d'un gouvernement stable ». Le FDP ayant perdu tous ses élus, l'actuelle chancelière doit se tourner vers le SPD ou les écologistes pour former une coalition. À la suite des affaires pédophiles au sein des Verts, la perspective d’une nouvelle grande coalition CDU/CSU-SPD apparaît comme étant la plus crédible. Même si la gauche dans son ensemble est arithmétiquement majoritaire en sièges, le SPD rejette fermement toute idée d'alliance avec Die Linke, dont les propositions sont jugées trop radicales et dont certains des dirigeants sont jugés trop proches de l'ancien parti-unique de la RDA, le SED. Jusqu'à ce qu'un accord soit trouvé, c'est le gouvernement sortant qui gère les affaires courantes[17],[18].

Conséquences[modifier | modifier le code]

Après presque trois mois de négociations, la chancelière Angela Merkel parvient finalement à trouver un accord avec le SPD ; celui-ci acceptait de s'allier à la CDU/CSU pour une « grande coalition ». Après consultation des militants sociaux-démocrates, le cabinet Merkel III fut enfin constitué : la chancelière Merkel était confirmée, puis secondée par le président du SPD, Sigmar Gabriel, nommé vice-chancelier et ministre fédéral de l'Économie, de l'Énergie et de la Technologie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) « Comment fonctionnent les élections fédérales allemandes ? », Electorallemand, in lexpress.fr, 26 septembre 2009
  2. (fr) « Angela Merkel, raillée pour ses promesses électorales », Euronews, 24 juin 2013
  3. (fr) « Allemagne: duel Merkel-Steinbrück pour les législatives en 2013 », Euronews, 28 septembre 2012
  4. (fr) « Le SPD lance sa campagne », Le Monde, 9 décembre 2012
  5. (fr) « Steinbrück lance sa campagne contre Merkel », Euronews, 10 décembre 2012
  6. (fr) « Le leader du parti libéral allemand sur la sellette », Euronews, 7 janvier 2013
  7. (de) « Rösler bleibt FDP-Chef », Frankfurter Allgemeine Zeitung, 21 janvier 2013
  8. (fr) « En Allemagne, sociaux-démocrates et Verts déterminés à faire tomber ensemble la chancelière Merkel », 17 avril 2013
  9. (de) « Linkspartei stellt ihre acht Spitzenkandidaten vor », Frankfurter Allgemeine Zeitung, le 21 janvier 2013
  10. (de) Résultats complets mis à jour, wahlrecht.de
  11. (fr) « Le nouveau parti allemand anti-euro pourrait entrer au Parlement », Le Monde, 23 avril 2013
  12. (de) Résultats 2013
  13. Endgültiges Ergebnis der Bundestagswahl 2005 Der Bundeswahlleiter
  14. Frédéric Lemaître, « Les Verts allemands au centre d'une nouvelle polémique sur la pédophilie », in lemonde.fr, 17 septembre 2013.
  15. Anne-Marie Le Gloannec, directrice de recherches au Ceri-Sciences Po, « Trois paradoxes », in Le Figaro, vendredi 27 septembre 2013.
  16. Nicolas Barotte, « Le grand désarroi de la gauche allemande », in Le Figaro, mardi 24 septembre 2013, page 6.
  17. Nicolas Barotte, « Angela Merkel en quête d'une coalition », in Le Figaro, mardi 24 septembre 2013, page 6.
  18. Nicolas Barotte, « Des discussions qui s'annoncent longues », in Le Figaro, mardi 24 septembre 2013, page 6.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]