Horst Seehofer

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Horst Seehofer
Horst Seehofer, en 2012.
Horst Seehofer, en 2012.
Fonctions
20e ministre-président de Bavière
En fonction depuis le
(6 ans 9 mois et 5 jours)
Gouvernement Seehofer I et II
Législature 16e et 17e
Coalition CSU-FDP (2008-2013)
CSU (depuis 2013)
Prédécesseur Günther Beckstein
Président de l'Union chrétienne-sociale
en Bavière
En fonction depuis le
Prédécesseur Erwin Huber
66e président du Conseil fédéral
Prédécesseur Hannelore Kraft
Successeur Winfried Kretschmann
Président fédéral d'Allemagne
(intérim)

(1 mois et 1 jour)
Chancelier Angela Merkel
Prédécesseur Christian Wulff
Successeur Joachim Gauck
Ministre fédéral de l’Alimentation,
de l’Agriculture et de la Protection des consommateurs
Chancelier Angela Merkel
Gouvernement Merkel I
Prédécesseur Renate Künast
Jürgen Trittin (intérim)
Successeur Ilse Aigner
Ministre fédéral de la Santé
Chancelier Helmut Kohl
Gouvernement Kohl IV et V
Prédécesseur Gerda Hasselfeldt
Successeur Andrea Fischer
Biographie
Nom de naissance Horst Lorenz Seehofer
Date de naissance (66 ans)
Lieu de naissance Ingolstadt (RFA)
Parti politique CSU
Profession Fonctionnaire
Religion Catholique

Horst Seehofer
Ministres-présidents de Bavière
Présidents de la République fédérale d'Allemagne
Ministres fédéraux de l'Agriculture d'Allemagne
Ministres fédéraux de la Santé d'Allemagne

Horst Lorenz Seehofer, né le à Ingolstadt, est un homme politique allemand membre de l’Union chrétienne-sociale en Bavière (CSU).

Fonctionnaire entre 1970 et 1980, il rejoint la CSU en 1971. Neuf ans plus tard, il est élu à 31 ans député fédéral au Bundestag. Il est nommé secrétaire d'État parlementaire du ministère fédéral du Travail en 1989.

En 1992, il prend la suite de Gerda Hasselfeldt comme ministre fédéral de la Santé, s'attachant à réduire les coûts de la santé publique. Après la défaite de 1998, il devient vice-président du groupe CDU/CSU au Bundestag.

Il revient au gouvernement en 2005, au poste de ministre fédéral de l'Agriculture. Il échoue, deux ans plus tard, à se faire élire président de la CSU.

Le parti ayant perdu sa majorité absolue aux élections de 2008, il en profite pour en prendre la direction et se faire investir ministre-président de Bavière à la tête d'une « coalition noire-jaune ». Le scrutin de 2013 lui permet de reconquérir la majorité absolue des sièges au Landtag.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Il passe avec succès son Mittlere Reife en 1965 et entreprend alors une formation au sein de l'administration de la ville d'Eichstätt, une petite ville dans le centre du Land de Bavière. Il la termine en 1967 et s'inscrit aussitôt à l'École de gestion administrative.

Rejoignant la Junge Union (JU) en 1969, il achève son cursus l'année suivante. Il intègre alors la préfecture d'Ingolstadt. Il adhère à la CSU en 1971 et devient en 1974 directeur du bureau de la planification de la région d'aménagement d'Ingolstadt.

En 1979, il s'inscrit à l'Académie d'administration et d'économie. Il en ressort avec le grade de directeur de gestion.

Débuts et ascension en politique[modifier | modifier le code]

À l'occasion des élections fédérales du 5 octobre 1980, la CSU l'investit dans la 202e circonscription fédérale. Il y totalise 106 112 voix, soit 65,5 % des suffrages exprimés[1]. Triomphalement élu au Bundestag à 31 ans, il démissionne de la fonction publique. Les élections anticipées du 6 mars 1983 lui permettent de remporter 115 488 suffrages, soit 68,8 % des exprimés[2]. Il est ensuite choisi comme porte-parole pour la Politique sociale du groupement régional de la CSU.

Au scrutin du 25 janvier 1987, il s'adjuge un troisième mandat avec un résultat en légère baisse : sa candidature reçoit 105 723 voix, soit 64,6 %[3]. Le remaniement ministériel fédéral du 21 avril 1989 lui permet d'accéder à l'exécutif. Il est choisi à 39 ans comme nouveau secrétaire d'État parlementaire du ministère fédéral du Travail et de l'Ordre social sous la conduite de Norbert Blüm.

Il connaît un nouveau recul au cours des élections fédérales du 2 décembre 1990, puisqu'il obtient 98 879 suffrages, soit 62,6 % des voix exprimées[4]. Il est maintenu dans l'exécutif.

Ministre fédéral[modifier | modifier le code]

Le , la CSU le choisit à 43 ans comme nouveau ministre fédéral de la Santé, en remplacement de Gerda Hasselfeldt. Il est le premier homme à prendre la tête de ce ministère[5].

Dès l'année suivante, il fait voter par le Bundestag une loi fédérale sur la structure du système de santé, qui contraint les services sanitaires à une sévère rigueur budgétaire. En 1994, critiqué à cause du manque d'informations concernant des produits sanguins contaminés par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH), il décide de dissoudre l'Office fédéral de la Santé (BGA).

À l'occasion de la tenue du 58e congrès de l'Union chrétienne-sociale en Bavière à Munich en , qui conforte Theo Waigel à la présidence, il est élu vice-président du parti.

Il enchaîne un cinquième mandat parlementaire avec les élections fédérales du 16 octobre 1994. Il remporte en effet 105 374 voix, soit 62,7 % des exprimés[6]. Le 17 novembre suivant, il est renommé au gouvernement. Il fait approuver deux ans plus tard une loi fédérale réduisant les cotisations sociales.

Un cadre de l'opposition[modifier | modifier le code]

Si le scrutin du 27 septembre 1998 ne l'empêche pas de retrouver son fauteuil au Bundestag, il accuse un net recul avec un résultat de 97 744 voix, soit 55 % des suffrages en sa faveur[7]. Il est contraint de quitter l'exécutif le 26 octobre, du fait de la victoire du centre-gauche.

Au sein du groupe parlementaire fédéral de la CDU/CSU, il est vice-président, chargé des Affaires européennes, de l'Agriculture et de l'Environnement. En 2000, il prend la présidence de l'Union des employés de la CSU (CSA).

Réélu aux élections fédérales du 22 septembre 2002 avec 124 699 voix, ce qui lui donne 65,3 % des suffrages[8], il démissionne de ses fonctions au sein du groupe en pour s'opposer à un projet de réforme de la sécurité sociale négocié avec le gouvernement.

Retour au gouvernement[modifier | modifier le code]

Il est élu pour la huitième fois et dernière fois député fédéral au Bundestag au cours des élections fédérales anticipées du 18 septembre 2005. Sa candidature remporte 121 771 voix, soit 65,9 % des suffrages exprimés par les électeurs de la 218e circonscription fédérale[9],[10].

Le 22 novembre, Horst Seehofer est choisi comme l'un des deux représentants de la CSU dans le premier gouvernement de grande coalition d'Angela Merkel ; il est nommé ministre fédéral de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Protection des consommateurs. Il fait face l'année suivante à un scandale sanitaire d'ampleur européen au sujet de viande de kebab avariée, découverte par les autorités dans un entrepôt bavarois ; il critique à cette occasion les pouvoirs publics de son Land d'élection, pour avoir tardé à prévenir Berlin et Bruxelles[11].

Échec à la présidence de la CSU[modifier | modifier le code]

Au mois de , le ministre-président de la Bavière et président de l'Union chrétienne-sociale en Bavière Edmund Stoiber annonce qu'il quittera la vie politique au mois de septembre suivant. Horst Seehofer se présente pour lui succéder[12].

Le 72e congrès de la CSU, convoqué à Munich en septembre, l'oppose à Erwin Huber, ministre de l'Économie, et Gabriele Pauli, préfète de l'arrondissement de Fürth. Huber, qui dispose de l'appui du futur successeur de Stoiber au gouvernement, Günther Beckstein, s'impose avec 58,2 %, contre 39,1 % à Seehofer. Cela n'empêche pas ce dernier d'être réélu vice-président avec 91,8 % des voix des délégués.

Ministre-président de la Bavière[modifier | modifier le code]

Un premier mandat en coalition[modifier | modifier le code]

Horst Seehofer, le secrétaire général de la CDU Hermann Gröhe et la chancelière fédérale Angela Merkel en 2012 au congrès de la CSU.

Les élections législatives régionales du 28 septembre 2008 tournent à la catastrophe pour la CSU. Touché par des scandales remontant à l'époque Stoiber et par la percée des Électeurs libres (FW), le parti au pouvoir tombe à 43,4 % des voix, un score sans pareil depuis le scrutin de 1954. Pour la première fois depuis 1962, les chrétiens-sociaux n'ont pas de majorité absolue. Beckstein et Huber en tirent les conséquences et renoncent à leurs responsabilités.

Il décide alors de se présenter pour la direction du parti, et du gouvernement, et se voit préféré à Joachim Herrmann, ministre de l'Intérieur, et Thomas Goppel, ministre de la Recherche. Élu président de la CSU avec 90,3 % des voix le 25 octobre, Horst Seehofer est investi ministre-président de la Bavière par le Landtag le , par 104 voix sur 187. Il démissionne aussitôt du gouvernement fédéral mais doit attendre le 6 novembre pour quitter le Bundestag.

Il prend donc la tête d'un gouvernement de coalition avec le Parti libéral-démocrate (FDP), qui n'avait plus siégé dans un gouvernement bavarois depuis 1962. Le libéral Martin Zeil, ministre de l'Économie, devient vice-ministre-président ; si Herrmann reste ministre de l'Intérieur, Goppel quitte pour sa part l'exécutif.

Alors que le débat sur l'intégration des musulmans bat son plein en Allemagne, il déclare, en , dans une interview au magazine Focus que le pays n’a « plus besoin d’immigration en provenance d’autre zones culturelles ». Il précise par la suite que ce sont les immigrés provenant de Turquie et des pays arabes qui sont visés par ses propos. Il a alors été accusé par le SPD et les Verts de « flatter bassement le populisme d'extrême-droite »[13].

Seehofer reçu à La Haye par le Premier ministre des Pays-Bas Mark Rutte, en 2012.

À compter du , il prend pour un an la présidence tournante du Conseil fédéral (Bundesrat). À ce titre, il devient président fédéral par intérim le , à la suite de la démission de Christian Wulff. Le 18 mars, l'indépendant Joachim Gauck est élu à la présidence fédérale.

Le retour à la majorité absolue[modifier | modifier le code]

Horst Seehofer au Bundestag le .

Au mois de , il est investi par la CSU comme chef de file pour les élections législatives régionales du 15 septembre et candidat dans la 124e circonscription. Le jour du scrutin, il y remporte 61,5 % des voix et se voit élu pour la première fois député au Landtag de Bavière. Parallèlement, sa formation remporte 47,7 % des suffrages exprimés, ce qui lui donne 101 députés sur 180. C'est la troisième fois que le parti remporte une majorité absolue en sièges sans totaliser une majorité absolue de voix.

Il est investi pour un second mandat le 8 octobre, par 100 voix sur 176 et forme alors son second gouvernement, dans lequel il nomme Ilse Aigner, qui lui avait succédé cinq ans plus tôt au gouvernement fédéral, vice-ministre-présidente, ministre de l'Économie, des Médias, de l'Énergie et de la Technologie. Sur les onze ministres de ce nouvel exécutif, cinq sont des femmes, ce qui constitue un record en Bavière. Il participe le 16 décembre suivant au Bundestag à la cérémonie de signature de l'accord de la nouvelle « grande coalition » fédérale.

Vie privée[modifier | modifier le code]

De confession catholique, il est marié en secondes noces avec Karin Seehofer, et père de quatre enfants, dont une fille issue d'une relation adultère. Il réside avec sa famille dans le quartier de Gerolfing, à Ingolstadt.

Il a été hospitalisé en à cause d'une myocardite, potentiellement mortelle, qu'il a attribuée à une surcharge de travail.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (de) « Wahl zum 9. Deutschen Bundestag am 5. Oktober 1980 », Directeur fédéral des élections, consulté le
  2. (de) « Wahl zum 10. Deutschen Bundestag am 6. März 1983 », Directeur fédéral des élections, consulté le
  3. (de) « Wahl zum 11. Deutschen Bundestag am 25. Januar 1987 », Directeur fédéral des élections, consulté le
  4. (de) « Wahl zum 12. Deutschen Bundestag am 2. Dezember 1990 », Directeur fédéral des élections, consulté le
  5. Heiner Geißler, titulaire entre 1982 et 1985, était ministre fédéral de la Famille, de la Jeunesse et de la Santé
  6. (de) « Wahl zum 13. Deutschen Bundestag am 16. Oktober 1994 », Directeur fédéral des élections, consulté le
  7. (de) « Wahl zum 14. Deutschen Bundestag am 27. September 1998 », Directeur fédéral des élections, consulté le
  8. (de) « Wahl zum 15. Deutschen Bundestag am 22. September 2002 », Directeur fédéral des élections, consulté le
  9. Le territoire de la circonscription est le même depuis 1980, mais son numéro a changé lors du redécoupage de 2002
  10. (de) « Wahl zum 16. Deutschen Bundestag am 18. September 2005 », Directeur fédéral des élections, consulté le
  11. « Scandale à la viande avariée », Le Soir, le
  12. « Le roi de Bavière est déchu », Le Soir, le
  13. Allemagne : nouvelle polémique autour de l’immigration, Euronews, le

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]